Consommer = bonheur ?

Le sac Chanel de Varda et Moutain Equipment Coop de Cécile

« Le bonheur est-il dans la consommation ? » C’est la question que nous posait Dominique Poirier à l’Après midi porte conseil sur la Première chaîne de Radio-Canada. J’y répondais en compagnie de Varda Étienne. Elle était pour le magasinage, moi contre.

En fait d’un côté, on avait la magasineuse qui trouve son bonheur dans l’achat en gros et de l’autre la simplicité volontaire. Comme je le soulignais, la simplicité volontaire ne veut pas dire ne rien acheter, mais acheter de manière plus responsable et surtout durable. Acheter ce dont on a réellement besoin.

Photo : Radio-Canada/ Philippe Santerre

Contre le magasinage
Je suis contre le magasinage d’habitude pour plusieurs raisons. D’abord, car c’est un entraînement sans fin à la consommation, à la dépense d’argent, au gaspillage et au remplissage de nos sites d’enfouissement. Un manque de respect pour la Planète. Par ailleurs, le magasinage est un écran de fumée qui comble le vide intérieur de manière très futile et rapide. C’est un peu comme un fix de sucre qui nous laisse encore plus affamer une heure plus tard. C’est un diachylon sur une plaie. C’est un plaisir rapide, futile qui ne règle rien.

En plus, ça engendre des frustrations pour plusieurs raisons. Les gens qui n’ont pas l’argent nécessaire se voient balancer notre société de consommation en pleine face alors qu’ils ne peuvent rien acheter.

À voir le nombre de personnes hier qui étaient coincés dans les embouteillages de l’immense stationnement du Marché central hier, et les klaxons que l’on entendait, la frustration était grande. Moi même j’ai dû pratiquer ma zenitude avant de quitter rapidement cette folie.

En plus, le magasinage est une perte totale de temps. On se promène sans but dans un centre commercial trop éclairé, surchauffé ou surclimatisé. Il y a 1001 choses à faire au lieu de magasiner. On peut ne rien faire, prendre une marche, dormir, aller au cinéma, lire un livre, etc. Pourquoi ne pas aller dans les musées pour voir de belles choses. C’est une manipulation de nos émotions et le remplissage d’un vide de manière totalement temporaire comme une drogue. Tant qu’à faire autant prendre un bon verre de vin. Trop souvent la publicité joue également sur nos émotions et sur notre culpabilité. On magasine pour se faire pardonner, pour se consoler, pour acheter la paix. Etc.

Mais c’est aussi un gaspillage total de nos ressources, matières premières et autres. Le magasinage entraîne la surconsommation qui est une plaie pour l’environnement. Trop souvent on achète des objets qui ont une durée de vie très limitée. Et trop souvent ils sont jetables et ne servent qu’à remplir les sites d’enfouissement. On jette son argent à la poubelle tout en remplissant nos maisons déjà surchargées d’une foule de choses totalement inutiles. On ne fait qu’embourber nos placards. On remplit sans discernement.

Le magasinage est un style de vie futile et superficiel. L’industrie de la surconsommation nous créé des besoins. Car l’objectif des centres commerciaux en particulier c’est de nous pousser à acheter un millier de choses et d’objets dont nous n’avons pas du tout besoin. En plus le magasinage forme nos jeunes à être des consommateurs actifs ce qui nourrit une chaîne infernale de la surconsommation.

Et finalement le magasinage est un énorme gaspillage d’argent que souvent les consommateurs n’ont pas. On magasine à crédit. On dépense de l’argent que l’on n’a pas. Car le magasinage engendre des dépenses non prévues et des achats impulsifs.

On se plaint si souvent de ne pas avoir assez d’argent. On se plaint que le gouvernement est trop gourmand, que le prix de l’essence est trop élevé, on fait la moue devant le prix des fruits et légumes bio alors qu’on dépense sans vergogne pour une robe, un sac, une paire de chaussures, un ramasse-poussière ( les bibelots inutiles), un gadget (parfois on en a plusieurs et on a oublié qu’on en avait déjà un.

La dépendance
Par ailleurs, la consommation est une dépendance comme l’alcool ou la drogue. Varda soulignait que la consommation était excessive chez elle, elle le reconnaissait. C’est un peu paradoxal. Quand des personnes sont excessives dans la consommation d’alcool, de drogue, de nourriture, on les traite. Car c’est un problème. Pourquoi les excès de notre société de consommation seraient normaux et admirables ? Pourquoi ce serait acceptable ? Seulement, car c’est le fondement de notre société capitaliste ?

À méditer, en reportant votre prochain achat pour y penser. En se demandant combien de temps l’objet sera utilisé et surtout si on en a vraiment besoin…