Le quotidien d’une cycliste : parfois j’utilise les trottoirs!

Le viaduc Saint-Joseph-Iberville

Les piétons se plaignent souvent des cyclistes qui roulent sur le trottoir. Avec raison. Trop souvent les cyclistes y roulent à la même vitesse que sur la route, comme s’ils avaient la priorité. Ils ne l’ont pas. De la même manière que les cyclistes ont la priorité sur les pistes cyclables, les piétons sont maîtres et rois sur les trottoirs.

Je l’avoue. Parfois je prends les trottoirs. Pourquoi ? Car j’estime que je ne suis pas en sécurité dans la rue. Je préfère donc me rabattre sur le trottoir. Quand je le fais, je roule toujours très lentement, prête à m’arrêter à tout moment pour laisser passer un piéton, disons que parfois je roule pour ainsi dire les pieds à terre. Je ne frôle pas les piétons, je garde une bonne distance avec eux et je leur laisse toujours la priorité. Je sais je pourrais descendre de bicyclette. Mais j’occuperais le double de la place et quand il n’y a personne, je ne vois pas pourquoi je ne peux pas rouler. Toujours lentement.

Mais il y a un endroit où j’utilise TOUJOURS le trottoir : quand je passe sous un viaduc. Particulièrement ceux que j’utilise souvent : les viaducs Masson (entre Iberville et Delorimier) et Saint-Joseph (et Iberville dit le tunnel de la mort). Heureusement, le viaduc Masson sera réaménagé cet été pour y inclure une piste cyclable. Tant mieux. Pas celui de Saint-Joseph, qui malgré les améliorations au fil des années, est toujours aussi dangereux.

Imaginez-vous entre l'espace de l'autobus et du muret. C'est la place que m'avait laissée l'autocar quand il m'avait doublée.

J’ai failli m’y faire écrabouiller par un autocar (pas de la STM, mais ils sont aussi dangereux). Il y a quelques années, au moment où je passais Iberville et j’entrais dans le tunnel, l’autobus m’a dépassée en me frôlant. J’ai eu la peur de ma vie. Je n’ai plus pédalé, respiré pendant les quelques secondes qu’il passé. Je me suis concentrée pour ne pas dévier de ma route, pour ne pas faire un faux pas, pour ne pas tomber, sinon j’étais morte. Mon coeur battait à la chamade.

J’ai eu très peur et je me suis promis que jamais je ne voulais revivre cette expérience. J’ai donc décidé d’utiliser les trottoirs sous les viaducs, toujours en laissant la priorité aux piétons et en les respectant. Si jamais je me fais arrêter par la police, je leur dirais que je préfère une amende à ma sécurité et à ma vie.

Le quotidien d’une cycliste: voies réservées interdites aux vélos = danger

Cet après-midi, Patrick Dion, un grand cycliste, posait une question sur Twitter au SPVM, service de police de Montréal. Il leur demandait si les cyclistes pouvaient emprunter les voies réservées pour les autobus et les taxis. Réponse du SPVM: non. Il est interdit de rouler en vélo sur des voies réservées. Les cyclistes doivent rouler à gauche de la voie réservée, au péril de leur vie.

Car se faire dépasser par un autobus est déjà une épreuve en soi. Se faire dépasser à droite par un autobus et à gauche par une voiture sera totalement kamikaze et extrêmement dangereux pour une cycliste. Quel règlement totalement désuet et vraiment dangereux. On devrait autoriser les cyclistes à utiliser les voies réservées, quitte à devoir laisser la priorité aux autobus ou qu’on élargisse les voies réservées. Tout comme les autobus, les cyclistes permettent d’éviter autant de voitures sur la route.

Dès lundi il y a aura une voie réservée aux autobus sur St-Joseph, les cyclistes devront donc rouler au milieu de la rue ? Les cyclistes peuvent prendre la majorité des voies réservées aux autobus à Paris, pourquoi pas à Montréal ? A-t-on un accident avant d’agir ou veut-on empêcher les cyclistes d’utiliser certaines rues ? Ainsi s’il y a un accident, on pourra dire que c’est de la faute du cycliste qui aurait dû prendre une voie plus sécuritaire…

Le quotidien d’une cycliste: l’intersection Papineau-Gauthier

Un beau mélange cycliste-piétons-automobilistes

Après avoir parlé d’une intersection mal planifiée hier, aujourd’hui c’est un passage sur la rue Papineau, à l’intersection de la rue Gauthier, qui est particulièrement bordélique. La rue Gauthier est à sens unique vers l’ouest. Deux bandes cyclables ceinturent cette rue, l’une dans le sens de la circulation, l’autre en sens inverse.

Ces bandes rejoignent la piste cyclable, ou du moins les bouts de piste cyclable qui passent à travers le parc Lafontaine. Pour les cyclistes qui vont en direction ouest, c’est moins problématique. Pour ceux qui se dirigent vers l’est, on ne s’est jamais par quel bout se rendre à la bande cyclable sur Gauthier. Car la piste cyclable de Lafontaine est du côté nord, alors que la bande cyclable sur Gauthier se dirigeant vers l’est se trouve du côté sud. Le vélo que l’on devine peint sur la chaussée nous indique de traverser l’intersection en diagonale. Je veux bien, mais quand?

Quand le feu est rouge sur Papineau, les piétons peuvent traverser, mais normalement pas les cyclistes. Sauf que c’est le seul moment qu’il est possible de le faire. Mais qu’il y a toujours bien des piétons, et des automobilistes bloquant l’intersection à l’heure de pointe.

Quand le feu est vert, il l’est aussi pour les automobilistes qui arrivent de Gauthier pour tourner sur Papineau. En allant prendre la bande cyclable du côté sud, on leur coupe la route. Sans compter ceux qui mordent allégrement sur la bande cyclable pour tourner.

Ce qui arrive souvent est que je prends la bande dans le sens inverse, puis que je me tasse dans celle direction est dès qu’il n’y a plus de voitures.

Et je ne vous parle pas de l’intersection la plus dangereuse: Des Érables-Gauthier. C’est pour une autre fois.

Le quotidien d’une cycliste: le bordel du carrefour De-Lorimier/René-Lévesque

Le bleu n'est qu'un vague souvenir...

Certains carrefours à Montréal sont mal organisé pour les voitures et encore plus mal foutu pour les cyclistes. L’un d’eux est la jonction de la rue De Lorimier et René-Lévesque, sous le pont Jacques-Cartier. Lorsqu’on arrive de la piste cyclable sur René-Lévesque et que l’on veut aller aller sur la piste qui longe Notre-Dame, on doit s’y prendre à trois fois pour traverser le carrefour de manière sécuritaire. Même chose quand on arrive de l’autre côté.

Pour une piste qui fait aussi partie de la Route verte, ce n’est pas très glorieux. Les cyclistes, qui sont toujours nombreux à l’heure de pointe, traversent donc un peu n’importe comment pour ne pas avoir à attendre de longues minutes et traverser en trois étapes. Et parfois, on roule sur le trottoir, parce que c’est bougrement plus sécuritaire et facile.

En plus, les zones bleues qui sont censées montrer la voie aux cyclistes sont effacées depuis belle lurette et n’ont pas été repeintes depuis encore plus longtemps. Laisser à l’abandon ce coin? Pas mal. Dommage pour ce qui est la jonction de deux pistes cyclables. Et après, on veut encourager les cyclistes à respecter la signalisation. Il faudrait aussi leur faciliter un peu la vie, et la rendre sécuritaire.

Le quotidien d’une cycliste: automobilistes attentionnés

Ce quotidien d’une cycliste ne sera pas que négatif. Car il existe aussi sur la route des automobilistes attentionnés qui partagent la route et qui ne nous envoient pas leur portière dans le nez. Des portières qui sont très dangereuses pour les cyclistes.

J’en ai rencontré deux aujourd’hui qui ont regardé dans leur rétroviseur et ont attendu que je passe avant d’ouvrir la portière de leur auto. Ça fait grand plaisir et je leur fais toujours un beau sourire, car ils montrent leur respect. C’est toujours plus encourageant d’avoir un respect mutuel. Merci à ces automobilistes. On apprécie.

Le quotidien d’une cycliste: une portière évitée

Avec les reflets, les vitres plus ou moins teintées, les appuis-tête, voyez comme il est difficile de savoir si une personne est assise dans la voiture. Sans compter qu'il faut aussi regarder où l'on va, faire attention aux piétons, aux autres automobilistes. Bref, pas évident!

Depuis plusieurs jours une idée trotte dans ma tête. Raconter sur ce blogue mon expérience de cycliste en ville, parfois en images ou vidéo. Car je crois que les automobilistes qui ne font pas de vélo en ville n’ont aucune idée de ce qu’on peut affronter. Ça sera donc dans la catégorie le quotidien d’une cycliste. Parfois, ça sera aussi pour signaler le manque de savoir-vivre des piétons et des cyclistes. Mais dans mon cas, quand je roule, ce sont les automobilistes qui sont les plus dangereux et qui mettent ma vie en danger. Ce sera donc de mon guidon que j’écrirais, enfin presque.

Les satanées portières. J’en ai vraiment très peur. D’ailleurs, j’ai failli en être victime il y a quelques minutes en roulant sur Des Érables dans le Plateau. Une voiture me double pour aller se stationner un peu plus loin. Je vais arriver à sa hauteur dans quelques secondes et le chauffeur va sortir. Étant donné que j’ai eu la chance de le voir se stationner, je sais que quelqu’un est dans la voiture. Comme je le fais toujours, je prends mes distances avec la voiture et je roule à une bonne distance de portière de la voiture. Dans les petites rues du Plateau, cela veut presque dire au milieu de la rue. Quelle bonne idée. Au moment où j’arrive à sa hauteur, le jeune homme au volant ouvre sa portière sans regarder et m’aurait envoyée sur l’asphalte si je n’avais pas été prévoyante.

Comme je le fais chaque fois, je lui signale qu’il aurait pu regarder avant d’ouvrir. Aucune réaction. Peu importe, ça me soulage de le dire. Je le fais sans agressivité, simplement pour tenter de le sensibiliser. Même si j’ai peu d’espoir. Parfois, quand j’ai vraiment eu peur, je suis moins zen. Parfois.