Récupérer et recycler les gadgets et appareils électroniques

J’étais à la Sphère à la Première chaîne de Radio-Canada pour parler de la gestion de nos déchets électroniques. On peut écouter mon intervention ici. J’en ai aussi parlé à l’émission du matin de la Première chaîne en Alberta. Voici les principaux conseils et des liens.

Ces appareils électroniques abandonnés au bord de la rue constituent un danger et engendrent de la pollution dans les sites d'enfouissement.

Ces appareils électroniques abandonnés au bord de la rue constituent un danger et engendrent de la pollution dans les sites d’enfouissement.

 Comment faire ?

1- Réduire sa consommation d’objets électroniques. A-t-on vraiment besoin du iPhone 5 alors qu’on a le 4 ou 4S ? A-t-on besoin d’attendre en ligne pour l’acheter. On peut résister et réduire notre consommation qui fait l’affaire des compagnies.

2-Réutiliser, donner les objets qu’on ne veut plus, ou les vendre. Mon premier iPhone, la première version sortie aux États-Unis que j’avais acheté seconde main, fait encore le bonheur de mon beau-frère. Une amie m’avait donné sa télévision quand elle a acheté un écran plat. Je l’ai eu jusqu’à cet automne alors qu’elle a flanché et que je l’ai amené à l’éco-centre. J’ai attendu ce moment pour m’acheter un écran plat.

3-Recycler. Insertech récupère les ordinateurs en tout genre, écrans et les tablettes.

4-Ne pas les jeter, surtout pas au bord de la rue. Ces objets sont garnis de produits toxiques et polluants (plomb, mercure et plus), on ne les jette pas à la poubelle et on ne les laisse pas trainer au froid, dans la neige.

5-Les amener dans les éco-centres, les Bureau en gros ou tout autre endroit mentionné sur la liste de l’Association pour le recyclage des produits électroniques.

Les écofrais

Attention ce n’est pas une taxe, mais des frais pour financer la récupération et le recyclage des déchets électroniques. Depuis octobre 2012, ces ecofrais sont imposés sur les appareils électroniques pour soutenir le recyclage. C’est ce qu’on appelle la responsabilité élargie des producteurs chez Recyc-Québec.

Ces frais sont imposés à cause de l’adoption du règlement sur la récupération et la valorisation de produits par les entreprises imputables aux fabricants, aux premiers revendeurs ou aux détenteurs de la marque de produits électroniques vendus sur le marché québécois. Un règlement qui était dans les plans depuis très longtemps, des années…

L’objectif est simple. Il faut que les fabricants soient responsables de leurs produits de la conception à la fin de vie. Actuellement, c’est principalement les municipalités qui doivent débourser de fortes sommes pour la collecte des déchets, les éco-centres et la gestion des matières résiduelles. Le recyclage des produits électroniques

La majorité des commerçants les mentionne dans leur prix (ils doivent le faire en plus petit), comme si c’était une taxe. Mais l’argent n’est pas envoyé au gouvernement, mais à l’Association pour le recyclage des produits électroniques un organisme à but non lucratif créé par l’industrie. Il s’agit d’un organisme pan-canadien avec des ailes provinciales.

L’argent qui est récolté par l’Association pour le recyclage électronique – Québec est destiné presque entièrement à la récupération et vérifié par Recyc-Québec me soulignait le directeur de ce programme, Mario Laquerre.

Un exemple pour les huiles usagées (pas alimentaires) qui doivent être récupérées depuis 2004. L’organisme qui les gère, la Soghu, utilise les frais pour la récupération. Seulement 3 % des sommes est destiné à des frais d’administration.

 Les précurseurs

Avant la mise en place de ce règlement, il y a eu la mission zéro déchet électronique de Recyc-Québec en place depuis 2007, en collaboration avec Bureau en gros. On pouvait déposer tous les déchets électroniques dans les Bureau en gros sauf certains téléviseurs.

Et l’Alberta est la première province à avoir implanté un tel programme en 2004, le Québec est l’une des dernières. Il manque Terre Neuve et Le Nouveau-Brunswick qui évaluent actuellement les programmes. Dans les Territoires du Nord-Ouest et au Yukon, aucun programme n’existe.

Chiffres pour l’Alberta

1,48 million d’ordinateurs, 890 000 imprimantes, 1,39 million d’écrans et 1,02 million de téléviseurs ont été récupérés et ne se sont pas retrouvés dans les sites d’enfouissement. Ce qui donne 87 640 tonnes de métal, de plastique et de verre récupérées et réutilisées à d’autres fins.

Évidemment, les structures ne sont pas encore totalement en place, mais étant donné le premier pas pris par Recycl-Québec et Bureau en gros depuis 2007 avec la mission zéro déchet électronique, c’est dans ces magasins que les citoyens peuvent ramener leurs déchets électroniques.

De tels programmes de récupération existent pour la peinture, les pneus, les huiles. Ils ont permis d’avoir des taux de récupération de plus de 90 %.

Sur son site internet, Future Shop dit accepter les retours de petits déchets électroniques, mais pas les télés par exemple, ce qu’accepte Bureau en gros.

Best Buy souligne que l’environnement lui tient à coeur, mais ne semble récupérer les déchets électroniques qu’en Colombie-Britannique.

Le programme de Bureau en gros/Staples partout au Canada

La position de l’Office de la protection du consommateur sur les écofrais

Réseau québécois des CFER (Centre de Formation en Entreprise et Récupération)

La série Les apprentis du Rebut global sur la gestion des déchets électroniques pour lequel j’ai travaillé en 2007

J’ai 25 ans …

J’ai 25 ans. 25 ans aujourd’hui que j’ai posé les pieds au Québec. C’était en milieu d’après-midi à Mirabel le 16 août 1987. Une journée chaude et humide comme je n’en avais jamais connue. Mon baptême de l’air au-dessus de l’Atlantique. La première fois que je quittais ma patrie aussi longtemps, pour un an. 25 ans que ça dure.

J’avais 20 ans lors de ma première visite à Montréal en septembre 87.

25 ans et le cul entre deux chaises. Pour les Québécois j’ai encore l’accent français, pour les Français, j’ai l’accent québécois.

25 ans sans aucun doute, ou presque. Si je venais d’abord pour une seule année, j’ai rapidement pris la décision de prolonger mon séjour. Encore et encore. J’ai rarement pensé repartir en France. L’idée de quitter le Québec m’a effleuré l’esprit lors de la naissance de mon neveu. Je ne pensais pas retourner en France, mais aller vivre au Mexique où il est né. Cette idée n’a vécu qu’un instant.

25 ans et des amis précieux.

25 ans sans regret. Sauf lors des fêtes qui impliquent des réunions de famille. Même si les amis veulent nous inclure dans leur famille, à un moment donné, certains mots, certaines actions nous rappellent que nous ne faisons pas complètement partie de la famille.

25 ans que j’ai quitté mon pays d’origine, mes parents, mes amis. Pourquoi ? Pour guérir une vilaine peine d’amour infligée par un garçon français du même âge que moi (on est naïf à 20 ans), pour voir du pays, pour apprendre l’anglais. Pourquoi le Canada, j’aurais pu aller en Angleterre ? Car c’était trop proche. Tant qu’à partir, je voulais aller loin, traverser l’Atlantique. Pourquoi pas les États-Unis ? Car il était trop compliqué d’y être jeune fille au pair. Pourquoi Ottawa ? Car c’est la première agence de placement de jeune fille au pair qui m’a répondu. J’ai envoyé mon dossier et on m’a trouvé une famille d’accueil. Je suis restée dans cette famille, dont les parents étaient séparés, pendant 2 ans. J’ai gardé les trois enfants, Fannie, Hugo et Ariane, qui ont maintenant l’âge de mes amis les plus proches.

25 ans et ma première expérience de Cheezwiz et de Shopper’s Drug mart. Ce sont les premières choses dont m’a parlé l’ainée des enfants que je gardais. Je m’en souviens encore.

25 ans que j’ai coupé le cordon avec mes parents. Ça a pris plusieurs années à mon père pour accepter mon choix, même s’il n’en disait mot. En fait, il ne l’a accepté qu’en 1999 lors de son unique visite à Montréal. Il a aimé cette ville et devait revenir voir les couleurs de l’automne en 2003. Son vélo en a décidé autrement en juin 2003.
La période la plus difficile. Deux allers-retours en France en un mois. Vivre un deuil loin, c’est dur. Je ne sais pas si c’est mieux ou pas. L’absence est plus facile à apprivoiser quand on ne vit plus au quotidien avec la personne. Mais on aimerait parfois que le téléphone fonctionne aussi bien entre la France et le Québec qu’avec le Québec et l’au-delà.

25 ans que je n’arrive plus à faire la différence entre l’avant et l’après, entre la France et le Québec, entre leurs expressions, les miennes, les vôtres ou les nôtres.

25 ans qu’on me demande pourquoi j’ai débarqué ici. 25 ans que je raconte la version courte, moyenne ou longue. Je l’ai racontée ici lors du 22e anniversaire. Je venais d’arriver à Los Angeles pour trois semaines.

25 ans que j’apprends sur mon pays d’accueil. J’ai commencé avec les trois enfants que je gardais. J’ai continué avec mes amis à l’Université d’Ottawa, mes cours de science politique et mon insatiable curiosité. 25 ans que je rêve d’aller visiter toutes les provinces canadiennes. Il m’en manque trop. Plus que la moitié.

25 ans que j’aime la poutine, le sirop d’érable, les déjeuners oeufs/bacon/saucisses/patates.

25 ans que je bâtis ma carrière de journaliste, le métier que j’ai toujours voulu exercer, depuis que j’ai 5 ans. Tout a commencé un soir après mon premier cours à l’Université en septembre 1988. J’ai pris le journal étudiant La Rotonde en sortant. Je le feuillette dans l’autobus 95 (le fameux) qui me ramène à Orléans et je tombe sur une annonce. Le journal cherche des journalistes pour la section actualités. J’ai peine à attendre au lendemain pour appeler et offrir mes services, croyant que je devrais passer par une sévère sélection. Mais non, on me confie un premier article (je l’ai gardé en souvenir, mais n’ose le montrer – si mauvais). Puis on m’en confie un deuxième. Tout un sujet, la conférence d’Elena Bonner et Andreï Sakharov. Je suis restée six ans à La Rotonde. J’y ai appris mon métier, j’y ai rencontré plein de monde. Un doux souvenir.

25 ans qu’on me reprend sur ma prononciation des mots gauche, jaune, juin, pâte, côte, beach et j’en passe.

25 ans qu’on me demande « comment c’est en France? ». 25 ans que je ne m’en souviens plus.

25 ans que je reste, car c’est ainsi, ma vie est à Montréal. Ma ville. Car je suis heureuse, je me suis trouvée. Je suis maintenant autant, et sinon plus Québécoise que Française. Mais j’ai déjà dit et je redis que les deux nationalités sont en moi. Mes racines sont françaises et auvergnates. La France m’a élevée, m’a donné la vie, m’a guidée durant mon enfance et mon adolescence. Une partie tellement importante de sa vie que son pays d’origine reste marqué dans ses gênes. Tandis que mon pays d’adoption a forgé l’adulte que je suis devenue. Il représente mon présent et mon avenir.

25 ans que je n’arrive pas à mettre de la relish dans mon hot-dog (sauf celle maison de Dominique Gagné qui est fabuleuse – MÀJ 2015), à manger des Jos Louis ou à boire de la Root beer.

25 ans que cet heureux mélange rend impossible tout choix. Quand certains disent que l’on ne peut avoir deux nationalités, qu’il faut choisir, ils ne savent pas de quoi ils parlent. C’est impossible. Comment choisir entre sa mère biologique et sa mère adoptive ? Le lien est différent, mais le choix est déchirant. Impossible!

25 ans que j’accumule mes souvenirs canadiens, québécois. 25 ans que je réalise mes rêves. 25 ans que j’aime ce pays. 25 ans que j’aime ses habitants. Ça fait 25 ans aujourd’hui que je suis Canadienne et Québécoise.

Le texte écrit lors de l’anniversaire de mes 20 ans au Canada avec les photos de la jeune fille de 20 ans que j’étais.

MAJ 16 août 2015 :

Le 16 août 1987 était aussi un dimanche chaud et humide. Je débarquais à Mirabel au milieu de l’après-midi après un baptême de l’air de plus de sept heures.

Mon père m’avait conduite à l’aéroport. Plus de cinq heures de route de mon Auvergne natale. 1h de sommeil après une fête avec des amis. Départ à quatre heures du matin. Ma mère retenait ses larmes avec peine.

À Roissy, je me souviens encore du moment où j’ai quitté mon père. Il m’a laissée au pied d’un escalier roulant qui montait vers les départs. Aucune larme. Je ne me suis retournée qu’une fois. Je souriais, pas lui.

28 ans plus tard, il n’est plus là et ma mère ne s’en souvient plus. Les enfants qui poussent nous rappellent que le temps passe. Depuis 3 ans, quelques gros changements. Ma mère ne vit plus chez elle, mais dans une maison pour les gens qui ont l’Alzheimer. France, la mère des trois enfants que je gardais est décédée (bien trop jeune). Trois beaux enfants sont entrés dans ma vie et me comblent de bonheur, même si ce ne sont pas les miens.

MÀJ 16 août 2017

Ça fait 30 ans et je ne change pas un mot. Ça va aussi faire 20 ans que j’habite Montréal en décembre. C’est la ville où j’ai habitée le plus longtemps. Plus que mon village natal Saint-Rémy-de-Chargnat.

Verdir en étant délinquant

On pourrait aussi appeler ça du verdissement illégal… J’étais à Médium Large ce matin avec Marie-Claude Lortie pour parler de désobéissance écologique ou de guérilla jardinière. Ça s’écoute par ici et voici mes notes et de nombreux liens pour aller voir plus loin. Un sujet passionnant.

Il n’y a pas que le couple de Drummondville qui pratique la désobéissance par rapport aux règlements municipaux ou autres sur le verdissement. Plusieurs citoyens et groupes communautaires décident aussi de verdir, embellir pour limiter les espaces bétonnés, asphaltés et les terrains vagues, surtout en ville.

En fait la guérilla jardinière est née à New York dans les années 70 quand des gens se sont aperçus que des plants de tomates poussaient à travers des déchets et débris sur un terrain vague abandonné depuis presque 30 ans. C’est devenu le Clinton community Garden qui existe toujours.

Ces méthodes ont pour divers objectifs : verdir pour limiter les îlots de chaleur qui favorise les hausses de température en ville (surtout durant les canicules), pour limiter les inondations ( l’eau ruisselle sur l’asphalte et le béton alors qu’elle est absorbée par la terre des espaces verts), et diminuer la pollution ( les arbres absorbent le gaz carbonique)

Roger Doiron, directeur de potager sans frontières a lancé la pétition pour soutenir le couple jardinier de Drummondville. C’est aussi celui qui a encouragé le couple Obama à avoir un potager à la Maison-Blanche.

Des exemples de verdissement ou d’embellissement :

-Le plus populaire : les bombes de semences : on envoie des boules de terre et d’argiles avec des semences dans des terrains vagues. Quelques exemples à Montréal, mais peu répertoriés.

D’ailleurs des ateliers de bombes de semences sont donnés lors de divers événements, comme à la Sustainability Fair at Concordia, au centre d’écologie urbaine de Montréal et plusieurs autres groupes.

-Le centre canadien d’architecture offrait un atelier le 14 mars dernier, en collaboration avec Dare-Dare (en anglais et français)
-Autre exemple, des grains de fleurs ont été semés à Paris dans les parcs en friche avec de la pelouse en mai dernier.

-Semences indigènes,des plantes qui vivent partout. On les fait avec de l’eau et de l’argile. C’est mieux de les lancer un jour de pluie.

-Un quartier au sud-est de Londres, Deptford, où le jardin de fleurs a été détruit début juillet au grand dam des voisins qui l’ont semé et l’entretenait.

Un site anglais Kabloom vend des bombes de semences toutes prêtes. Mais il faut choisir des semences indigènes pour ne pas déranger l’écosystème. Mauvaise idée de les faire venir d’Angleterre.

-À Toronto, on a Public Space, un regroupement qui organise de la guérilla jardinière, dans les lieux publics, carrés d’arbres.

-Il y a aussi le Collectif de recherche sur l’aménagement paysager et l’agriculture urbaine durable (CRAPAUD) de l’UQAM qui a été actif dans le dossier des poules, mais dans l’aménagement d’espaces non choyés pour les verdir. Ils ont fait de la guérilla jardinière en 2007 pour se faire connaître. C’est ainsi qu’ils ont convaincu l’UQAM de convertir certains terrains vagues ou en pelouse ou des toits en potagers.

Dans ce billet, Sheena Swirlz parle de toutes les formes d’art et de verdissement dans la rue qui peuvent exister. Il y en a beaucoup et toutes ces photos sont prises aux États-Unis. Il y a aussi les graffitis verts, une sorte de mousse. Les embellissements de rues comme le remplissage des nids de poule se pratique aussi. Une troupe de théâtre l’a fait pour Pâques sur la rue Masson le printemps dernier.

– Il y a aussi un potager « interdit » dans Pointe-Saint-Charles, à côté du marché Atwater.

-Un potager illégal de pommes de terre dans un terrain vague a aussi été menacé de démantèlement à Calgary au printemps, voir le reportage de Radio-Canada.

– Les citoyens veulent souvent pouvoir occuper des terrains vagues qui sont totalement inoccupés. C’est arrivé dans Rosemont coin Laurier et Charlemagne. Des citoyens entretenaient un terrain vague en y plantant des arbres. Ce terrain appartient à la ville qui l’a vendu à un promoteur immobilier. Ce dernier va raser les arbres pour y construire des condos. C’est le revers de la médaille. Voir mon article
-Le verdissement des carrés d’arbres : plusieurs citoyens prennent en charge les carrés d’arbres en y plantant des vivaces, annuelles ou même des légumes. Mais c’est légal… ou du moins encouragé dans la majorité des arrondissements.
L’exemple de Trixi Rittenhouse qui s’occupe de ces carrés d’arbres, qui plantent des vivaces un peu partout dans les rues de Montréal, mais a aussi fabriqué des personnages qui embrassent les arbres. Voir cet article de Sylvie St-Jacques dans La Presse.

-Certains citoyens ont décidé d’enlever l’asphalte de leur trottoir: c’est ce qu’a fait mon voisin, durant la nuit il y a plus de 4 ans, dans Rosemont. Il y a planté des fleurs, de la verdure. Les voisins d’en face l’ont imité jusqu’à ce qu’un inspecteur de l’Arrondissement vient les voir et leur donne finalement l’autorisation. Maintenant chaque citoyen de Rosemont peut demander l’autorisation d’enlever l’asphalte du trottoir et verdir ainsi. Voir l’article de RueMasson sur le sujet.
Ces mêmes voisins ont aussi décidé d’enlever une bande de béton de la ruelle pour y planter des arbustes, vivace sans autorisation. Encore une fois l’inspecteur de l’Arrondissement est venu et ils sont passés à deux doigts d’avoir une amende, car une ruelle fait partie du domaine public. Maintenant l’Arrondissement de Rosemont (et plusieurs autres) encourage les ruelles vertes et casse le béton…

Autre exemple de potager devant une maison à Sherbrooke, celui d’André Nault, le fondateur des Ami-E-s de la terre de l’Estrie.

Il y a aussi les chèvres urbaines pour désherber, mais aussi pour le lait. À Vancouver, Victoria, Eugene (mais interdit), etc. À quand les chèvres à Montréal ?

D’autres liens intéressants

Le site Guerrilla Gardening (en anglais – de Londres)

Public space à Toronto

Le potager de Drummondville

Des exemples d’art et de verdissement dans la rue

Un exemple de verdissement de trottoir à Montréal

Le yarnbombing ou bombardement de fils à Montréal

Un exemple de verdissement contagieux dans le Vieux-Rosemont

Les ruelles vertes mode d’emploi dans Rosemont

Article : enlever l’asphalte du trottoir

Lettre de Yannick Gélinas sur le potager de Drummondville et le mouvement en Californie

Le jardinier urbain

Des œufs de pâques dans les nids de poule dans Rosemont

Le centre d’écologie urbaine de Montréal

La mode, les designers et les boutiques plus écolos

On en parle de plus en plus et on peut dire que le Québec est vraiment à l’avant-garde dans ce domaine, tant par le nombre de designers que par leur originalité. On trouve de plus en plus de designers qui utilisent des matériaux recyclés, mais aussi d’autres matériaux, très originaux.

Il y a eu un modèle ici et c’est Harricana. Mariouche Gagné est la précurseure qui a commencé à recycler la fourrure, il y a maintenant 15 ans. Mariouche avait décidé de montrer qu’on peut faire de la haute couture avec du recyclé.

Évidemment, Harricana c’est de la haute couture qui n’est pas à la portée de toutes les bourses, mais Mariouche Gagné a été et est toujours une inspiration pour des dizaines de designers.

On a aussi Maude Léonard, une éco-designer depuis longtemps qui a toujours essayé de récupérer tout. Alors que Etienne Jongen avait commencé à faire des sacs avec les bannières publicitaires en 2003-2004, elle a récupéré le concept depuis que la compagnie d’Étienne n’existe plus. Avec son atelier Entre-peaux design, elle conçoit divers objets en bannières et autres matières. Elle fabrique aussi des bijoux et sacs avec les fermetures éclairs sous le nom de Zip design.

Depuis que je couvre l’environnement comme journaliste, j’ai vu une réelle évolution de cette mode écolo. Alors qu’au début, les modèles n’étaient pas toujours très réussis, la mode écolo s’est raffinée, améliorée, solidifiée et peut maintenant rivaliser avec les autres designers.

Écolo, c’est quoi ?

-Fait et dessiné à Montréal comme les robes de la designer Eve Lavoie qui fait de magnifiques modèles pour toutes les femmes ou Émilie Desmeules et ses fabuleuses tuniques.

-Utilisation de tissu récupéré comme Musky. On prend 2, 3 vêtements pour en faire 1. J’aime Musky qui n’habille pas que les femmes qui portent du 4.

-Utilisation de matériaux recyclés comme Elroy (ananas, soie, coton bio)

-Utilisation de coton bio comme OÖM, une autre compagnie montréalaise partie de rien qui est maintenant un gros joueur.

Sans oublier les friperies qui vendent des vêtements seconde main comme la Gaillarde dans le Sud-Ouest. La Gaillarde est aussi une boutique précurseure qui existe depuis 10 ans. Les friperies Renaissance, Cul de sac et Prêt à reporter sur Masson et plusieurs autres sont à visiter.

Mes coups de coeur

Voici les boutiques incontournables pour la mode écolo et recyclée dans la région de Montréal. Plusieurs ont le nom des designers et des liens vers leurs sites ou pages Facebook sur leur site Internet. Il y en beaucoup, à découvrir.

Une petite boutique incontournable dans Hochelaga-Maisonneuve sur la rue Sainte-Catherine : Folle Guenille, située au même endroit qu’une autre boutique incontournable pour les bijoux et accessoires La Coccinelle Jaune.

La toute nouvelle boutique sur Masson : Les coureurs de jupons, une boutique que je n’ai pas eu le temps d’évaluer encore, mais dont la décoration est impressionnante. Et des pots Mason remplace les globes des lampes. Prometteur.

Je l’ai découverte il y a quelques semaines, la boutique 4 éléments sur St-Denis. On peut facilement la manquer à cause de l’enseigne qui n’est pas sur le local, mais devant et perpendiculaire. C’est un modèle de Musky dans la vitrine qui a attiré mon oeil. À l’intérieur, je n’ai pas été déçue. Des vêtements, des bijoux, des accessoires et plusieurs autres objets pour la maison ou la vie. Toujours dans l’objectif de consommer mieux.

Une boutique qui se décline en deux versions sur Saint-Hubert, Belle et rebelle qui vend des vêtements faits au Québec et la Petite Rebelle qui se spécialise dans les vêtements faits ailleurs dans le monde.

Rien à cacher est l’une des premières boutiques écologiques moyen/haut de gamme qui s’est installées sur Saint-Denis. J’étais d’ailleurs la première journaliste à en parler. On y trouve des designers québécois, canadiens et américains. C’est l’un des seuls endroits à Montréal pour trouver la fameuses Vega, les espadrilles en caoutchouc d’Amazonie.

Finalement, pour vos vêtements de yoga, la compagnie Respecterre les fabrique en bambou, coton et eucalyptus, au Québec. Et les prix sont très concurrentiels avec ceux de Lululemon, même si cette compagnie souligne que ses vêtements sont fabriqués partout dans le monde dans le respect des normes internationales du travail.

Et voici quelques boutiques que je n’ai jamais visitées, mais dont on m’a parlé.
Ethik BGC

Il était deux fois

Espace creation

Les sacs :
USED, fait en ceinture de sécurité
RESSAC, fait en chambre à air de vélo.

Bagnole, fait de cuir et objet de voiture
Lily ecolo : des sacs pour tous les usages.
Voici un de mes articles publié dans La Presse.

Les bijoux :
Les bijoux Otra fait en chambre à air de vélo

Un bracelet fabriqué de chambre à air de vélo. Photo: Cécile Gladel

Les designers
Elroy (ananas, soie, coton bio)

Vive les rides!

Aujourd’hui dans La Presse, Marie-Christine Blais nous offre un portrait de Louise Latraverse, 70 ans. Inspirante Louise Latraverse dont la photo est magnifique. Un visage qui n’a subi aucune chirurgie.

On en veut plus des femmes comme elle. Des modèles positifs pour les femmes qui montrent que les rides ne sont pas une calamité. Que les rides ne sont pas laides. Que les rides sont le reflet et la mémoire de nos vies, de nos joies et de nos tristesses. Que les rides ne doivent pas être effacées à tout prix.

Quand est-ce que jeunesse est devenu égale à beauté et vieillesse à laideur?

Louise Latraverse est celle qui avait dit en 2007 en recevant son premier Gémeau qu’elle valait cher, très cher, car elle n’avait pas été remontée à 67 ans. Et j’adore cette citation: « … Que les autres continuent à aller en chirurgie, moi, je vais avoir tous les beaux rôles de vieilles! »

Mon nouveau blogue : les copines en cavale

Cinq des huit copines. De gauche à droite, Katerine-Lune, Karine, Marie-Julie, moi-même et Nathalie P. Absentes: Marie, Isabelle Marjorie et Nathalie R.

En fait, ce n’est pas seulement mon blogue, mais plutôt celui que je partage avec sept autres copines. Des nouvelles et plus anciennes copines. Des filles qui ont été réunies grâce à Marie-Julie Gagnon, à l’origine de ce blogue avec la gang d’Ulysse.

Copines en cavale est une blogue de filles, mais n’est pas sexiste. Je vous le garantis, foi de féministe 😉 En fait, je suis persuadé que toutes les cavales que l’on propose pourraient être faites par des gangs d’hommes ou des couples… Mais ces sorties, activités, voyages sont facile à faire en gang. Un jour, il faudrait écrire un livre sur les sorties, voyages et autres choses à faire seul sans problème. Même si ça va coûter plus cher. Le principal désavantage.

Alors, avec Marie-Julie, Marie Normand, Isabelle Marjorie Tremblay, Katerine-Lune Rollet, Karine Charbonneau, Nathalie Rivard et Nathalie Pelletier que je connais depuis l’Université d’Ottawa… On se partagera l’écriture, car le projet n’est pas rémunéré.

Mais que peuvent faire des filles en gang, entre copines ? Tout je pense, selon leurs intérêts. De la relaxation dans un spa, d’une randonnée dans Charlevoix, à une conférence politique, d’un road-trip en Californie, une fin de semaine de pêche ou de chasse, de l’escalade, à un 5 à 7 au centre-ville ou une virée magasinage à New York. Bref, plein de propositions vous surprendront. Suivez-vous !

L’apostasie en hausse?

Saint-Rémy-de-Chargnat

L'intérieur de l'église de Saint-Rémy de Chargnat en Auvergne quelques minutes avant qu'elle ne se remplisse pour la messe le minuit de Noël le 24 décembre 2010. Photo : Cécile Gladel

J’ai été surprise de constater lors de mon dernier voyage en France que peu de personnes savaient ce qu’était l’apostasie. En France où les églises sont aussi vides qu’au Québec, sauf pour la messe de minuit à Noël. La France, pays laïque par excellence.

L’apostasie est donc l’acte de demander à l’église qui nous a baptisé (dans n’importe quelle religion) de nous exclure. Si on a été baptisé au sein de l’église catholique, c’est de se retirer de cette église. Depuis les scandales des prêtres impliquant l’église catholique, depuis les prises de position très controversées du pape et du cardinal Ouellette de la ville de Québec, de nombreux Québécois ont décidé d’apostasier. De se retirer de l’église catholique. J’en vois plusieurs l’annoncer sur Facebook et Daniel Pinard en a parlé publiquement.

Un article du Devoir au printemps 2009 soulignait d’ailleurs la hausse des demandes d’apostasie.

Aussi, il existe un site apostasie.org qui est en réalité un site relié au mouvement raélien. Attention.

Le Gros bon sens explique les procédures à suivre pour le Québec. Aucune idée pour la France…

Les cassières debout, quelle honte !

Je termine de lire le dossier de Michèle Ouimet dans La Presse sur les conditions de travail des caissières de supermarché. (Je ne trouve pas le texte en ligne). Évidemment, c’est l’une des choses qui m’a surprise lorsque je suis arrivée au Canada. Le fait qu’elles étaient debout et surtout qu’elles emballaient nos produits. En France, elles sont assises et le client emballe ses achats lui-même. Tous mes visiteurs français m’ont aussi parlé de cette différence. Ils n’en revenaient pas.

Michèle Ouimet a travaillé pendant quelques jours dans un supermarché. Au salaire minimum je vous le rappelle. Et les géants de l’alimentation, IGA-Sobeys, Loblaws-Provigo-Maxi et Metro-SuperC n’ont même pas honte des conditions de travail qu’ils offrent à leurs employés.

C’est un sujet qui m’a toujours surprise et même scandalisée. J’ai souvent posé la question aux caissières ici. Surtout quand je reviens de France et que j’entendais mon beau-frère se plaindre de ses conditions de travail dans un supermarché français. Il a passé quelque temps à la caisse. Assis. Ma cousine travaille aussi à la caisse du même supermarché. Assise.

Quand je leur mentionne les conditions de travail des caissières canadiennes, ils n’en reviennent pas. Moi non plus. Quand je lis les textes de Michèle, je bouillonne. Comment peut-on imposer de tels horaires, de telles conditions et surtout à un maigre salaire. Et en plus les gérants veulent que les caissières sourient et représentent bien le supermarché. Et s’ils les respectaient avant ?

C’est l’une des raisons (outre le type de produits) pour lesquelles je vais très rarement faire mes courses dans les supermarchés. Mais la situation est la même dans les fruiteries et autres magasins. Tout le monde debout. Quand est-ce que la situation va changer ? Quand est-ce que la CSST va faire son travail ?

Et une question me taraude. Si la majorité des personnes qui travaillent debout était des hommes, est-ce que la situation serait semblable? Car la majorité des caissières sont des femmes… et travaillent au salaire minimum.

Faudra-t-il que la génération Y s’en mêle ?

Kleenex mise encore sur le jetable !!!

Alors qu’on parle souvent d’éviter le jetable, le gaspillage. Alors que Greenpeace semble avoir enterré la hache de guerre contre Kimberly Clark, la compagnie qui fabrique entre autres les produits Kleenex. Alors qu’on parle d’intégrer l’environnement dans nos vies, Kleenex fait totalement le contraire.

Leur dernier produit ? Un distributeur de serviette jetable au lieu de la serviette en tissu dans la salle de bain. La publicité m’a fait bondir. Difficile à croire qu’une compagnie ose mettre sur le marché de tel produit. Est-ce un signe d’incompréhension de ce qu’attendent les consommateurs ? Ou alors est-ce que Kleenex se moque à ce point de la gestion des déchets et du gaspillage des ressources que les produits jetables entraînent ? Dans la vidéo, comptez le nombre de serviettes jetables utilisées par rapport à la serviette en tissu. Et ne me parlez pas des bactéries, des germes et tout ça, nous parlons de nos maisons, pas d’un hôpital. Il faut se calmer avec la folie antibactérienne !!!

En fait, il semble que Kleenex ait choisi la réduction de la consommation d’eau comme fer de lance écolo avec cet objet. Mais à une condition, il faut acheter des produits Kimberly Clark pour « gagner » ce réducteur de consommation d’eau.

Bref, on nous encourage à jeter, à consommer et surtout à acheter. 2,99 $ par boîte pour quelques jours alors qu’un paquet de serviettes va durer plusieurs années. Évidemment, il ne faut pas les laver une par une dans la laveuse ! Soyez donc écolo écono, gardez vos serviettes en tissu !

Une vidéo comptabilise d’ailleurs le nombre de serviettes jetables nécessaires au lieu d’une serviette en tissu

Consommer = bonheur ?

Le sac Chanel de Varda et Moutain Equipment Coop de Cécile

« Le bonheur est-il dans la consommation ? » C’est la question que nous posait Dominique Poirier à l’Après midi porte conseil sur la Première chaîne de Radio-Canada. J’y répondais en compagnie de Varda Étienne. Elle était pour le magasinage, moi contre.

En fait d’un côté, on avait la magasineuse qui trouve son bonheur dans l’achat en gros et de l’autre la simplicité volontaire. Comme je le soulignais, la simplicité volontaire ne veut pas dire ne rien acheter, mais acheter de manière plus responsable et surtout durable. Acheter ce dont on a réellement besoin.

Photo : Radio-Canada/ Philippe Santerre

Contre le magasinage
Je suis contre le magasinage d’habitude pour plusieurs raisons. D’abord, car c’est un entraînement sans fin à la consommation, à la dépense d’argent, au gaspillage et au remplissage de nos sites d’enfouissement. Un manque de respect pour la Planète. Par ailleurs, le magasinage est un écran de fumée qui comble le vide intérieur de manière très futile et rapide. C’est un peu comme un fix de sucre qui nous laisse encore plus affamer une heure plus tard. C’est un diachylon sur une plaie. C’est un plaisir rapide, futile qui ne règle rien.

En plus, ça engendre des frustrations pour plusieurs raisons. Les gens qui n’ont pas l’argent nécessaire se voient balancer notre société de consommation en pleine face alors qu’ils ne peuvent rien acheter.

À voir le nombre de personnes hier qui étaient coincés dans les embouteillages de l’immense stationnement du Marché central hier, et les klaxons que l’on entendait, la frustration était grande. Moi même j’ai dû pratiquer ma zenitude avant de quitter rapidement cette folie.

En plus, le magasinage est une perte totale de temps. On se promène sans but dans un centre commercial trop éclairé, surchauffé ou surclimatisé. Il y a 1001 choses à faire au lieu de magasiner. On peut ne rien faire, prendre une marche, dormir, aller au cinéma, lire un livre, etc. Pourquoi ne pas aller dans les musées pour voir de belles choses. C’est une manipulation de nos émotions et le remplissage d’un vide de manière totalement temporaire comme une drogue. Tant qu’à faire autant prendre un bon verre de vin. Trop souvent la publicité joue également sur nos émotions et sur notre culpabilité. On magasine pour se faire pardonner, pour se consoler, pour acheter la paix. Etc.

Mais c’est aussi un gaspillage total de nos ressources, matières premières et autres. Le magasinage entraîne la surconsommation qui est une plaie pour l’environnement. Trop souvent on achète des objets qui ont une durée de vie très limitée. Et trop souvent ils sont jetables et ne servent qu’à remplir les sites d’enfouissement. On jette son argent à la poubelle tout en remplissant nos maisons déjà surchargées d’une foule de choses totalement inutiles. On ne fait qu’embourber nos placards. On remplit sans discernement.

Le magasinage est un style de vie futile et superficiel. L’industrie de la surconsommation nous créé des besoins. Car l’objectif des centres commerciaux en particulier c’est de nous pousser à acheter un millier de choses et d’objets dont nous n’avons pas du tout besoin. En plus le magasinage forme nos jeunes à être des consommateurs actifs ce qui nourrit une chaîne infernale de la surconsommation.

Et finalement le magasinage est un énorme gaspillage d’argent que souvent les consommateurs n’ont pas. On magasine à crédit. On dépense de l’argent que l’on n’a pas. Car le magasinage engendre des dépenses non prévues et des achats impulsifs.

On se plaint si souvent de ne pas avoir assez d’argent. On se plaint que le gouvernement est trop gourmand, que le prix de l’essence est trop élevé, on fait la moue devant le prix des fruits et légumes bio alors qu’on dépense sans vergogne pour une robe, un sac, une paire de chaussures, un ramasse-poussière ( les bibelots inutiles), un gadget (parfois on en a plusieurs et on a oublié qu’on en avait déjà un.

La dépendance
Par ailleurs, la consommation est une dépendance comme l’alcool ou la drogue. Varda soulignait que la consommation était excessive chez elle, elle le reconnaissait. C’est un peu paradoxal. Quand des personnes sont excessives dans la consommation d’alcool, de drogue, de nourriture, on les traite. Car c’est un problème. Pourquoi les excès de notre société de consommation seraient normaux et admirables ? Pourquoi ce serait acceptable ? Seulement, car c’est le fondement de notre société capitaliste ?

À méditer, en reportant votre prochain achat pour y penser. En se demandant combien de temps l’objet sera utilisé et surtout si on en a vraiment besoin…

Des dildos écolos…en bois

Ce n’est pas la première fois que je parle de sexe écolo. Cette fois, c’est un jouet sexuel écolo. Un godemiché en bois fabriqué au Québec, plus précisément en Gaspésie. Il y a quelques semaines, je recevais un courriel de M. Dubois, le nom du godemiché en question et de la compagnie qui les fabrique. La masturbation et les jouets sexuels effectueraient donc un virage écolo. Eux aussi. Comme quoi aucun domaine n’échappe à la révolution verte !

Les personnes derrière cette entreprise désirent garder l’anonymat. La compagnie a été lancée il y a sept à huit mois.
L’un des co-créateur me signale que le site internet ainsi que le produit en tant que tel ont été lancés la semaine dernière après beaucoup de recherche et développement et que le produit a été créé, testé par des femmes et modifié à plusieurs reprises pour lui donner sa forme actuelle.

Par ailleurs, la fabrication se fait en Gaspésie, presque entièrement à la main. Le bois provient d’une forêt certifiée FSC. Leurs prochains dildos seront fabriqués de bois qui provient de la Gaspésie. Même la boite est fabriquée au Québec.

Ce co-créateur ajoute que « chaque produit est unique de par sa couleur et le veinage du bois, par contre, la forme a été standardisée pour que tous les M. Dubois donnent le même plaisir.» Finalement le vernis utilisé est un polyuréthane à l’eau qui lui donne un fini lisse et une protection très résistante.

Si les dildos en plastique sont parmi les plus polluants et contiennent des COV et certains polluants, il en existe, outre celui-ci en bois, en verre et autres matières plus écolos. Mais un dildo écolo à piles ? À moins qu’il n’existe une version rechargeable sans plastique ?

Pourquoi ces godemichés en bois ?
« L’idée derrière M. Dubois vient de mon désir de faire connaitre la beauté du bois du Québec au plus grand nombre possible. Je devais trouver un objet pas très gros, qui s’envoie par la poste et qui a le plus beau fini possible pour rendre au bois la beauté qui lui revient. Ainsi, se sont imposés les érables, noyer, cerisier et merisier qui sont nos feuillus nobles et durs », répond le co-créateur.

Il y a même une page Facebook M.Dubois.

L’ancêtre du dildo
D’ailleurs, les co-créateurs de M.Dubois m’ont envoyé un article qui parle du possible premier godemiché trouvé en Suède qui était fabriqué en bois de cerf. On n’a vraiment rien inventé !!!

L’annuaire Canoe411 à nos portes

Avant Internet, on avait l’annuaire Bell. Deux grosses briques livrées à nos portes. Puis l’Internet. Qui utilise maintenant l’annuaire ? Moins de monde. Mais il reste pratique pour surélever mon écran d’ordi et trouver un numéro quand une panne électrique survient.

Puis on a eu un autre annuaire imprimé par une compagnie concurrence à Bell dont le nom m’échappe. Ça n’a pas duré devant les protestations. Que de papier gaspillé avec cette énorme brique livrée aussi à domicile, même avec le collant anti circulaires que l’on peut se procurer gratuitement dans tous les écoquartiers.

D’ailleurs, si vous ne voulez plus recevoir l’annuaire des pages jaunes, vous pouvez vous désabonner en quelque sorte. Je l’ai fait quand j’ai écrit ce billet. Je ne l’ai pas reçu… encore.

Mais j’ai reçu cette semaine un nouvel annuaire. Un autre encore. Celui de Canoe 411 : Media pages, une compagnie de Quebecor. Malgré le collant anticirculaire. Comment peut-on encore distribuer des bottins papier sans me demander mon avis ? Désolée, mais ce bottin sera retourné à l’expéditeur : Canoe411 : Média pages, 7400, Boulevard les Galeries d’Anjour, bureau 600, Montréal, H1M 3S9. Et je ne mettrai pas de timbre. À eux de payer. On devrait faire la même chose pour tout ce qu’on reçoit, qui est non sollicité et publicitaire.

D’ailleurs, un appel à Canoe411 m’apprend que les distributeurs ont reçu des consignes strictes. Ils ne devaient pas distribuer le bottin aux personnes qui ont ce collant antipub. Une erreur et la personne au bout du fil s’est excusée. On peut renvoyer le bottin ou le déposer dans un magasin Archambault.

Dire qu’il impossible de recevoir le Journal de Rosemont quand on a le collant anticirculaire, car il est distribué dans le publisac. Un publisac que l’on peut trouver sur Internet en passant. Avec les mêmes réductions et selon sa région. On imprime selon les besoins.

Les fouineurs du recyclage

Vous le savez. Lorsque le bac ou le sac de recyclage se retrouve au bord de la rue, il sera fouillé sous toutes ses coutures à la recherche de quelconques canettes, bouteilles consignées. Ce matin, jour du recyclage, je travaillais sur mon balcon. J’ai donc été la témoin du nombre de personnes qui peuvent fouiller notre recyclage. J’en ai compté quatre qui sont passées. Il semble que le siphonnage du recyclage soit un métier en pleine expansion. Est-ce un bienfait ou une plaie ?

Je n’ai aucun problème avec ça. Cela leur fait sûrement un complément d’argent. Cependant, certains laissent le bordel après leur passage. J’ai dû demander à un monsieur de remettre ce qu’il avait sorti du bac, dans le bac. D’autres, comme celui de la photo, ont tout remis dans le sac de recyclage en partant. Il a même refermé soigneusement les sacs après les avoir ouverts par l’ouverture. Il ne les a pas éventrés, comme vient de faire une dame sur le même sac.

C’est le problème. Les sacs sont éventrés. Leur contenu s’échappe et s’envole. Le problème n’est pas le même pour le bac. Bref. Les solutions parfaites n’existent pas.

On peut se poser une question. Est-ce que la majorité des gens font la tournée du recyclage pour le plaisir, pour un complètement d’argent ou pour leur survie ? Car il semble que la concurrence devient grande. On peut observer une forte augmentation des gens qui siphonnent les bacs de recyclage. Note-t-on aussi que les citoyens deviennent plus fainéants et mettent les objets consignés dans le recyclage ? Est-ce que ça rapporte vraiment beaucoup d’argent cette tournée du recyclage ?

Pourquoi bloguer ? Je l’explique sur Canoë

Je blogue depuis octobre 2006. Presque quatre ans. Un plaisir qui se multiplie sur le web pour moi puisque outre ce blogue, j’écris sur Branchez-vous, RueMasson et Workopolis. Bientôt, un quatrième endroit se rajoutera. À suivre.
Pour le moment voici le portrait de blogueuse qu’a fait de moi Simon-Pierre Goulet. La vidéo semble avoir disparu. Je ne la trouve plus.

Sympa. Le texte est là.

J’ai trouvé drôle et dommage que le logo de Rue Frontenac a été brouillé, car il est collé sur mon ordinateur depuis plus d’un an… Avec celui de RueMasson et un autre slogan.

Des villes de banlieue plus vertes : Boucherville

Le bottin des récupérateurs distribué à Boucherville

Les villes de la banlieue de Montréal n’ont pas la réputation d’être si vertes que ça. Montréal aime beaucoup se penser plus verte que tout le monde au Québec. Ce qui est le cas selon un classement établi par deux chercheurs universitaires. Mais pas dans tous les domaines. Bref, il faut faire la part des choses.

Pour vivre la vie de Boucherville depuis quelques jours, j’ai noté plusieurs points positifs. Évidemment, les gens ont des voitures, les utilisent sûrement plus qu’en ville, etc. Mais les pelouses ne sont plus aussi parfaites. Aussi, les poubelles ne sont ramassées qu’une fois semaine, tout comme le recyclage. Et on collecte les déchets verts (pelouse, feuilles, pas les déchets organiques de table) toutes les semaines.

Aussi, Boucherville s’est dotée de plusieurs pistes cyclables. Un réseau qui s’étend rapidement. Par ailleurs, oubliez vos préjugés, ces pistes sont utilisées. Je vois des gens se déplacer en vélo tous les jours.

Par ailleurs, le transport en commun existe, même si la fréquence des autobus n’est pas au 5 minutes, ils desservent toute la ville et permettent de se rendre au métro Longueuil ou au métro Radisson à Montréal. Et rapidement.

Autre point intéressant, la ville de Boucherville distribue le bottin des récupérateurs qui est aussi sur le web. On y trouve l’ensemble des informations nécessaires pour ne rien jeter. Dans un tableau, on trouve la liste de tous les objets possibles et inimaginables par ordre alphabétique et l’endroit où on peut le porter pour qu’il soit récupéré.

Les ampoules fluocompactes ? Home dépot, IKEA, deux RONA, l’écocentre Saint-Bruno, Brossard, et lors de la collecte annuelle des résidus domestiques dangereux. Vitraux ? L’écocentre Brossard. Meubles de patios ? Écocentre Brossard, Grenier de ma ville ou l’armée du salut qui viennent les chercher. Bref, rien ne se jette, tout se récupère.

Autre truc intéressant, la ville encourage le compostage qui est facilité par le fait que de nombreuses personnes ont des cours à Boucherville. Plusieurs formations sont d’ailleurs offertes par la ville au printemps et à l’automne. L’information de base est aussi sur leur site internet.

Une dernière chose que j’ai remarquée en me promenant. Les terrains de foot ne sont pas synthétiques comme à Montréal au parc Jeanne-Mance. Une pratique qui favorise les îlots urbains de chaleur.

La folie du football culmine avec la finale

C’est aujourd’hui que la folie du football se termine. Finale de la Coupe du monde entre les Pays-Bas et l’Espagne. Je n’ai pas vraiment de parti pris. Peu importe le gagnant, ce sera une première. Aucune de ces deux équipes n’a jamais remporté le trophée. Car la liste des gagnants est quand même assez courte.

Le Brésil est au sommet, c’est l’équipe qui l’a remporté le plus souvent. Cinq fois. D’ailleurs, le premier trophée est la propriété exclusive de ce pays après qu’il l’a remporté trois fois. Mais le trophée original a été volé au Brésil et jamais retrouvé. Les autres gagnants : l’Uruguay (2 fois), L’Italie (4 fois), L’Allemagne (3 fois), l’Argentine (2 fois), l’Angleterre et la France, une fois chacune. Ce soir on en aura un septième.

Le patriotisme espagnol
Les Espagnols et les Néerlandais se sentiront exactement comme les Français en 1998. J’entendais à RDI que le patriotisme espagnol n’avait jamais été aussi fort. Après avoir vécu longtemps sous le joug du régime de Franco, le patriotisme a été mis en sourdine, comme en France après la Seconde Guerre mondiale. Et comme les Français l’ont vécu en 1998, les drapeaux espagnols sont en verve. Attendez-vous à une explosion complète et totale s’ils gagnent. Madrid et toute l’Espagne sera folle comme l’a été Paris et la France. À suivre.

Des bagarres au hockey, mais pas au foot
Cet après-midi, je regarderai le match. Évidemment, je ne serai pas aussi émotive qu’il y a quatre ans lors de la finale France-Italie et le fameux coup de boule de Zidane. Il est certain que le foot peut être violent. Mais les bagarres sont rares, alors qu’au hockey c’est une véritable tradition. Maudit. Je déteste les bagarres. C’est puéril, enfantin, moron, ça ralentit le jeu, ça fait homme des cavernes, etc.
Et les femmes ?
Comme dans de nombreux sports, les femmes sont totalement absentes. Sauf pour parler des femmes des joueurs comme au hockey. Pourtant, les femmes jouent aussi au foot. Il y a une Coupe du monde, mais elle ne bénéficie pas de la couverture de la Coupe du monde des hommes. Pourquoi ne pas faire ces deux événements en même temps comme pour le tennis ? Les femmes se disputeront le trophée en 2011 en Allemagne.

Le drame de 1982
Parlant de Coupe du monde. Mon premier souvenir fort date de 1982. Même si Maradona et la victoire de l’Argentine en 1978 sont vagues. Mais en 1982, je pleurais devant le petit écran lorsque la France est passée du paradis à l’enfer. Menant 3-1 face à l’Allemagne, l’équipe de France s’est fait remonté 3-3 pour se faire battre aux tirs au but… Dramatique. Défaite injuste surtout. Car le drame s’est déroulé lors de la deuxième mi-temps quand le gardien allemand, Schumacher, a frappé le défenseur français Patrick Battiston, le laissant K.O. Le scandale ? Il aurait dû avoir un carton rouge, être expulsé. Il n’a rien eu. Même pas un carton jaune ou une faute. Bref une cicatrice pour la France entière. Heureusement, la victoire de 1998 a quelque peu mis un baume sur ce drame.
Voici un intéressant reportage avec les commentaires des joueurs 25 ans plus tard. Intéressant.

L’histoire controversée du Rainbow Warrior

Le Rainbow Warrior est un bateau acheté par Greenpeace de la Grande-Bretagne et la participation de Greenpeace des Pays-Bas. L’objectif était d’empêcher les baleiniers de tuer les baleines. Le bateau a été victime de bombes posées par les services secrets français en 1985. Pourquoi ? Car le Rainbow Warrior s’apprêtait à dénoncer et empêcher les essais nucléaires de la France dans le Pacifique.

La réalisatrice néerlandaise, Suzanne Raes, a produit un documentaire sur l’histoire de ce bateau, mais aussi des membres de Greenpeace, qui composaient l’équipage, qui ont participé à sa naissance, sa mise à l’eau, ses batailles, puis sa mise à mort. En regardant le Rainbow Warrior, les pionniers de l’environnement ( Rainbow Warriors of Waiheke Island, titre original), j’ai appris que le bateau a été dépollué, nettoyé puis repose maintenant au fond du Pacifique comme un récif artificiel en hommage à son rôle.

Par ailleurs, il est intéressant d’apprendre que de nombreux membres de l’équipage vivent désormais sur l’île de Waiheke, en Nouvelle-Zélande à 30 minutes de la capitale, Auckland. Une île de repos pour les militants retraités comme le décrivait l’un d’eux, Martini.

Une autre des militantes, Susi, a eu des mots durs envers le Greenpeace des années 2000. Elle décrit l’organisme comme une multinationale qui n’a plus rien à voir avec les batailles de ses débuts.

Le documentaire a été diffusé sur RDI lors des Grands reportages.

Des privilèges pour les parents ?

Depuis quelques semaines, je fais une recherche pour un article sur la conciliation travail-famille. Est-ce l’harmonie entre les mères de jeunes enfants et les autres (non-mères et mères d’enfants plus vieux) au travail ?

Y-a-t-il des conflits qui sont engendrés par les mamans qui doivent s’absenter régulièrement ou non à cause des enfants ? Est-ce que le fait qu’elles doivent quitter à heures fixes pour la garderie ou parfois doivent s’absenter pour un congé maternité ou une maladie engendre des jalousies de la part des employés qui doivent en faire plus ? Les mères ou parents passent aussi plusieurs heures au téléphone pour organiser la vie de famille ? Est-ce acceptable ? Travaillent-ils moins fort que les autres ?

Je cherche plusieurs témoignages. J’ai des jeunes mamans. Je cherche surtout des employés et des patrons qui doivent « subir » ou gérer les absences. La majorité semble s’en accommoder en public ? Mais en privé est-ce vraiment le cas ? Sont-ils aussi compréhensifs ?

En lisant un billet de la mère blogue sur la conciliation travail-famille vue par les patrons, certains commentaires parlaient de privilèges pour les parents. Certains s’en offusquent de manière anonyme, mais se taisent quand il s’agit de s’identifier. Faites-vous partie de ceux qui pensent qu’on en fait trop pour les parents ou alors pensez-vous qu’il est normal d’être plus conciliant ? Avez-vous des trucs et conseils pour améliorer la cohabitation ?

Le témoignage peut être anonyme. Merci.

Je donne pour le cancer

Vendredi dernier ma première mammographie et échographie m’ont rassurée après avoir découvert une bosse sur mon sein. Je raconte le tout dans un billet pour démystifier le tout. Pour marquer positivement cette peur qui m’a tenaillée pendant 10 jours, j’encourage un couple d’amis qui participe au Tour CIBC Charles Bruneau ce vendredi.

Sophie Blouin et Charles Dionne vont parcourir plus de 100 km en vélo pour ramasser des fonds pour le cancer. Le fils d’un de leurs amis à une tumeur au cerveau. C’est leur manière d’aider. C’est une manière pour moi aussi de faire ma petite part. Car il faut donner et en parler.

Avec ma petite peur, j’ai remarqué qu’il était pas mal tabou de parler d’une bosse au sein. Pourtant… C’est malheureusement la vie. Quand on en parle, on s’aperçoit que plusieurs personnes l’ont vécu. Leur expérience aide grandement. C’est pour ceci que j’ai raconté cette phase intime dans un billet. Car j’aurais aimé lire ça le soir où j’ai découvert ma bosse. Témoigner est important aussi. Pas seulement quand on est malade. Quand on ne l’est pas. Pour souligner que toute bosse n’égale pas cancer.

Je parle de cette maudite maladie qui fait terrorise à mort dans un billet sur Branchez-vous.

Anti-fête des Mères

Je n’aime pas la fête des Mères. Comme je n’aime pas Noël, la St-Valentin, Pâques, la fête des Pères, ces fêtes préétablies, convenues dont le seul objectif est commercial.

Depuis que j’ai lu cette chronique: Why I hate Mother’s Day, grâce à Geneviève Lefebvre, j’ai compris aussi pourquoi j’avais un profond inconfort. Comme si devenir mère conférait aux femmes un statut spécial de glorification éternelle. On élève les parents à un niveau supérieur par rapport aux non-parents. Pourquoi n’y a-t-il pas une fête des non-parents ?

Par ailleurs, les histoires de fête des Mères peuvent devenir des faux pas inconfortables quand on se met les pieds dans les plats. Quand on dit bonne fête à une femme qui à l’âge d’être mère (surtout quand on est dans la quarantaine) et qu’elle ne l’est pas. Ou quand on lui dit qu’elle va donc fêter sa mère et que cette dernière est morte (de Martine). Voilà ce qui arrive quand on assume prend pour acquis que toutes les femmes sont mères ou ont une mère à fêter.

Ces fêtes convenues dont la signification est hyper galvaudée perdent leur sens initial. N’est-ce pas rire des mères que de ne les fêter qu’une fois par année ? Car si je suis anti-fête des Mères, je ne suis pas anti-mères et anti-enfant. J’adore les enfants, je suis l’amie qui comprend ses amies mères, qui gardent leurs enfants parfois, qui couvre parfois les sujets famille et qui surtout écrit des livres pour les enfants. Je suis la tatie et la belle-mère parfaite. J’aime jouer avec les enfants de tous âges, je connecte avec eux. Mais je ne suis pas mère. Je n’ai jamais enfanté, porté un enfant. J’ai seulement été une belle-mère à une ou deux reprises dans ma vie. Suis-je moins que les mères ? Non. Chacune sa vie et ses expériences. Et j’admire certaines mères, comme j’admire certaines personnes pour d’autres raisons.

Et les mères qui ne peuvent enfanter ?
Pire encore, si on oublie alors toutes les femmes qui ne veulent pas être mères, on torture celles qui ne peuvent l’être et le souhaitent ardemment. Je pense à elles en cette journée qui leur ramène en plein visage cette triste réalité. Que dire des femmes qui sont des belles-mères, rôle ingrat comme le dit si joliment Patrick Dion.

Bref, cette fête me fatigue royalement par le fait qu’elle exclut tellement de femmes et qu’elle encourage seulement une consommation déjà galopante. Qu’elle glorifie les mères au détriment des autres femmes qui n’ont pas eu d’enfants. Une femme n’a pas besoin d’être mère pour être complète. Cette fête me fatigue, car elle rend triste les femmes stériles, les femmes célibataires que l’horloge biologique rattrape, les femmes qui ont donné leurs enfants en adoption, les femmes qui ont avorté, les femmes abandonnées par leurs enfants et j’en oublie.

Les mères méritent mieux qu’une journée, un bouquet de fleurs et une carte Hallmark achetés à la hâte. En fait, la véritable fête des Mères, c’est le 8 mars, car c’est pour toutes les femmes, sans distinction.

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