Le doublage sexiste de la série Borgen

ImageJ’adore la série danoise Borgen, mais le doublage en français me dérange. Chaque fois que j’entends le mot premier ministre pour parler de la première ministre du Danemark, l’héroïne de la série en plus, mes oreilles saignent. Pourquoi ne pas évoluer ? Pourquoi la France n’est pas capable d’aller plus loin que la stagnante Académie française ? Ça ne se dit pas ? Il me semble que cette série était le moment idéal pour dépoussiérer le français sexiste. Et puis les créateurs n’ont-ils pas la marge de manoeuvre pour innover ?

On sait que 100 % du doublage diffusé en France, est fait par la France, aucun doublage fait par le Québec n’y est diffusé. On doit donc se taper sans rien dire de nombreuses séries télévisées et films doublés en France. Et dans mon pays d’origine on ne féminise pas les professions, sauf certaines comme comédienne. Je ne comprends pas leur logique. Une comédienne-écrivain ? Mais un premier ministre?

Quand la série met en vedette la première femme à devenir première ministre au Danemark au moment même où le Québec vit la même chose, on aimerait que la fiction rejoigne la réalité dans les mots. Mais ce n’est pas le cas, ce qui est un problème majeur de Borgen.

Bref, j’en ai fait part sur Twitter en signalant que ce mauvais doublage pour le Québec était un irritant et que je cherchais à trouver la série en version originale sous-titrée en anglais.

Finalement le comédien qui est le responsable de ce doublage m’a apostrophée sur Twitter, visiblement très fâché de ma critique. Je pensais avoir une discussion cordiale, mais celui qui est un grand spécialiste du doublage en France ne semblait pas apprécier. Et il semble que rien ne changera dans le merveilleux monde de la langue française. La discussion s’est terminée en queue de poisson. Voici l’échange résumé sur Storify.

[View the story « La discussion avec le responsable du doublage français de Borgen » on Storify]

J’ai 25 ans …

J’ai 25 ans. 25 ans aujourd’hui que j’ai posé les pieds au Québec. C’était en milieu d’après-midi à Mirabel le 16 août 1987. Une journée chaude et humide comme je n’en avais jamais connue. Mon baptême de l’air au-dessus de l’Atlantique. La première fois que je quittais ma patrie aussi longtemps, pour un an. 25 ans que ça dure.

J’avais 20 ans lors de ma première visite à Montréal en septembre 87.

25 ans et le cul entre deux chaises. Pour les Québécois j’ai encore l’accent français, pour les Français, j’ai l’accent québécois.

25 ans sans aucun doute, ou presque. Si je venais d’abord pour une seule année, j’ai rapidement pris la décision de prolonger mon séjour. Encore et encore. J’ai rarement pensé repartir en France. L’idée de quitter le Québec m’a effleuré l’esprit lors de la naissance de mon neveu. Je ne pensais pas retourner en France, mais aller vivre au Mexique où il est né. Cette idée n’a vécu qu’un instant.

25 ans et des amis précieux.

25 ans sans regret. Sauf lors des fêtes qui impliquent des réunions de famille. Même si les amis veulent nous inclure dans leur famille, à un moment donné, certains mots, certaines actions nous rappellent que nous ne faisons pas complètement partie de la famille.

25 ans que j’ai quitté mon pays d’origine, mes parents, mes amis. Pourquoi ? Pour guérir une vilaine peine d’amour infligée par un garçon français du même âge que moi (on est naïf à 20 ans), pour voir du pays, pour apprendre l’anglais. Pourquoi le Canada, j’aurais pu aller en Angleterre ? Car c’était trop proche. Tant qu’à partir, je voulais aller loin, traverser l’Atlantique. Pourquoi pas les États-Unis ? Car il était trop compliqué d’y être jeune fille au pair. Pourquoi Ottawa ? Car c’est la première agence de placement de jeune fille au pair qui m’a répondu. J’ai envoyé mon dossier et on m’a trouvé une famille d’accueil. Je suis restée dans cette famille, dont les parents étaient séparés, pendant 2 ans. J’ai gardé les trois enfants, Fannie, Hugo et Ariane, qui ont maintenant l’âge de mes amis les plus proches.

25 ans et ma première expérience de Cheezwiz et de Shopper’s Drug mart. Ce sont les premières choses dont m’a parlé l’ainée des enfants que je gardais. Je m’en souviens encore.

25 ans que j’ai coupé le cordon avec mes parents. Ça a pris plusieurs années à mon père pour accepter mon choix, même s’il n’en disait mot. En fait, il ne l’a accepté qu’en 1999 lors de son unique visite à Montréal. Il a aimé cette ville et devait revenir voir les couleurs de l’automne en 2003. Son vélo en a décidé autrement en juin 2003.
La période la plus difficile. Deux allers-retours en France en un mois. Vivre un deuil loin, c’est dur. Je ne sais pas si c’est mieux ou pas. L’absence est plus facile à apprivoiser quand on ne vit plus au quotidien avec la personne. Mais on aimerait parfois que le téléphone fonctionne aussi bien entre la France et le Québec qu’avec le Québec et l’au-delà.

25 ans que je n’arrive plus à faire la différence entre l’avant et l’après, entre la France et le Québec, entre leurs expressions, les miennes, les vôtres ou les nôtres.

25 ans qu’on me demande pourquoi j’ai débarqué ici. 25 ans que je raconte la version courte, moyenne ou longue. Je l’ai racontée ici lors du 22e anniversaire. Je venais d’arriver à Los Angeles pour trois semaines.

25 ans que j’apprends sur mon pays d’accueil. J’ai commencé avec les trois enfants que je gardais. J’ai continué avec mes amis à l’Université d’Ottawa, mes cours de science politique et mon insatiable curiosité. 25 ans que je rêve d’aller visiter toutes les provinces canadiennes. Il m’en manque trop. Plus que la moitié.

25 ans que j’aime la poutine, le sirop d’érable, les déjeuners oeufs/bacon/saucisses/patates.

25 ans que je bâtis ma carrière de journaliste, le métier que j’ai toujours voulu exercer, depuis que j’ai 5 ans. Tout a commencé un soir après mon premier cours à l’Université en septembre 1988. J’ai pris le journal étudiant La Rotonde en sortant. Je le feuillette dans l’autobus 95 (le fameux) qui me ramène à Orléans et je tombe sur une annonce. Le journal cherche des journalistes pour la section actualités. J’ai peine à attendre au lendemain pour appeler et offrir mes services, croyant que je devrais passer par une sévère sélection. Mais non, on me confie un premier article (je l’ai gardé en souvenir, mais n’ose le montrer – si mauvais). Puis on m’en confie un deuxième. Tout un sujet, la conférence d’Elena Bonner et Andreï Sakharov. Je suis restée six ans à La Rotonde. J’y ai appris mon métier, j’y ai rencontré plein de monde. Un doux souvenir.

25 ans qu’on me reprend sur ma prononciation des mots gauche, jaune, juin, pâte, côte, beach et j’en passe.

25 ans qu’on me demande « comment c’est en France? ». 25 ans que je ne m’en souviens plus.

25 ans que je reste, car c’est ainsi, ma vie est à Montréal. Ma ville. Car je suis heureuse, je me suis trouvée. Je suis maintenant autant, et sinon plus Québécoise que Française. Mais j’ai déjà dit et je redis que les deux nationalités sont en moi. Mes racines sont françaises et auvergnates. La France m’a élevée, m’a donné la vie, m’a guidée durant mon enfance et mon adolescence. Une partie tellement importante de sa vie que son pays d’origine reste marqué dans ses gênes. Tandis que mon pays d’adoption a forgé l’adulte que je suis devenue. Il représente mon présent et mon avenir.

25 ans que je n’arrive pas à mettre de la relish dans mon hot-dog (sauf celle maison de Dominique Gagné qui est fabuleuse – MÀJ 2015), à manger des Jos Louis ou à boire de la Root beer.

25 ans que cet heureux mélange rend impossible tout choix. Quand certains disent que l’on ne peut avoir deux nationalités, qu’il faut choisir, ils ne savent pas de quoi ils parlent. C’est impossible. Comment choisir entre sa mère biologique et sa mère adoptive ? Le lien est différent, mais le choix est déchirant. Impossible!

25 ans que j’accumule mes souvenirs canadiens, québécois. 25 ans que je réalise mes rêves. 25 ans que j’aime ce pays. 25 ans que j’aime ses habitants. Ça fait 25 ans aujourd’hui que je suis Canadienne et Québécoise.

Le texte écrit lors de l’anniversaire de mes 20 ans au Canada avec les photos de la jeune fille de 20 ans que j’étais.

MAJ 16 août 2015 :

Le 16 août 1987 était aussi un dimanche chaud et humide. Je débarquais à Mirabel au milieu de l’après-midi après un baptême de l’air de plus de sept heures.

Mon père m’avait conduite à l’aéroport. Plus de cinq heures de route de mon Auvergne natale. 1h de sommeil après une fête avec des amis. Départ à quatre heures du matin. Ma mère retenait ses larmes avec peine.

À Roissy, je me souviens encore du moment où j’ai quitté mon père. Il m’a laissée au pied d’un escalier roulant qui montait vers les départs. Aucune larme. Je ne me suis retournée qu’une fois. Je souriais, pas lui.

28 ans plus tard, il n’est plus là et ma mère ne s’en souvient plus. Les enfants qui poussent nous rappellent que le temps passe. Depuis 3 ans, quelques gros changements. Ma mère ne vit plus chez elle, mais dans une maison pour les gens qui ont l’Alzheimer. France, la mère des trois enfants que je gardais est décédée (bien trop jeune). Trois beaux enfants sont entrés dans ma vie et me comblent de bonheur, même si ce ne sont pas les miens.

MÀJ 16 août 2017

Ça fait 30 ans et je ne change pas un mot. Ça va aussi faire 20 ans que j’habite Montréal en décembre. C’est la ville où j’ai habitée le plus longtemps. Plus que mon village natal Saint-Rémy-de-Chargnat.

L’acharnement contre Luc Ferrandez

Depuis quelques semaines, on assiste à un véritable acharnement tant médiatique que citoyen contre le maire de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez. Il se fait littéralement lyncher de toutes parts et de manière pas du tout respectueuse et glorieuse. Un déferlement qui ne facilite pas le dialogue. Malheureusement. Et pourtant, Luc Ferrandez et son équipe assument. Pour combien de temps?

Mais qu’a osé faire de si terrible ce maire ? A-t-il vendu son âme et donné des contrats sans appel d’offres à des firmes d’ingénieurs ? Des constructeurs de condos ? A-t-il manipulé des élections ? A-t-il demandé une loi spéciale au gouvernement ? A-t-il dilapidé des fonds publics ? A-t-il espionné les courriels de ses fonctionnaires ou collègues ? Est-il soupçonné de malversation ?

Pas du tout. Il n’a pas subi la foudre et les insultes du bon peuple pour avoir fait ce que plusieurs maires sont soupçonnés d’avoir fait depuis quelques années. Il a seulement fait changer le sens de la circulation de deux rues. Enfin, il l’a fait en équipe, avec les autres élus de l’arrondissement, mais c’est lui le bouc-émissaire. Luc Ferrandez a seulement osé s’attaquer à la circulation automobile. Et ça, en Amérique du Nord, au royaume de l’automobile, ça engendre la haine.

Les critiques sont donc très virulentes, agressives et totalement irrespectueuses. Et elles viennent de partout et n’importe comment. En fait, maintenant dès qu’un automobiliste arrive en retard quelque part, Luc Ferrandez est blâmé. Peu importe si les nombreux travaux routiers qui parsèment Montréal en sont responsables.

Respirer par le nez
Un instant. Peut-on se calmer et respirer un bon coup. Tout d’abord, je ne me prononce pas sur les changements amenés par l’équipe du Plateau, mais je pense que le traitement qu’on leur réserve est injuste et indigne. Je ne dis pas que Luc Ferrandez et son équipe ont totalement tort ou raison. Je ne sais pas si la décision de changer le sens des rues Christophe-Colomb et Laurier est une bonne décision. Je ne pense pas qu’en faisant des changements dans un seul arrondissement soit LA solution. Je crois qu’on doit avoir un plan urbain de transport pour l’ensemble de Montréal. Je crois que les solutions doivent être trouvées en collaboration entre tous les arrondissements et surtout en arrêtant de penser que l’automobiliste doit être le seul roi. Il ne s’agit pas de bannir l’automobile qui est là pour rester, mais de trouver des solutions pour améliorer la vie en ville et le partage de la route.

Le problème ? Luc Ferrandez et son équipe ont décidé d’agir dans leur arrondissement puisque c’est le seul pouvoir qu’ils ont. Aurait-il pu consulter l’arrondissement de Rosemont La Petite-Patrie et celui de Villeray ? Sûrement et travailler en concertation avec eux pour limiter le flot de circulation venant de Christophe-Colomb au nord. Mais ces deux arrondissements sont dirigés par Vision Montréal, alors que le Plateau est dirigé par Projet Montréal. Montréal n’est pas dirigé par un maire, mais par 19 maires. Ingérable.

Les changements sont difficiles à instaurer, surtout quand on touche à la sacro-sainte auto. Mon collègue et ami Pascal Henrard a mis les mots sur ce problème. Les gens ne voient pas plus loin que le bout de leur nez et se braquent sans prendre la peine de discuter et de voir si on peut aller plus loin. La colère n’est jamais bonne conseillère. Et l’être humain n’aime pas les changements.

La situation ? Malgré les critiques qui le traitent pratiquement de dictateur, Luc Ferrandez semble écouter les gens et être ouvert aux critiques et aux suggestions. Il a quand même affronté une foule hostile lors d’une séance d’information qui s’est transformée en séance d’insultes et de défoulement collectif. Bel exercice démocratique.

Un élu se présente devant les citoyens pour les entendre et les écouter, mais ces derniers préfèrent l’insulter, lui couper la parole et chialer. Dire à une personne « Retourne en Espagne » en dit long sur l’esprit de fermeture de certains. Il en dit long aussi sur le peu de respect des citoyens envers leurs représentants et envers leurs semblables. Il est vrai qu’au fil des années, de nombreux élus ont aussi démontré leur peu de respect de la démocratie et des citoyens.

Sauf qu’il est totalement inadmissible de crier après un élu, de lui couper la parole, de l’insulter. Bien entendu, on peut lui exprimer vigoureusement son opposition et son point de vue. C’est même encouragé. Mais il est totalement désolant de voir les gens se comporter de manière si agressive et irrespectueuse. Surtout quand un maire n’a rien fait de si répréhensible et que ce dernier a le courage de faire face à ces décisions et qu’il a le courage d’organiser des rencontres avec les citoyens et d’assumer ses choix.

Comment voulez-vous que des gens intelligents et compétents se présentent en politique quand ils voient ce qu’on fait subir à ceux qui osent. Autant rester chez soi.

Le budget de Rosemont La Petite-Patrie sur RueMasson

Dépôt du budget 2011 et du plan d’immobilisations triennal de l’arrondissement Rosemont La Petite-Patrie. Des nouvelles comme une maison du citoyen (ou de la citoyenne non?) pour 2013 et d’autres nouvelles à lire sur RueMasson.

Pour ou contre les manifs de Greenpeace

Greenpeace lutte pour la protection de l’environnement et utilise parfois des méthodes très démonstratives et vigoureuses. Rien de violent cependant.

Si Steven Guilbeault, l’ancien DG de Greenpeace au Québec a déjà escaladé la tour du CN, l’organisme se fait moins radical au Canada qu’en France.

En 1985, il y a eu l’histoire du Rainbow Warrior. Le bateau de Greenpeace France était en route pour protester contre les essais nucléaires de la France dans l’océan Pacifique. Des espions français l’ont fait couler. Rien de moins. Belle démocratie.

Aujourd’hui, Greenpeace a envahi l’Assemblée Nationale à Paris. Slogan criés, bannières déployés, une militante est même descendue au rang des députés dans l’hémicycle.

Gros mots du côtés des députés, surtout ceux de la majorité, du parti du président Sarkozy. L’un les traite de clown, l’autre les accuse de bafouer l’institution et la démocratie et l’un les traite de voyou. Rien de moins.

Ont-ils raison? N’est-ce pas des mots un peu fort pour qualifier ce petit intermède? Franchement, est-ce nécessaire de déchirer sa chemise pour une bataille très réelle que mène Greenpeace pour l’environnement? Alors que le gouvernement français semble, comme les autres, dormir au gaz? Mais l’enflure verbale n’a jamais manqué aux politiciens…

Pendant ce temps les élus verts applaudissaient. Ont-ils raison? Peut-on encourager de telles actions? Est-ce anti-démocratique?

Noël Mamère, un député vert a souligné que pendant que le gouvernement tentait de détourner l’attention en parlant d’immigration et de minarets, on ne parlait pas des changements climatiques. Bon point qui vaut aussi pour le gouvernement canadien.

Alors les manifs de Greenpeace sont-elles si dangereuses? N’est-ce pas ceci, aussi, la démocratie? Pouvoir manifester sans violence? Pas de quoi fouetter un chat…Les députés devraient se garder une petite gène et s’indigner pour la planète et non pour cette petite manifestation. Non?

Déneigement sur le Plateau: enfin des politiciens courageux.

Depuis la parution de l’article d’Éric Clément sur les modifications sur la pratique du déneigement dans l’arrondissement du Plateau, les élus de Projet Montréal se font attaquer. Et voila. On ne pense plus qu’à nos voitures et la circulation automobile.

Et pourtant la décision des élus du Plateau de ne plus charger la neige la fin de semaine et d’attendre qu’il en soit tombé 15 cm au lieu de 8 cm se défend tout à fait. Si bien entendu, on arrête de penser avec notre esprit d’automobiliste.

Il y a bel et bien une hystérie du déneigement. On vit dans un pays nordique. Quand la neige tombe, rangez donc votre voiture (un peu fou d’ailleurs d’avoir une voiture quand on décide d’habiter le Plateau, vive Communauto) et marchez. Car les trottoirs seront déneigés. Et oui, l’argent économisé servira à d’autres projets.

Les cols bleus sont contre. Évidemment ils perdront de nombreuses heures supplémentaires payées à temps double, parfois triple. Pourtant, ils devraient appuyer Projet Montréal qui veut limiter les contrats donnés au secteur privé.

Quand à l’aspect sécurité ? Ben voyons donc. De quoi parle-t-on ? Les camions de pompiers, les policiers et les ambulances arriveront toujours à se déplacer. Ce sera aux automobilistes de ne pas stationner leur voiture n’importe comment. Si tu prends la responsabilité d’être propriétaire d’une auto sur le Plateau, et bien tu as aussi la responsabilité de t’en occuper durant l’hiver et de ne pas la stationner tout croche, même par une tempête de neige…C’est ainsi.

Ah la maudite totale et complète dépendance à l’automobile…

J’ai vraiment mal à ma ville et à ma démocratie…

Montréal se réveille avec un gros mal de tête. Pour de nombreuses raisons, ces élections laissent tout le monde avec un étrange goût amer. Mais que se passe-t-il dans notre ville, qui je le rappelle est la métropole du Québec, la plus grande ville. C’est triste et grave.
Il est temps de changer le système électoral et le financement des élections. Aussi une enquête publique est de mise. On a besoin d’un grand ménage et vite.

Voici les différentes raisons qui font que j’ai mal à ma ville.

-Nous sommes lundi midi et beaucoup de résultats de bureaux de vote ne sont pas encore comptabilisés. Certains élus ne savent pas encore s’ils sont élus.

-Le maire de Montréal, Gérald Tremblay est élu avec 15 % du vote des citoyens inscrits sur la liste électorale. 15 %. Pincez-moi. Qu’il n’ose pas dire que c’est une victoire. C’est rien du tout.

-La fusion mal faite et les défusions ont affaibli Montréal. Le maire Tremblay est élu principalement par des anciennes villes de banlieue où on avait l’habitude de tourner les coins ronds. Rendez-moi ma ville.

-Des élus comme Michel Labrecque et André Lavallée, maitres d’oeuvre du plan de transport ont été battus. Un écolo a battu un autre écolo sur le Plateau. Dommage. J’ai l’impression que des candidats d’excellente valeur se sont fait concurrence et se sont éliminés alors que les moins bons sont récompensés. Dommage.

-Dans Rosemont, c’est l’organisation politique du parti québécois qui a fait la différence et pas le travail des élus en place. Anti-démocratique. (Je note ma non-objectivité ici car l’un de mes meilleurs amis, Carle Bernier-Genest se représentait dans le district de Marie-Victorin et a été battu. Je suis triste pour lui tout comme pour ma conseillère municipale, Carole Du Sault, une amie aussi).

-Quand je vois des maires être élus avec 82 % (Régis Labeaume à Québec) et 78 % ( Jean Tremblay à Saguenay) et que ce dernier affirme qu’une opposition est nocive à une ville. Que Gilles Vaillancourt, le monarque de Laval, affirme croire en la démocratie de proximité me rendent très cynique face aux élections. Ne sommes-nous face qu’à une simple mascarade de démocratie municipale. Une république de bananes.

Quelques points positifs, heureusement…

-L’élection de la première femme à la tête de Longueuil, Caroline St-Hilaire. Même si elle est minoritaire. On voit que lorsque l’opposition se divise comme à Montréal, le maire sortant en profite pour se faufiler entre les deux. Ne serait-il pas temps de changer de système pour avoir un scrutin proportionnel à deux tours comme en France ?

-L’élection de plusieurs élus de Projet Montréal, un parti différent, plus à gauche, plus environnementaliste, plus social. Et pas seulement sur le Plateau mais aussi dans Rosemont, Ahuntsic-Cartierville et, surprise, même l’ancienne ville de Lasalle.

-Le fait que les scandales aient fait tombés certains élus à Longueuil et Boisbriand est une bonne nouvelle. Parfois la démocratie parle. C’est sain.