Des auteurs à Occupons Montréal

Depuis plus d’un mois, des indignés occupent le square Victoria à Montréal. Coincé entre la tour de la Bourse, l’immeuble de Quebecor, le Centre du Commerce mondial, l’édifice de la Banque Nationale et j’en passe, le mouvement Occupons Montréal résiste alors que les autres tombent les uns après les autres. Mais résisteront-il à l’hiver?

Les écrivains Jean Barbe et Bertrand Laverdure ont profité du Salon du livre se déroulant tout proche à la place Bonaventure pour lancer une invitation aux auteurs : lire un texte pour appuyer les indignés. Un petit groupe a grossi, certains ne sont pas venus, d’autres étaient présents. Plus d’une trentaine d’écrivains, d’auteurs ont lu.
La foule était petite, peu d’indignés qui campent sur place sont venus écouter. Mais quelques uns se sont assis avec leur assiette pour écouter.

Voici l’album photo de ce moulin à paroles des indignés avec les images de la vie qui continuait dans ce campement improvisé.

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Mon entrevue avec David Servan-Schreiber

David Servan Schreiber est mort ce dimanche. Il avait eu 50 ans en avril. Le cancer l’a finalement vaincu. Je pensais vraiment qu’il s’en sortirait encore une fois. Je suis très émue par son départ. Très touchée.

J’ai lu il y a quelques semaines ce qui est maintenant son dernier livre : On peut se dire au revoir plusieurs fois. C’était bel et bien son dernier adieu. Un livre émouvant, très bouleversant. Il meurt alors que je pars demain pour quelques jours de totales vacances. Je me promets de suivre ses conseils et de relaxer, prendre le temps de vivre, faire du sport et manger des framboises. À sa mémoire.

Voici le texte que j’avais fait en mars 2007 pour la revue Mieux-Être. J’avais rencontré David Servan-Schreiber le 10 octobre 2006 lors de l’un de ses nombreux passages à Montréal. Il avait répondu à mes questions avec grâce, même quand je lui avais posé des questions plus difficiles sur ses liens avec une compagnie qui vendait des omégas 3. Il séduisait totalement son interlocuteur. Il m’avait séduite. Un beau souvenir. Une rencontre marquante.

Cette phrase qu’il m’a dite, m’a marquée.
« Quand on connaît la littérature scientifique, c’est de la folie ce qu’on mange aujourd’hui. Comme le dit le Dr Béliveau, c’est comme si on arrosait et on mettait du soleil sur la graine du cancer qui est à l’intérieur de chaque personne. On peut décider de faire quelque chose ou de ne rien faire ».

Voici cette entrevue:

David Servan-Schreiber : le médecin qui guérit naturellement

On connaît David Servan-Schreiber comme monsieur oméga-3. Ce n’est pas son seul cheval de bataille. Dans son livre Guérir, paru en 2003, le célèbre médecin et psychiatre décrit comment éliminer la plupart des maladies sans médicaments ni psychanalyse. Possible? Oui, grâce à une alimentation saine, le sport et la gestion de ses émotions.

Un nom connu
David Servan-Schreiber vient d’une famille française connue. D’ailleurs, son père, Jean-Jacques Servan-Schreiber, écrivain et fondateur de la revue l’Express, est décédé quelques jours après notre seule rencontre le 7 novembre 2006.

« Porter un nom connu c’est comme être une jolie fille, vous avez droit à cinq minutes d’attention », a constaté David Servan-Schreiber.

Ce dernier a tout de même quitté la France à l’âge de 23 ans pour venir étudier à Québec et à Pittsburgh. « Je ne sais pas si je suis parti car je portais un nom connu. Je me suis posé la question puisque j’ai étudié la psychanalyse. Ce dont je suis certain, c’est que je ne supportais pas le système français, alors qu’ici j’étais en admiration totale sur la façon dont il fonctionne. Je suis parti pour ça et du même coup j’ai coupé le lien avec mon nom, Bien sur, cet exode m’a donné une assurance que je n’aurais jamais pu gagner autrement. Ça a contribué à forger mon caractère».

Vous prêchez par l’exemple?
Absolument. Je pratique ce que je recommande et je me sens mieux. Ça fait aussi du bien aux personnes qui l’essayent. La preuve, ce sont les nombreux courriels qu’elles m’envoient. C’est touchant, puisque je suis devenu médecin afin de soulager la souffrance. J’ai écrit ce livre, car personne n’en parlait. Aucun brevet n’existe pour la respiration, le mouvement des yeux, le poisson, le jogging, donc il n’y a pas d’argent à gagner en répandant ce message. Personne ne s’en empare pour en faire son métier.

Saine alimentation, sport, gérer ses émotions est essentiel?
Oui. Gérer ses émotions n’est pas suffisant, il y a plusieurs aspects : le EMDR (l’intégration neuroémotionnelle par les mouvements oculaires), la cohérence cardiaque qui est très similaire au Yoga et à la méditation, la communication non violente. Chacun de ses points est un pilier qui sert à gérer nos émotions.

Le livre a été bien reçu, car vous êtes médecin ?
Non ce n’est pas tout, ce livre a contribué à retirer ce mur de silence autour de ces principes car j’avais et j’ai encore un parcours de scientifique irréprochable. Parler d’acupuncture et de respiration avec 350 références scientifiques, c’était la nouveauté. Ça donne une crédibilité et oblige les médecins à faire attention.

Est-ce que l’avenir passe par une combinaison des médecines traditionnelles et alternatives ?
Bien sur. D’ailleurs à l’Université Laval, il existe la Chaire Lucie et André Chagnon pour l’avancement d’une approche intégrée en prévention qui incarne l’idée que ça n’a aucun sens aujourd’hui d’avoir une médecine purement fondée sur les médicaments et la chirurgie; qui ne prendrait pas en compte les méthodes naturelles de traitement démontrées être efficaces.

N’y a-t-il pas une réticence de la part des médecins ?
C’est tout à fait normal que les médecins soient septiques. Ils sont payés pour être ceux qui décident de la séparation du bon grain et de l’ivraie. Mais tous les médecins ont envie de traitement efficace, rapide et sans effets secondaires. Il faut simplement leur montrer que ça peut être fait avec des méthodes naturelles.

Finalement, les oméga-3 sont vraiment essentiels ?
Aucun doute, ce sont des acides gras essentiels. Ils sont absolument indispensables au fonctionnement de l’organisme et du cerveau. Un manque joue sur l’ensemble des maladies de ce début de 21e siècle : les problèmes cardio-vasculaires, de mémoire et de concentration, l’irritabilité, l’agressivité et même l’arthrite. On peut remédier à ces maladies en ramenant les oméga-3 dans notre alimentation. C’est extraordinaire. Contrairement aux autres grands déficits nutritionnels, les problèmes reliés aux carences en oméga-3, mettent du temps à se développer. Si vous manquez de vitamine C, en quatre semaines vous avez un scorbut, en deux mois vous êtes mort. Quand on arrête de prendre des omega-3, les problèmes se développent sur une période de 20 ans.

Doit-on absolument prendre des suppléments ?
Non pas si on les intègre dans notre alimentation. Tout le monde doit corriger son alimentation et manger du poisson deux fois par semaine. Par contre, si on a des problèmes de santé comme un infarctus ou des problèmes émotionnels, il faut y aller plus fort. Introduire des suppléments est alors nécessaire.

Est-ce que les enfants hyperactifs devraient prendre des oméga-3 au lieu du Ritalin ?
Ça me parait essentiel d’essayer. Si ça suffit, il est préférable de corriger leur problème grâce aux oméga-3 qu’avec le Ritalin. Il y a une étude d’Oxford qui démontre la correction d’une grande partie du problème quand on leur prescrit des suppléments à base d’oméga 3. La première chose à recommander est que les enfants mangent du poisson, mais pas panné ou frit. Car ça, c’est pire que de ne pas en manger.

Est-ce qu’il y a des effets secondaires aux oméga 3 ?
Seulement positifs. Les cheveux et les ongles poussent plus vite, ils sont en meilleure santé, plus brillants.

Quelle est la différence entre les oméga 3 et 6 ?
C’est le rapport entre les deux qui contrôle la physiologie. Les oméga-6 sont pro-inflammatoires, favorise la coagulation. Aujourd’hui il y a entre 10 à 40 fois plus d’oméga-6 que d’oméga-3 dans notre alimentation, alors que l’équilibre devrait être de trois fois plus. Les oméga-3 sont anti-inflammatoires. Lorsqu’il y a un équilibre entre les deux, tout va bien, mais lorsqu’il y a 40 fois plus d’oméga-6, on a des maladies inflammatoires. Il faut donc diminuer les oméga 6.

Où trouve-t-on des oméga-3 ?
Ceux qui ont des propriétés importantes pour le cerveau, viennent du poisson et des œufs seulement. Ceux qui sont dans les huiles, les noix, les graines de lin sont des oméga-3 végétaux. Ce ne sont pas les mêmes. Ils sont très bien, mais ne suffisent pas pour des actions sur la physiologie.

Que faire si on n’aime pas le poisson ou si on est végétarien ?
C’est un problème, car actuellement il n’y a qu’un type d’oméga-3 de poisson fabriqué par des algues et que l’on peut trouver sous forme de gélules.

D’ailleurs, vous avez fondé une compagnie qui vend des produits que vous conseillez ? Vous ne craignez pas de perdre votre crédibilité ?
J’ai contribué à créer cette compagnie, car il n’existait aucun complément alimentaire oméga-3 avec les critères de pureté et de concentration de ce qui avait été testé scientifiquement. Or mon argumentation sur les oméga-3 se basait sur ces études. Je ne pouvais pas dire aux gens que c’était formidable, mais que ça n’existait pas. J’ai donc voulu aller au bout de ma démarche. Si je ne l’avais pas fait, il y a aurait eu une incohérence dans mon discours.

Mais c’est cher ?
Moins cher que ceux de mauvaise qualité. Il suffit de comparer la concentration en EPA.

Comparativement aux médicaments ?
Oui, mais ils sont remboursés donc ça parait peu cher. Les compléments d’oméga-3 ne sont pas remboursés, c’est évidemment moins cher que les médicaments !

Ressources :
Guérir
David Servan-Schreiber
Les éditions Robert Laffont
Le site internet de Guérir

L’une des dernières entrevues de David Servan-Schreiber.

Le harcelèment est aussi un crime !

Et généralement, il précède l’agression sexuelle. Un homme qui harcèle une femme démontre son manque de respect total envers la femme. Plusieurs personnes répondent toujours qu’il est difficile de savoir ce qu’est vraiment le harcèlement. Oui, car le niveau de tolérance de chaque personne est différent. Mais chaque homme a des oreilles pour écouter et entendre ce que lui dit une femme. Et ces oreilles servent à entendre un NON. Car non ne veut pas dire oui, ça veut simplement dire Non.

Aussi la majorité des hommes savent qu’une femme qui ne répond pas à leurs avances n’est pas intéressée. Ils arrêtent là. Quand on continue, on devient harceleur. Quand on drague avec insistance une femme qui ne semble pas intéressée, la décence et le respect qu’entretient la majorité des hommes envers les femmes les font arrêter.

Et ça ne veut pas dire que les hommes doivent arrêter de draguer. Il faut juste savoir arrêter quand ça ne marche pas. Tout comme une femme doit aussi arrêter quand la réponse n’est pas positive, sinon elle aussi s’amène sur le chemin du harcèlement.

Le harcèlement existe quand une femme (ou un homme) est mal à l’aise devant une situation. Et cela devient du harcèlement quand la personne qui fait l’objet de ce désir répond par la négative et que l’homme continue. Le niveau de tolérance est différent pour chaque femme, chaque personne. Mais certains types de harcèlement sont assez évidents.

En France, le harcèlement et les agressions sexuelles sont traités plus légèrement qu’en Amérique du Nord.

Ce qui explique les réactions et le mutisme face à l’attitude de Dominique Strauss-Kahn.

Ce qui explique les réactions totalement dégoutantes de certaines personnes tel que le rappelle Jean Quatremer un journaliste de Libération: «J’ai entendu quelques réactions aujourd’hui qui n’honorent pas leurs auteurs : dans une société qui porte de plus en plus attention aux victimes, à juste titre, on semble oublier qu’il y a une victime dans cette affaire, une femme qui affirme avoir été agressée, et pas seulement un politique en détresse. J’ai cru me retrouver dans les années 70 où on affirmait que les femmes violées affabulaient la plupart du temps et qu’elles avaient dû le chercher. »

Désolantes, les blagues salaces sur les femmes, sur le viol. Car une agression sexuelle est une agression sexuelle, pas un problème privé, pas de la drague, non. C’est inacceptable.

Si on ne signe pas, on fait quoi pour exercer le métier de journaliste?

Les employés du Journal de Montréal en lock-out, incluant les journalistes, ont accepté hier soir à 64 % les offres patronales. Plusieurs, dont le président du syndicat, ont souligné qu’ils n’avaient plus le choix, qu’ils se dirigeaient vers un mur. C’est un peu la règle avec les médias de Quebecor, on signe ou c’est rien. Pas vraiment de négociation possible. Les autres, 36 %, ont fait comme certains journalistes indépendants et ont dit NON. Pas question.

Mais que faire pour exercer son métier tel qu’on l’aspire ? Dans mon cas, c’est créer RueMasson, travailler à Radio-Canada, La Presse, Protégez-vous, Coup de Pouce, 98,5 FM, Branchez-vous, Workopolis, Marche et Randonnées, Ulysse, mes livres et des conférences. Une chance que certains respectent mes droits et n’exigent pas que je signe des contrats indignes comme ce contrat. Le signeriez-vous?

Car le règlement sans gloire et au pied du mur de ce très long conflit ne doit pas faire oublier la lutte que mènent les journalistes indépendants avec l’Association des journalistes indépendants, l’AJIQ, contre les contrats indignes de Quebecor et des autres. En 2009, TVA Publications recevait le prix citron de l’AJIQ. L’AJIQ a dénoncé le contrat abusif de TVA Publications, celui du défunt ICI.

Ajoutons que Canoe fait aussi signer ces contrats. Je leur laisse le soin de s’identifier, mais certains pigistes ne collaborent plus avec le site internet ayant refusé de signer le contrat qui demande de céder non seulement ces droits d’auteurs, mais de renoncer d’exercer ses droits moraux sur leurs textes.

Toujours pareil. Aucune négociation possible. On signe à leurs conditions ou on travaille ailleurs.

Ça a commencé au ICI alors qu’il était encore publié. D’ailleurs, l’un des journalistes pigistes Stéfane Campbell avait refusé de signer. Steve Proulx avait reproduit sa lettre d’explication.

Pas que Quebecor
Malheureusement Quebecor n’est pas la seule compagnie à pratiquer cette manière de traiter avec les journalistes pigistes. D’autres compagnies le font comme je le relatais dans un billet précédent. J’y expliquais pourquoi j’avais renoncé à un lucratif contrat, car on me demandait de renoncer à exercer mes droits moraux.

Un contrat acceptable

On pourra critiquer Gesca sur sa manière de menacer les journalistes de fermeture pour négocier, mais n’empêche que l’autre empire médiatique a signé une entente avec l’AJIQ. Ce qui donne un contrat type acceptable pour les pigistes. Les autres médias devraient s’en inspirer

Quoi faire?
Comme journaliste indépendante, j’ai choisi plusieurs voies pour éviter d’avoir à signer ces contrats. Tout d’abord je ne signe pas. Je préfère renoncer à mon métier que signer de tels contrats.
Ensuite, j’ai créé mon propre média avec quatre amis et voisins, RueMasson.com. Mais si ça nourrit ma passion du journalisme bien fait, ça ne paye pas mon hypothèque encore.

Quand je vois les ex-journalistes du Journal de Montréal qui se tournent maintenant vers RueFrontenac, je les encourage, car c’est un média nécessaire et une belle réussite. Mais je me demande s’ils sont conscients que sans appui du syndicat et de leur fonds de grève, on ne peut que s’en remettre à la publicité et à son propre compte en banque. Ce que font les cinq cofondateurs de RueMasson depuis 1 an. Espérons qu’on pourra trouver d’autres formules de financement et partager ces bonnes idées.

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