Le quotidien d’une cycliste : attention aux camions de déménagements…

Ce camion m'avait doublé dangereusement

Ces jours-ci, des milliers de personnes déménagent et on se retrouve avec des centaines de chauffeurs de camions totalement inexpérimentés et dangereux sur la route.

Ce soir, j’ai constaté que les camions sont plus nombreux, et plusieurs me dépassaient en me frôlant, en me faisant une queue de poisson. Les camions sont évidemment plus dangereux pour les cyclistes, car plus gros. Ils font très mal si on s’y frotte. Il faut aussi tenir compte du fait que leur visibilité est moindre.

Déjà que certaines personnes conduisent mal leur voiture, imaginez un camion…Cycliste, roulez sur les trottoirs pour les prochains jours… mettez vos casques…

Le quotidien d’une cycliste: des utilisateurs de Bixi incontrôlables?

Il n’y a pas que certains automobilistes qui font comme si les cyclistes n’existaient pas, quelques utilisateurs de Bixi aussi. Même si j’apprécie grandement ce service et que je crois que le Bixi est une belle réalisation montréalaise et québécoise qu’il faut importer, j’ai quelques bémols sur les utilisateurs occasionnels.

Patrick Lagacé en parle, et j’ai noté la même chose, certains Bixeux ne connaissent pas les us et coutumes de la conduite cycliste. Ils pédalent sans se préoccuper des autres, coupent les autres cyclistes, roulent rapidement sur les trottoirs et à contre-sens. Bref, on sent le manque d’habitude de la conduite cycliste.

J’en voyais l’autre jour qui prenaient leur Bixi pour un tout terrain et s’amusaient à rouler sur une roue, tout en roulant sur le trottoir rapidement sans se préoccuper des piétons qui y marchaient.

Sans compter ceux qui prennent le Bixi en état d’ébriété après un 5 à 7 bien arrosé au centre-ville. C’est moins cher que prendre le taxi, mais ça peut coûter cher, puisqu’il est autant interdit de rouler en voiture qu’en vélo lorsqu’on dépasse la limite permise niveau alcool. J’en parlais dans un article écrit pour RueMasson.
Un cycliste qui se fait arrêter en état d’ébriété, ou pire qui cause un accident, verra son permis de conduire pénalisé au même titre que s’il était automobiliste.

Y-a-t-il un moyen d’éduquer les utilisateurs occasionnels de Bixi sans remettre en cause ce service essentiel ?

Le quotidien d’une cycliste : pourquoi je roule au milieu de la route…

J’exagère, mais je dirai plutôt pourquoi je roule à une bonne distance des automobiles stationnées plutôt que de me coller contre elle quand je suis en vélo. C’est simple. Je pense toujours qu’une portière pourrait s’ouvrir et je me place à distance d’une portière ouverte pour ne pas la frapper. Et j’ai le droit de rouler ainsi m’a confirmé un policier. Car je le fais pour ma propre sécurité.

Malheureusement pour tous les autres automobilistes qui me suivent, et qui parfois nous klaxonnent ou nous frôlent dangereusement et trop rapidement pour nous dépasser, ils doivent attendre d’avoir la voie libre pour me doubler. Mais c’est ainsi, c’est pour me protéger de tous les automobilistes (et leurs passagers) qui ouvrent leurs portières sans regarder si un cycliste (ou une moto, un scooter) comme dans cette publicité s’en vient.

Je ne veux pas être la cycliste qui va foncer dans cette portière ouverte, alors je roule plus loin pour ma sécurité. J’en suis désolée pour les automobilistes qui doivent attendre d’avoir la voie libre pour me doubler. En passant, vous pouvez franchir une ligne continue pour doubler un « véhicule » lent. Mais bon à Montréal, la vitesse sur les petites rues est limitée à 30 ou 40 km/h en général, et souvent, ils vont attendre au prochain feu rouge.

Finalement, on rend service à tous les résidents du quartier en ralentissant la circulation et aux automobilistes en faisant baisser leur consommation d’essence ! Plus sérieusement, il serait temps de mettre sur pied une bonne campagne de sensibilisation à l’ouverture de portières, pas seulement pour les chauffeurs, mais aussi pour les passagers. Et surtout d’augmenter l’amende. 30 $ est un montant ridicule quand on pense qu’un tel geste peut tuer quelqu’un!

Le quotidien d’une cycliste : parfois j’utilise les trottoirs!

Le viaduc Saint-Joseph-Iberville

Les piétons se plaignent souvent des cyclistes qui roulent sur le trottoir. Avec raison. Trop souvent les cyclistes y roulent à la même vitesse que sur la route, comme s’ils avaient la priorité. Ils ne l’ont pas. De la même manière que les cyclistes ont la priorité sur les pistes cyclables, les piétons sont maîtres et rois sur les trottoirs.

Je l’avoue. Parfois je prends les trottoirs. Pourquoi ? Car j’estime que je ne suis pas en sécurité dans la rue. Je préfère donc me rabattre sur le trottoir. Quand je le fais, je roule toujours très lentement, prête à m’arrêter à tout moment pour laisser passer un piéton, disons que parfois je roule pour ainsi dire les pieds à terre. Je ne frôle pas les piétons, je garde une bonne distance avec eux et je leur laisse toujours la priorité. Je sais je pourrais descendre de bicyclette. Mais j’occuperais le double de la place et quand il n’y a personne, je ne vois pas pourquoi je ne peux pas rouler. Toujours lentement.

Mais il y a un endroit où j’utilise TOUJOURS le trottoir : quand je passe sous un viaduc. Particulièrement ceux que j’utilise souvent : les viaducs Masson (entre Iberville et Delorimier) et Saint-Joseph (et Iberville dit le tunnel de la mort). Heureusement, le viaduc Masson sera réaménagé cet été pour y inclure une piste cyclable. Tant mieux. Pas celui de Saint-Joseph, qui malgré les améliorations au fil des années, est toujours aussi dangereux.

Imaginez-vous entre l'espace de l'autobus et du muret. C'est la place que m'avait laissée l'autocar quand il m'avait doublée.

J’ai failli m’y faire écrabouiller par un autocar (pas de la STM, mais ils sont aussi dangereux). Il y a quelques années, au moment où je passais Iberville et j’entrais dans le tunnel, l’autobus m’a dépassée en me frôlant. J’ai eu la peur de ma vie. Je n’ai plus pédalé, respiré pendant les quelques secondes qu’il passé. Je me suis concentrée pour ne pas dévier de ma route, pour ne pas faire un faux pas, pour ne pas tomber, sinon j’étais morte. Mon coeur battait à la chamade.

J’ai eu très peur et je me suis promis que jamais je ne voulais revivre cette expérience. J’ai donc décidé d’utiliser les trottoirs sous les viaducs, toujours en laissant la priorité aux piétons et en les respectant. Si jamais je me fais arrêter par la police, je leur dirais que je préfère une amende à ma sécurité et à ma vie.

Le quotidien d’une cycliste: voies réservées interdites aux vélos = danger

Cet après-midi, Patrick Dion, un grand cycliste, posait une question sur Twitter au SPVM, service de police de Montréal. Il leur demandait si les cyclistes pouvaient emprunter les voies réservées pour les autobus et les taxis. Réponse du SPVM: non. Il est interdit de rouler en vélo sur des voies réservées. Les cyclistes doivent rouler à gauche de la voie réservée, au péril de leur vie.

Car se faire dépasser par un autobus est déjà une épreuve en soi. Se faire dépasser à droite par un autobus et à gauche par une voiture sera totalement kamikaze et extrêmement dangereux pour une cycliste. Quel règlement totalement désuet et vraiment dangereux. On devrait autoriser les cyclistes à utiliser les voies réservées, quitte à devoir laisser la priorité aux autobus ou qu’on élargisse les voies réservées. Tout comme les autobus, les cyclistes permettent d’éviter autant de voitures sur la route.

Dès lundi il y a aura une voie réservée aux autobus sur St-Joseph, les cyclistes devront donc rouler au milieu de la rue ? Les cyclistes peuvent prendre la majorité des voies réservées aux autobus à Paris, pourquoi pas à Montréal ? A-t-on un accident avant d’agir ou veut-on empêcher les cyclistes d’utiliser certaines rues ? Ainsi s’il y a un accident, on pourra dire que c’est de la faute du cycliste qui aurait dû prendre une voie plus sécuritaire…