Du vélo en hiver, pas facile

Montréal et plusieurs arrondissements se glorifient de leur réseau blanc cyclable. Après quelques tours de bicyclette entre Rosemont et Hochelaga un vendredi après-midi, je reste traumatisée par la manière dont les automobilistes ignorent totalement les cyclistes. Les piétons aussi sont ignorés des quatre roues.

Mon vélo au retour de ma virée en vélo. Aussi sale que je l'étais

Deux jours après la tempête de neige, par une température plus clémente, je me suis dit que les rues étaient plus praticables, même couverte de slush. J’avais raison, mais j’avais oublié les automobilistes. Je suis sortie traumatisée de ma virée en vélo hivernale, mais rien pour me décourager de ne pas continuer.

Tout d’abord, les cyclistes n’ont plus de pistes réservées pour se déplacer l’hiver. Nous sommes donc obligés d’utiliser les rues. Ne me parlez pas de la piste de la rue Rachel que l’arrondissement déneige. Couverte de neige, je n’ai pas osé l’utiliser de peur d’y glisser. Les trottoirs sont aussi couverts de neige pour la marche souvent pénible pour les piétons, les poussettes, les fauteuils roulants. Les automobilistes semblent être les seuls à avoir droit à des rues dégagées. Malheureusement, ils ne semblent pas du tout enclins à partager, que ce soient avec les cyclistes ou avec les piétons. Dommage et triste.

Vendredi, j’ai donc pris les rues les plus dégagées comme Dandurand, Saint-Michel, Sherbrooke et Pie IX. J’avais l’impression de pédaler sur une autoroute. Les joyeux automobilistes emballés par le vendredi après-midi et pénalisés par la neige pendant deux jours y roulaient vite (plus que le 50 km/h de rigueur) et frôlaient les cyclistes. Un frôlage désagréable et insécurisant. Pourtant, il existe un article dans le Code de la sécurité routière, article 341 : « Le conducteur d’un véhicule routier ne peut dépasser une bicyclette à l’intérieur de la même voie de circulation que s’il y a un espace suffisant pour permettre le dépassement sans danger.» Quand on me frôle, je suis en danger donc infraction au code. (l’article 344 permet de franchir la ligne continue pour dépasser un véhicule lent comme une bicyclette)

J’ai arrêté de compter ces automobilistes qui faisaient semblant de ne pas me voir après 10. J’ai préféré me concentrer à ne pas déraper dans la slush ou frapper une portière volante.

J’ai relevé ce texte écrit par un cycliste sur Facebook. Son titre : « Une espèce en danger en plein cœur de Montréal : Le cycliste d’hiver! ». L’auteur explique aux automobilistes comment partager la route avec les cyclistes et aussi les piétons.

J’ai particulièrement aimé ce passage : « Sauver un cycliste, ça rapporte! Chaque cycliste réduit l’achalandage des transports utilisant les combustibles fossiles. À chaque fois que vous ne tuez pas un cycliste, vous faites une action aussi bénéfique que si vous aviez fait vingt épiceries avec vos sacs de toile réutilisables. Ce n’est pas rien, pensons-y! C’est une belle occasion de faire votre part! (tout le risque est pour nous.)»

L’objectif ici n’est pas de dire que tous les automobilistes sont des salauds qu’il faut exterminer. Non. L’objectif est de tenter de les sensibiliser à la réalité des cyclistes et des piétons. Car l’automobiliste est le plus puissant, le plus fort. Il doit donc porter une plus grande attention à ceux qui sont moins protégés, les cyclistes et les piétons. Comme les cyclistes doivent porter une attention particulière aux piétons.

Ah oui, et ne me dites pas que le vélo devrait être interdit en hiver et que ceux qui en font sont fous. Est-ce qu’on interdit aux piétons de marcher en hiver et aux automobilistes de rouler ? Non. Alors pourquoi on interdirait aux cyclistes de pédaler. Sinon je revendique l’interdiction pour tout le monde.

Et finalement, ne me sortez pas les sempiternelles complaintes contre les cyclistes fous qui ne respectent pas le code de la sécurité routière. Tout comme les automobilistes et les piétons, il y en existe qui ne respectent aucune règle. Pas plus, pas moins. La seule chose que je réclame est qu’on me respecte lorsque je roule tranquillement (mais pas paisiblement).

Il n’y a pas que les cyclistes qui soient les victimes. Chaque année, plus de 3000 personnes sont heurtées par des voitures, 68 en meurent, le tiers à Montréal. Un reportage de Radio-Canada nous rappelle que les voitures tuent les piétons.

Le Bixi ou le vélo vont au Grand prix de Formule 1 (MàJ)

Le parc fermé des Bixi prêt à être emprunter

Il est plus facile qu’on le pense d’aller assister au Grand prix de Formule 1 du Canada en bicyclette, la votre ou le Bixi puisque le parc Jean-Drapeau est accessible en vélo. Je l’ai testé pour la première fois ce samedi pour la session des qualifications. Je ne comprends pas pourquoi je n’ai pas utilisé ce moyen de transport avant. Rapide, facile et évite l’interminable attente pour le métro.

Si vous n’avez pas le vertige (la piste cyclable du pont Jacques-Cartier est suspendue au-dessus de l’eau et assez étroite), c’est beaucoup plus rapide et agréable que le métro. Malheureusement, il est impossible de prendre le pont de la Concorde. Les policiers vous barrent la route.

Pour ceux qui veulent utiliser le Bixi, rien de plus simple. La compagnie a prévu le coup : une station dépôt. Le stationnement est devant l’entrée du métro. Ne vous inquiétez pas de ne pas trouver de place dans les supports à vélo, des employés vous attendent pour enregistrer votre retour et stationner le Bixi dans ce « parc fermé » qui peut en contenir une centaine.

Pour repartir, une fois les festivités terminées, les employés sont toujours là pour enregistrer votre départ et aider les nombreux touristes qui ne savent pas comment ça fonctionne. Lors de mon passage, environ 1 h 30 après la fin des qualifications, il ne restait qu’une quinzaine de Bixi. Des amateurs de F1 américains s’offraient justement le retour vers la ville en vélo. Pour les avoir croisés à leur arrivée endiablée et joyeuse sur la piste du pont, j’espère qu’ils savaient où se situait les freins, car la piste est étroite. Leur enthousiasme était aussi bruyant et visible que le verre de bière que l’un d’entre eux terminait !!! Savaient-ils qu’il est aussi interdit de pédaler que de conduire en état d’ébriété?

La piste cyclable en direction de Longueuil était aussi ouverte. Mais sur le site de la société des ponts, on indique qu’elle est fermée durant la période du Grand prix. À vérifier. Mais il n’y a pas de stations Bixi à Longueuil. Il faut donc utiliser son propre vélo.

La piste du pont Jacques-Cartier ne pourrait accueillir des milliers de cyclistes, trop étroite et partagée avec les piétons

Pont de la Concorde interdit
Malheureusement, la police de Montréal empêche l’accès au parc Jean-Drapeau en vélo par le pont de la Concorde. Un ami s’est fait revirer de bord vendredi. L’un des employés de Bixi m’a souligné que l’accès devait être ouvert, mais que finalement la police aurait décidé de le fermer aux vélos. À vérifier. Manque de communication ou problème de sécurité ? Dommage, car le pont de la Concorde est beaucoup plus facile d’accès pour les cyclistes, pour ceux qui sont moins en forme ou qui ont simplement peur d’utiliser la piste du pont Jacques-Cartier, et plus proche du centre-ville.

La STM mousse son côté écolo
Ne perdant pas le nord, la STM (Société des transports de Montréal) mousse son côté écolo en publicisant de manière imagée le montant de CO2 non généré par l’utilisation des transports en commun. Intéressant. Est-ce efficace ? Ça permet au moins de visualiser les quantités de CO2.

Le ballon de CO2 qui flotte sur la station de métro du parc Jean-Drapeau

 

La version portable de la publicité de la STM

Publicité volante pour les pompiers
Les pompiers de Montréal ont fait fi des montants de CO2 engendrée par la publicité volante en faisant circuler un message. Est-ce pour les touristes, le maire Tremblay ou les citoyens de Montréal ? Il est vrai qu’avec le montant de pollution générée par les voitures de Formule 1, autant en profiter pour saturer le ciel…

Et pour parler de Formule 1, l’objet de tous ces déploiements, voici quelques secondes de ce que j’ai vu cet après-midi. Attention, mettez vos bouchons !!!

Un trottoir partagé entre cyclistes et piétons ?

Photo: Cécile Gladel

Les cyclistes sont en danger dans la rue. Entre les portières, les automobilistes qui frôlent, coupent, les autobus, les camions et plus. C’est l’enfer.

Rouler sur le trottoir ? Pourquoi pas, mais il faut que les trottoirs soient plus larges et qu’ils soient séparés en deux. De manière très distincte. J’ai trouvé ce genre de piste cyclables dans le quartier du MIT (Massachusset Institute of Technology) à Boston. Une piste dans le sens de la circulation sur chaque côté du trottoir. Évidemment, ce type d’aménagement ne sensibilise pas vraiment les automobilistes qui continuent à ne pas partager la rue.

Les cyclistes roulaient sur la piste, loin des portières et des véhicules. Les piétons de leur côté du trottoir. Évidemment, il faut un respect mutuel. Les piétons doivent regarder avant de traverser la piste et les cyclistes doivent y rester. Avec les étroits trottoirs de nos villes, ce n’était pas dans les plans des urbanistes. Dommage.

Par ailleurs, autre aménagement pour les cyclistes remarqué à Boston: The Bike Box. Une bande verte est réservée aux cyclistes devant les feux de circulation tels que le montre la photo. Une sorte de zone tampon qui leur permet de partir en premier. Les voitures qui tournent à droite ou à gauche n’ont d’autres choix que de les voir.

Photo Cécile Gladel

Photo : Cécile Gladel