Quand on découvre une bosse au sein…

La terreur de toutes les femmes de n’importe quel âge. Inévitablement, lorsqu’on découvre la fameuse bosse, on pense déjà mourir du cancer du sein. Pourtant, tout n’est pas aussi noir. Même si la « découverte » doit être prise au sérieux rapidement. Surtout pour se rassurer, car le stress est immense. Premier acte : on va rapidement voir un médecin pour obtenir une prescription pour une mammographie et une échographie. On oublie la peur de l’examen, du diagnostic, le manque de temps. On ne tarde pas. Au moins pour être rassurée ou pour être soignée.

Je viens de passer à travers cette angoisse pour la première fois. Je le raconte pour démystifier et encourager les femmes à passer des examens. C’est arrivé un lundi soir. Je fais régulièrement l’examen de mes seins comme recommandé et je n’avais jamais rien remarqué. Ce lundi soir tard dans mon lit, l’ordinateur sur les cuisses, après un bon souper, je découvre la fameuse masse, LA bosse dans mon sein gauche en me redressant sur mon lit.

Le choc de la découverte

Mon coeur s’arrête, je cesse de respirer pendant quelques secondes. Je fige. Mille choses me traversent l’esprit. J’ai écrit à quelques reprises sur le cancer du sein, je sais très bien que je ne suis pas « trop » jeune. Josée, la blonde d’un ami a été victime d’un cancer à 42 ans, j’ai 43 ans. Geneviève Borne et plein d’autres cas me viennent en tête. Je respire. Je respire.

Puis, je pense à ma mère qui a 70 ans, jamais de cancer du sein et des kystes bénins à profusion. Elle me l’a dit plusieurs fois. Il est 2 h du matin et j’ai seulement le goût de parler à une amie. J’écris à l’une sachant très bien qu’elle dort et que je n’aurais pas de réponse avant le lendemain matin. En attendant, pas question de dormir. La journaliste reprend le dessus et je me lance dans une recherche sur internet. Des faits rassurants. Plus de 80 % des masses que les femmes découvrent sont bénignes selon la Fondation canadienne du cancer du sein. Mais on voit le mauvais côté et on pense toujours que certaines se sont dit la même chose et se sont retrouvées dans le 20 %. Puis les traitements, la chimio et parfois le cercueil.

Ensuite, on lit les détails sur les types de masse, les kystes, etc. On tente alors de déterminer si ça ressemble plus à un kyste ou à autre chose tel que décrit dans les divers textes comme celui de Passeport Santé. Parfois, on pense que ça ressemble à un simple kyste, parfois non. Les scénarios optimistes et pessimistes se bousculent dans notre tête. Puis finalement, on se calme, on respire (merci à ma pratique du yoga), et on s’endort.

Vite le médecin
Le lendemain matin, l’amie à qui j’avais écrit, qui est plus jeune de quelques années, me rassure. Elle a eu un kyste et a passé mammographie et échographie. Je prends rendez-vous avec ma médecin de famille que j’ai négligée pendant quatre ans. Un an de plus et j’étais catégorisée comme ancienne cliente. Elle n’en prend plus de nouveaux. Ouf.

Lorsque je parle de la bosse, la secrétaire est très compatissante et me donne un rendez-vous trois jours plus tard, le 25 juin au matin. C’est le jour du septième anniversaire de la mort de mon père. J’espère qu’il sera avec moi. Je suis heureuse, c’est rapide.

Pendant trois jours, cette bosse fait partie de ma vie tout le temps. Chaque heure, chaque minute. On l’oublie quelques secondes, mais elle revient rapidement. Même si mon instinct me rassure, j’ai besoin d’être TOTALEMENT rassurée.

Finalement, ma médecin me rassure. Il semble que ce ne soit qu’un kyste. Mais elle m’envoie passer une mammographie et une échographie pour être totalement certaine de son diagnostic. Elle me conseille Maisonneuve-Rosemont qui est proche de chez moi. J’appelle en fin de journée à 15 h 58. La clinique ferme à 16 h. Aucune réponse.

Une amie, qui est à risque et qui a passé plusieurs examens de dépistage, me conseille d’aller chez Léger et associéss, une clinique privée de radiologie qui a un département pour les examens du sein. J’appelle lundi 28 juin. J’ai un rendez-vous à 8 h le vendredi suivant le 2 juillet. Qui a dit que le système de santé était engorgé et lent ?

Les examens
Dans cette clinique privée, la mammographie est gratuite ( remboursée par l’assurance maladie), mais l’échographie est payante (130 $). On peut choisir d’aller la passer à l’hôpital pour l’obtenir gratuitement. Mais qui va attendre ?

Je n’ai jamais passé de mammographie, ni d’échographie. Une amie m’a dit que ça faisait mal, que la technicienne n’était pas douce et brusque. Je suis donc un peu stressée. Qui a envie de se faire écraser les seins dans une machine qui fait mal. Ce n’est pas le cas. La technicienne est très sympa. J’enlève la jaquette d’hôpital et me retrouve torse nu avec elle. Ça ne fait pas mal et ça va vite. On décrit la procédure pour la mammographie sur le site de la Fondation canadienne du cancer. C’est exactement comme ça.

Le moment le plus stressant
Après la mammographie, je retourne attendre pour savoir si je passe mon échographie tout de suite. Une autre femme vient me voir et dans un bureau fermé me dit que la radiologiste veut une échographie. Mon coeur bat plus fort. Mais ma médecin l’avait aussi demandé. La femme me dit que je peux aller la passer gratuitement à l’hôpital. Chez Léger, c’est 130 $. Je m’en moque totalement. Je vais payer et reviens attendre. Ironique, on doit payer avant. C’est ça le privé, la business avant tout. Quelle femme ne va pas payer immédiatement pour savoir ! Ça ressemble à de la vente sous pression. Mais on m’avait prévenue lorsque j’ai pris rendez-vous. J’aurais pu aller à l’hôpital. Les échographies devraient être aussi gratuites.

Pendant l’attente, la tête s’emballe. Une question me taraude. Pourquoi veut-on une échographie rapidement ? Stressant. Puis j’attends de longues minutes dans la salle de l’échographie. Je pratique ma respiration yogique. La médecin arrive. Elle me rassure immédiatement. L’échographie est l’ultime examen, mais ma masse ne ressemble qu’à un simple kyste. Ce que l’on confirme. Et on en découvre plusieurs autres dans les deux seins. Étant donné que mon kyste principal est assez gros (environ trois cm de diamètre), la médecin me demande si je veux qu’elle l’aspire et le réduise à néant. Est-ce que ça fait mal ? Pas du tout. Étant donné que je suis douillette et que je déteste les piqures, elle m’injecte un léger anesthésiant. Après avoir tout désinfecté, je regarde l’aiguille pénétrer et le kyste disparaître sur l’écran de l’échographie à mesure que la seringue aspire le liquide qui le compose. Liquide normal, pas de sang ou de couleur suspecte. On n’aura même pas besoin de l’analyser. Je suis donc totalement rassurée. 10 jours après la stressante découverte.

Je souhaite une telle expérience positive à toutes les femmes. En même temps, je compatis énormément avec celles qui ont un diagnostic différent. Ça arrive souvent. Car une femme sur neuf aura un cancer du sein au Canada dans sa vie. Les statistiques ne sont pas rassurantes même si les femmes en guérissent plus qu’avant.

Les kystes de la quarantaine

La radiologiste me souligne que la quarantaine amène souvent des kystes pour les femmes. Des kystes inoffensifs qui disparaissent souvent à l’aube ou après la ménopause. Des kystes qui font parties de la vie et des changements dans la texture du sein. Des kystes qui nous font peur, surtout quand on découvre le premier. Mais chaque bosse, potentiellement un kyste, ne doit pas être prise à la légère. Même si la texture ressemble à un kyste, allez le faire vérifier. Un kyste peut être malin.

L’atmosphère de la salle d’attente
Dans toute cette histoire, c’est l’atmosphère hyper lourde de la salle d’attente chez Léger et associés qui m’a le plus stressée. Quand je suis arrivée avec mon sourire à 8 h le matin, après avoir enfilé la laide jaquette bleue d’hôpital, je m’assois parmi d’autres femmes. De tous les âges. Aucun homme. Ils doivent attendre à l’entrée et ne peuvent s’asseoir avec nous et nos jaquettes.

Dans cette salle très éclairée et très neutre, il y a quelques revues, trois salles pour se changer, des casiers, une salle de bain. Des fauteuils, des sofas, des chaises et une musique de fond. Mais personne ne rit, personne ne parle, c’est lourd, pesant, stressant. Une femme qui revient de son examen semble avoir pleuré. Une autre semble abattue. Une autre plus jeune paraît plus relaxe comme moi.

En attendant, j’imagine les mille et une histoires de ces femmes. Certaines viennent vérifier comme moi, d’autres viennent sûrement se faire confirmer un diagnostic de cancer du sein, d’autres doivent venir s’assurer que le cancer n’est pas revenu.

Une salle où la mort semble traîner derrière chaque femme. Triste et déprimant. Je voulais partir le plus rapidement possible. Je me disais qu’on devrait y mettre une télévision avec des films comiques. Peut-être que ça détendrait l’atmosphère. Et puis rire ne peut pas faire de mal. Même si le terrible diagnostic tombe.

Le système de santé efficace et rapide
Outre cette expérience avec le système de santé, une récente bronchite m’a permis de le tester dans le dernier mois. S’il s’est écoulé 10 jours seulement entre le moment où j’ai découvert la masse dans mon sein et le diagnostic positif, ce fut aussi rapide pour la bronchite.

À 15 h 40, je me présentais à la clinique sans rendez-vous sur Masson. À 16 h, je voyais une docteure. À 16 h 15, j’étais à la pharmacie pour cueillir mes antibiotiques. À 16 h 30, je prenais les deux premières pilules chez moi. 40 minutes en tout.

Je veux bien être chanceuse. Mais ces trois expériences de rendez-vous rapides et de services hors pair ne sont quand même pas des hasards ?

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Sous la direction de Janet Gray, Ph. D.

Fondation québécoise du cancer du sein

Fondation canadienne du cancer du sein

The silent spring Institute

Breast cancer fund

La Convention de Stockholm, entrée en vigueur au plan international le 17 mai 2004, qui vise l’élimination «écologiquement rationnelle» de douze polluants organiques persistants (POPs).

Le monde selon Monsanto de Marie-Monique Robin ( livre et DVD)