Pourquoi quelques centimètres de neige paralysent l’Europe et ses principaux aéroports?

Depuis le début du mois de décembre, la neige perturbe l’Europe. Mais quand elle s’est remise à tomber en plein départ des vacances de Noël, la paralysie a atteint son paroxysme comme le rapporte un article de La Presse.

«Enfin, des centaines de vols ont été annulés à Francfort et à Munich. Devant ce capharnaüm, le commissaire européen aux transports Siim Kallas s’est dit «extrêmement préoccupé par les perturbations que la neige a causées aux voyageurs en Europe. C’est inacceptable et cela ne devrait pas se reproduire».»

Pensez-vous qu’il est tombé plus de 30 cm de neige ? Pas du tout. À peine quelques centimètres. Pas plus de 10 cm. Alors que le Québec en rit (jaune), l’Europe pleure. Pourquoi donc quelques centimètres paralysent plusieurs pays et provoquent la fermeture de grands aéroports pendant plusieurs jours alors qu’on s’en accommode à Montréal ?

Ma collègue Anne Pélouas a écrit un article pour Le Monde sur le plan déneigement de l’aéroport de Montréal. L’expérience, l’équipement et l’équipe sont à la base du succès de Montréal. Malgré tout lors de mon départ de Montréal le 12 décembre dernier, l’avion d’Air France dans lequel je prenais place est parti avec 1 h de retard. Pourquoi ? Car de la neige puis de la pluie verglaçante sont tombées. L’avion a du passer au déglaçage.

Il semble que les aéroports de Londres, de Paris et de Francfort n’ont pas les mêmes plans de déneigement puisqu’ils sont paralysés par quelques centimètres. Et en même temps, les compagnies aériennes sont très critiquées pour leur gestion de la crise neige. Ils laissent leurs clients dans l’ignorance, comme toujours. Pourquoi? Manque d’organisation ou d’employés ?

Même chose pour les aéroports. Même s’ils sont situés dans le nord de l’Europe, ils ne paraissent pas avoir de plan d’urgence en cas de neige. Surtout quand quelques centimètres forcent la fermeture de l’aéroport de Londres et mettent des voyageurs à la porte comme en témoigne mon ami et collègue Pascal Henrard qui a du aller chercher sa conjointe et sa fille à Calais.

Les camionneurs pénalisés en France
La panique n’est pas que dans les aéroports. Sur les routes françaises (et européennes) c’est le bordel dès que quelques centimètres de neige se pointent. Bizarrement, les autorités françaises interdisent la circulation des poids lourds dès que les routes s’enneigent. Ce qui ne leur plaît pas vraiment. Au lieu d’interdire la circulation automobile, on empêche ceux qui travaillent de circuler. Il est rare que l’on fasse la même chose au Québec. Les poids lourds et les autobus roulent plus facilement, ils sont plus lourds et adhérent mieux à la route.

Un routier souligne dans cet article qu’il n’y a qu’en France qu’on n’oblige pas les routiers et automobilistes à s’équiper de pneus neiges. Et on arrête tout au premier flocon.

À Paris aussi ça ne rigolait pas. Les parisiens aiment bien la neige dans les stations de sport d’hiver où ils passent leurs vacances, mais pas dans leur ville. Pourtant, c’est l’hiver. Et de nouvelles chutes de neige sont prévues.

Espérons qu’on ne verra pas d’autres reportages tel que celui de TF1, bourré d’erreurs et de préjugés comme j’en parlais dans un précédent billet.

Quand la France voit blanc et panique devant la neige!

En Auvergne, il n'est tombé que 3-4 cm en plaine, beaucoup plus dans les hauteurs

La France est sous la neige. Du nord au sud. Ça n’arrive pas tous les hivers. Ce qui est une habitude bien ancrée dans les mœurs québécoises devient un énorme problème quand ce n’est pas habituel. Tout en faisant sourire les Québécois. J’avoue que je les trouve drôles depuis que je suis en France lundi et que je regarde les nouvelles.

Hier soir, j’ai franchement rit en voyant qu’on faisait appel à l’armée et à leurs tanks dans la région parisienne. Pas pour aider les personnes bloquées dans la neige, pas pour débrayer le voisinage des hôpitaux, des écoles. Pas prévision de bordel annoncé car c’est le grand départ des vacances scolaires. Et l’humain voulant agir comme si la nature n’existait pas, pas question de retarder le départ en vacances. Pourtant, dans un pays peu habitué aux abondantes chutes de neige, moins équipé que le Québec, ne serait-il pas plus sage de retarder un départ en vacances pour arriver plus serein?

Un reportage de TF1 truffé d’erreurs
Un reportage de la chaîne privée TF1 a fait bien rire mes amis Québécois ou Français qui habitent à Montréal. Un reportage sur le déneigement à Montréal. Le journaliste français voulait voir comment la métropole québécoise se débrouillait avec la neige alors que Paris est paralysée avec 11 cm.

Ce reportage est bourré d’erreurs et de préjugés véhiculés par les Français sur le Québec. Tout commence par la présentatrice du JT de la fin de semaine, Claire Chazal qui présente le Québec comme étant un endroit où la température est sous zéro six mois par année. Six mois. Je ne suis même pas certaine que ce soit le cas dans les territoires du Nord-ouest.

Et incroyable, cette année les températures étaient plus froides en Auvergne dans ma région d’origine au début décembre qu’à Montréal.

Pour information, les températures descendent sous zéro de décembre à mars, parfois en novembre et avril, mais c’est plus rare.

Ensuite le journaliste souligne que Montréal est entouré de glace six mois par année, qu’une température de -15 est normale, qu’il tombe 10 cm de neige tous les deux jours et que les Québécois s’en accommodent. Il devrait nous entendre chialer collectivement après une tempête pour s’apercevoir qu’on est exactement comme les Parisiens. Et que c’est la désorganisation complète après chaque grosse tempête, surtout la première !

Bref, c’est un peu dommage de voir que les Français se gavent d’informations remplies de préjugés qui véhiculent l’image d’un Québec sous la neige et le froid la moitié de l’année.