Sondage de La Presse : une presque égalité à la mairie

Les chiffres du sondage de La Presse qui sort demain matin viennent de sortir. Incroyable. Du jamais vu. Les trois candidats à la mairie sont pratiquement à égalité: Louise Harel, 34 %, Richard Bergeron, 32 % et Gérald Tremblay 30 %. Bien malin qui pourra prédire qui sera maire dimanche soir…

Sur sa page Facebook, Richard Bergeron dénonce ce qu’il appelle la campagne de salissage de l’équipe Harel.

Dernier droit de la campagne: à boulets rouges sur R. Bergeron?

Plus que 2 jours et demi avant l’ouverture des bureaux de vote dans toutes les municipalités du Québec. Mais surtout à Montréal où personne ne se risque à faire des pronostics. Aucun sondage depuis la sortie de l’affaire Labonté. Enfin, il y en aura un demain dans La Presse.

Michel C. Auger soulignait que la grande interrogation reste le taux de participation. Plus il est élevé, plus les gens veulent du changement. Par ailleurs, la communauté anglophone qui vote généralement pour le maire Tremblay pourrait se tourner vers Projet Montréal et Richard Bergeron. Puisqu’il est hors de question de penser que des anglophones veuillent voter pour Louise Harel. Une séparatiste pour eux et la grande artisane des fusions forcées.

Quand aux francophones. Ce sera à voir. Vont-ils voter pour Harel ? Tremblay ? ou Bergeron ?
Bonne question. Même La Presse ce matin ne se prononce pas. Elle a seulement cité quelques candidats jugés intéressants dans chaque parti.

Mais il semble que les partis de Tremblay et Harel soient en mode panique et fouille dans le passé de Bergeron comme le dit Michel Dumais dans Twitter. D’ailleurs, ce soir j’ai reçu un courriel assez bizarre qui relatait le billet de Patrick Lagacé sur Bergeron. Une entrevue qu’il donnait à Michaële Jean en 1999 lors de la sortie de son livre: Les Québécois au volant c’est mortel.

Il n’utilise pas la langue de bois et souligne que son attitude était inacceptable lorsqu’il était chauffeur de taxi. Ce dernier ne dit pas que les femmes ne savent pas conduire, il dit qu’on leur a appris à conduire de manière différente des gars. Ce qui explique qu’elles ne savent pas déraper en hiver, on ne leur a pas appris. Je discutais de ça avec une amie tantôt, qui me disait qu’elle avait scrappé sa voiture à 16 ans, car son père ne lui avait jamais appris à déraper….Son frère n’a jamais eu ce type d’accident….Question d’éducation.

Dans ce courriel, vraisemblablement envoyé par des adversaires, on déforme les propos de Bergeron en les prenant hors contexte et on suggère un texte pour envoyer le courriel à plus de monde possible:

Voici une suggestion de texte de réseautage:«INCROYABLE…!!! Richard Bergeron frôle des piétons à 120 km/h pour leur donner des leçons, il estime que les femmes meurent en hiver parce qu’elles ne savent pas déraper au volant d’une auto, que l’on vend des autos d’hommes aux femmes et ridiculise le niveau de scolarité d’une classe de la population, les camionneurs! Et cet homme aspire à être maire? Non. Montréal a besoin de retrouver un peu de stabilité, pas d’être une risée…»

Il semble que le candidat de Projet Montréal soit devenu un vainqueur potentiel ou du moins sérieux puisqu’on l’attaque. Demain les sondages devraient nous le confirmer. Mais celui ou celle qui prédira avec justesse les résultats est un fin devin…Cela faisait longtemps que Montréal n’avait pas connu une telle fin de course! Quelles sont vos prédictions?

AJOUT: Patrick Lagacé précise que finalement c’est Jocelyn Desjardins, membre de l’équipe de Vision Montréal qui a fait le montage du clip qu’il a diffusé. Il souligne aussi que Projet Montréal accuse l’équipe Harel de salissage. C’est drôle, j’avais d’abord pensé que ça venait de l’équipe Tremblay. Mais en voyant ce courriel, je sentais le spin politique…

Quand j’ai lancé du macaroni sur les députés de la Chambre des communes…

Des écologistes viennent de manifester durant la période de question à la Chambre des communes à Ottawa. Ils se sont faits expulser manu-militari et non sans heurts et se rebeller. Bon moyen pour faire parler de soi.

Cela me rappelle des souvenirs. J’ai déjà été expulsé du parlement de la même manière. Je me souviens encore de la pression des mains du garde de sécurité qui m’a attrapée par les épaules pour me faire sortir. Rapidement. 30 sec après le début de notre manifestation, on était à l’extérieur du Parlement.

La raison? C’était en 1990. J’étais étudiante. On manifestait contre l’imposition d’une taxe de 3 % que comptait imposer le gouvernement conservateur de Mulroney sur les prêts étudiants. Une autre décision incompréhensible d’un gouvernement de droite.

Bref, la fédération étudiante de l’Université d’Ottawa avait organisé une manif. La seule manière de faire parler de nous. On se présentait à la période de question avec du macaronis Kraft-dinner dans les poches, non cuits. Le porte-parole de l’opposition, un député du NPD dont j’ai oublié le nom, a posé une question au gouvernement sur le dossier. Lorsque le ministre responsable s’est levé pour répondre, nous nous sommes tous levés d’un trait en criant Non Non Non et en jetant nos macaronis sur les députés.

Rien de très grave, ni dangereux, ni violent. D’ailleurs, lorsque la sécurité du Parlement nous a sorti, personne n’a été blessé contrairement à ce qui semble s’être passé aujourd’hui.
Voici ce qu’en disait une revue de presse parlementaire retrouvée sur Internet:

Le 17 octobre 1990, la Chambre a été le théâtre d’un incident assez fâcheux, qui a par la suite retenu l’attention pendant plusieurs jours. Prenant place à la tribune du public pendant la période de questions, des étudiants ont choisi d’exprimer leur opposition aux changements apportés au programme de prêts étudiants en lançant sur le parquet de la Chambre des poignées de riz et de macaroni. Le lendemain, le secrétaire parlementaire du leader du gouvernement à la Chambre, Albert Cooper a soutenu que Howard McCurdy, le député qui avait la parole au moment de l’incident, connaissait les intentions des étudiants et s’était, en conséquence, rendu coupable d’un outrage au Parlement. M. McCurdy s’est vivement défendu d’avoir été de quelque façon complice de cet acte. Dans une décision rendue le 6 novembre, le Président a déclaré que la parole d’un député était sacrée à la Chambre des communes et que le démenti de M. McCurdy suffisait à clore la question.

Le Président a ensuite dit déplorer l’incident lui-même et a invité M. Cooper à présenter à la Chambre une version modifiée de sa motion visant à renvoyer la question au Comité permanent des privilèges et élections. La motion a depuis été adoptée, et le Comité est maintenant saisi de la question.

L’un de mes meilleurs souvenirs d’université. Même si j’étais aussi journaliste au journal étudiant à cette époque et que je m’étais fait chicaner par le rédacteur en chef car j’avais utilisé une passe de presse pour entrer. Je couvrais et je participais pour évaluer…

D’ailleurs, il y a eu des conséquences. La Rotonde, le journal étudiant de l’Université d’Ottawa, a été barré durant quelques années du Parlement, si mes souvenirs sont justes. Désolée. Ma faute.

J’ai d’ailleurs trouvé un article en anglais de la Presse canadienne qui décrit l’événement. C’était le 17 octobre 1990. Il y a 19 ans. Ouf. L’article date du 18 octobre et avait été publié dans la Gazette.

OTTAWA – Students shouted and pelted stunned MPs with handfuls of macaroni and protest cards in the Commons yesterday to protest against federal funding policies on higher education.

About 20 university students were quickly hustled out of the public gallery by security guards as they chanted: « Three-per-cent tax: No, no, no. »

They were upset the government has imposed a 3-per-cent surcharge on student loans to discourage defaults after graduation.

The outburst came during the daily question period after New Democrat Howard McCurdy complained to the government that some students must take out « huge and onerous » loans because of government funding policies.

Speaker John Fraser remarked the timing of the protest was obviously not coincidental, but later withdrew the remark.

Protester Marc Molgat, a University of Ottawa student, complained students are so financially strapped that they must eat cheap meals of pasta and rice.

« These people in here are sitting here eating steak and potatoes every night and what have you, filet mignon or whatever, » he said. « And we’re sitting out here eating Kraft Dinner. » The protest was part of activities to mark National Students Day and to draw attention to what many students believe is inadequate federal support for higher education.

Gerry Weiner, the minister responsible for post-secondary education, defended the government’s record.

The budget for student loans has doubled to more than $400 million during the last six years while defaults have tripled, Weiner said.

McCurdy would not condone the protest although he said outside the House he believes it was held because Ottawa has patronized and ignored students for years.

« Demonstrations and civil disobedience have their place, » he said. « But you target and find the appropriate soft spots to make it work. You don’t use it under conditions where it is counterproductive. »

Yesterday the Canadian Federation of Students released a report calling for an overhaul of higher education.

The federation’s plan would give the federal government more power over colleges and universities, abolish tuition fees and increase funding by $1.7 billion a year.

The report says the federal government should increase its share of funding to $8.2 billion a year.

Sacrez-nous la paix avec la police

Les partis au pouvoir (Parti libéral du Québec et Union Montréal) ne cessent de dire que ceux qui ont des choses à dire doivent porter plainte à la police. Quelle belle manière de se laver les mains et se débarrasser d’un problème qui va les éclabousser à coups certains.

Même Jacques Duchesneau, un ancien chef du Service de police de la ville de Montréal, souligne que ce n’est pas suffisant. Il faut une enquête publique. Pourquoi le gouvernement Charest refuse de mettre sur pied une enquête publique et préfère laisser sa responsabilité à la police? Bonne question. Sûrement car le gouvernement a grandement peur de se faire éclabousser. D’ailleurs, il ne faut pas se leurrer. Tout le monde sera éclaboussé. Tous les partis. Mais il faut faire le ménage en grand…

J’ai aussi bien ri en entendant cette déclaration d’un député du parti libéral du Québec: Que le parti suit en tout point la loi sur le financement des partis et la loi électorale. Ah oui? Alors si le parti libéral est blanc comme neige, il ne doit pas avoir peur des résultats d’une enquête publique.

Les politiciens devraient enfin se mettre à table…

Radio-Canada présentera ce soir une entrevue dans laquelle Benoît Labonté dit tout, vraiment tout. Je viens de voir un extrait où il parle d’un certain Bernard Trépanier qui prend 3 %… Il raconte en avoir parlé à Gérald Tremblay qui a dit que c’était comme ça en politique municipale.

J’ai bien hâte d’entendre toute l’entrevue et surtout de voir la réaction des politiciens mis en cause. Feront-ils comme Jean Charest qui s’est offusqué des accusations de la cheffe de l’ADQ, Sylvie Roy alors que l’on sait très bien qu’il doit y avoir quelque chose de vrai en arrière. S’offusquer ainsi c’est nous prendre pour des imbéciles et pour des cons. Qu’ils arrêtent de souffrir de ce que Michèle Ouimet appelle le syndrome Gérald Tremblay : je ne sais rien, je ne sais rien.

Comme Gilles Vaillancourt le maire de Laval depuis 20 ans, qui ne sait rien du fait que l’entreprise de Tony Accurso (encore lui) rafle une bonne partie des contrats. Vraiment ils continuent à nous prendre pour des imbéciles.

N’est-il pas temps que les politiciens de tout bord et tout acabit se mettent enfin à table et nous disent les véritables affaires? Qu’ils nous disent simplement et seulement la vérité. Ça changera et les citoyens auront enfin l’impression qu’on les respecte. Sinon, ce sera pire et le cynisme déjà énorme, ira en grandissant. Je n’ose penser au taux de participation des prochaines élections municipales le 1er novembre prochain.

Par ailleurs, je n’arrive pas à croire que Benoît Labonté dévoile tout par pur bonté d’esprit civique. Même s’il se dit mort politiquement, une telle sortie ne peut que le positionner comme le super Mr Propre de la politique non ? En tout cas, ses déclarations de ce soir promettent d’occuper la dernière fin de semaine de campagne…Est-ce que Richard Bergeron en profitera pour se glisser entre les deux et pourrait gagner?

En passant, lisez la chronique de Yves Boisvert pour en avoir plus sur les coûts d’une campagne électorale et pourquoi les lois sur le financement ne fonctionnent pas.

L’effet des pancartes électorales…

Avant cette campagne, je pensais honnêtement qu’on n’avait pas besoin de pancartes électorales. Maintenant que les partis municipaux montréalais ont décidé de ne pas en poser sur le domaine public (Union Montréal a lancé l’idée, Vision Montréal a suivi), je me demande si cela n’affectera pas le taux de participation…J’espère que non. Mais je me pose des questions.

Ironiquement, et je le disais hier, c’est le parti le plus écolo Projet Montréal, qui pose des pancartes. Et pas de belles pancartes, peu visibles. Par ailleurs, il y a très peu de pancartes sur les balcons.

À Longueuil aussi, peu de pancartes. Caroline St-Hilaire n’en a pas. Elle utilise les abris bus pour sa publicité. J’ai aussi remarqué des publicités de Louise Harel sur les abribus de Montréal. Une amie m’a fait remarqué que c’était une excellente idée puisque l’argent retournait ainsi dans un service public, le transport en commun. Très bon point. Je n’y avais pas pensé. Alors placardons donc les abribus !

Finalement, est-ce qu’un minimum de pancartes est nécessaire ou non ?

Pour des élections financées publiquement et contrôlées

Ce matin, la politique municipale fait toujours les manchettes. Pour les mauvaises raisons. On ne parle que de corruption. Sur Branchez-vous, je me demande s’il ne reste qu’un parti propre car loin du pouvoir en théorie, Projet Montréal. Car l’argent ne devrait pas influencer la démocratie. Jamais. L’argent fausse la donne.

Le parti québécois a d’ailleurs demandé ce matin que la loi sur le financement des partis politiques soit modifiée pour que les courses à la chefferie soit aussi couvert par la loi. Benoit Labonté n’a donc fait aucun geste illégal puisqu’il aurait reçu de l’argent d’un entrepreneur lors d’une course à la chefferie. Faille majeure et immense dans la loi…qui est aussi contournable.

Je dit à maintes reprise. J’ai frayé en politique municipale lorsque j’étais attachée de presse de Pierre Bourque de Vision Montréal. Je ne connais pas les détails du financement en politique car j’ai toujours refusé qu’on m’en parle. Moins j’en savais, mieux je me portais. Mais je sais que le financement se moquait pas mal de la loi en vigueur car il est toujours possible de la contourner. D’ailleurs, Vision Montréal a déjà eu des problèmes avec le DGE à ce sujet…et je ne pense pas que ce soit le seul parti municipal en ayant eu.

Les journalistes qui couvrent le municipal le savent. Il suffit de fouiller la liste des donateurs de chaque parti pour trouver des perles. Les entreprises ne peuvent donner aux partis politiques. Les citoyens de la ville de Montréal peuvent contribuer jusqu’à concurrence de 1 000$. Ici, un article de Radio-Canada explique la loi.

D’ailleurs, Vision Montréal publie régulièrement la liste des donateurs depuis août dernier. Est-ce que Tony Accurso fait partie de la liste?

Comment pensez-vous que les entreprises contournent ce règlement? Il suffit de vérifier quels employés d’une même entreprise ont contribué à un parti ainsi que leurs conjoints et proches…
Paul Cliche, ex-conseiller municipal du Rassemblement des citoyens de Montréal (RCM) et membre de Projet Montréal, explique la manière de faire dans un billet ici.

Il y a aussi les bénévoles qui ne sont pas vraiment bénévoles. Je suis certaine que d’autres trucs sont possibles et que certains peuvent en raconter beaucoup plus.

Pourquoi le financement est la clef de la réussite en politique? Car une élection coûte chère. Il faut acheter de la publicité, payer les graphistes, les imprimeurs, les organisateurs, les locaux, etc.

La solution? Que les fonds proviennent du gouvernement, du public donc, seulement. Que les dons anonymes soient bannis comme le préconise Projet Montréal. Que tout le monde puisse se faire rembourser les dépenses et pas seulement les candidats qui ont plus de 15 % du vote. Que les limites de dépenses soient strictes et sévères pour ne pas avantager les plus riches mais que les partis reconnus puissent dépenser les mêmes sommes, provenant des fonds publics. C’est ainsi que pourra s’exprimer la véritable démocratie, sans que l’argent ne puisse faire la différence.

Par ailleurs, Diane Lemieux fait le tour des médias pour faire la leçon à Louise Harel. Elle souligne qu’elle a magasiné un parti politique avant de choisir Vision Montréal et qu’elle aurait dû faire un meilleur tour du propriétaire. Sauf que Diane Lemieux ne devrait pas trop parlé. Car elle aussi pourrait avoir des surprises. Union Montréal n’est pas à l’abri d’un scandale de financement. D’ailleurs des scandales, Union Montréal en a eu son lot depuis quelques mois.