Sans maquillage, sans retouche et des rondes dans les magazines féminins? (AJOUT)

Grande consommatrice de revues, je remarque une tendance forte dans les derniers numéros de quelques magazines féminins. On présente des femmes sans maquillage, des corps pas maigres et même assez ronds, des photos non retouchées… Est-ce seulement une mode ou un véritable virage ?

En tout cas même Tout le monde en parle s’y est mis en recevant, Karine Laprise, miss ronde Québec. Une entrevue qui portait encore sur les régimes, la bouffe et les calories. Bof.

Le Elle France du 26 mars 2010 présente en couverture la mannequin Tara Lynn, qui est loin de ressembler à la moyenne des mannequins. Elle pose nue dans la revue, les bourrelets de son ventre bien visible, mais pas une once de cellulite. L’a-t-on gommée ? Ne sommes-nous pas encore rendus à cette étape. C’est-à-dire accepter une femme avec sa cellulite ?

Tara Lynn

Dans l’article de Elle, on annonce dans le premier paragraphe qu’elle porte du 48. Je dirais du 14 ou 16 ans en Amérique du Nord. Disons que l’écart est grand, passer de mannequins qui porte habituellement du 2-4 ou 6 ans ( 32-34-36 environ en Europe) à du 16 ans. Comme d’habitude, on passe d’un extrême à un autre. Mais où sont donc les femmes qui portent du 8, du 10, du 12 ? Bref la moyenne des femmes. Les femmes minces qui ont du ventre. Les femmes en forme de poire avec des hanches, avec une culotte de cheval. Les femmes avec une petite poitrine, avec une forte, avec de la cellulite, avec des mollets forts, des cuisses rembourrées, des fesses, sans fesses, des gros bras, des petits bras, etc. Bref où est la diversité des corps dans les revues. Je rêve d’une revue qui nous représente vraiment comme le réclame la charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée.

Outre le Elle, le Marie-Claire d’Avril 2010 clame que ces photos ne sont pas retouchées. Dans son édito, la directrice de la rédaction, Christine Leiritz, souligne que le magazine n’est pas trop différent, car la revue ne pense offrir une image si erronée que ça de la réalité. Permettez-moi d’en douter.


Au Québec, la revue Mieux être (pour laquelle j’ai écrit pendant les 2 premières années) souligne ne pas avoir modifié la photo de Marie Plourde en couverture, et les autres.


Elle Québec nous présente des femmes, vedettes ou non, sans maquillage. C’est déjà arrivé dans une revue américaine. Ça fait beaucoup de bien. Car ça remet tout le monde à égalité. Et franchement, voir Ima en couverture de la revue sans maquillage, c’est une première. Bravo. On n’en demande pas tant.

Caroline Dhavernas dans le Elle Québec

En fait, ce qu’il serait bien de voir dans les magazines, ce sont moins de retouches et plus de diversité. Une diversité qui représente vraiment la réalité des femmes, toutes les femmes, peu importe leur taille.

AJOUT
Sylvie St-Jacques et Silvia Galipeau parlent aussi de ces tendances, respectivement, dans son blogue de Cyberpresse et La Presse. L’article de Silvia sur la dépendance au maquillage et le documentaire qui sera diffusée le mardi 11 mai à 20h à Canal Vie est très intéressant. Osez-vous sortir sans maquillage ?

AJOUT: une discussion sur le sujet de la Journée sans maquillage chez Christiane Charette.

Mon billet sur Branchez-vous sur le même sujet.

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Anti-fête des Mères

Je n’aime pas la fête des Mères. Comme je n’aime pas Noël, la St-Valentin, Pâques, la fête des Pères, ces fêtes préétablies, convenues dont le seul objectif est commercial.

Depuis que j’ai lu cette chronique: Why I hate Mother’s Day, grâce à Geneviève Lefebvre, j’ai compris aussi pourquoi j’avais un profond inconfort. Comme si devenir mère conférait aux femmes un statut spécial de glorification éternelle. On élève les parents à un niveau supérieur par rapport aux non-parents. Pourquoi n’y a-t-il pas une fête des non-parents ?

Par ailleurs, les histoires de fête des Mères peuvent devenir des faux pas inconfortables quand on se met les pieds dans les plats. Quand on dit bonne fête à une femme qui à l’âge d’être mère (surtout quand on est dans la quarantaine) et qu’elle ne l’est pas. Ou quand on lui dit qu’elle va donc fêter sa mère et que cette dernière est morte (de Martine). Voilà ce qui arrive quand on assume prend pour acquis que toutes les femmes sont mères ou ont une mère à fêter.

Ces fêtes convenues dont la signification est hyper galvaudée perdent leur sens initial. N’est-ce pas rire des mères que de ne les fêter qu’une fois par année ? Car si je suis anti-fête des Mères, je ne suis pas anti-mères et anti-enfant. J’adore les enfants, je suis l’amie qui comprend ses amies mères, qui gardent leurs enfants parfois, qui couvre parfois les sujets famille et qui surtout écrit des livres pour les enfants. Je suis la tatie et la belle-mère parfaite. J’aime jouer avec les enfants de tous âges, je connecte avec eux. Mais je ne suis pas mère. Je n’ai jamais enfanté, porté un enfant. J’ai seulement été une belle-mère à une ou deux reprises dans ma vie. Suis-je moins que les mères ? Non. Chacune sa vie et ses expériences. Et j’admire certaines mères, comme j’admire certaines personnes pour d’autres raisons.

Et les mères qui ne peuvent enfanter ?
Pire encore, si on oublie alors toutes les femmes qui ne veulent pas être mères, on torture celles qui ne peuvent l’être et le souhaitent ardemment. Je pense à elles en cette journée qui leur ramène en plein visage cette triste réalité. Que dire des femmes qui sont des belles-mères, rôle ingrat comme le dit si joliment Patrick Dion.

Bref, cette fête me fatigue royalement par le fait qu’elle exclut tellement de femmes et qu’elle encourage seulement une consommation déjà galopante. Qu’elle glorifie les mères au détriment des autres femmes qui n’ont pas eu d’enfants. Une femme n’a pas besoin d’être mère pour être complète. Cette fête me fatigue, car elle rend triste les femmes stériles, les femmes célibataires que l’horloge biologique rattrape, les femmes qui ont donné leurs enfants en adoption, les femmes qui ont avorté, les femmes abandonnées par leurs enfants et j’en oublie.

Les mères méritent mieux qu’une journée, un bouquet de fleurs et une carte Hallmark achetés à la hâte. En fait, la véritable fête des Mères, c’est le 8 mars, car c’est pour toutes les femmes, sans distinction.

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