Verdir en étant délinquant

On pourrait aussi appeler ça du verdissement illégal… J’étais à Médium Large ce matin avec Marie-Claude Lortie pour parler de désobéissance écologique ou de guérilla jardinière. Ça s’écoute par ici et voici mes notes et de nombreux liens pour aller voir plus loin. Un sujet passionnant.

Il n’y a pas que le couple de Drummondville qui pratique la désobéissance par rapport aux règlements municipaux ou autres sur le verdissement. Plusieurs citoyens et groupes communautaires décident aussi de verdir, embellir pour limiter les espaces bétonnés, asphaltés et les terrains vagues, surtout en ville.

En fait la guérilla jardinière est née à New York dans les années 70 quand des gens se sont aperçus que des plants de tomates poussaient à travers des déchets et débris sur un terrain vague abandonné depuis presque 30 ans. C’est devenu le Clinton community Garden qui existe toujours.

Ces méthodes ont pour divers objectifs : verdir pour limiter les îlots de chaleur qui favorise les hausses de température en ville (surtout durant les canicules), pour limiter les inondations ( l’eau ruisselle sur l’asphalte et le béton alors qu’elle est absorbée par la terre des espaces verts), et diminuer la pollution ( les arbres absorbent le gaz carbonique)

Roger Doiron, directeur de potager sans frontières a lancé la pétition pour soutenir le couple jardinier de Drummondville. C’est aussi celui qui a encouragé le couple Obama à avoir un potager à la Maison-Blanche.

Des exemples de verdissement ou d’embellissement :

-Le plus populaire : les bombes de semences : on envoie des boules de terre et d’argiles avec des semences dans des terrains vagues. Quelques exemples à Montréal, mais peu répertoriés.

D’ailleurs des ateliers de bombes de semences sont donnés lors de divers événements, comme à la Sustainability Fair at Concordia, au centre d’écologie urbaine de Montréal et plusieurs autres groupes.

-Le centre canadien d’architecture offrait un atelier le 14 mars dernier, en collaboration avec Dare-Dare (en anglais et français)
-Autre exemple, des grains de fleurs ont été semés à Paris dans les parcs en friche avec de la pelouse en mai dernier.

-Semences indigènes,des plantes qui vivent partout. On les fait avec de l’eau et de l’argile. C’est mieux de les lancer un jour de pluie.

-Un quartier au sud-est de Londres, Deptford, où le jardin de fleurs a été détruit début juillet au grand dam des voisins qui l’ont semé et l’entretenait.

Un site anglais Kabloom vend des bombes de semences toutes prêtes. Mais il faut choisir des semences indigènes pour ne pas déranger l’écosystème. Mauvaise idée de les faire venir d’Angleterre.

-À Toronto, on a Public Space, un regroupement qui organise de la guérilla jardinière, dans les lieux publics, carrés d’arbres.

-Il y a aussi le Collectif de recherche sur l’aménagement paysager et l’agriculture urbaine durable (CRAPAUD) de l’UQAM qui a été actif dans le dossier des poules, mais dans l’aménagement d’espaces non choyés pour les verdir. Ils ont fait de la guérilla jardinière en 2007 pour se faire connaître. C’est ainsi qu’ils ont convaincu l’UQAM de convertir certains terrains vagues ou en pelouse ou des toits en potagers.

Dans ce billet, Sheena Swirlz parle de toutes les formes d’art et de verdissement dans la rue qui peuvent exister. Il y en a beaucoup et toutes ces photos sont prises aux États-Unis. Il y a aussi les graffitis verts, une sorte de mousse. Les embellissements de rues comme le remplissage des nids de poule se pratique aussi. Une troupe de théâtre l’a fait pour Pâques sur la rue Masson le printemps dernier.

– Il y a aussi un potager « interdit » dans Pointe-Saint-Charles, à côté du marché Atwater.

-Un potager illégal de pommes de terre dans un terrain vague a aussi été menacé de démantèlement à Calgary au printemps, voir le reportage de Radio-Canada.

– Les citoyens veulent souvent pouvoir occuper des terrains vagues qui sont totalement inoccupés. C’est arrivé dans Rosemont coin Laurier et Charlemagne. Des citoyens entretenaient un terrain vague en y plantant des arbres. Ce terrain appartient à la ville qui l’a vendu à un promoteur immobilier. Ce dernier va raser les arbres pour y construire des condos. C’est le revers de la médaille. Voir mon article
-Le verdissement des carrés d’arbres : plusieurs citoyens prennent en charge les carrés d’arbres en y plantant des vivaces, annuelles ou même des légumes. Mais c’est légal… ou du moins encouragé dans la majorité des arrondissements.
L’exemple de Trixi Rittenhouse qui s’occupe de ces carrés d’arbres, qui plantent des vivaces un peu partout dans les rues de Montréal, mais a aussi fabriqué des personnages qui embrassent les arbres. Voir cet article de Sylvie St-Jacques dans La Presse.

-Certains citoyens ont décidé d’enlever l’asphalte de leur trottoir: c’est ce qu’a fait mon voisin, durant la nuit il y a plus de 4 ans, dans Rosemont. Il y a planté des fleurs, de la verdure. Les voisins d’en face l’ont imité jusqu’à ce qu’un inspecteur de l’Arrondissement vient les voir et leur donne finalement l’autorisation. Maintenant chaque citoyen de Rosemont peut demander l’autorisation d’enlever l’asphalte du trottoir et verdir ainsi. Voir l’article de RueMasson sur le sujet.
Ces mêmes voisins ont aussi décidé d’enlever une bande de béton de la ruelle pour y planter des arbustes, vivace sans autorisation. Encore une fois l’inspecteur de l’Arrondissement est venu et ils sont passés à deux doigts d’avoir une amende, car une ruelle fait partie du domaine public. Maintenant l’Arrondissement de Rosemont (et plusieurs autres) encourage les ruelles vertes et casse le béton…

Autre exemple de potager devant une maison à Sherbrooke, celui d’André Nault, le fondateur des Ami-E-s de la terre de l’Estrie.

Il y a aussi les chèvres urbaines pour désherber, mais aussi pour le lait. À Vancouver, Victoria, Eugene (mais interdit), etc. À quand les chèvres à Montréal ?

D’autres liens intéressants

Le site Guerrilla Gardening (en anglais – de Londres)

Public space à Toronto

Le potager de Drummondville

Des exemples d’art et de verdissement dans la rue

Un exemple de verdissement de trottoir à Montréal

Le yarnbombing ou bombardement de fils à Montréal

Un exemple de verdissement contagieux dans le Vieux-Rosemont

Les ruelles vertes mode d’emploi dans Rosemont

Article : enlever l’asphalte du trottoir

Lettre de Yannick Gélinas sur le potager de Drummondville et le mouvement en Californie

Le jardinier urbain

Des œufs de pâques dans les nids de poule dans Rosemont

Le centre d’écologie urbaine de Montréal

L’inspiration d’une enfance à la ferme

L'une des oeuvres de Ginette Dorais. Photo : Cécile Gladel

Ginette Dorais est une artiste peintre. C’est aussi la mère de ma meilleure amie. Une mère qui m’accueille toujours comme une membre de la famille. Une famille où l’on peint. J’ai toujours vu des oeuvres de Ginette dans ma vie, dans la vie de sa fille. Ginette est une artiste.

Avec l’arrivée de la soixantaine, l’artiste s’affirme et s’exprime. Elle a aussi senti le besoin de retourner à ses racines, la ferme, la campagne, les animaux, la réflexion, la vie, la méditation.

Des oeuvres colorées comme je les aime, intenses et profondes. Bref j’aime et je vous encourage à profiter des quelques heures qui restent pour aller les voir à l’Espace 64 au 64, rue Prince dans le Vieux-Montréal.

L’exposition Terra Nobile est à l’Espace 64 dans le Vieux-Montréal jusqu’au dimanche 30 octobre prochain, donc demain.

Voir les photos que j’ai prises lors du vernissage samedi dernier.

Exposition Terra Nobile 2011

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À quand un répertoire des auteur-E-s de Rosemont ? de Montréal ? Ajout

L’arrondissement du Plateau-Mont-Royal offre sur Internet et dans ses bibliothèques un répertoire des auteurs de l’arrondissement. Cela permet aussi aux bibliothèques du Plateau d’offrir les livres de leurs auteurs en prêt (même si c’est toujours plus payant pour un ou une auteure de vendre une copie que de la voir prêter – on n’obtient rien pour les prêts sauf quand on écrit des romans. Les essais guides pratiques ne comptent pas. Mes livres sont considérés comme des guides pratiques et non comme des essais).

Évidemment, il n’est pas question ici de ne glorifier que les auteurs locaux et de laisser tomber les autres. Mais quand on peut encourager des auteurs du coin intéressants, c’est toujours valorisant pour ces derniers. Les bibliothèques de Montréal le font-elles ? Aucune idée. Mais je sais que mes livres sont dans peu de bibliothèques montréalaises. Car on regarde toujours selon son propre exemple.

Quand je parle de ma série jeunesse, Le pirate des caramels, on ne trouve aucune copie des trois tomes dans les bibliothèques de Rosemont La Petite-Patrie où j’habite. Ce n’est pas mieux ailleurs, on ne le retrouve que dans deux ou trois bibliothèques. De quoi se questionner, je l’avoue…

Voyons du côté d’autres auteures du coin. Ma collègue Corinne De Vailly a écrit de très nombreux romans jeunesse et habite Rosemont. Son livre aux éditions Goélette, Mon premier livre de contes du Québec, n’est même pas dans les bibliothèques de Rosemont se trouve un peu partout si on clique sur visionner les autres exemplaires. Merci au commentaire qui me permet de rectifier.

Un autre exemple, ma voisine Sophie Legault et son livre : Vaincre le désordre. Pas disponible dans les bibliothèques de Rosemont. Ici aussi il faut cliquer sur Visionner les autres exemplaires.

Même chose pour mon autre voisine Jacinthe Tremblay et pour Patrick Dion qui habite Rosemont. Pour la première, son livre Entretiens avec Henry Mintzberg n’est même pas répertorié dans les bibliothèques. Au moins, on le trouve chez Paulines sur la rue Masson, bien mis en évidence. Ce qui n’est pas le cas de tous les auteurs du coin.

Le roman de Patrick Dion, Fol allié n’est pas aux bibliothèques de Rosemont et Petite-Patrie.

Ma collègue et voisine me souligne qu’il existe le regroupement Arts et cultures de Rosemont La Petite Patrie.

Louer une oeuvre d’art

Avez-vous déjà pensé louer une oeuvre d’art comme un tableau ? Ça permet de changer le décor, de voir si on aime le tableau d’un peintre. Et c’est possible à Montréal (et sûrement ailleurs) avec l’Arthotéque.

Ce n’est pas si cher que ça. On paye au mois selon la grandeur et le prix de l’oeuvre en question. On peut prolonger la location de six mois supplémentaires. Et si l’oeuvre nous plait vraiment, on peut l’acheter en déduisant le coût de la location. Sympa non ?

Cela permet aussi de faire découvrir des artistes, des peintres moins connus. Un peu comme une bibliothèque publique, sauf qu’on paye la location.