Renonceriez-vous à vos droits moraux pour un bon tarif ?

La vie de journaliste indépendante est difficile. On nous soumet des contrats et des tarifs ridicules. J’en ai déjà parlé. Quand on vous offre un beau contrat, un tarif supérieur à la moyenne et une certaine régularité, c’est formidable. Quand vous prenez la décision de ne pas accepter ce contrat, car il y a un petit hic, vous en avez le coeur brisé. Mais je persiste et continue à dire que tous les journalistes pigistes devraient être membres de l’AJIQ. Pour garantir l’avenir du journalisme indépendant. (Voir la vidéo à la fin de ce texte).

C’est ce que je viens de faire, la mort dans l’âme (Pas devenir membre de l’AJIQ, mais refuser un contrat). J’en ai honnêtement les larmes aux yeux. De tristesse et de rage de devoir toujours choisir. Je ne vous donnerai pas les détails sur le nom du client. Mais je peux vous dire que c’était quelque chose d’intéressant, de passionnant que j’aurai adoré faire. Et très bien payé. Sauf que je devais renoncer à mes droits moraux. Aucune négociation possible.

Je ne pouvais pas, même en secret, signer un tel contrat. J’aurai eu l’impression de trahir mes collègues, mon association (l’AJIQ), mon métier. À titre de membre du CA de l’AJIQ, je me suis battue pendant plus de quatre ans contre la cessionle renoncement à ses droits moraux. Je suis montée aux barricades pour dénoncer de tels contrats. J’ai conseillé mes collègues de ne pas signer. Comment aurais-je pu signer ? J’ai réfléchi. Je ne pouvais pas. Je ne pouvais aller à l’encontre de mes principes.

Ça me brise le coeur, car je me prive ainsi d’un revenu intéressant et de l’écriture de textes différents de ce que je fais habituellement. Mais c’est ainsi. J’ai choisi puisqu’aucune négociation n’était possible. J’ai choisi de ne pas signer pour garder ma crédibilité et mon éthique personnelle.

J’en parle car je veux que tout le monde sache que notre métier n’est pas toujours facile. Je veux que l’on sache que tout n’est pas rose et que de nombreux autres journalistes choisissent aussi de renoncer à de bons contrats qui payent bien pour une question de droits et de principes. Et puis j’ajouterai que j’aimerais que les éditeurs qui nous font signer ces contrats sachent qu’il y a des implications humaines derrières ces simples mots et ces contrats qui ne semblent être que des bouts de papier. Qu’il y a des décisions déchirantes que l’on doit prendre. Que tout n’est pas que business et cash…Il y a des humains, des professionnels qui tiennent et aiment leur métier.

Je veux aussi pouvoir toujours dire à d’autres journalistes de ne pas signer et leur donner mon exemple. Car sans union et solidarité, on ne fera jamais avancer les choses. Je veux aussi que ça change et que l’on n’impose plus des contrats inacceptables. Car c’est injuste, vraiment trop injuste. Mais j’ai fait le meilleur choix. Car il faut s’unir pour agir.
J’en profite pour vous présenter la vidéo préparée pour l’AJIQ pour sa nouvelle campagne de recrutement dont parle Nicolas Langelier. Bref, devenez donc membre de l’AJIQ. C’est important.

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Mandat terminé au CA de l’AJIQ

Depuis le 10 mars dernier, un nouveau conseil d’administration a été élu lors de l’Assemblée générale annuelle de l’AJIQ. Je ne me suis pas représentée. Après quatre mandats au sein du CA de l’Association des journalistes indépendants du Québec, j’ai jugé qu’il était temps de laisser la place à d’autres et de m’occuper de mon autre bébé, RueMasson. Entre deux bénévolats importants, il fallait choisir.

J’ai été élue pour la première fois au CA de l’AJIQ en mai 2006. Pendant ces quatre années, l’AJIQ a évolué et n’a jamais eu autant de membres en règle. Il reste cependant beaucoup de travail à faire pour aller chercher les nombreux journalistes indépendants qui ne sont pas membres de l’Association. Ce que je vais faire en m’impliquant dans le comité recrutement. La cause des pigistes me tient à coeur. Il n’était pas question que je m’en désintéresse totalement. C’est mal me connaître.

Je reste impliquée et j’encourage les journalistes indépendants, recherchistes, photographes et autres de devenir membre de l’association. Je donne plusieurs raisons de devenir membre dans un autre billet. La première: la solidarité.

Autre texte sur le journaliste à la pige:
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Pourquoi devenir membre de l’AJIQ? Par solidarité!

Souvent les pigistes me demandent pourquoi devenir membre de l’AJIQ. Il y a plus de 20 raisons très tangibles sur le site de l’AJIQ. La première raison, selon moi, en est une de solidarité et de regroupement. On se plaint des mauvais tarifs, des contrats abusifs, des mauvaises conditions de travail, de l’isolement des pigistes et bien plus. Justement, en devenant membre de l’AJIQ, on donne à l’association le pouvoir de négocier, la force du nombre, l’élan solidaire. Un premier pas a été franchi grâce à l’entente avec GESCA, il faut maintenant continuer en devenant membre et en se positionnant avec l’AJIQ pour la cause des journalistes indépendants.

Si j’ai quitté le CA de l’AJIQ, j’en reste membre avec fierté, et je m’y implique toujours, car la cause des pigistes et la solidarité me tiennent à coeur.

Voici ce que j’écrivais dans le premier bulletin de l’année, l‘Indépendant de janvier 2010. En passant, si vous voulez recevoir l’Indépendant, écrivez-moi (cecile.gladel at gmail.com) en mentionnant abonnement Indépendant. Tout le monde peut le recevoir pour en connaître plus sur le journalisme.

Je profite de ce premier bulletin de l’année 2010 pour vous souhaiter au nom du CA de l’AJIQ une excellente année, remplie de contrats dignes, de tarifs plus élevés, mais surtout d’une solidarité plus présente.
Une solidarité entre journalistes indépendants qui pourrait d’abord s’exprimer en devenant membre de l’AJIQ. Évidemment, l’AJIQ est un regroupement de journalistes indépendants professionnels et offre des services à ses membres.
Mais l’AJIQ est aussi le lieu de regroupement de tous les journalistes indépendants, l’association qui les représente dans le domaine politique. Pour que la voix de l’association soit forte, les journalistes indépendants doivent s’unir autour d’elle. Car je le répète, il faut s’unir pour agir.
Une résolution pour 2010 ? Encouragez vos collègues à devenir membres de l’AJIQ. Devenez membre de l’AJIQ. Nous avons besoin de vous.

Je le répète, car je reste persuadée que la solidarité est primordiale parmi les journalistes pigistes, mais aussi les permanents. Nous exerçons le même métier, chacun à sa place. La solidarité doit être de tous les bords.

Par ailleurs en obtenant de meilleurs tarifs, les pigistes ne deviennent plus de la concurrence déloyale envers les permanents. On sera enfin payé au même niveau sans être traité comme du «cheap labor».