Alerte élevée au greenwashing

Depuis le début de l’année, je ne sais pas quelle mouche a piqué les entreprises, mais elles deviennent toutes vertes. Enfin en surface. À titre de journaliste, je reçois des communiqués m’annonçant des initiatives vertes à la pelle. Évidemment, je les regarde toujours avec scepticisme. Souvent avec raison. Malheureusement.

Le 22 avril dernier, sur Branchez-vous, je parlais du phénomène qui fait qu’on pense en faire beaucoup pour l’environnement alors que dans les faits, on évolue à la vitesse escargot.

Mais l’environnement touche une corde sensible chez les citoyens. Les entreprises l’ont compris. Certaines entreprennent un véritable virage, d’autres se lancent dans des produits réellement écolos, tandis que la majorité s’en moque ou utilise l’environnement à des fins de marketing. C’est du greenwashing. Stéphanie Kennan, présidente de Bang Marketing, explique bien ce qu’est le verdissement de réputation ou l’écoblanchissement et résume les sept pêchés de la mascarade écologique ou du verdissement (oui les traductions de greenwashing pullulent).

Une publicité qui dérange, c’est celle de Vitro Plus. La compagnie se targue de faire sa part pour l’environnement en recyclant votre pare-brise. Waou… quelle nouvelle. Est-ce vraiment nécessaire de nous inonder de publicité ?
Mathieu Bédard en parle dans son blogue sur la publicité. Et il n’y va pas avec le dos de la cuillère.

«En 2010, dans un contexte de publicité commerciale, dire sans aucune subtilité une connerie aussi grosse que “Prenez soin de l’environnement et faites remplacer votre pare-brise”, ou encore “Moi je recycle pour l’avenir de mes petits-enfants”, c’est pas pathétique, c’est pire encore. »

Il y a d’autres supposées innovations et avancées vertes qui sont publicisées par les entreprises alors qu’elles devraient la jouer discrètement. Sunchip qui met de l’avant son sac compostable. Pas de quoi se péter les bretelles…Surtout quand d’un autre côté, on fait des milliers de petits sacs individuels et que les chips sont hyper transformées. L’un des sept pêchés du verdissement de réputation est de prendre une caractéristique verte et la mettre de l’avant pour cacher les moins bons côtés.

Un autre des pêchés est d’en beurrer épais. Comme le fait Air Wick qui vend des désodorisants, l’un des pires polluants d’intérieur, en disant qu’ils sont éconos et écolos. Quand j’ai vu la publicité, je n’en revenais pas. Ayant fait un livre dont le titre est l’écolo écono où je conseille d’éviter comme la peste ces désodorisants qui nous font gaspiller de l’argent, j’étais stupéfaite de voir que certains publicitaires allaient aussi loin.

Seul exemple qui détonne, IKEA. La compagnie est loin d’être parfaite, mais les efforts sont nombreux et louables. La liste renouvelable de toutes les actions entreprises par IKEA est longue. Si toutes les compagnies n’en faisaient que le quart, ce serait un pas énorme. IKEA devrait quand même arrêter de vendre des verres jetables, des serviettes en papier. On y va pour acheter des meubles…

Il y a aussi cette publicité ci-dessous qui nous fait croire que les désodorisants sont hyper naturels.

D’autres exemples de greenwashing dont j’ai déjà parlé:
Hydro-Solution qui gaspille de l’eau. Les pubs ont finalement disparu.

Saint-Hubert qui verdit très pâlement et en fait une affaire nationale.

Tim Hortons qui parle de ces partenariats, mais n’offre pas de café certifié équitable et dont les tasses jetables continuent de remplir les sites d’enfouissement.

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