Discriminatoire les centres sportifs réservés aux femmes?

Question qu’on doit se poser puisque ces centres sont très populaires et existent un peu partout au Québec. Certaines femmes s’y plaisent, d’autres, comme moi, n’apprécient pas. J’étais abonnée à Énergie Cardio pendant 5 ans. Au cours des quatre premières années, je fréquentais le centre mixte du Nouveau Rosemont. Parfait. Quand j’ai déménagé dans le coin de la rue Masson, j’étais heureuse de constater qu’un Énergie Cardio venait d’ouvrir. Pas pour longtemps. Ce gym est réservé aux femmes. J’ai dû payer un supplément à mon abonnement pour y avoir accès. En plus, j’avais moins de cours qu’à mon ancien Énergie Cardio. J’ai comblé en fréquentant celui de Mont-Royal et mon ancien gym. Quand je me suis débarrassée de ma voiture, ça ne fonctionnait plus. Je n’ai pas renouvelé mon abonnement. Les centres réservés aux femmes ne me conviennent pas.

J’en ai fait un texte sur RueMasson.com où j’ai consulté des avocates, la Commission des droits de la personne, Énergie cardio et des femmes qui fréquentent ces gyms. On fait le tour de la question. À lire.

J’aurais voulu être une pilote de F1… mais je suis une femme… (AJOUT)

Verra-t-on un jour une femme sous ce casque ? Photo : Cécile Gladel

Périodiquement, quelques femmes ont tenté leur chance en Formule 1. Un article dans la Presse en fait la liste et a réveillé mon vieux rêve. J’ai toujours voulu être journaliste. Aucun autre métier n’a attiré mon attention. Jamais. Sauf un. J’aurais voulu être une pilote de F1. Vraiment.

On comprend que mon premier métier de rêve a été plus facile à réaliser que le deuxième… Je n’ai jamais eu le début d’une chance de percer en F1. Mes parents n’avaient pas les moyens de me payer du karting. Pourtant, j’habitais en Auvergne, proche de Clermont-Ferrand, la ville de Michelin. Mon père m’a seulement permis de piloter le tracteur très jeune, maigre consolation, de gabarit différent d’une formule 1, puis m’a appris à conduire une « vraie » voiture dès l’âge de 14 ans. Bonheur ou torture, puisque je ne pouvais conduire « sur la route » avant d’obtenir mon permis, quelques jours à peine après mes 18 ans. Autant vous dire que je piaffais d’impatience, en parcourant les chemins de terre autour de chez moi… et quelques rares incursions sur la route. Sans permis. Vive la campagne.

Plus de 30 ans après le début de ma passion pour la F1, les femmes en sont toujours exclues. Sauf pour la décoration. Les femmes sont largement utilisées pour les publicités en tout genre. La pitoune fait encore les jours heureux des chars. Pourtant, les femmes s’intéressent à la Formule 1 comme sport tel que le démontre le site Femin-F1 que j’ai découvert il y a deux ans.

C’est vrai que des femmes se pointent dans les écuries dans des postes autres qu’attachée de presse. Mais on présente encore la grille de départ avec des pitounes légèrement habillées à titre de porteuse de drapeau, pendant que quelques femmes sont ingénieures, directrice d’écurie et autres.

Ne nous y trompons pas, malgré ces quelques avancées, on est loin du moment où une femme fera son entrée en F1. Alors que les hommes y font leur apparition dès l’âge de 20 ou 21 ans parfois, Danica Patrick, pilote de Indy depuis plusieurs années, semblent devoir faire ses preuves à la dure avant de penser peut-être intégrer la reine des courses automobiles.

Dans l’article de la Presse, le patron du Grand prix du Canada, François Dumontier, pense que la résistance physique des femmes a joué dans leur absence. Je ne suis pas tout à fait d’accord. C’est une raison facile et une bonne excuse. Une excuse acceptable dans les cas de force physique. Mais la résistance physique qui est primordiale en F1 et non la force physique (les pilotes de F1 sont assez petits et minces) ? J’en doute. Je crois que les femmes sont pratiquement aussi résistantes que les hommes. La preuve ? Les temps des femmes dans les marathons et les longues distances se rapprochent des hommes.

Au contraire, il semble que les femmes qui ont tenté leur chance en F1 n’ont jamais eu la moindre chance de faire réellement leurs preuves à cause d’une voiture beaucoup moins compétitive que celles dont bénéficient les hommes. On ne leur a jamais donné la chance de montrer leur talent de pilote. Prenez Michael Schumacher et ses performances cette année. Il n’a pas le même type de voiture qu’à l’époque de sa domination avec Ferrari. Il ne gagne pas. On aurait déjà montré la porte à une femme qui donnerait le même type de performance.

Bref, si on donnait la même chance aux jeunes femmes qu’aux jeunes hommes qui arrivent en Formule 1, ce serait plus équitable. Un jour, peut-être qu’une écurie voudra profiter des retombées marketing de l’arrivée d’une femme qui fera plus que de participer aux qualifications. Quand est-ce que Danica Patrick ou une autre fera une saison complète en F1 ?

En attendant, voyez le reportage de Philippe Crépeau de Radio-Canada sur mon amie Katia Bohémier qui est l’une des seules femmes commissaires de la FIA au Québec et sur le circuit de F1. Katia occupe de poste bénévole depuis 12 ans. Je parlais d’elle et de son rôle il y a trois ans.

AJOUTS
J’ajoute ce site britannique, Girl racer sur les femmes en course automobile.

J’ajouterai aussi la pilote de rallye française, Michèle Mouton qui a gagné plusieurs rallyes dans les années 80 alors qu’elle était en compétition contre des hommes.

Autres billets sur les femmes et la F1
Montréal et la F1: un mariage gagnant, mais pas pour les femmes.

Anti-fête des Mères

Je n’aime pas la fête des Mères. Comme je n’aime pas Noël, la St-Valentin, Pâques, la fête des Pères, ces fêtes préétablies, convenues dont le seul objectif est commercial.

Depuis que j’ai lu cette chronique: Why I hate Mother’s Day, grâce à Geneviève Lefebvre, j’ai compris aussi pourquoi j’avais un profond inconfort. Comme si devenir mère conférait aux femmes un statut spécial de glorification éternelle. On élève les parents à un niveau supérieur par rapport aux non-parents. Pourquoi n’y a-t-il pas une fête des non-parents ?

Par ailleurs, les histoires de fête des Mères peuvent devenir des faux pas inconfortables quand on se met les pieds dans les plats. Quand on dit bonne fête à une femme qui à l’âge d’être mère (surtout quand on est dans la quarantaine) et qu’elle ne l’est pas. Ou quand on lui dit qu’elle va donc fêter sa mère et que cette dernière est morte (de Martine). Voilà ce qui arrive quand on assume prend pour acquis que toutes les femmes sont mères ou ont une mère à fêter.

Ces fêtes convenues dont la signification est hyper galvaudée perdent leur sens initial. N’est-ce pas rire des mères que de ne les fêter qu’une fois par année ? Car si je suis anti-fête des Mères, je ne suis pas anti-mères et anti-enfant. J’adore les enfants, je suis l’amie qui comprend ses amies mères, qui gardent leurs enfants parfois, qui couvre parfois les sujets famille et qui surtout écrit des livres pour les enfants. Je suis la tatie et la belle-mère parfaite. J’aime jouer avec les enfants de tous âges, je connecte avec eux. Mais je ne suis pas mère. Je n’ai jamais enfanté, porté un enfant. J’ai seulement été une belle-mère à une ou deux reprises dans ma vie. Suis-je moins que les mères ? Non. Chacune sa vie et ses expériences. Et j’admire certaines mères, comme j’admire certaines personnes pour d’autres raisons.

Et les mères qui ne peuvent enfanter ?
Pire encore, si on oublie alors toutes les femmes qui ne veulent pas être mères, on torture celles qui ne peuvent l’être et le souhaitent ardemment. Je pense à elles en cette journée qui leur ramène en plein visage cette triste réalité. Que dire des femmes qui sont des belles-mères, rôle ingrat comme le dit si joliment Patrick Dion.

Bref, cette fête me fatigue royalement par le fait qu’elle exclut tellement de femmes et qu’elle encourage seulement une consommation déjà galopante. Qu’elle glorifie les mères au détriment des autres femmes qui n’ont pas eu d’enfants. Une femme n’a pas besoin d’être mère pour être complète. Cette fête me fatigue, car elle rend triste les femmes stériles, les femmes célibataires que l’horloge biologique rattrape, les femmes qui ont donné leurs enfants en adoption, les femmes qui ont avorté, les femmes abandonnées par leurs enfants et j’en oublie.

Les mères méritent mieux qu’une journée, un bouquet de fleurs et une carte Hallmark achetés à la hâte. En fait, la véritable fête des Mères, c’est le 8 mars, car c’est pour toutes les femmes, sans distinction.

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Incompatibilité entre la politique et la maternité ?
Un enfant seule.
Avoir un enfant, a-t-on le choix ?

Le cahier de charge de la femme moderne ! (Mise à jour)

Puisque je fais partie de celles qui n’ont pas aimé la liste des 100 habiletés que doit avoir un « vrai » homme de L’actualité et que je suis totalement d’accord avec Catherine Perrault-Lessard d’Urbania. Si un magazine féminin nous avait sortis des trucs aussi traditionnels et vieux jeu que L’actualité, on aurait crié au scandale. Et je criais au scandale en faisant passer le test à des amis l’autre soir.

En lisant ce spécial homme dans L’actualité, je me suis demandé ce qu’était une vraie femme. J’ai pensé faire une liste. Mais en tombant sur la magnifique liste de mon collègue Jean-Sébastien Marsan qui décrit avec tant de justesse ce qu’un être humain doit tenter de devenir, je ne pouvais résister plus longtemps. J’ai donc décidé de suivre son exemple, ses catégories et de décrire les 25 habiletés de la femme moderne.

En fait, les deux listes pourront être fusionnées quand les hommes et les femmes auront atteint la réelle égalité. Car ces deux listes sont des souhaits, le souhait de voir chaque personne se respecter, décider par elle-même et ne jamais se faire dicter sa vie par la société. Et j’ajouterai la phrase de mon amie Geneviève Dorais-Beauregard qui est la plus importante:

« Il n’y a pas de vrais hommes et de vraies femmes, que des correspondances à des stéréotypes dictés par la société et issus de l’histoire, de la religion et autre. »

Travail, argent

1. Une femme travaille, à l’extérieur de chez elle, ou reste à la maison. Quand elle choisit de rester à la maison, c’est sa réelle volonté, pas celle de son chum. Si son chum désire rester à la maison, c’est aussi un choix qu’elle respecte et qu’elle fait respecter auprès des autres. Elle choisit la carrière qu’elle désire sans se laisser influencer et sans penser qu’elle n’en a pas les compétences. Elle peut devenir coiffeuse ou ingénieure, infirmière ou astronaute.

2. Pour des raisons tant écologiques qu’éthiques, une vraie femme limite sa consommation et évite de s’endetter sans réfléchir. La femme moderne n’est pas une tête sans cervelle qui ne trouve son plaisir que dans le lèche-vitrines et le magasinage. Il y a autre chose dans la vie que d’acheter une énième paire de chaussures ou un dixième fond de teint.

3. Une femme, une vraie ne se laisse pas impressionner par les hommes riches qui la couvrent de cadeaux et lui fait miroiter une vie de princesse. Elle ne se laisse pas acheter comme une vulgaire propriété. Elle sait être indépendante et autonome financièrement et savoir gérer ses propres affaires.

Éducation, culture, loisirs

4. Une femme, une vraie, étudie dans les domaines qui l’intéressent vraiment. Elle n’écoute pas les gens qui lui disent que tel domaine ne convient pas aux femmes. Tout comme les vrais hommes, elle favorise une bonne culture générale. Elle ne limite pas ses lectures à la littérature chick lit, aux magazines dits féminins, aux émissions de téléréalité. Une vraie femme lit aussi L’actualité (même si le niveau de ces tests est pire que ceux des magazines féminins), l’Express, le Monde, The Economist. Elle développe d’autres intérêts que le maquillage, le magasinage, la cuisine, la mode et les enfants. L’économie et la politique sont aussi des sujets importants qui méritent qu’on s’en occupe.

5. Une femme, une vraie, est toujours soucieuse de développer son autonomie intellectuelle et son esprit critique (exactement ce qu’à écrit Jean-Sébastien. Aucun besoin de changer ceci).

6. Une femme, une vraie, consacre son temps libre à des activités qui l’enrichissent intellectuellement ou socialement. Elle pense à elle et ne consacre pas tout son temps à ses enfants et son chum. Ces derniers sont capables de s’organiser sans elle, quoi qu’elle en pense.

7. Une femme, une vraie, reconnaît le féminisme et surtout se rappelle les luttes menées par les femmes qui l’ont précédé. Elle arrête de se comparer aux autres femmes, de vouloir la perfection irréaliste projetée par les magazines, d’avoir peur de vieillir et des rides.

Identité féminine

8. Une femme, une vraie, doit assumer tant sa féminité que son côté masculin. Elle doit pouvoir se comporter comme elle le veut sans se sentir juger. Elle peut préférer changer des pneus ou coudre, poser des tablettes et/ou cuisiner un gigot, détester le ménage et aimer tondre le gazon, haïr le tricot et adorer refaire la salle de bain. Comme l’a si bien écrit Geneviève Lefebvre : « Elle doit posséder un coffre à outils, au propre comme au figuré et savoir se servir du marteau contre les voleurs. »

9. Une femme, une vraie, ne se définit pas selon son chum, selon les hommes. Elle se définit comme une personne à part entière et s’assume.

10. Une femme, une vraie, n’a pas peur d’être superficielle et capricieuse à l’occasion. Elle doit assumer tous les côtés de sa personnalité sans s’excuser d’être elle-même. L’authenticité doit gagner.

Relations sociales, amoureuses, familiales

11. Une femme, une vraie, n’essaye pas de faire plaisir tout le temps à tout le monde. Elle est capable de dire non. Elle fuit les hommes qui ne la traitent pas avec respect, les remet à leur place. Elle fuit les hommes qui sont menaçants, manipulateurs. Elle aime un homme pour ce qu’il est vraiment, peu importe le métier qu’il exerce ou son statut social.

12. Une femme, une vraie, n’attend pas d’avoir trouvé l’amour et le partenaire idéal pour réaliser ses projets de vie. Elle est capable de s’acheter une maison seule si elle le désire. Elle est capable de voyager avec ses amies sans attendre après un homme pour le faire.

13. Une femme, une vraie, prend parfois les devants dans la drague et n’attend pas toujours que l’homme fasse les premiers pas. Quand l’homme les fait, elle le reçoit avec respect même si l’homme ne l’intéresse pas. Les hommes qui draguent sont peu nombreux, il ne faut surtout pas les décourager par solidarité avec les autres femmes.

14. Parlant solidarité, une femme, une vraie, ne bitche pas les autres femmes en les critiquant sur leur physique, leur coiffure, leur maquillage ou tout autre artifice. Elle travaille sur sa confiance en elle, boude la jalousie et se réjouit du succès des autres. Les femmes ne sont pas des menaces. Chacune à sa place sur la terre.

15. Une femme, une vraie, cultive ses amitiés, élargit son réseau social, à l’extérieur de son couple si c’est le cas. Si elle est célibataire, elle ne se morfond pas chez elle, elle rayonne à l’extérieur.

16. Une femme, une vraie, apprend à rompre de manière civilisée, surtout quand des enfants sont concernés. On ne critique pas le père de ses enfants, on ne prend pas les enfants en otage, on laisse la place au père qui veut la prendre (cela ne nous enlève rien en tant que mère). Si ce dernier n’est pas présent, on ne le laisse pas s’échapper ainsi. On le place face à ses responsabilités.

17. Une femme, une vraie, arrête de nourrir des fantasmes irrationnels de contes de fées, typiquement féminins : la rencontre de rêve avec le Prince charmant sur son cheval blanc, le coup de foudre qui débouchera immédiatement sur le grand amour. On arrête de croire au Père-Noël. Les contes de fées n’existent pas, sauf dans les livres et dans les films.

18. Une femme, une vraie, arrête de jouer une game avec les hommes et de suivre de soi-disant règles pour les attirer dans son filet. Elle reste authentique et honnête en tout temps. Elle se présente sous son vrai jour.

19. Une femme, une vraie, élève ses enfants sans faire de différence selon leur sexe. Elle respecte leurs jeux même si son garçon joue à la poupée et sa fille au hockey. Elle évite de transformer sa fille en poupée et résiste à l’hypersexualisation des filles.

20. Une femme, une vraie, peut être célibataire, vivre sans homme sans être jugée et se sentir extraterrestre.

21. Une femme, une vraie, ne juge pas les autres femmes qui décident de ne pas devenir mères, qui décident de ne pas allaiter, qui décident de boire un verre de vin quand elles sont enceintes.

22. Une femme, une vraie, n’est pas nécessairement une mère. Lorsqu’elle décide d’avoir des enfants, c’est un geste assumé et décidé par elle et son conjoint. Elle ne devient pas mère par habitude, car c’est ainsi que la société voit les femmes.

23. Une femme, une vraie, laisse le père s’investir dans l’éducation des enfants et les tâches ménagères. Elle évite de toujours dire à son chum comment agir avec les enfants ou comment faire le ménage. Elle évite de toujours lui faire des reproches quand il prend des initiatives. Elle évite de considérer son chum comme un enfant et de lui donner des ordres de manière constante. Un père ne garde pas ses enfants, il s’en occupe. Elle exige le partage des tâches en évitant de faire trop de compromis.

24. Une femme, une vraie, arrête de s’exprimer en métaphores et dit clairement ce qu’elle veut.

25. Une femme, une vraie, se pardonne de ne pas être parfaite et pardonne aux autres de ne pas l’être. Elle pratique l’équilibre et le lâcher-prise en tout temps.

AJOUTS (important car on remet chaque jour ces droits en question):
26. Une femme, une vraie a le droit d’avorter ou non. S’il est préférable qu’elle fasse ce choix en consultation avec son partenaire, c’est elle qui a le choix final. Car c’est corps. Point à la ligne.

27. Une femme, une vraie a le droit d’avoir le type de corps qu’elle a. Elle a le droit d’avoir des formes sans qu’on la traite de ronde ou de grosse. Elle a le droit d’avoir de la cellulite sans qu’on lui balance des reproches, des suggestions d’exercices ou de crèmes en tout genre. Elle a le droit d’avoir des rides et des cheveux blancs. Elle a le droit d’avoir un petit ventre sans qu’on lui demande si elle est enceinte. Elle a le droit d’avoir la peau qui flétrit sans qu’on lui conseille un bon chirurgien esthétique. Elle a le droit de vivre sans qu’on lui fasse remarquer qu’elle vieillit et qu’elle pourrait « faire quelque chose ». Car vieillir n’est pas une maladie. Car vieillir n’enlaidit pas les femmes. Car vieillir est normal.

Cette liste est totalement inspirée par celle de Jean-Sébastien dans les catégories et le style. Elle est cependant inspirée de ma situation et mon expérience. J’ai sûrement oublié certains points. N’hésitez pas à l’améliorer et à ajouter des habiletés comme l’ont fait certains commentateurs quand j’ai lancé cette idée au début du mois d’avril.

La télévision n’aime pas les rides et les femmes vintages?


La télévision souffre-t-elle d’âgisme ou du syndrome: pas de femmes avec des rides, ou pas de rides ou pas de femmes de 55 ans et plus ? Ou toutes ces réponses ? Est-ce la dictature du sans rides ?

Les rides, n’est-ce pas une phobie totale ? La phobie des rides qu’il faut combattre et éliminer à tout prix. Notre société déteste les rides. On veut les cacher, les faire disparaître au prix de Botox, crèmes couteuses, chirurgies esthétiques potentiellement dangereuses (on se souvient de Micheline Charest) et j’en passe.

Je n’ai pas encore vu l’entrevueJe viens de voir l’entrevue de Suzanne Lévesque aux Francs-Tireurs. Selon ce que j’ai pu lire sur Twitter, elle a abordé le cas des femmes vieillissantes à la télévision. Elle souligne que les femmes sont toujours perdantes. Si elles n’ont pas de chirurgie, on les critique sur leur apparence, si elles ont eu une chirurgie, on les critique sur ce point. Elle pense que la société n’aime pas les femmes. L’entrevue est vraiment excellente. À regarder, c’est la deuxième après Pierre Thibault.

Sur Twitter, Pénélope McQuade souligne qu’elle pense comme Suzanne Lévesque. Après 45 ans, point de salut pour une femme à la télévision. A-t-elle raison ? Connaissez-vous beaucoup de femmes de plus de 45 ans qui font de la télévision ? Évidemment, Suzanne Lévesque a 66 ans et elle en fait toujours. Mais sinon…à part Céline Galipeau, Sophie Thibault, Marie-Claude Lavallée. À part les nouvelles, où sont les femmes de 45 ans et plus à l’animation à la télévision ?

Anne Darche constate que pas de rides ou pas de femmes de 55 ans et plus, ce n’est pas la même chose.

Autre constatation. Plusieurs femmes qui travaillent pour la télévision ne veulent pas révéler leur véritable âge de peur que cela leur enlève un emploi potentiel. Certaines amies me l’ont dit mot pour mot. Elles restent très vagues sur leur âge. Les rides sont beaucoup moins problématiques pour les hommes. Signe de maturité et non de vieillesse. Triste pour les femmes soumises à cette dictature des rides et de la jeunesse.

Marie-Claude Lortie, qui a écrit le livre antirégimes, Mangez, va plus loin et pense qu’on ne veut pas de femmes avec des rides, mais surtout pas de femmes pas minces avec des rides.

AJOUT: Je ne vous parle même pas de ce qui se passe en France. La dictature de l’apparence pour les femmes est encore plus forte. Sans rides, jeunes, elles doivent être aussi très minces. Nommez-moi des femmes de plus de 45 ans à la télévision française? Claire Chazal, une Auvergnate (les nouvelles toujours sur Tf1) ? Et ? Je n’en vois pas d’autres. Évidemment, je ne regarde pas la télévision française tous les jours. Aidez-moi, si vous avez des exemples ?

Pire pour les comédiennes
Une autre femme sur Twitter me dit que la situation est pire chez les comédiennes. Les rides ne sont pas les bienvenues. Pire. Une femme de 115 livres et 5″4 est considérée comme voluptueuse. Je pense plutôt qu’elle est assez mince. Presque en dessous de son poids santé. Ridicule.

Parlant de rides, de poids, une campagne a été lancée lundi, la charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée. J’embarque. La diversité a bien meilleur goût. Je veux aussi que mes amies (et amis, car ça touche de plus en plus les hommes) arrêtent de parler de perdre du poids alors qu’ils et elles sont vraiment loin de l’obésité. Car l’obésité est un problème de santé. Avoir des formes, être grassette, quelques livres de plus qu’à 20 ans, c’est normal, ça fait partie de la vie. Arrêtons de vouloir être filiforme en se jetant dans les régimes, les privations et j’en passe.

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Plus difficile de travailler pour une femme ?

C’est le sujet d’un article que je signe dans le Coup de Pouce d’avril. Pas facile, car les témoignages variés beaucoup d’une personne à l’autre. Finalement après avoir parlé à plus d’une quinzaine de personnes, fait des appels sur Twitter, Facebook et les discussions, l’article en a déduit que…il faudra le lire. Je ne vous dévoilerai pas le résultat de ma recherche ici 😉 Puisque les revues ont un contenu spécial sur le Net et pour le papier. Tant mieux, ça ne sert à rien de vendre une revue si on offre le contenu sur le web….

Je peux vous dire que les réponses varient beaucoup selon la personne qui répond. Peu importe qu’elle soit une femme ou un homme. Je vais répondre pour moi. J’ai eu des femmes et des hommes patronnes. Le pire a été un homme. Pas parceque’il était un homme, parceque’il était lui. À cause de son tempérament, sa personnalité. Les patrons suivants, des hommes ont été formidables.

Mais maintenant, j’ai la meilleure patronne et c’est une femme. En fait, c’est moi. Et c’est la meilleure situation pour la travailleuse indépendante, dans tous les sens du terme, que je suis. Je déteste avoir un patron ou une patronne, un horaire, être supervisée. Laissez-moi gérer mon temps, merci !

Alors pour les patrons versus patronnes, j’imagine que chaque personne a son histoire d’horreur ou de bonheur ? C’est ainsi.

Vous trouverez en fin de magazine un autre article que je signe sur de multiples conseils pour assainir l’air de sa maison. Car on utilise tout ce qu’il ne faut pas et on pollue notre air intérieur. J’en reparle dans un autre billet.

Polytechnique: un film à voir!

Depuis sa sortie le 6 février 2009, je n’avais pas encore le courage de voir le film Polytechnique qui se base sur l’assassinat de 14 jeunes femmes le 6 décembre 1989 parce qu’elles étaient des femmes. Dimanche dernier, on se rappelait, 20 ans plus tard, cet événement, cette tragédie. Beaucoup de choses ont été écrites sur la tragédie. Radio-Canada propose un dossier dans ses archives. À voir et lire pour les personnes qui ne savent pas de quoi je parle. Je conseille aussi le texte de Michèle Ouimet de samedi dernier qui a parlé avec des policiers et le coroner qui sont intervenus ce soir là. C’était il y a 20 ans…

De mon côté, j’étais de la génération des victimes, elles avaient mon âge, elles étaient à l’Université comme moi. J’étais en Science politique à l’Université d’Ottawa quand j’ai appris le drame. Comme beaucoup de femmes, mais aussi d’hommes, j’ai perdu quelque chose ce jour. Mon innocence.

J’avais parlé du film et de la nécessité de faire ce film lors de sa sortie sur Branchez-vous. Après l’avoir vu et avoir pleuré à la fin, je suis toujours et encore plus persuadé qu’il fallait le faire, qu’il faut continuer à parler de cette tuerie.

Car dans le film, il est très clair que le tueur avait préparé ses gestes et a tué ses femmes très froidement sans arrière pensée. Il était clairement anti-féministe et détestait les femmes. Surtout celles qui « osaient prendre », selon lui, la place des hommes…En le voyant chercher les femmes, les poursuivre et les tirer à bout pourtant, on ne peut se cacher derrière sa folie. J’étais figée devant mon écran, mon sang se glaçait. Et j’ai peur. Peur des hommes comme les masculinistes qui entretiennent une haine des femmes et surtout des féministes en les rendant responsables de leurs problèmes au lieu de les assumer. Ils entretiennent le ressentiment, la frustration et la violence. Grave, très grave.

J’étais très heureuse de pouvoir voir sur Internet l’entrevue de Nathalie Provost et Francine Pelletier à Tout le monde en parle. J’étais en France et n’avait pu la voir. Quelle maturité et clarté dans les propos de ces deux femmes. Nathalie Provost est une des victimes de Marc Lépine, le tueur. Dans le film, on peut facilement l’identifier au rôle joué par Karine Vanasse. Elle a d’ailleurs participé au film.

Durant l’entrevue, les deux femmes soulignent que le féminisme existe pour l’égalité et non contre les hommes comme le martèlent trop d’ignorant. Ce qui m’a particulièrement touché est le fait que Nathalie Provost est celle qui avait dit à Lépine qu’elles n’étaient pas des féministes. Elle ne se pensait pas féministe à l’époque, elle s’affiche fièrement maintenant.

Je ne peux qu’être totalement d’accord avec sa déclaration. « Le jour où on aura autant d’hommes que de femmes qui s’affichent comme féministes on aura réglé cette question. La notion de féministe c’est souhaiter l’égalité entre les hommes et les femmes», a lancé Nathalie Provost à Tout le monde en parle.

Guy A. Lepage s’est déclaré féministe durant l’émission d’ailleurs.