Les mal aimés de l’environnement

Quel retard dans mes mises à jour sur les articles que j’ai fait sur plusieurs dossiers. RueMasson m’accapare. J’ai particulièrement aimé travailler sur ce dossier pour Jobboom sur les mal aimés de l’environnement. Il s’agit des métiers ou des entreprises qui ne travaillent pas dans des domaines très écolo.

Malheureusement, ceux qui travaillent dans le domaine des sables bitumineux, gaz de schiste ou autres métiers pas super écolos n’ont pas voulu m’en parler. Soit ils se moquent bien de ce qu’on pense d’eux, soit ils n’en sont pas très fiers. Qu’en pensez-vous?

J’y ai aussi appris des informations intéressantes. Comme le fait que la baisse de la consommation de sacs en plastique a engendré des pertes d’emploi, mais a fait explosé la vente de sacs poubelles. Totalement paradoxal !

Bref, en diminuant notre consommation de sacs plastiques, il aurait aussi fallu penser à diminuer notre production de déchets ou apprendre à accepter un sac de temps en temps pour la poubelle. Ça aide quand on recycle tout, qu’on composte et qu’on diminue les emballages.

SunChips vraiment compostable ?

La compagnie SunChips a lancé au printemps un sac qui serait 100 % compostable. Une vidéo a même été produite pour le montrer.

J’ai donc fait l’expérience en mettant un sac de SunChips dit 100 % compostable dans notre composteur au début du mois de juin. Après presque 3 mois et plus de 10 semaines, je l’ai retrouvé lors du déménagement du composteur. Intact ou presque. Rien n’a changé…. Et pourtant il était dans un composteur plein au beau milieu dans les conditions normales. En plein été avec la chaleur. Je l’ai remis. On continue l’expérience.

Des villes de banlieue plus vertes : Boucherville

Le bottin des récupérateurs distribué à Boucherville

Les villes de la banlieue de Montréal n’ont pas la réputation d’être si vertes que ça. Montréal aime beaucoup se penser plus verte que tout le monde au Québec. Ce qui est le cas selon un classement établi par deux chercheurs universitaires. Mais pas dans tous les domaines. Bref, il faut faire la part des choses.

Pour vivre la vie de Boucherville depuis quelques jours, j’ai noté plusieurs points positifs. Évidemment, les gens ont des voitures, les utilisent sûrement plus qu’en ville, etc. Mais les pelouses ne sont plus aussi parfaites. Aussi, les poubelles ne sont ramassées qu’une fois semaine, tout comme le recyclage. Et on collecte les déchets verts (pelouse, feuilles, pas les déchets organiques de table) toutes les semaines.

Aussi, Boucherville s’est dotée de plusieurs pistes cyclables. Un réseau qui s’étend rapidement. Par ailleurs, oubliez vos préjugés, ces pistes sont utilisées. Je vois des gens se déplacer en vélo tous les jours.

Par ailleurs, le transport en commun existe, même si la fréquence des autobus n’est pas au 5 minutes, ils desservent toute la ville et permettent de se rendre au métro Longueuil ou au métro Radisson à Montréal. Et rapidement.

Autre point intéressant, la ville de Boucherville distribue le bottin des récupérateurs qui est aussi sur le web. On y trouve l’ensemble des informations nécessaires pour ne rien jeter. Dans un tableau, on trouve la liste de tous les objets possibles et inimaginables par ordre alphabétique et l’endroit où on peut le porter pour qu’il soit récupéré.

Les ampoules fluocompactes ? Home dépot, IKEA, deux RONA, l’écocentre Saint-Bruno, Brossard, et lors de la collecte annuelle des résidus domestiques dangereux. Vitraux ? L’écocentre Brossard. Meubles de patios ? Écocentre Brossard, Grenier de ma ville ou l’armée du salut qui viennent les chercher. Bref, rien ne se jette, tout se récupère.

Autre truc intéressant, la ville encourage le compostage qui est facilité par le fait que de nombreuses personnes ont des cours à Boucherville. Plusieurs formations sont d’ailleurs offertes par la ville au printemps et à l’automne. L’information de base est aussi sur leur site internet.

Une dernière chose que j’ai remarquée en me promenant. Les terrains de foot ne sont pas synthétiques comme à Montréal au parc Jeanne-Mance. Une pratique qui favorise les îlots urbains de chaleur.

L’ABC du compostage à domicile

On parle de plus en plus du compost. On veut s’y mettre, mais on hésite à cause des odeurs, insectes, etc. Pourtant, c’est plus facile qu’on pense. J’en parlais ce matin avec Marie-Claude Barrette qui remplace Isabelle Maréchal au 98,5 FM. Voici un complètement à ma chronique.

Nos déchets sont constitués de 40 % de matières organiques. Après le recyclage, le compostage est le geste concret qui met son sac-poubelle au régime. Les matières organiques, une fois dans les sites d’enfouissement, émettent des biogaz en se désintégrant dans le sol. Les sites doivent les gérer. La décomposition de ces matières produit aussi du lixiviat, ce fameux jus de poubelle. Et finalement, les déchets organiques sont responsables des odeurs qui s’échappent des sites. En compostant à la maison, on évite ces inconvénients, on réduit la grosseur de ses poubelles et on fabrique son propre compost au lieu de l’acheter à fort prix dans les centres de jardinage.

Que faire pour commencer ?
On s’informe des principes de base, puis on demande à sa municipalité si elle subventionne l’achat de composteurs.

Est-ce que tout le monde peut composter ?
Oui, mais ce sera beaucoup plus facile si vous avez un jardin, même petit. On peut composter sur un balcon ou dans sa cuisine, mais ça demande plus de temps et de doigté. les gens qui n’ont pas de jardin peuvent vérifier s’il existe des centres de compostage communautaire, il en existe plusieurs à Montréal. Vérifier avec les éco-quartiers. On peut aussi amener ses résidus de cuisine chez des amis qui compostent.

Dois-je prendre un atelier ?
Ce n’est pas nécessaire pour le compostage domestique à l’extérieur, mais fortement recommandé pour le vermicompostage. Il faut cependant montrer à tous les membres de la famille ce qu’on autorise dans le compost et ce qu’on y interdit.

Où dois-je placer mon composteur ?
Dans sa cour, son jardin, facile d’accès. On préfère mi-ombre, mi-soleil.

Dois-je préparer la surface avant de l’installer ?
Non. On place son composteur directement sur le sol.

Quels sont les éléments à disposer dans le composteur ?
On y met ce qu’on appelle des matières vertes et brunes. On peut commencer par un peu de terre du jardin pour y ajouter les insectes nécessaires à la décomposition.

Quelles sont les matières vertes ? Plantes et fleurs non séchées, résidus de fruits et légumes, marcs cafés, filtres, poche de thé, poils d’animaux, coquilles d’œufs, légumineuses, pain, pâtes.

Quelles sont les matières brunes ? Les feuilles, la paille, plantes séchées, brindilles, branches coupées, gazon sec, grains de céréales crus ou cuits, copeaux et sciures, foin, épis de maïs séchés et coupés, papier journal (encre noire seulement), papier essuie-tout (non blanchi).

Y a-t-il des choses qui ne doivent pas aller dans le composteur ?

Viande, poisson, produits laitiers, gras, huile. Feuilles de rhubarbe, chêne et noyer. La cendre, la litière des chats, les excréments. Le contenu des sacs d’aspirateurs et charpies de la sécheuse, car cela contient trop de résidus synthétiques. Les mauvaises herbes comme l’herbe à puce, à poux. Les végétaux très malades.

Comment remplir le compost ?
On fait une sorte de lasagne. Lorsqu’on y jette nos matières vertes, on les recouvre toujours d’une couche de matières brunes. La proportion moyenne est deux volumes de matières brunes pour un volume de matières vertes.

Comment doit-on entretenir son compost ?
Deux actions sont importantes pour l’entretien : aération et humidité
La décomposition des matières se fait grâce aux insectes qui ont besoin d’eau et d’air. Il faut donc mélanger le contenu du composteur aux deux semaines en moyenne, avec un aérateur.
Par ailleurs, le compost doit être légèrement humide sans être détrempé. La fréquence d’arrosage dépend de la température ambiante, de l’emplacement, des matières.

Comment prévenir les mauvaises odeurs?
On ne met pas exclusivement les résidus de cuisine. On ajoute toujours des résidus du jardin. On recouvre chaque nouvel apport de matières vertes par des matières brunes. On ne met jamais de viande, produits laitiers et oeufs.

Que faire lorsque les mauvaises odeurs apparaissent?
Une odeur indique un problème. En général, le compost est trop humide.

Puis-je composter si je vis en appartement ?
c’est un type de compostage beaucoup plus difficile qui demande une bonne connaissance. Aussi, il ne faut pas être dégoûté par les vers de terre. Ce n’est vraiment pas pour tout le monde. Il faut être très motivé et il est nécessaire de prendre un atelier.

Autres solutions. Certaines villes proposent le service gratuit de collecte des matières organiques. À Montréal, une compagnie, Compost Montréal, offre le service de collecte résidentielle. Le coût est de 5 $ par semaine.

Puis-je continuer le compost en hiver ?

Tout à fait. On continue la lasagne.

Quels sont les outils du parfait composteur ?
Un Aérateur à ailettes qui coute entre 25 et 30 $
Un contenant fermé dans la cuisine pour stocker les résidus de cuisine, un vieux pot fait l’affaire
Un contenant pour les matières brunes
Un composteur ou deux (préférable) : plusieurs modèles existent. Ils sont en plastiques ou en bois, ont des côtés rigides et aérés, sans fond avec un couvercle étanche et un système pour la récolte, plus ou moins grands.

Il existe des composteurs rotatifs qui ne sont pas en contact avec le sol. Lili Michaud ne les recommande pas, car ils sont très chers (environ 200 $) et de capacités réduites. Ils peuvent cependant accommoder les personnes qui n’ont pas de jardins et une grande terrasse.

Quand on récupère le compost, on peut le tamiser s'il y a encore des matières non décomposées. Si on fonctionne à deux compostières, aucun besoin de tamiser. Car c'est du travail. Mais le jardin adore ce compost


Pour aller plus loin
Un livre indispensable : Tout sur le compost, le connaître, le faire, l’acheter et l’utiliser, Lili Michaud, Éditions Multimondes

Le compostage dans les écoquartiers de Montréal.

Compost Montréal

Le résultat : du bon compost totalement gratuit ! Ceci est le résultat de deux compostières qui ont travaillé durant plus d'un an.

J'aime les vers, ils sont les bienvenus dans mon compost... Et il y en a beaucoup. Tant mieux.