Où sont les femmes au hockey?

C’est une réalité. Les femmes s’intéressent presque autant que les hommes aux séries éliminatoires de hockey. Le terme de veuves du hockey ne s’applique plus, car les filles aiment le hockey. Dans les statuts Facebook, les tweets, les personnes qui suivent le hockey, c’est autant de femmes que d’hommes. Pourquoi alors ne sont-elles que des admiratrices ou des conjointes ? Pourquoi pas des journalistes, analystes, chroniqueures, entraineuses, adjointes, arbitres, etc.

Pourtant, il y a deux endroits où on ne retrouve pas cette parité: sur la glace et dans les descriptions et analyse des parties. Que l’on regarde RDS ou Radio-Canada et même V dans leurs émissions dédiées au hockey, aucune femme. Parfois, on aperçoit vaguement Chantal Maccabée à RDS. Ça manque.

Lorsque je regarde les émissions d’après match, je voudrais entendre une Chantal Maccabée, Danielle Sauvageau, et pourquoi pas une des Québécoises qui composent l’équipe olympique féminine: Caroline Ouelette ou une autre ? Car il y en a d’autres, mais on ne se donne même pas la peine d’aller les chercher, de les découvrir. À voir les commentaires des filles sur Facebook et Twitter, on a un beau bassin de connaisseuses et de d’analystes en puissance. Il faut seulement avoir le cran de les mettre en ondes et de leur laisser une chance. Au moins une saison. Malheureusement, on baisse les bras trop rapidement sans leur donner la place qui leur revient. Dommage.

Certains vont dire que le hockey masculin reste un sport masculin. Même le hockey féminin est très masculin au niveau des médias. D’autres disent que les femmes ne veulent pas commenter, participer, argumenter. D’autres qu’elles ne connaissent pas autant le sport, etc. Les arguments sont multiples, mais sont-ils solides ? Pas certaine.

Les épouses-objets des joueurs
On pourrait aussi dire qu’il ne faut pas mettre un sexe à un sport. Sur la glace, ce sont des hommes seulement. Pas d’arbitres femmes, pas d’entraîneuses féminines, pas d’assistantes-entraineuses ou de physiothérapeutes (on ne voit ça qu’à la télévision, quand c’est de la fiction comme dans Lance et compte). Au hockey, comme en Formule 1 et au foot, les femmes sont à l’arrière, dans l’antichambre, elles sont les belles épouses qui paradent, magasinent, dépensent les millions de leurs maris, travaillent pour les bonnes oeuvres et évoluent dans un milieu hyperfermé.

Je me demande d’ailleurs comment font les conjointes des joueurs de hockey pour accepter cette vie. Déménagement sans prévenir, infidélité, vie médiatique, règles du club des femmes. Sont-elles masos ? Sont-elles comblées par l’argent ? Sont-elles tellement en amour par-dessus la tête qu’elles acceptent tout ?

Il n’y a pas que les femmes des joueurs de hockey. Regardez ce que vit en ce moment la conjointe du joueur de foot français, Franck Ribéry. Quelle humiliation ! En plus, on la glorifie d’appuyer son mari pour une « petite erreur » !!! Si la situation s’inversait, le mari prendrait les jambes à son cou, sauverait d’abord son honneur sous l’approbation générale. Bref, la femme doit toujours jouer la gentille et la petite femme compréhensive. Car elles ne sont pas toutes des Victoria Beckham, aussi connu que leur mari.