Soleil et crème solaire : qui est le plus mortel ?

Une protection solaire en spray (bof) avec de l'Oxybenzone et de l'Octocrylène

On le savait depuis quelques temps. L’abus de soleil peut être mortel (cancer de la peau) et/ou accélérer le vieillissement de la peau. Alors on s’enduit de crème solaire. Des tonnes de crème solaire sont utilisées dans le monde. Malheureusement chacune de nos actions pour se protéger engendre d’autres problèmes qui peuvent aussi causer le cancer et qui sont nocifs pour l’environnement. Les crèmes solaires détruisent les coraux et donc la biodiversité. S’en sortira-t-on un jour ?

Un reportage d’Envoyé Spécial réalisé l’été dernier nous apprend que les produits chimiques destinés à créer une barrière entre notre peau et le soleil s’avèrent nocifs pour notre santé et l’environnement. Misère. Que faire ? Ces produits le 4-méthyl benzylidène camphre (4-MBC) et l’octocrylène (OC) seraient des perturbateurs endocriniens (ou hormonaux). Une chercheuse suisse a montré qu’ils entrainaient des malformations génétiques chez les enfants. On fait aussi un lien avec des cancers comme ceux du sein et de la prostate, toujours plus fréquents. J’ai abordé le sujet à plusieurs reprises. Lorsque j’ai parlé de la découverte d’une boule dans mon sein et lors d’un article sur le lien entre la pollution et le cancer du sein pour Clin d’oeil.

Marie-France Corre donne des solutions dans cet article. On peut utiliser des crèmes solaires biodégradables avec des filtres plus naturels comme le demandent deux réserves naturelles au Mexique (le reportage d’Envoyé Spécial en parle). On peut aussi éviter les longues expositions aux heures les plus « nocives ». On peut se protéger avec des vêtements tout simplement. Mettre un chapeau, etc. Bref les solutions existent pour éviter ces produits et se protéger du soleil. Nos ancêtres n’ont-ils pas vécu sans crème solaire et au soleil durant des milliers d’années ?

Passeport santé nous propose aussi des solutions et un article complet sur le dossier. Avec, à la fin, la liste des ingrédients à éviter. Sauf que l’article a été mis à jour en 2008. Depuis l’octocrylène, semble aussi problématique. Aussi les produits plus « naturels » et moins nocifs pour l’environnement ne le seraient pas tant que ça…Je parle du Dioxine de Titane et et Oxyde de zinc.

Bref pas simple, car je viens de noter qu’il y en a dans ma crème de jour que j’utilise tous les jours. Une crème de la marque Avène avec un FPS de 25. Je me pose des questions, mais grâce au lien de Marie-Hélène dans les commentaires, je sais que ce n’est pas si pire, mais pas super non plus. Car si on utilise de la crème solaire quelques jours par année, ce n’est pas un gros problème, sauf quand on s’en crème avant de se baigner. L’inquiétude vient du fait qu’on utilise quotidiennement une crème de jour. L’ultime solution ? Le vêtement et le chapeau ! Et la recherche d’une crème de jour avec protection solaire, mais naturelle… Pas simple.

Ma crème de jour et ses ingrédients contre le soleil

AJOUT : Merci à Marie-Hélène pour ce lien vers le guide des crèmes solaires du groupe environnemental américain : EWG. Très bien documenté.

Ce Panama qui vient de l’Équateur

Vous connaissez le fameux chapeau d’Al Capone ou de Columbo, le Panama. Un chapeau qui est de nouveau à la mode. Contrairement à ce que l’on croit, il ne vient pas du Panama, mais de l’Équateur. Il a pris le nom du petit pays, car les travailleurs équatoriens qui travaillaient à la construction du canal de Panama avaient ces chapeaux. C’est Théodore Roosevelt l’a rendu célèbre et lui a donné son nom lors d’une visite sur le chantier en 1906.

Envoyé Spécial est parti à la recherche du secret de la fabrication du Panama. Le reportage n’est pas sur internet. Il y a aussi cet article de Libération. Évidemment, on trouve des Panama pas chers fabriqués en Chine ou ailleurs. Mais le vrai vient de l’Équateur, car il est fabriqué avec les feuilles très fines d’un palmier qui ne pousse que dans la forêt équatorienne.

Le chapeau est tissé à la main par des femmes. Celles-ci ne touchent pas très cher du chapeau en général. Mais une femme Rosa Salinas qui a regroupé les femmes tisseuses pour qu’elles créent une association et touchent les bénéfices monétaires de leur travail. Car encore une fois ce sont souvent les intermédiaires qui touchent le gros lot. Parfois des entrepreneurs équatoriens qui achètent le chapeau 4 euros à ces femmes puis le revendent 20 euros à l’étranger.

Ecua-Andino commercialise le Panama dans le monde entier et en raconte l’histoire et la légende. À quand des Panama certifiés équitables ? Est-ce que cela existe ? On trouve des adresses sur le web, mais rien qui ne prouve que le chapeau n’est réellement certifié…

Si vous songez à vous acheter un Panama, choisissez donc un chapeau fait en Équateur, en espérant que la femme qui l’a tissé soit payée équitablement.