Branchez-vous, un petit deuil et plus de 1000 chroniques

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Depuis le 1er décembre 2007, j’ai écrit quotidiennement un total de plus de 1000 chroniques L’événement sur le web pour Branchez-vous. Sans compter les billets du blogue environnement, MaTerre.ca que j’ai eu pendant plus  d’un an en 2008/2009, dont le dernier est ici. Les commentateurs m’ont souvent fait grimper dans les rideaux, mais j’aimais ce contrat stable et régulier qui me permettait de mettre une petite lumière sur certains sujets moins traités dans les médias traditionnels.

Bien entendu, ce n’était pas le contrat parfait, j’aurai aimé avoir plus de temps pour faire la recherche, pour écrire et surtout un meilleur cachet, mais le revenu était stable et régulier. Lundi j’ai envoyé ma 54e facture à Branchez-vous. J’enverrai ma 55e demain. À Rogers qui est le propriétaire depuis 2010, puisque le site avait été racheté.

Demain, je n’écrirais pas l’événement sur le web, je ne fouillerai pas Twitter, Facebook et les sites pour trouver la nouvelle, le sujet dont tout le monde parle. Je ne choisirai pas les 3 ou 4 billets de blogues que je citerai. Ça va me manquer…

J’ai appris la fermeture de Branchez-vous sur Facebook cet après-midi à 14 h. Ce texte me confirme que c’est bien fini. Je n’ai reçu aucun courriel de la direction de Branchez-vous. Plusieurs autres sites ferment aussi comme sweetspotQC.ca

Après 1000 chroniques, certaines ne resteront pas dans ma mémoire, sauf la dernière. C’est l’ultime, mais aussi, surtout l’une de mes préférées. Ça tombe bien.

Pour la lire, c’est ici : Gouvernement majoritaire élu par la minorité

Si c’est triste, je vois toujours le bon côté des choses. Demain matin, je reprends mon entraînement de course. Et je crois que lorsqu’une porte se ferme, c’est pour en laisser une autre s’ouvrir. J’ai choisi la vie de pigiste, car elle me convient. Elle comporte plus d’avantages que de désavantages. Oui c’est devoir dealer avec un contrat qui s’arrête brutalement, sans avertissement. Une rentrée d’argent en moins. Mais je ne serais pas à la pige si je n’étais pas capable de gérer le stress de ces situations. Je pense à tous les avantages, donc celui d’aller courir demain matin, de gérer mon horaire, de choisir mes sujets, mes contrats, d’être ma propre patronne. Ma liberté, mon indépendance. Ça n’a pas de prix.

MàJ : et surtout cette collaboration m’a permis de rencontrer des gens qui sont devenus des amis, surtout Pascal Henrard. Pascal nous ne sommes plus collègues…

Si on ne signe pas, on fait quoi pour exercer le métier de journaliste?

Les employés du Journal de Montréal en lock-out, incluant les journalistes, ont accepté hier soir à 64 % les offres patronales. Plusieurs, dont le président du syndicat, ont souligné qu’ils n’avaient plus le choix, qu’ils se dirigeaient vers un mur. C’est un peu la règle avec les médias de Quebecor, on signe ou c’est rien. Pas vraiment de négociation possible. Les autres, 36 %, ont fait comme certains journalistes indépendants et ont dit NON. Pas question.

Mais que faire pour exercer son métier tel qu’on l’aspire ? Dans mon cas, c’est créer RueMasson, travailler à Radio-Canada, La Presse, Protégez-vous, Coup de Pouce, 98,5 FM, Branchez-vous, Workopolis, Marche et Randonnées, Ulysse, mes livres et des conférences. Une chance que certains respectent mes droits et n’exigent pas que je signe des contrats indignes comme ce contrat. Le signeriez-vous?

Car le règlement sans gloire et au pied du mur de ce très long conflit ne doit pas faire oublier la lutte que mènent les journalistes indépendants avec l’Association des journalistes indépendants, l’AJIQ, contre les contrats indignes de Quebecor et des autres. En 2009, TVA Publications recevait le prix citron de l’AJIQ. L’AJIQ a dénoncé le contrat abusif de TVA Publications, celui du défunt ICI.

Ajoutons que Canoe fait aussi signer ces contrats. Je leur laisse le soin de s’identifier, mais certains pigistes ne collaborent plus avec le site internet ayant refusé de signer le contrat qui demande de céder non seulement ces droits d’auteurs, mais de renoncer d’exercer ses droits moraux sur leurs textes.

Toujours pareil. Aucune négociation possible. On signe à leurs conditions ou on travaille ailleurs.

Ça a commencé au ICI alors qu’il était encore publié. D’ailleurs, l’un des journalistes pigistes Stéfane Campbell avait refusé de signer. Steve Proulx avait reproduit sa lettre d’explication.

Pas que Quebecor
Malheureusement Quebecor n’est pas la seule compagnie à pratiquer cette manière de traiter avec les journalistes pigistes. D’autres compagnies le font comme je le relatais dans un billet précédent. J’y expliquais pourquoi j’avais renoncé à un lucratif contrat, car on me demandait de renoncer à exercer mes droits moraux.

Un contrat acceptable

On pourra critiquer Gesca sur sa manière de menacer les journalistes de fermeture pour négocier, mais n’empêche que l’autre empire médiatique a signé une entente avec l’AJIQ. Ce qui donne un contrat type acceptable pour les pigistes. Les autres médias devraient s’en inspirer

Quoi faire?
Comme journaliste indépendante, j’ai choisi plusieurs voies pour éviter d’avoir à signer ces contrats. Tout d’abord je ne signe pas. Je préfère renoncer à mon métier que signer de tels contrats.
Ensuite, j’ai créé mon propre média avec quatre amis et voisins, RueMasson.com. Mais si ça nourrit ma passion du journalisme bien fait, ça ne paye pas mon hypothèque encore.

Quand je vois les ex-journalistes du Journal de Montréal qui se tournent maintenant vers RueFrontenac, je les encourage, car c’est un média nécessaire et une belle réussite. Mais je me demande s’ils sont conscients que sans appui du syndicat et de leur fonds de grève, on ne peut que s’en remettre à la publicité et à son propre compte en banque. Ce que font les cinq cofondateurs de RueMasson depuis 1 an. Espérons qu’on pourra trouver d’autres formules de financement et partager ces bonnes idées.

Autres textes sur le journaliste à la pige:
Pourquoi signer ces contrats indignes?
Renonceriez-vous à vos droits moraux pour un bon tarif ?
Journalisme professionnel et contrat équitable
Gil Courtemanche et la solidarité à sens unique
Quebecor: l’arroseur arrosé
Mandat terminé à l’AJIQ
Pourquoi devenir membre de l’AJIQ
Le journalisme indépendant, une marque, un nom ?
Des nouvelles du contrat de TVA Publications
Christian Vanasse parodie Pierre-Karl Péladeau: délirant
La vie de pigiste à Vous êtes ici.

Sommes-nous vraiment sadiques ou seulement obéissants?

La chaîne France 2 a inventé une fausse téléréalité pour tester le pouvoir de la télévision. Tester l’obéissance des gens. Dans le « jeu de la mort », les participants envoient des chocs électriques en cas de fausse réponse. 82 % sont allés au maximum, proche de la mort. Sommes-nous si contrôlables et sadiques?

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L’annonce controversée d’une mort…

Depuis samedi soir, Twitter surtout et Facebook annonçaient la mort de Lhasa de Sela. Rien n’était confirmé, rien n’était infirmé. Depuis hier soir, ça l’est malheureusement. Une jeune femme de 37 ans victime d’un cancer du sein. L’annonce officielle du décès de l’artiste est ici.

Le web 2.0 fait des vagues. L’annonce de sa disparition sur Twitter a autant fait jaser que sa mort en elle-même. Même si la rumeur de la mort de Lhasa de Sela ne partait pas de nulle part. Elle venait de Facebook où plusieurs personnes liées à la chanteuse ont annoncé son décès. Même si Facebook peut être fermé et privé, c’est un média de diffusion d’information. Lorsqu’on écrit quelque chose sur son statut, il faut assumer que la nouvelle sera transmise…C’est ainsi. Des proches de l’artiste ont transmis une information sans que la nouvelle soit officielle. Ont-ils eu tort? Les personnes qui ont repris l’information ont-elles eu tort?

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