Le doublage sexiste de la série Borgen

ImageJ’adore la série danoise Borgen, mais le doublage en français me dérange. Chaque fois que j’entends le mot premier ministre pour parler de la première ministre du Danemark, l’héroïne de la série en plus, mes oreilles saignent. Pourquoi ne pas évoluer ? Pourquoi la France n’est pas capable d’aller plus loin que la stagnante Académie française ? Ça ne se dit pas ? Il me semble que cette série était le moment idéal pour dépoussiérer le français sexiste. Et puis les créateurs n’ont-ils pas la marge de manoeuvre pour innover ?

On sait que 100 % du doublage diffusé en France, est fait par la France, aucun doublage fait par le Québec n’y est diffusé. On doit donc se taper sans rien dire de nombreuses séries télévisées et films doublés en France. Et dans mon pays d’origine on ne féminise pas les professions, sauf certaines comme comédienne. Je ne comprends pas leur logique. Une comédienne-écrivain ? Mais un premier ministre?

Quand la série met en vedette la première femme à devenir première ministre au Danemark au moment même où le Québec vit la même chose, on aimerait que la fiction rejoigne la réalité dans les mots. Mais ce n’est pas le cas, ce qui est un problème majeur de Borgen.

Bref, j’en ai fait part sur Twitter en signalant que ce mauvais doublage pour le Québec était un irritant et que je cherchais à trouver la série en version originale sous-titrée en anglais.

Finalement le comédien qui est le responsable de ce doublage m’a apostrophée sur Twitter, visiblement très fâché de ma critique. Je pensais avoir une discussion cordiale, mais celui qui est un grand spécialiste du doublage en France ne semblait pas apprécier. Et il semble que rien ne changera dans le merveilleux monde de la langue française. La discussion s’est terminée en queue de poisson. Voici l’échange résumé sur Storify.

[View the story « La discussion avec le responsable du doublage français de Borgen » on Storify]

Le harcelèment est aussi un crime !

Et généralement, il précède l’agression sexuelle. Un homme qui harcèle une femme démontre son manque de respect total envers la femme. Plusieurs personnes répondent toujours qu’il est difficile de savoir ce qu’est vraiment le harcèlement. Oui, car le niveau de tolérance de chaque personne est différent. Mais chaque homme a des oreilles pour écouter et entendre ce que lui dit une femme. Et ces oreilles servent à entendre un NON. Car non ne veut pas dire oui, ça veut simplement dire Non.

Aussi la majorité des hommes savent qu’une femme qui ne répond pas à leurs avances n’est pas intéressée. Ils arrêtent là. Quand on continue, on devient harceleur. Quand on drague avec insistance une femme qui ne semble pas intéressée, la décence et le respect qu’entretient la majorité des hommes envers les femmes les font arrêter.

Et ça ne veut pas dire que les hommes doivent arrêter de draguer. Il faut juste savoir arrêter quand ça ne marche pas. Tout comme une femme doit aussi arrêter quand la réponse n’est pas positive, sinon elle aussi s’amène sur le chemin du harcèlement.

Le harcèlement existe quand une femme (ou un homme) est mal à l’aise devant une situation. Et cela devient du harcèlement quand la personne qui fait l’objet de ce désir répond par la négative et que l’homme continue. Le niveau de tolérance est différent pour chaque femme, chaque personne. Mais certains types de harcèlement sont assez évidents.

En France, le harcèlement et les agressions sexuelles sont traités plus légèrement qu’en Amérique du Nord.

Ce qui explique les réactions et le mutisme face à l’attitude de Dominique Strauss-Kahn.

Ce qui explique les réactions totalement dégoutantes de certaines personnes tel que le rappelle Jean Quatremer un journaliste de Libération: «J’ai entendu quelques réactions aujourd’hui qui n’honorent pas leurs auteurs : dans une société qui porte de plus en plus attention aux victimes, à juste titre, on semble oublier qu’il y a une victime dans cette affaire, une femme qui affirme avoir été agressée, et pas seulement un politique en détresse. J’ai cru me retrouver dans les années 70 où on affirmait que les femmes violées affabulaient la plupart du temps et qu’elles avaient dû le chercher. »

Désolantes, les blagues salaces sur les femmes, sur le viol. Car une agression sexuelle est une agression sexuelle, pas un problème privé, pas de la drague, non. C’est inacceptable.

Discriminatoire les centres sportifs réservés aux femmes?

Question qu’on doit se poser puisque ces centres sont très populaires et existent un peu partout au Québec. Certaines femmes s’y plaisent, d’autres, comme moi, n’apprécient pas. J’étais abonnée à Énergie Cardio pendant 5 ans. Au cours des quatre premières années, je fréquentais le centre mixte du Nouveau Rosemont. Parfait. Quand j’ai déménagé dans le coin de la rue Masson, j’étais heureuse de constater qu’un Énergie Cardio venait d’ouvrir. Pas pour longtemps. Ce gym est réservé aux femmes. J’ai dû payer un supplément à mon abonnement pour y avoir accès. En plus, j’avais moins de cours qu’à mon ancien Énergie Cardio. J’ai comblé en fréquentant celui de Mont-Royal et mon ancien gym. Quand je me suis débarrassée de ma voiture, ça ne fonctionnait plus. Je n’ai pas renouvelé mon abonnement. Les centres réservés aux femmes ne me conviennent pas.

J’en ai fait un texte sur RueMasson.com où j’ai consulté des avocates, la Commission des droits de la personne, Énergie cardio et des femmes qui fréquentent ces gyms. On fait le tour de la question. À lire.

Libérez-nous du rose

L'une des pires récupérations du "rose" que j'ai vu... Des champignons emballés de rose...

Je n’aime vraiment pas la couleur rose, en fait je la déteste. Question de goût, mais aussi de signification et d’un ras-le-bol de l’utilisation à toutes les sauces de cette couleur. Rose pour les filles, rose pour le cancer du sein, rose pour le marketing rose, rose pour nous vendre plein de trucs. Rose nanane. Rose bonbon. Rose qui dégouline.

Ce n’est pas nouveau chez moi, je n’ai jamais aimé le rose. Comme je n’aime pas trop le foie de veau ou que je déteste le pamplemousse.

Et puis, dites-moi qui a décidé un jour qu’une couleur devait représenter le genre féminin? Peut-on laisser les couleurs libres de sexe, de genre. N’est-ce pas un peu ridicule cette appropriation d’une couleur que l’on utilise ensuite pour badigeonner allégrement tous les sujets féminins de rose? Sans parler des petites filles que l’on assomme de rose. Pitié. Libérez-nous du rose. Au diable la dictature du rose.

PS: je n’ai rien contre les personnes qui aiment le rose, comme moi j’aime le vert et le bleu, simplement contre cette récupération féminine, fifille du rose…

Le célibat des agriculteurs, un problème d’attitude ?

Documentaire sur RDI à 109 sur le célibat des agriculteurs. Un problème criant semble-t-il qui serait l’un des facteurs de l’abandon des jeunes agriculteurs ? Les femmes sont pointées du doigt. Elles n’accepteraient plus la vie difficile du monde agricole. Facile de culpabiliser les femmes. Et si le problème était dans l’attitude des agriculteurs envers la femme ? Et si ces derniers devaient revoir leur manière de traiter les femmes ?

Une sociologue, Diane Parent, explique que c’est un facteur qui menace l’agriculture au Québec. En écoutant le documentaire, j’ai plutôt l’impression que les hommes cherchent plus des cuisinières et des femmes de ménage que des partenaires. Une twitteuse me souligne que les messages sur agrirencontres ( un site de rencontre pour le milieu rural) laissent à penser que plusieurs cherchent aussi du cheap labor à rabais au lieu d’une conjointe. Elle mentionne aussi qu’elle connait plusieurs femmes célibataires de son entourage qui n’ont aucun problème avec la dureté de la vie agricole.

Serait-ce donc plutôt un problème d’attitude des agriculteurs ?

Autre point. Où sont les femmes agricultrices ? Pourquoi ne parle-t-on pas du fait que même les femmes peuvent faire carrière en agriculture. Est-ce l’attitude macho et un peu rétrograde qui empêche les femmes d’investir ce domaine ?

Car je sais de quoi je parle. J’ai été élevée sur une ferme. Mon père était agriculteur. Je pense parfois que cela me plairait de finir ma vie sur une ferme, car j’aime le style de vie, j’aime les animaux, la terre et je peux travailler de partout maintenant… Mais je ne serai jamais une cuisinière qui attendra son homme au retour de l’étable avec le dîner sur le feu…

J’aurais voulu être une pilote de F1… mais je suis une femme… (AJOUT)

Verra-t-on un jour une femme sous ce casque ? Photo : Cécile Gladel

Périodiquement, quelques femmes ont tenté leur chance en Formule 1. Un article dans la Presse en fait la liste et a réveillé mon vieux rêve. J’ai toujours voulu être journaliste. Aucun autre métier n’a attiré mon attention. Jamais. Sauf un. J’aurais voulu être une pilote de F1. Vraiment.

On comprend que mon premier métier de rêve a été plus facile à réaliser que le deuxième… Je n’ai jamais eu le début d’une chance de percer en F1. Mes parents n’avaient pas les moyens de me payer du karting. Pourtant, j’habitais en Auvergne, proche de Clermont-Ferrand, la ville de Michelin. Mon père m’a seulement permis de piloter le tracteur très jeune, maigre consolation, de gabarit différent d’une formule 1, puis m’a appris à conduire une « vraie » voiture dès l’âge de 14 ans. Bonheur ou torture, puisque je ne pouvais conduire « sur la route » avant d’obtenir mon permis, quelques jours à peine après mes 18 ans. Autant vous dire que je piaffais d’impatience, en parcourant les chemins de terre autour de chez moi… et quelques rares incursions sur la route. Sans permis. Vive la campagne.

Plus de 30 ans après le début de ma passion pour la F1, les femmes en sont toujours exclues. Sauf pour la décoration. Les femmes sont largement utilisées pour les publicités en tout genre. La pitoune fait encore les jours heureux des chars. Pourtant, les femmes s’intéressent à la Formule 1 comme sport tel que le démontre le site Femin-F1 que j’ai découvert il y a deux ans.

C’est vrai que des femmes se pointent dans les écuries dans des postes autres qu’attachée de presse. Mais on présente encore la grille de départ avec des pitounes légèrement habillées à titre de porteuse de drapeau, pendant que quelques femmes sont ingénieures, directrice d’écurie et autres.

Ne nous y trompons pas, malgré ces quelques avancées, on est loin du moment où une femme fera son entrée en F1. Alors que les hommes y font leur apparition dès l’âge de 20 ou 21 ans parfois, Danica Patrick, pilote de Indy depuis plusieurs années, semblent devoir faire ses preuves à la dure avant de penser peut-être intégrer la reine des courses automobiles.

Dans l’article de la Presse, le patron du Grand prix du Canada, François Dumontier, pense que la résistance physique des femmes a joué dans leur absence. Je ne suis pas tout à fait d’accord. C’est une raison facile et une bonne excuse. Une excuse acceptable dans les cas de force physique. Mais la résistance physique qui est primordiale en F1 et non la force physique (les pilotes de F1 sont assez petits et minces) ? J’en doute. Je crois que les femmes sont pratiquement aussi résistantes que les hommes. La preuve ? Les temps des femmes dans les marathons et les longues distances se rapprochent des hommes.

Au contraire, il semble que les femmes qui ont tenté leur chance en F1 n’ont jamais eu la moindre chance de faire réellement leurs preuves à cause d’une voiture beaucoup moins compétitive que celles dont bénéficient les hommes. On ne leur a jamais donné la chance de montrer leur talent de pilote. Prenez Michael Schumacher et ses performances cette année. Il n’a pas le même type de voiture qu’à l’époque de sa domination avec Ferrari. Il ne gagne pas. On aurait déjà montré la porte à une femme qui donnerait le même type de performance.

Bref, si on donnait la même chance aux jeunes femmes qu’aux jeunes hommes qui arrivent en Formule 1, ce serait plus équitable. Un jour, peut-être qu’une écurie voudra profiter des retombées marketing de l’arrivée d’une femme qui fera plus que de participer aux qualifications. Quand est-ce que Danica Patrick ou une autre fera une saison complète en F1 ?

En attendant, voyez le reportage de Philippe Crépeau de Radio-Canada sur mon amie Katia Bohémier qui est l’une des seules femmes commissaires de la FIA au Québec et sur le circuit de F1. Katia occupe de poste bénévole depuis 12 ans. Je parlais d’elle et de son rôle il y a trois ans.

AJOUTS
J’ajoute ce site britannique, Girl racer sur les femmes en course automobile.

J’ajouterai aussi la pilote de rallye française, Michèle Mouton qui a gagné plusieurs rallyes dans les années 80 alors qu’elle était en compétition contre des hommes.

Autres billets sur les femmes et la F1
Montréal et la F1: un mariage gagnant, mais pas pour les femmes.

Anti-fête des Mères

Je n’aime pas la fête des Mères. Comme je n’aime pas Noël, la St-Valentin, Pâques, la fête des Pères, ces fêtes préétablies, convenues dont le seul objectif est commercial.

Depuis que j’ai lu cette chronique: Why I hate Mother’s Day, grâce à Geneviève Lefebvre, j’ai compris aussi pourquoi j’avais un profond inconfort. Comme si devenir mère conférait aux femmes un statut spécial de glorification éternelle. On élève les parents à un niveau supérieur par rapport aux non-parents. Pourquoi n’y a-t-il pas une fête des non-parents ?

Par ailleurs, les histoires de fête des Mères peuvent devenir des faux pas inconfortables quand on se met les pieds dans les plats. Quand on dit bonne fête à une femme qui à l’âge d’être mère (surtout quand on est dans la quarantaine) et qu’elle ne l’est pas. Ou quand on lui dit qu’elle va donc fêter sa mère et que cette dernière est morte (de Martine). Voilà ce qui arrive quand on assume prend pour acquis que toutes les femmes sont mères ou ont une mère à fêter.

Ces fêtes convenues dont la signification est hyper galvaudée perdent leur sens initial. N’est-ce pas rire des mères que de ne les fêter qu’une fois par année ? Car si je suis anti-fête des Mères, je ne suis pas anti-mères et anti-enfant. J’adore les enfants, je suis l’amie qui comprend ses amies mères, qui gardent leurs enfants parfois, qui couvre parfois les sujets famille et qui surtout écrit des livres pour les enfants. Je suis la tatie et la belle-mère parfaite. J’aime jouer avec les enfants de tous âges, je connecte avec eux. Mais je ne suis pas mère. Je n’ai jamais enfanté, porté un enfant. J’ai seulement été une belle-mère à une ou deux reprises dans ma vie. Suis-je moins que les mères ? Non. Chacune sa vie et ses expériences. Et j’admire certaines mères, comme j’admire certaines personnes pour d’autres raisons.

Et les mères qui ne peuvent enfanter ?
Pire encore, si on oublie alors toutes les femmes qui ne veulent pas être mères, on torture celles qui ne peuvent l’être et le souhaitent ardemment. Je pense à elles en cette journée qui leur ramène en plein visage cette triste réalité. Que dire des femmes qui sont des belles-mères, rôle ingrat comme le dit si joliment Patrick Dion.

Bref, cette fête me fatigue royalement par le fait qu’elle exclut tellement de femmes et qu’elle encourage seulement une consommation déjà galopante. Qu’elle glorifie les mères au détriment des autres femmes qui n’ont pas eu d’enfants. Une femme n’a pas besoin d’être mère pour être complète. Cette fête me fatigue, car elle rend triste les femmes stériles, les femmes célibataires que l’horloge biologique rattrape, les femmes qui ont donné leurs enfants en adoption, les femmes qui ont avorté, les femmes abandonnées par leurs enfants et j’en oublie.

Les mères méritent mieux qu’une journée, un bouquet de fleurs et une carte Hallmark achetés à la hâte. En fait, la véritable fête des Mères, c’est le 8 mars, car c’est pour toutes les femmes, sans distinction.

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