Le quotidien d’une cycliste: l’intersection Papineau-Gauthier

Un beau mélange cycliste-piétons-automobilistes

Après avoir parlé d’une intersection mal planifiée hier, aujourd’hui c’est un passage sur la rue Papineau, à l’intersection de la rue Gauthier, qui est particulièrement bordélique. La rue Gauthier est à sens unique vers l’ouest. Deux bandes cyclables ceinturent cette rue, l’une dans le sens de la circulation, l’autre en sens inverse.

Ces bandes rejoignent la piste cyclable, ou du moins les bouts de piste cyclable qui passent à travers le parc Lafontaine. Pour les cyclistes qui vont en direction ouest, c’est moins problématique. Pour ceux qui se dirigent vers l’est, on ne s’est jamais par quel bout se rendre à la bande cyclable sur Gauthier. Car la piste cyclable de Lafontaine est du côté nord, alors que la bande cyclable sur Gauthier se dirigeant vers l’est se trouve du côté sud. Le vélo que l’on devine peint sur la chaussée nous indique de traverser l’intersection en diagonale. Je veux bien, mais quand?

Quand le feu est rouge sur Papineau, les piétons peuvent traverser, mais normalement pas les cyclistes. Sauf que c’est le seul moment qu’il est possible de le faire. Mais qu’il y a toujours bien des piétons, et des automobilistes bloquant l’intersection à l’heure de pointe.

Quand le feu est vert, il l’est aussi pour les automobilistes qui arrivent de Gauthier pour tourner sur Papineau. En allant prendre la bande cyclable du côté sud, on leur coupe la route. Sans compter ceux qui mordent allégrement sur la bande cyclable pour tourner.

Ce qui arrive souvent est que je prends la bande dans le sens inverse, puis que je me tasse dans celle direction est dès qu’il n’y a plus de voitures.

Et je ne vous parle pas de l’intersection la plus dangereuse: Des Érables-Gauthier. C’est pour une autre fois.

Le quotidien d’une cycliste: le bordel du carrefour De-Lorimier/René-Lévesque

Le bleu n'est qu'un vague souvenir...

Certains carrefours à Montréal sont mal organisé pour les voitures et encore plus mal foutu pour les cyclistes. L’un d’eux est la jonction de la rue De Lorimier et René-Lévesque, sous le pont Jacques-Cartier. Lorsqu’on arrive de la piste cyclable sur René-Lévesque et que l’on veut aller aller sur la piste qui longe Notre-Dame, on doit s’y prendre à trois fois pour traverser le carrefour de manière sécuritaire. Même chose quand on arrive de l’autre côté.

Pour une piste qui fait aussi partie de la Route verte, ce n’est pas très glorieux. Les cyclistes, qui sont toujours nombreux à l’heure de pointe, traversent donc un peu n’importe comment pour ne pas avoir à attendre de longues minutes et traverser en trois étapes. Et parfois, on roule sur le trottoir, parce que c’est bougrement plus sécuritaire et facile.

En plus, les zones bleues qui sont censées montrer la voie aux cyclistes sont effacées depuis belle lurette et n’ont pas été repeintes depuis encore plus longtemps. Laisser à l’abandon ce coin? Pas mal. Dommage pour ce qui est la jonction de deux pistes cyclables. Et après, on veut encourager les cyclistes à respecter la signalisation. Il faudrait aussi leur faciliter un peu la vie, et la rendre sécuritaire.

Le quotidien d’une cycliste: automobilistes attentionnés

Ce quotidien d’une cycliste ne sera pas que négatif. Car il existe aussi sur la route des automobilistes attentionnés qui partagent la route et qui ne nous envoient pas leur portière dans le nez. Des portières qui sont très dangereuses pour les cyclistes.

J’en ai rencontré deux aujourd’hui qui ont regardé dans leur rétroviseur et ont attendu que je passe avant d’ouvrir la portière de leur auto. Ça fait grand plaisir et je leur fais toujours un beau sourire, car ils montrent leur respect. C’est toujours plus encourageant d’avoir un respect mutuel. Merci à ces automobilistes. On apprécie.

Le quotidien d’une cycliste: une portière évitée

Avec les reflets, les vitres plus ou moins teintées, les appuis-tête, voyez comme il est difficile de savoir si une personne est assise dans la voiture. Sans compter qu'il faut aussi regarder où l'on va, faire attention aux piétons, aux autres automobilistes. Bref, pas évident!

Depuis plusieurs jours une idée trotte dans ma tête. Raconter sur ce blogue mon expérience de cycliste en ville, parfois en images ou vidéo. Car je crois que les automobilistes qui ne font pas de vélo en ville n’ont aucune idée de ce qu’on peut affronter. Ça sera donc dans la catégorie le quotidien d’une cycliste. Parfois, ça sera aussi pour signaler le manque de savoir-vivre des piétons et des cyclistes. Mais dans mon cas, quand je roule, ce sont les automobilistes qui sont les plus dangereux et qui mettent ma vie en danger. Ce sera donc de mon guidon que j’écrirais, enfin presque.

Les satanées portières. J’en ai vraiment très peur. D’ailleurs, j’ai failli en être victime il y a quelques minutes en roulant sur Des Érables dans le Plateau. Une voiture me double pour aller se stationner un peu plus loin. Je vais arriver à sa hauteur dans quelques secondes et le chauffeur va sortir. Étant donné que j’ai eu la chance de le voir se stationner, je sais que quelqu’un est dans la voiture. Comme je le fais toujours, je prends mes distances avec la voiture et je roule à une bonne distance de portière de la voiture. Dans les petites rues du Plateau, cela veut presque dire au milieu de la rue. Quelle bonne idée. Au moment où j’arrive à sa hauteur, le jeune homme au volant ouvre sa portière sans regarder et m’aurait envoyée sur l’asphalte si je n’avais pas été prévoyante.

Comme je le fais chaque fois, je lui signale qu’il aurait pu regarder avant d’ouvrir. Aucune réaction. Peu importe, ça me soulage de le dire. Je le fais sans agressivité, simplement pour tenter de le sensibiliser. Même si j’ai peu d’espoir. Parfois, quand j’ai vraiment eu peur, je suis moins zen. Parfois.

Le harcelèment est aussi un crime !

Et généralement, il précède l’agression sexuelle. Un homme qui harcèle une femme démontre son manque de respect total envers la femme. Plusieurs personnes répondent toujours qu’il est difficile de savoir ce qu’est vraiment le harcèlement. Oui, car le niveau de tolérance de chaque personne est différent. Mais chaque homme a des oreilles pour écouter et entendre ce que lui dit une femme. Et ces oreilles servent à entendre un NON. Car non ne veut pas dire oui, ça veut simplement dire Non.

Aussi la majorité des hommes savent qu’une femme qui ne répond pas à leurs avances n’est pas intéressée. Ils arrêtent là. Quand on continue, on devient harceleur. Quand on drague avec insistance une femme qui ne semble pas intéressée, la décence et le respect qu’entretient la majorité des hommes envers les femmes les font arrêter.

Et ça ne veut pas dire que les hommes doivent arrêter de draguer. Il faut juste savoir arrêter quand ça ne marche pas. Tout comme une femme doit aussi arrêter quand la réponse n’est pas positive, sinon elle aussi s’amène sur le chemin du harcèlement.

Le harcèlement existe quand une femme (ou un homme) est mal à l’aise devant une situation. Et cela devient du harcèlement quand la personne qui fait l’objet de ce désir répond par la négative et que l’homme continue. Le niveau de tolérance est différent pour chaque femme, chaque personne. Mais certains types de harcèlement sont assez évidents.

En France, le harcèlement et les agressions sexuelles sont traités plus légèrement qu’en Amérique du Nord.

Ce qui explique les réactions et le mutisme face à l’attitude de Dominique Strauss-Kahn.

Ce qui explique les réactions totalement dégoutantes de certaines personnes tel que le rappelle Jean Quatremer un journaliste de Libération: «J’ai entendu quelques réactions aujourd’hui qui n’honorent pas leurs auteurs : dans une société qui porte de plus en plus attention aux victimes, à juste titre, on semble oublier qu’il y a une victime dans cette affaire, une femme qui affirme avoir été agressée, et pas seulement un politique en détresse. J’ai cru me retrouver dans les années 70 où on affirmait que les femmes violées affabulaient la plupart du temps et qu’elles avaient dû le chercher. »

Désolantes, les blagues salaces sur les femmes, sur le viol. Car une agression sexuelle est une agression sexuelle, pas un problème privé, pas de la drague, non. C’est inacceptable.