Signeriez-vous ce contrat?

Transcontinental, maintenant TC Média, était l’un des bons clients des pigistes. Le contrat que l’on signait était respectueux. Malheureusement, ce n’est plus vrai. Le nouveau contrat de TC Media est indigne de notre travail. Ne signez pas.

Ne signez pas, collègues pigistes, car vous perdez tous vos droits, donc de l’argent à long terme.

Ne signez pas, car vous renoncez à vos droits moraux, à votre intégrité. Et surtout vous perdez votre crédibilité face à toutes les personnes que vous interviewez.

Ne signez pas, car être pigiste c’est aussi être solidaire.

Ne signez pas, car c’est la mort lente et triste du journalisme. C’est la qualité de l’information qui est en jeu.

Ne signez pas, car ces clients qui font signer des contrats indignes pourraient survivre en faisant signer des contrats équitables. Gesca le fait et semble bien s’en tirer. Pourquoi pas TC Média et Québécor?

Ne signez pas. Pourquoi toujours dénigrer et dévaloriser le travail des pigistes?

Ne signons pas et demandons aux journalistes permanents de nous soutenir. Car des pigistes mal payés et mal traités c’est de la concurrence déloyale.

Et vous, est-ce que vous signeriez un tel contrat?

L’AJIQ dénonce ce contrat dans un communiqué

Extraits : La propriété intellectuelle qu’ils conservent sur leur travail constitue le pain et le beurre des journalistes indépendants. Exiger de la céder de façon aussi totale revient à leur couper les vivres, d’autant plus que les tarifs stagnent depuis 30 ans. Quant au droit moral, il garantit l’intégrité de l’œuvre et empêche sa modification sans l’accord de l’auteur et son utilisation à des fins autres que journalistiques, comme la publicité.

« Avec ce contrat, TC Media se hisse d’un seul coup au sommet de la liste des éditeurs québécois les plus méprisants envers les journalistes indépendants. Il est désolant de voir un éditeur qui reconnaissait les droits d’auteur de ses collaborateurs vouloir aujourd’hui les anéantir », a déclaré André Dumont, vice-président à l’AJIQ.

L’AJIQ rappelle à TC Media que les journalistes indépendants fournissent la majorité du contenu de ses publications mensuelles et réitère que de bonnes conditions de travail – tels les 10 principes d’un contrat équitable proposés par l’AJIQ et la FPJQ – sont essentielles à une information de qualité et à une information intègre et rigoureuse, que le public est en droit d’obtenir.

Les appuis aux pigistes sont nombreux et les témoignages de collègues également

Le communiqué de presse d’appui de l’UNEQ

Le communiqué de presse de la CAPIQ dont les photographes pigistes subissent le même sort

Le billet de Mariève Paradis

Le billet de Marie-Ève Martel

Un article de Stéphane Baillargeon dans Le Devoir et une réponse de TCMédia qui dit que la compagnie suit la tendance et doit s’adapter pour survivre.

Du côté du Canada anglais surtout, où la bataille a commencé depuis quelques semaines, ça fait du bruit. Un article du StoryBoard sur les problèmes avec le contrat et la réponse de TCMédia.

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Ne cédez pas vos droits moraux, ne signez pas!

Régulièrement, des clients (des médias qui publient des journaux et des revues) demandent à des journalistes indépendants de brader leur travail tout en signant des contrats inacceptables. Les droits d’auteurs et moraux de ces journalistes (tout aussi professionnels que les journalistes permanents dans les salles de rédaction) sont bafoués. L’Association des journalistes indépendants du Québec s’en offusque régulièrement et recommande à tous les journalistes pigistes de ne pas signer de tels contrats. J’appuie mon association.

Nos clients, des entreprises de communication, qui devraient se faire une gloire de respecter les gens qui écrivent pour eux, nous demandent au contraire de céder allègrement nos droits d’auteur et pire notre droit moral sur une oeuvre.

Ça veut dire quoi ? Que le client pourra reprendre notre texte pour de la publicité s’il le désire ou la sortir hors de son contexte. Bref, faire ce qu’il veut avec ce qu’on écrit. Si des personnes sont citées et ont été interviewées pour l’article, ça veut dire que leurs propos pourraient aussi être cités lors du contexte. Imaginez votre crédibilité la prochaine fois que vous voudrez leur parler…

Ne signez pas

Ne signez pas. Une journaliste pigiste vient d’écrire un billet pour expliquer pourquoi elle a dû renoncer à sa chronique dans le Toronto Star. Oui il y a encore des gens, des journalistes qui ont des principes et qui renoncent à de l’argent, beaucoup d’argent, une régularité et une chronique que l’on aime faire pour leurs principes. Je l’ai déjà fait à plusieurs reprises dont la fois où j’ai renoncé à un contrat payant et régulier.

Ne signez pas. Depuis quelques jours, c’est au tour de Transcontinental de faire signer un abominable contrat où les journalistes doivent céder leur droit moral sur leur article, entre autres clauses inacceptables.

Ne signez pas. Du côté aussi du Canada anglais, les journalistes pigistes ne signent pas et dénoncent ce type de contrat.

TVA publications l’a fait avant ça et l’AJIQ avait dénoncé ce contrat. Je ne travaille plus pour eux depuis.

Ne signez pas. Ce type de contrat va à l’encontre du travail journalistique qui fait que notre travail pourrait être modifié et utilisé à des fins publicitaires sans notre consentement. Imaginez les gens avec lesquels on fait des entrevues pour les articles. Ils pourraient être cités hors contexte. Notre crédibilité en prendrait pour son rhume.

Ne signez pas. Par solidarité avec tous les journalistes pigistes. Si personne ne signe, notre pouvoir de négociation et celui de l’AJIQ sera plus fort.

Ne signez pas. Le travail des journalistes pigistes n’est pas à vendre à bas prix.

Ne signez pas. Dans ce cas, il vaut mieux faire de la rédaction publicitaire. Au moins on est bien mieux payé et c’est transparent et clairement de la publicité.

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Si on ne signe pas, on fait quoi pour exercer le métier de journaliste?

Les employés du Journal de Montréal en lock-out, incluant les journalistes, ont accepté hier soir à 64 % les offres patronales. Plusieurs, dont le président du syndicat, ont souligné qu’ils n’avaient plus le choix, qu’ils se dirigeaient vers un mur. C’est un peu la règle avec les médias de Quebecor, on signe ou c’est rien. Pas vraiment de négociation possible. Les autres, 36 %, ont fait comme certains journalistes indépendants et ont dit NON. Pas question.

Mais que faire pour exercer son métier tel qu’on l’aspire ? Dans mon cas, c’est créer RueMasson, travailler à Radio-Canada, La Presse, Protégez-vous, Coup de Pouce, 98,5 FM, Branchez-vous, Workopolis, Marche et Randonnées, Ulysse, mes livres et des conférences. Une chance que certains respectent mes droits et n’exigent pas que je signe des contrats indignes comme ce contrat. Le signeriez-vous?

Car le règlement sans gloire et au pied du mur de ce très long conflit ne doit pas faire oublier la lutte que mènent les journalistes indépendants avec l’Association des journalistes indépendants, l’AJIQ, contre les contrats indignes de Quebecor et des autres. En 2009, TVA Publications recevait le prix citron de l’AJIQ. L’AJIQ a dénoncé le contrat abusif de TVA Publications, celui du défunt ICI.

Ajoutons que Canoe fait aussi signer ces contrats. Je leur laisse le soin de s’identifier, mais certains pigistes ne collaborent plus avec le site internet ayant refusé de signer le contrat qui demande de céder non seulement ces droits d’auteurs, mais de renoncer d’exercer ses droits moraux sur leurs textes.

Toujours pareil. Aucune négociation possible. On signe à leurs conditions ou on travaille ailleurs.

Ça a commencé au ICI alors qu’il était encore publié. D’ailleurs, l’un des journalistes pigistes Stéfane Campbell avait refusé de signer. Steve Proulx avait reproduit sa lettre d’explication.

Pas que Quebecor
Malheureusement Quebecor n’est pas la seule compagnie à pratiquer cette manière de traiter avec les journalistes pigistes. D’autres compagnies le font comme je le relatais dans un billet précédent. J’y expliquais pourquoi j’avais renoncé à un lucratif contrat, car on me demandait de renoncer à exercer mes droits moraux.

Un contrat acceptable

On pourra critiquer Gesca sur sa manière de menacer les journalistes de fermeture pour négocier, mais n’empêche que l’autre empire médiatique a signé une entente avec l’AJIQ. Ce qui donne un contrat type acceptable pour les pigistes. Les autres médias devraient s’en inspirer

Quoi faire?
Comme journaliste indépendante, j’ai choisi plusieurs voies pour éviter d’avoir à signer ces contrats. Tout d’abord je ne signe pas. Je préfère renoncer à mon métier que signer de tels contrats.
Ensuite, j’ai créé mon propre média avec quatre amis et voisins, RueMasson.com. Mais si ça nourrit ma passion du journalisme bien fait, ça ne paye pas mon hypothèque encore.

Quand je vois les ex-journalistes du Journal de Montréal qui se tournent maintenant vers RueFrontenac, je les encourage, car c’est un média nécessaire et une belle réussite. Mais je me demande s’ils sont conscients que sans appui du syndicat et de leur fonds de grève, on ne peut que s’en remettre à la publicité et à son propre compte en banque. Ce que font les cinq cofondateurs de RueMasson depuis 1 an. Espérons qu’on pourra trouver d’autres formules de financement et partager ces bonnes idées.

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