Chronique sur le greenwashing avec Isabelle Maréchal

Le greenwashing ou verdissement de réputation est de plus en plus commun. L’intérêt de la population, donc des consommateurs envers la protection de l’environnement encourage les compagnies à verdir leurs manières de faire, mais surtout leur réputation. Car elles ne sont pas si vertes qu’elles veulent nous le faire croire.

J’en parlais justement mardi lors d’une chronique environnement au 98,5 FM lors de l’émission d’Isabelle Maréchal.

Le greenwashing est très présent. Trop. Au début de 2010, une étude de chercheurs de l’Université de Sherbrooke sur les logos écolos au Québec concluait que seulement trois logos sur les 58 qui existent ont été créés par des agences gouvernementales. Une législation qui permet trop de logos ne fait que mélanger les consommateurs. Un ménage s’imposerait au profit de tout le monde. Dont un seul logo géré par le gouvernement et qui ne coûterait pas la peau des fesses aux entreprises. Car ça handicape les plus petites qui n’ont pas les moyens de se payer des certifications.

Parlant greenwashing, dans l’actualité en ce moment, Greenpeace dénonce celui des dernières années de BP qui avait changé son nom de British Petroleum pour Beyond Petroleum. L’entreprise disait investir dans les énergies renouvelables. Sauf que l’an dernier Greenpeace lui décernait son pinceau vert, si on peut dire, pour greenwashing. Car les investissements en énergies renouvelables ne constituaient que 7 % tandis que 93 % des investissements étaient pour le pétrole et le gaz.

Les sept péchés de la mascarade écologique

L’organisme et entreprise Terra Choice qui gère l’écolo logo ( trois colombes entrelacées) fait des études annuelles sur le greenwashing ou ce que l’organisme appelle la mascarade écologique. Aux États-Unis et au Canada, on a relevé 2 219 produits munis de 4 996 prétentions vertes. Un seul a passé le test : le papier essuie-tout de Cascades.

1-Compromis caché : le produit a une composante verte qui camoufle un côté polluant : un produit nettoyant pour la salle de bains qui dit ne pas contenir de chlore, mais renferme d’autres produits polluants. 33 % des produits examinés par Terra Choice commettait ce péché.
2- Absence de preuve : l’affirmation écolo est impossible à vérifier : des ampoules qui se prétendent plus efficaces énergétiquement, mais n’ont aucune indication pour le prouver. 27 % étaient concernés.
3 – Imprécision : utilisation de mots fourre-tout qui restent très vagues : une mousse pour les cheveux s’affiche naturelle. L’arsenic, l’uranium, le mercure et le formaldéhyde sont également naturels, mais nocifs. 25 % l’utilisaient.
4 – Non-pertinence : on met en valeur qu’une marchandise est sans CFC alors qu’ils sont interdits par la loi depuis 1987. Un nettoyant pour le four et des produits désinfectants s’exhibaient sans CFC comme 3 % des items examinés.
5- Moindre des deux maux : le produit a une propriété écologique qui n’apporte rien de plus comme les VUS hybrides. 3% étaient coupables.
6 – Mensonge : le moins répandu. Il s’agit de prétentions environnementales fausses.
1% était concerné.
7 – Le culte de l’étiquette mensongère : la caractéristique écologique ou la certification est erronée : un shampoing biologique sans homologation ou un appareil électronique qui se dit Energy star sans le logo. 8% était fautif.

En connaissez-vous qui commettent ces pêchés ?

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Plus de chômage chez les jeunes hommes ?

Après ce blogue, Branchez-vous et RueMasson, voici un quatrième endroit où vous pourrez me lire régulièrement: le nouveau blogue de Workopolis. J’écrivais déjà des articles sur le travail, comme sur les emplois pour les jeunes en mars, pour ce site, maintenant j’y signerai un billet par semaine sur un sujet travail.

Cette semaine, le premier parle des jeunes hommes et leur taux de chômage plus élevé. Un problème dont il faudra se préoccuper un jour. La suite sur Workopolis.

Finaliste aux Grands prix du journalisme indépendant de l’AJIQ

Joie, bonheur, nervosité et fierté quand j’ai appris que j’étais finaliste dans la catégorie Article pratique des Grands prix du journalisme indépendant organisés par l’AJIQ. C’est la première fois que ça m’arrive. Ça peut paraître peu modeste d’en faire un billet, mais il faut parfois se féliciter et publiciser nos bons coups et surtout parler de l’AJIQ.

En plus, l‘Association des journalistes indépendants du Québec est une organisation qui me tient à coeur. J’ai siégé quatre ans sur le conseil d’administration. Je ne cesse de me battre pour l’amélioration des conditions de tarifs, contrats et travail des journalistes pigistes. Alors, je profite de ma nomination comme finaliste pour en parler encore. Pour souligner combien il est important pour les pigistes de s’unir, de devenir membre de l’AJIQ. Remplissez votre formulaire d’adhésion aujourd’hui, on peut le faire en ligne.

Il est aussi important de participer en grand nombre au gala du 3 juin prochain qui annoncera les grands gagnants. J’y serai, bien sûr. Et ce sera l’occasion d’acheter une belle robe et de se faire belle ! Les billets sont en pré-vente au coût de 50 $ avant le 16 mai. Après ce sera 65 $. Aucun billet ne sera vendu sur place le soir même. Alors venez en grand nombre, on peut les acheter facilement sur le web.

J’en profite pour féliciter Jean-Benoît Nadeau et Carolyne Parent qui sont sélectionnés dans la même catégorie que moi. Je suis fière de côtoyer des gens de cette qualité que je lis depuis plusieurs années. J’ai commencé à la pige et je suis revenue au journalisme en assistant à une formation de Jean-Benoit qui m’a grandement inspirée. Avec mon mentor, Carle Bernier-Genest et mon père, il est la troisième personne que je dois remercier.

Je félicite les autres sélectionnés, plusieurs amis et connaissances ( Dominique Forget, Lisa-Marie Gervais, Catherine Mathys, Steve Proulx, Melissa Maya Falkenberg, Charles Plourde, Arthur Lacomme, Mathieu Burgard, Pascal Léveillé), la liste est longue, et illustre la vitalité et la qualité du journalisme indépendant.

L’année dernière, je n’avais pas présenté ma candidature, car j’étais membre du CA, mais le gala 2009 était magique et grandiose. La parodie de Pierre Karl Péladeau de Christian Vanasse était hilarante. Même si l’organisation est séparée du CA, je ne voulais pas qu’il persiste un doute. Cette année, quand j’ai décidé de ne pas me représenter, je me suis dit que c’était donc une bonne idée de présenter plusieurs articles à ces Grands prix. L’un est parvenu en finale. Hourra.

AJOUT : Ma collègue de RueMasson, Lisa Marie Noël m‘a fait toute une surprise en écrivant un article sur le sujet.

Autres articles sur le journaliste indépendant et l’AJIQ:
Pourquoi signer ces contrats indignes ?
Renonceriez-vous à vos droits moraux pour un bon tarif ?
Mandat terminé au CA de l’AJIQ
Pourquoi devenir membre de l’AJIQ ? Par solidarité.
Financeriez-vous un pigiste pour un reportage ?
L’arroseur arrosé: Quebecor se bat pour ses droits d’auteur et moraux.
Quand la diversité n’existe pas…
Signeriez-vous ça ?
Le journalisme indépendant, un nom, une marque.
La vie de pigiste à Vous êtes ici.

Une maison plus saine sans polluant

L’intérieur de notre maison est plus pollué que l’extérieur. Pourquoi ? À cause des multiples produits qu’on amène chez nous. J’en parle ai parlé ce matin au 98,5 FM lors de ma chronique environnement chez Isabelle Maréchal. Les conseils sont divers. J’avais aussi écrit un article dans le Coup de Pouce d’avril 2010.

Voici un résumé des principaux conseils à suivre pour dépolluer son intérieur, les produits à éviter, car l’air de sa maison est moins sain qu’on ne le pense. En effet, selon plusieurs études, il est plus pollué que celui de l’extérieur. Problèmes : poussière, humidité, produits en tout genre.

Les produits ménagers sont un problème, car ils ajoutent plein de polluants. Le livre 175 questions-réponses sur les produits ménagers est bien fait, un peu technique pour le commun des mortels, mais il répond honnêtement aux principales questions que chaque personne se pose. Ma seule réserve, il est fait par un chimiste qui travaille pour Prolav qui fait les produits ménagers écolos Biovert. Comme journaliste je me méfie toujours. Mais ces réponses sont très intéressantes. Il nous conseille aussi de se méfier des produits bio et écolos, car ils ne sont pas forcément inoffensifs. Attention aussi au mot naturel. Il ne veut rien dire.

Je m’oppose à l’une de ses conclusions qui dit qu’on aura de plus en plus un produit pour une utilisation particulière. Non. Je crois qu’il faut arrêter de multiplier les produits. Souvent le bicarbonate et le vinaigre font l’affaire et ne coûtent pas cher.

À éviter donc :

Les « bonnes odeurs »
Premiers produits à bannir de sa vie, les désodorisants en tout genre
les multiples produits parfumés et diffuseurs d’odeur divers sont de véritables soupes chimiques qui polluent notre air intérieur. Les spécialistes les déconseillent fortement. : Exit ceux électriques qui consomment de l’électricité en plus de diffuser une odeur chimique, les Air wick ( qui font une pub très greenwashing en présentant leur produit comme écono ? et écolo ? Aussi Febreeze et tous les produits qui diffusent une odeur. Même les huiles essentielles peuvent être problèmatique si on est asthmatique ou hypersensible. On ouvre la fenêtre et on trouve l’origine de la mauvaise odeur.

Les produits parfumés
De nombreux produits sont parfumés avec un parfum synthétique qui n’est pas naturel du tout contrairement aux produits plus écolos. On évite tout produit parfumé : nettoyants, cosmétiques, shampoing, savons, etc. C’est bien meilleur pour la santé.

Produits hyper toxiques
Les nombreux produits ( nettoyants pour le four, débouche tuyaux, nettoyants pour cuvettes des toilettes, assouplissants liquides et en feuilles dégagent des composés organiques volatils (COV) et autres polluants. On garde l’essentiel : un nettoyant tout usage, un dégraissant, un liquide vaisselle et un pour la lessive.
On utilise en priorité les produits d’entretien certifiés ÉcoLogo le Choix environnemental.

Les pesticides et autres produits dangereux
Adieu pesticide. Ils sont interdits depuis 2006 et on évite tous les types de pesticides. On préfère aussi les peintures sans COV, et les vernis à l’eau, les colles dans les meubles, etc.

La cigarette
La fumée de cigarette ou de la combustion du bois engendre des polluants. C’est la base d’éviter de fumer à l’intérieur.

L’humidité
Le taux d’humidité excessif de l’intérieur des maisons nourrit la moisissure et cause de nombreux malaises 

La poussière
On époussète régulièrement avec un simple linge humide, pas de produits. On lave ses draps et surtout son couvre-lit chaque semaine.

Suggestion de lecture

Les livres de Marc Geet Ethier sont super intéressants, publiés chez Trécarré : Ménage vert, se faciliter la vie en la protégeant et Zéro toxique, petit manuel de survie.

Le site internet de la SCHL offre de nombreux livrets d’information gratuits sur la pollution intérieure.

Et bien entendu, mon livre l’écolo écono et les autres.

Autres textes sur le sujet:
Où trouve-t-on les perturbateurs endocriniens ?
Lien entre pollution et cancer du sein.
Les logos écolos trop nombreux.
Se questionner sur les causes environnementales des maladies.
Faites du ménage, de l’air.
Attention aux cosmétiques bios.
Les détergents écolos pour lave-vaisselle.

Sans maquillage, sans retouche et des rondes dans les magazines féminins? (AJOUT)

Grande consommatrice de revues, je remarque une tendance forte dans les derniers numéros de quelques magazines féminins. On présente des femmes sans maquillage, des corps pas maigres et même assez ronds, des photos non retouchées… Est-ce seulement une mode ou un véritable virage ?

En tout cas même Tout le monde en parle s’y est mis en recevant, Karine Laprise, miss ronde Québec. Une entrevue qui portait encore sur les régimes, la bouffe et les calories. Bof.

Le Elle France du 26 mars 2010 présente en couverture la mannequin Tara Lynn, qui est loin de ressembler à la moyenne des mannequins. Elle pose nue dans la revue, les bourrelets de son ventre bien visible, mais pas une once de cellulite. L’a-t-on gommée ? Ne sommes-nous pas encore rendus à cette étape. C’est-à-dire accepter une femme avec sa cellulite ?

Tara Lynn

Dans l’article de Elle, on annonce dans le premier paragraphe qu’elle porte du 48. Je dirais du 14 ou 16 ans en Amérique du Nord. Disons que l’écart est grand, passer de mannequins qui porte habituellement du 2-4 ou 6 ans ( 32-34-36 environ en Europe) à du 16 ans. Comme d’habitude, on passe d’un extrême à un autre. Mais où sont donc les femmes qui portent du 8, du 10, du 12 ? Bref la moyenne des femmes. Les femmes minces qui ont du ventre. Les femmes en forme de poire avec des hanches, avec une culotte de cheval. Les femmes avec une petite poitrine, avec une forte, avec de la cellulite, avec des mollets forts, des cuisses rembourrées, des fesses, sans fesses, des gros bras, des petits bras, etc. Bref où est la diversité des corps dans les revues. Je rêve d’une revue qui nous représente vraiment comme le réclame la charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée.

Outre le Elle, le Marie-Claire d’Avril 2010 clame que ces photos ne sont pas retouchées. Dans son édito, la directrice de la rédaction, Christine Leiritz, souligne que le magazine n’est pas trop différent, car la revue ne pense offrir une image si erronée que ça de la réalité. Permettez-moi d’en douter.


Au Québec, la revue Mieux être (pour laquelle j’ai écrit pendant les 2 premières années) souligne ne pas avoir modifié la photo de Marie Plourde en couverture, et les autres.


Elle Québec nous présente des femmes, vedettes ou non, sans maquillage. C’est déjà arrivé dans une revue américaine. Ça fait beaucoup de bien. Car ça remet tout le monde à égalité. Et franchement, voir Ima en couverture de la revue sans maquillage, c’est une première. Bravo. On n’en demande pas tant.

Caroline Dhavernas dans le Elle Québec

En fait, ce qu’il serait bien de voir dans les magazines, ce sont moins de retouches et plus de diversité. Une diversité qui représente vraiment la réalité des femmes, toutes les femmes, peu importe leur taille.

AJOUT
Sylvie St-Jacques et Silvia Galipeau parlent aussi de ces tendances, respectivement, dans son blogue de Cyberpresse et La Presse. L’article de Silvia sur la dépendance au maquillage et le documentaire qui sera diffusée le mardi 11 mai à 20h à Canal Vie est très intéressant. Osez-vous sortir sans maquillage ?

AJOUT: une discussion sur le sujet de la Journée sans maquillage chez Christiane Charette.

Mon billet sur Branchez-vous sur le même sujet.

Autres textes sur le même sujet:
La télévision n’aime pas les rides et les femmes vintages.
La confiance en soi se détruit en trois secondes
Anti-Régimes.
La dictature de l’apparence
Le cahier de charge de la femme québécoise.

Anti-fête des Mères

Je n’aime pas la fête des Mères. Comme je n’aime pas Noël, la St-Valentin, Pâques, la fête des Pères, ces fêtes préétablies, convenues dont le seul objectif est commercial.

Depuis que j’ai lu cette chronique: Why I hate Mother’s Day, grâce à Geneviève Lefebvre, j’ai compris aussi pourquoi j’avais un profond inconfort. Comme si devenir mère conférait aux femmes un statut spécial de glorification éternelle. On élève les parents à un niveau supérieur par rapport aux non-parents. Pourquoi n’y a-t-il pas une fête des non-parents ?

Par ailleurs, les histoires de fête des Mères peuvent devenir des faux pas inconfortables quand on se met les pieds dans les plats. Quand on dit bonne fête à une femme qui à l’âge d’être mère (surtout quand on est dans la quarantaine) et qu’elle ne l’est pas. Ou quand on lui dit qu’elle va donc fêter sa mère et que cette dernière est morte (de Martine). Voilà ce qui arrive quand on assume prend pour acquis que toutes les femmes sont mères ou ont une mère à fêter.

Ces fêtes convenues dont la signification est hyper galvaudée perdent leur sens initial. N’est-ce pas rire des mères que de ne les fêter qu’une fois par année ? Car si je suis anti-fête des Mères, je ne suis pas anti-mères et anti-enfant. J’adore les enfants, je suis l’amie qui comprend ses amies mères, qui gardent leurs enfants parfois, qui couvre parfois les sujets famille et qui surtout écrit des livres pour les enfants. Je suis la tatie et la belle-mère parfaite. J’aime jouer avec les enfants de tous âges, je connecte avec eux. Mais je ne suis pas mère. Je n’ai jamais enfanté, porté un enfant. J’ai seulement été une belle-mère à une ou deux reprises dans ma vie. Suis-je moins que les mères ? Non. Chacune sa vie et ses expériences. Et j’admire certaines mères, comme j’admire certaines personnes pour d’autres raisons.

Et les mères qui ne peuvent enfanter ?
Pire encore, si on oublie alors toutes les femmes qui ne veulent pas être mères, on torture celles qui ne peuvent l’être et le souhaitent ardemment. Je pense à elles en cette journée qui leur ramène en plein visage cette triste réalité. Que dire des femmes qui sont des belles-mères, rôle ingrat comme le dit si joliment Patrick Dion.

Bref, cette fête me fatigue royalement par le fait qu’elle exclut tellement de femmes et qu’elle encourage seulement une consommation déjà galopante. Qu’elle glorifie les mères au détriment des autres femmes qui n’ont pas eu d’enfants. Une femme n’a pas besoin d’être mère pour être complète. Cette fête me fatigue, car elle rend triste les femmes stériles, les femmes célibataires que l’horloge biologique rattrape, les femmes qui ont donné leurs enfants en adoption, les femmes qui ont avorté, les femmes abandonnées par leurs enfants et j’en oublie.

Les mères méritent mieux qu’une journée, un bouquet de fleurs et une carte Hallmark achetés à la hâte. En fait, la véritable fête des Mères, c’est le 8 mars, car c’est pour toutes les femmes, sans distinction.

Autres textes sur la maternité et les femmes
Le cahier de charge de la femme moderne.
Maman après 40 ans, pourquoi pas ?
Sommes-nous toutes faites pour avoir des enfants ?
Les futures familles, femmes célibataires et gays ?
Discussion autour de la maternité de Rachida Dati.
Incompatibilité entre la politique et la maternité ?
Un enfant seule.
Avoir un enfant, a-t-on le choix ?

Alerte élevée au greenwashing

Depuis le début de l’année, je ne sais pas quelle mouche a piqué les entreprises, mais elles deviennent toutes vertes. Enfin en surface. À titre de journaliste, je reçois des communiqués m’annonçant des initiatives vertes à la pelle. Évidemment, je les regarde toujours avec scepticisme. Souvent avec raison. Malheureusement.

Le 22 avril dernier, sur Branchez-vous, je parlais du phénomène qui fait qu’on pense en faire beaucoup pour l’environnement alors que dans les faits, on évolue à la vitesse escargot.

Mais l’environnement touche une corde sensible chez les citoyens. Les entreprises l’ont compris. Certaines entreprennent un véritable virage, d’autres se lancent dans des produits réellement écolos, tandis que la majorité s’en moque ou utilise l’environnement à des fins de marketing. C’est du greenwashing. Stéphanie Kennan, présidente de Bang Marketing, explique bien ce qu’est le verdissement de réputation ou l’écoblanchissement et résume les sept pêchés de la mascarade écologique ou du verdissement (oui les traductions de greenwashing pullulent).

Une publicité qui dérange, c’est celle de Vitro Plus. La compagnie se targue de faire sa part pour l’environnement en recyclant votre pare-brise. Waou… quelle nouvelle. Est-ce vraiment nécessaire de nous inonder de publicité ?
Mathieu Bédard en parle dans son blogue sur la publicité. Et il n’y va pas avec le dos de la cuillère.

«En 2010, dans un contexte de publicité commerciale, dire sans aucune subtilité une connerie aussi grosse que “Prenez soin de l’environnement et faites remplacer votre pare-brise”, ou encore “Moi je recycle pour l’avenir de mes petits-enfants”, c’est pas pathétique, c’est pire encore. »

Il y a d’autres supposées innovations et avancées vertes qui sont publicisées par les entreprises alors qu’elles devraient la jouer discrètement. Sunchip qui met de l’avant son sac compostable. Pas de quoi se péter les bretelles…Surtout quand d’un autre côté, on fait des milliers de petits sacs individuels et que les chips sont hyper transformées. L’un des sept pêchés du verdissement de réputation est de prendre une caractéristique verte et la mettre de l’avant pour cacher les moins bons côtés.

Un autre des pêchés est d’en beurrer épais. Comme le fait Air Wick qui vend des désodorisants, l’un des pires polluants d’intérieur, en disant qu’ils sont éconos et écolos. Quand j’ai vu la publicité, je n’en revenais pas. Ayant fait un livre dont le titre est l’écolo écono où je conseille d’éviter comme la peste ces désodorisants qui nous font gaspiller de l’argent, j’étais stupéfaite de voir que certains publicitaires allaient aussi loin.

Seul exemple qui détonne, IKEA. La compagnie est loin d’être parfaite, mais les efforts sont nombreux et louables. La liste renouvelable de toutes les actions entreprises par IKEA est longue. Si toutes les compagnies n’en faisaient que le quart, ce serait un pas énorme. IKEA devrait quand même arrêter de vendre des verres jetables, des serviettes en papier. On y va pour acheter des meubles…

Il y a aussi cette publicité ci-dessous qui nous fait croire que les désodorisants sont hyper naturels.

D’autres exemples de greenwashing dont j’ai déjà parlé:
Hydro-Solution qui gaspille de l’eau. Les pubs ont finalement disparu.

Saint-Hubert qui verdit très pâlement et en fait une affaire nationale.

Tim Hortons qui parle de ces partenariats, mais n’offre pas de café certifié équitable et dont les tasses jetables continuent de remplir les sites d’enfouissement.