RueMasson à Dimanche Magazine à Radio-Canada

La gang de RueMasson lors du lancement de la version 2 de notre site web: de gauche à droite: Éric Noël, Lisa Marie Noël, Dominic Désilets, Cécile Gladel, David Bruneau et Stéphanie Lalut. Photo: Alex Albert

Ce matin, incroyable reportage d’Arthur Lacomme à Radio-Canada sur RueMasson.com. Le reportage peut être écouté en cliquant sur ce lien. J’en parle souvent et j’y écris plus souvent qu’ici (Oui je sais, le nombre de billets sur La Planète écolo a diminué du même niveau qu’augmentait le nombre de mes articles pour RueMasson.com).

Pour une journaliste pigiste comme moi qui tient farouchement à son indépendance, le summum de celle-ci a été de créer sa propre entreprise de presse indépendante. Avec mes quatre autres collègues, on choisit nos sujets, notre ton, notre angle, etc. C’est notre vision, notre entreprise et notre bébé qui va fêter son premier anniversaire à la fin du mois de février.

Évidemment les défis qui nous attendent sont importants. Dont celui de durer. Et pour durer, il faudra trouver des moyens de se financer à long terme. Pas évident. Pas facile, car il s’agit de ne pas être tributaire de la seule publicité. Pour plusieurs raisons dont deux importantes.
1-On a pu constater les difficultés des médias avec la baisse des revenus publicitaires lors de la dernière crise économique.
2-Au niveau de l’hyperlocal, la proximité est grande entre tous les intervenants dont les « acheteurs » de publicité et les médias. Il faut garder son indépendance et ne pas dépendre seulement de la publicité qui peut s’évaporer rapidement si un commerçant mécontent d’un article décide de faire pression sur le média et de convaincre ses collègues de ne plus annoncer dans le média en question.

RueMasson a choisi, comme il se doit, de séparer le côté rédaction et publicité. Les journalistes ne vendent pas de pub bien entendu et il n’y a aucun lien entre l’achat de publicité et un article évidemment. Ce n’est pas facile (il faut expliquer et ré-expliquer souvent cette séparation aux annonceurs, aux organismes), mais on entend respecter cette indépendance. La règle est simple: on fait un article quand on juge qu’il y a un sujet, un intérêt, une nouvelle. Que le commerce ou l’organisme ait acheté ou non de la publicité n’entre pas en ligne de compte. Il n’y a aucun rapport encore les deux.

Pour réussir, il faut donc innover et expérimenter. Ce qu’on entend faire dans les prochaines années…Que de beaux défis à l’aube d’entreprendre notre deuxième année d’existence.

Le quotidien Le Devoir est l’un des médias québécois qui a gardé la tête hors de l’eau lors de crise. Il a peu de publicité et fait payer une partie de l’accès à ses articles. Sauf que Le Devoir s’appuie sur une solide crédibilité et histoire de plus de 100 ans.

Tu ne peux pas comprendre, tu n’as pas d’enfants…

J’entends cette phrase trop souvent. Ou alors tu ne peux comprendre, tu n’es pas mère ou tu n’as pas d’enfants. À bout d’arguments ou dans la volonté de clore une discussion, on enlève du mordant ou de l’importance à l’opinion d’une autre personne. C’est la réflexion d’Éric Turgeon sur Twitter il y a quelques jours qui a engendré ce billet.

Je l’ai peut-être même utilisé quand on me parle de l’immigration ou du célibat. Mea-culpa. Ce n’est pas un argument. Ou si peu.

Si on n’a pas vécu telle ou telle situation, on peut certainement donner son avis, discuter et avoir une opinion ou des observations extérieures tout à fait valables. Parfois intéressantes, car justement extérieures qui nous amène un regard neuf et différent. À ne pas négliger.

Évidemment, il y a une manière de partager son opinion. Car le parent est le seul maître pour élever son enfant. Il faut respecter cet état de fait. La personne, peu importe sa situation ou son statut, est la seule maîtresse de sa vie. Elle seule peut décider de sa vie. On ne peut que partager notre pensée, avec respect et en précisant que ceci n’est que notre opinion personnelle et que l’on est pas dans la peau de l’autre personne.

Les parents sont particulièrement prompts à nous servir cette réplique. « Tu ne peux pas comprendre, tu n’as pas d’enfants.» Je les comprends. Il n’est pas facile d’être parent. On est toujours partagé entre l’immense joie d’avoir un enfant et la complexité grandissante de l’élever. On nous dit une chose et son contraire, on nous juge, on nous donne 1001 conseils, suggestions, etc.

Du moment de la conception et même avant. On s’approprie la bedaine de la femme enceinte. Cette dernière devient une propriété publique. Tout le monde se permet de donner des conseils et juger une femme enceinte. Surtout si elle s’offre un verre de vin ou une cigarette en public. C’est son corps, elle en est maître. Dès que l’enfant est au monde, surtout les premiers mois, ça fuse de tous les côtés. Il suffit de voir fleurir les nombreux blogues de mère surtout pour comprendre leur frustration et leur besoin qu’on les laisse tranquille. Avec raison.

Mais de l’autre côté, les parents sont parfois intransigeants quand quelqu’un ose exprimer une opinion sur les enfants, la parentalité, leur enfant, leur merveille. On n’a pas d’enfant. On ne peux comprendre. Et puis, dans cet esprit, les parents adoptifs ne pourraient pas totalement comprendre la parentalité ? Les oncles, tantes et amis ? Suffit-il d’engendrer naturellement un être humain pour comprendre ? Comme le souligne Véronique Gosselin sur Twitter: «On a par contre un œil extérieur! Qui peut voir autre chose!!!»

Bref, soyons ouverts et modérés.

Trop mous les parents?
Parlant de ça et des parents, certains brassent la cage des parents que l’on dit trop mous. Une discussion intéressante chez Isabelle Maréchal avec deux spécialistes. Car il n’est pas question de revenir à la punition physique, à l’humiliation. Il faut développer l’équilibre et un encadrement. Bon point. Écoutez amis parent, c’est très pertinent les commentaires de Jean-François Chicoine (avec lequel je suis rarement d’accord, mais pas cette fois) et Hélène Renaud.

Le problème ? On dit qu’on n’a pas le temps. Or, on en a. Mais on le gaspille.

La psychologue Josée Lemieux a déjà soulevé ce même point. Les parents n’ont pas le temps de s’occuper de leurs enfants.