Foutez moi la paix avec l’accent (MàJ d’une première publication)

Ça m’énerve. Quand on fait remarquer à Marie-Josée Croze qu’elle a pris l’accent français. Qui n’a pas entendu des commentaires sur l’accent de Diane Tell, sur d’autres artistes québécois, par exemple Natasha St-Pierre, qui prennent l’accent français. Ben quoi ? Quel est le problème ?

Moi la Française, j’ai bien pris l’accent québécois. Je n’ai pas renié ma patrie mère pour autant. C’est la vie, c’est ainsi. À vivre avec des Québécois en sol québécois, on prend l’accent. Pour les Québécois qui vivent en France en côtoyant des Français, ils prennent l’accent français.

Et encore. Les Québécois le remarquent pour leurs concitoyens. Mais les Français notent encore l’accent québécois. On garde toujours des traces de notre accent d’origine pour les autres. Rassurez-vous, pour les Français, les Stéphane Rousseau, Fabienne Thibault, Marie-José Croze, Marc-André Grondin ont encore l’accent québécois.

Même chose ici, beaucoup de Québécois détectent mon origine française. Alors que pour les Français, je suis 100 % Québec.
Y-a-t-il un sentiment d’infériorité, de trahison ressenti par les Québécois lorsque l’un des leurs voit son accent changer ?

Arrêtons d’en faire un drame de société. Pitié ! Chaque personne a une manière de prendre plus facilement ou non les accents. C’est la vie. Je trouve que les Québécois sont fatigants en le faisant remarquer chaque fois. Soyons fiers de leurs réussites, soyons fiers de notre accent, mais par pitié arrêtons de voir comme des traîtres les Québécois qui perdent leur accent. SVP.

Et puis, c’est aussi pour se fondre dans son pays d’accueil, pour éviter d’avoir à toujours répéter pour se faire comprendre. On en prend l’habitude et l’accent reste quand on revient au pays. Que pensez-vous que dit ma famille quand j’arrive en France ?

L’acharnement contre Luc Ferrandez

Depuis quelques semaines, on assiste à un véritable acharnement tant médiatique que citoyen contre le maire de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez. Il se fait littéralement lyncher de toutes parts et de manière pas du tout respectueuse et glorieuse. Un déferlement qui ne facilite pas le dialogue. Malheureusement. Et pourtant, Luc Ferrandez et son équipe assument. Pour combien de temps?

Mais qu’a osé faire de si terrible ce maire ? A-t-il vendu son âme et donné des contrats sans appel d’offres à des firmes d’ingénieurs ? Des constructeurs de condos ? A-t-il manipulé des élections ? A-t-il demandé une loi spéciale au gouvernement ? A-t-il dilapidé des fonds publics ? A-t-il espionné les courriels de ses fonctionnaires ou collègues ? Est-il soupçonné de malversation ?

Pas du tout. Il n’a pas subi la foudre et les insultes du bon peuple pour avoir fait ce que plusieurs maires sont soupçonnés d’avoir fait depuis quelques années. Il a seulement fait changer le sens de la circulation de deux rues. Enfin, il l’a fait en équipe, avec les autres élus de l’arrondissement, mais c’est lui le bouc-émissaire. Luc Ferrandez a seulement osé s’attaquer à la circulation automobile. Et ça, en Amérique du Nord, au royaume de l’automobile, ça engendre la haine.

Les critiques sont donc très virulentes, agressives et totalement irrespectueuses. Et elles viennent de partout et n’importe comment. En fait, maintenant dès qu’un automobiliste arrive en retard quelque part, Luc Ferrandez est blâmé. Peu importe si les nombreux travaux routiers qui parsèment Montréal en sont responsables.

Respirer par le nez
Un instant. Peut-on se calmer et respirer un bon coup. Tout d’abord, je ne me prononce pas sur les changements amenés par l’équipe du Plateau, mais je pense que le traitement qu’on leur réserve est injuste et indigne. Je ne dis pas que Luc Ferrandez et son équipe ont totalement tort ou raison. Je ne sais pas si la décision de changer le sens des rues Christophe-Colomb et Laurier est une bonne décision. Je ne pense pas qu’en faisant des changements dans un seul arrondissement soit LA solution. Je crois qu’on doit avoir un plan urbain de transport pour l’ensemble de Montréal. Je crois que les solutions doivent être trouvées en collaboration entre tous les arrondissements et surtout en arrêtant de penser que l’automobiliste doit être le seul roi. Il ne s’agit pas de bannir l’automobile qui est là pour rester, mais de trouver des solutions pour améliorer la vie en ville et le partage de la route.

Le problème ? Luc Ferrandez et son équipe ont décidé d’agir dans leur arrondissement puisque c’est le seul pouvoir qu’ils ont. Aurait-il pu consulter l’arrondissement de Rosemont La Petite-Patrie et celui de Villeray ? Sûrement et travailler en concertation avec eux pour limiter le flot de circulation venant de Christophe-Colomb au nord. Mais ces deux arrondissements sont dirigés par Vision Montréal, alors que le Plateau est dirigé par Projet Montréal. Montréal n’est pas dirigé par un maire, mais par 19 maires. Ingérable.

Les changements sont difficiles à instaurer, surtout quand on touche à la sacro-sainte auto. Mon collègue et ami Pascal Henrard a mis les mots sur ce problème. Les gens ne voient pas plus loin que le bout de leur nez et se braquent sans prendre la peine de discuter et de voir si on peut aller plus loin. La colère n’est jamais bonne conseillère. Et l’être humain n’aime pas les changements.

La situation ? Malgré les critiques qui le traitent pratiquement de dictateur, Luc Ferrandez semble écouter les gens et être ouvert aux critiques et aux suggestions. Il a quand même affronté une foule hostile lors d’une séance d’information qui s’est transformée en séance d’insultes et de défoulement collectif. Bel exercice démocratique.

Un élu se présente devant les citoyens pour les entendre et les écouter, mais ces derniers préfèrent l’insulter, lui couper la parole et chialer. Dire à une personne « Retourne en Espagne » en dit long sur l’esprit de fermeture de certains. Il en dit long aussi sur le peu de respect des citoyens envers leurs représentants et envers leurs semblables. Il est vrai qu’au fil des années, de nombreux élus ont aussi démontré leur peu de respect de la démocratie et des citoyens.

Sauf qu’il est totalement inadmissible de crier après un élu, de lui couper la parole, de l’insulter. Bien entendu, on peut lui exprimer vigoureusement son opposition et son point de vue. C’est même encouragé. Mais il est totalement désolant de voir les gens se comporter de manière si agressive et irrespectueuse. Surtout quand un maire n’a rien fait de si répréhensible et que ce dernier a le courage de faire face à ces décisions et qu’il a le courage d’organiser des rencontres avec les citoyens et d’assumer ses choix.

Comment voulez-vous que des gens intelligents et compétents se présentent en politique quand ils voient ce qu’on fait subir à ceux qui osent. Autant rester chez soi.

Madamisation ou bonhomisation? Pourquoi pas ketainisation?

Depuis hier et l’article de Stéphane Baillargeon dans le Devoir, on ne parle que de ça. La madamisation des médias, la bonhomisation comme l’a appelé Simon Jodoin pour faire un équilibre des sexes. Et bien justement, je suis un brin et un tantinet tannée qu’on colle automatiquement un sexe à toute tendance ou à tout ce qui se passe dans la société.

ÇA VA FAIRE. J’aimerais que l’on me propose des sujets, des émissions, des articles, des dossiers en tant qu’être humain intéressé par la politique, l’économie, la psycho, le sport, la mode et bien d’autres choses, pas en tant que femme, mais en tant que personne.

Peut-on s’adresser à notre intelligence, à notre curiosité, et non à notre genre? Peut-on me parler en tant qu’être humain et non parce que je suis une femme ou un homme ?

Les magazines dits féminins ne m’intéressent pas dans leur ensemble, car les pages recettes, bouffe, mode et beauté ne me parlent pas. Mais je vais être intéressée par un sujet psycho ou décoration. J’aime aussi les sujets dits plus masculins, comme le bricolage, le plein air, la société. Et ça ne veut pas dire que je n’aime pas ce type de revue.

Une revue ou une émission ne peut proposer des sujets qui vont plaire à tout le monde. La diversité a meilleur goût. Mais on peut offrir du bon journalisme, de la bonne information, de bonnes discussions et moins d’opinions simples et non fouillées.

On peut, comme le disait Marie-France Bazzo, sortir des sentiers battus, inclure des femmes dans les émissions de hockey, des hommes dans les émissions soi-disant féminines, éviter les commentaires à l’emporte-pièce, proposer des réflexions poussées, éviter les sujets que l’on rabâche (maigrir, éliminer la cellulite par exemple, doit-on changer l’entraineur du Canadien), inviter plus de spécialistes, de penseurs, moins de vedettes, de commentateurs enflammés.

Plus de diversité. D’ailleurs, sur Facebook, hier j’ai réagi à ce texte. Voici ce que j’en disais: «Tout le monde semble encenser ce texte ce matin. Pas certaine moi. J’ai mes doutes. On tape sur la madamisation comme si c’était une maladie. Comme si une frange entière de la société avait la peste? Est-ce qu’on fait de la télé et de la radio pour s’écouter parler ou pour ceux qui nous écoute? Je prône la diversité. » 54 commentaires plus loin, j’aurai dû l’écrire ici… Surtout pour se faire citer par Patrick Lagacé et Simon Jodoin.

Mais surtout, peut-on arrêter de coller un genre à tout ça. Je n’en peux plus de ces catégorisations qui nous limitent dans notre rayonnement et nous enferment dans un cocon bien trop délimité. Un frein à notre créativité.

Libérez-nous du rose

L'une des pires récupérations du "rose" que j'ai vu... Des champignons emballés de rose...

Je n’aime vraiment pas la couleur rose, en fait je la déteste. Question de goût, mais aussi de signification et d’un ras-le-bol de l’utilisation à toutes les sauces de cette couleur. Rose pour les filles, rose pour le cancer du sein, rose pour le marketing rose, rose pour nous vendre plein de trucs. Rose nanane. Rose bonbon. Rose qui dégouline.

Ce n’est pas nouveau chez moi, je n’ai jamais aimé le rose. Comme je n’aime pas trop le foie de veau ou que je déteste le pamplemousse.

Et puis, dites-moi qui a décidé un jour qu’une couleur devait représenter le genre féminin? Peut-on laisser les couleurs libres de sexe, de genre. N’est-ce pas un peu ridicule cette appropriation d’une couleur que l’on utilise ensuite pour badigeonner allégrement tous les sujets féminins de rose? Sans parler des petites filles que l’on assomme de rose. Pitié. Libérez-nous du rose. Au diable la dictature du rose.

PS: je n’ai rien contre les personnes qui aiment le rose, comme moi j’aime le vert et le bleu, simplement contre cette récupération féminine, fifille du rose…

Bienséance et civilité se perdent !

La personne devant vous ne tient pas la porte qui se referme sur votre nez. On oublie merci, bonjour, s’il vous plait, et au revoir, des mots magiques, dit-on aux enfants. La politesse se meurt. La civilité fout le camp et la bienséance n’est plus de mise. Je sais que ça fait « matante » de dire ça, mais ça ne devrait pas.

Après avoir visionné sur RDI, l’émission 109 sur le sujet, je ne peux qu’être d’accord. S’il n’est pas question de donner à tout le monde des leçons de maintien dans le « grand monde » à la manière bourgeoise et sexiste des années 50, on peut cependant remettre la simple politesse à la mode. Un merci est si apprécié.

Même chose lorsqu’on demande un conseil ou quelque chose par courriel ou via Twitter… Je reçois assez souvent des demandes d’aide ou de conseils. Je réponds toujours, parfois avec du retard, car le temps me manque. Malheureusement, il arrive souvent que la personne qui m’a sollicitée ne dise pas merci. Ça fait dur.

Autre petite chose qui m’irrite le poil ? Les gens qui crachent à terre en public (j’en avais fait un dossier dans La Presse), surtout quand ils se raclent la gorge bruyamment, qui jettent n’importe quoi par la fenêtre de la voiture sans regarder si un cycliste arrive, les propriétaires de chien qui ne les tiennent pas en laisse, les hommes qui pissent partout comme les chiens, et j’en passe…

De nombreuses femmes se plaignent aussi du manque de politesse et bienséance des hommes en matière de drague. Mais est-ce que les femmes ne doivent pas aussi se questionner ? Sont-elles toujours polies en répondant ?

Et la galanterie ?
Si la galanterie est parfois un peu trop sexiste à mon goût, j’avoue que je suis totalement charmée par un homme qui m’ouvre la porte d’une voiture. Je l’ai vécue dernièrement avec un ami et j’ai adoré. Sauf que les femmes aussi peuvent faire preuve de galanterie envers les hommes. Aucun homme n’appréciera pas recevoir quelques attentions particulières, se faire ouvrir une porte, se faire offrir des fleurs. Pourquoi pas…

Bref, les bonnes manières et la politesse ne sont pas un synonyme de ringardise, mais signifie un respect envers les autres, soi-même et son environnement.

Et pourquoi interdirait-on le vélo l’hiver?

Je lis les commentaires du billet de ma collègue Sylvie St-Jacques sur le vélo l’hiver et je bouillonne. C’est quoi cette levée de boucliers dès que l’on parle de vélo l’hiver. Certains parlent de stupidité, d’irresponsabilité. N’importe quoi. J’en ai vraiment ras-le-bol des intolérants aux cyclistes hivernaux. De quoi se mêlent-ils?

Va-t-on interdire les automobiles l’hiver car c’est trop dangereux de glisser ? Va-t-on interdire aux piétons de marcher aussi ou alors de traverser les rues car ils pourraient glisser sur une plaque de glace? Va-t-on interdire aux automobilistes de prendre la route lorsqu’il neige?

Certains ont vraiment l’impression d’avoir la vérité suprême. Le vélo l’hiver n’a rien d’exceptionnel. Certains sortent même durant les tempêtes. Je ne sors pas en voiture ou à pied, encore moins en vélo. Sauf que lorsque les rues sont dégagées, je ne vois aucun problème à rouler en vélo. À part évidemment les automobilistes qui pensent qu’ils sont seuls. Ils seraient urgent de leur rappeler de partager les routes. La ville et les rues ne sont pas à l’usage exclusif des automobiles. Les rues se partagent. Que les automobilistes se le tiennent pour dit.

J’ai vraiment hâte que Montréal prenne exemple sur Copenhague, une autre ville nordique. Vraiment car Louis-Gilles Francoeur nous décrit le paradis écolo. La prochaine fois que je vais en Europe je me promets une visiter au Danemark même si Copenhague est synonyme d’échec.

Quand la diversité n’existe pas….

La chronique de ma collègue journaliste Émilie Dubreuil sur MSN ne manque pas de courage de la part d’une journaliste de Radio-Canada. Mais il fallait le dire et Émilie le fait avec brio en se demandant si nous ne sommes que six dans la Cité ? Elle se réfère à l’émission culturelle Six dans la cité qui met en scène des animateurs, chroniqueurs et journalistes de la même génération, les baby boomers, toujours les mêmes. Des personnes qui ont déjà de larges tribunes et que l’on entend beaucoup. Pourquoi ne pas diversifier ? Aller chercher plusieurs journalistes et animateurs de générations différentes ? Genre les 30 et 40 ans ?

Elle a tellement raison Émilie. Tellement. J’hésitais à l’écrire car je me sens concernée et je vais un peu prêcher pour ma paroisse. Puisque Émilie parle d’environnement et je couvre l’environnement. Sauf que chaque fois que je vois des vedettes, des politiciens, des responsables d’organismes environnementaux, des militants qui deviennent chroniqueurs, je me tais mais je grogne tellement intérieurement. Car soit ils ne connaissent pas grand chose à l’environnement, soit ils sont totalement biaisés et n’aborderont pas tous les sujets de la même manière qu’une journaliste-chroniqueuse.

Par ailleurs, un militant écologiste peut parler d’un projet mis en place par son organisme mais ne dira pas que d’autres organismes ont mis sur pied des projets semblables. Un exemple ? Le programme de l’Agriculture soutenue par la communauté appelé les paniers bios d’Équiterre. Mais ce n’est pas la seule manière de s’approvisionner. Il y a le Marché de solidarité régionale des Ami-E-s de la Terre de l’Estrie, des sites internet comme Le Jardin des Anges, Les Jardins Urbains, etc.

Je sais, je sais que je ne suis pas objective car je suis directement impliquée. Mais parlons d’un autre domaine qui n’est pas le mien. Critique de livres ou de cinéma. Il en existe plusieurs, des journalistes spécialisés dans le domaine. Pourquoi aller chercher des vedettes pour jouer le rôle du chroniqueur livres ou cinéma ? Est-ce que les journalistes s’improvisent chanteur, humoriste ou comédien?

Quant au fait qu’on entend toujours les mêmes personnes. C’est un euphémisme que de le dire. En écoutant la radio et la télévision, c’est un peu comme si le Québec manquait de penseurs, d’intervenants, d’acteurs, d’auteurs. etc. On remarque la même chose en regardant Tout le monde en parle quand un Stéphane Rousseau y revient pour la énième fois et crée un malaise par ses blagues et réflexions mal venues.

On accuse souvent les journalistes et les recherchistes de parler toujours aux mêmes personnes. Ils sont loin d’être les seuls coupables. Ils sont soumis à leurs conditions de travail, moins de temps, aller toujours plus vite. Ils sont aussi soumis à leurs patrons, aux patrons de leurs patrons, et au public. Avide de vedettes, de spectaculaire.

Pourtant des auteurs, des personnes qui s’échinent jour après jour à sauver le monde, des chercheurs, des professeurs, des écologistes, il y en a à la pelle. Il suffit de se donner la peine de les écouter quelques minutes pour se rendre compte qu’ils ont quelque chose à dire.



Un dernier exemple ? Émilie parle de Rose-Marie Charest que l’on entend à répétition. Pourtant chaque fois que j’appelle l’Ordre des psychologues, ils sont capables de me donner trois ou quatre noms de psychologues pour chaque sujet spécifique que je veux traiter. Je n’ai jamais appelé le même psychologue. Idem pour les universités qui regorgent de spécialistes ayant une analyse et des choses à dire hyper intéressantes.



Alors pourquoi on entend toujours les mêmes ?



Émilie parle des nombreux journalistes indépendants qui rament et tentent de percer le mur épais du vedettariat. Savez-vous où ils se cachent ? Ici dans le Répertoire des journalistes indépendants.