Le cahier de charge de la femme moderne ! (Mise à jour)

Puisque je fais partie de celles qui n’ont pas aimé la liste des 100 habiletés que doit avoir un « vrai » homme de L’actualité et que je suis totalement d’accord avec Catherine Perrault-Lessard d’Urbania. Si un magazine féminin nous avait sortis des trucs aussi traditionnels et vieux jeu que L’actualité, on aurait crié au scandale. Et je criais au scandale en faisant passer le test à des amis l’autre soir.

En lisant ce spécial homme dans L’actualité, je me suis demandé ce qu’était une vraie femme. J’ai pensé faire une liste. Mais en tombant sur la magnifique liste de mon collègue Jean-Sébastien Marsan qui décrit avec tant de justesse ce qu’un être humain doit tenter de devenir, je ne pouvais résister plus longtemps. J’ai donc décidé de suivre son exemple, ses catégories et de décrire les 25 habiletés de la femme moderne.

En fait, les deux listes pourront être fusionnées quand les hommes et les femmes auront atteint la réelle égalité. Car ces deux listes sont des souhaits, le souhait de voir chaque personne se respecter, décider par elle-même et ne jamais se faire dicter sa vie par la société. Et j’ajouterai la phrase de mon amie Geneviève Dorais-Beauregard qui est la plus importante:

« Il n’y a pas de vrais hommes et de vraies femmes, que des correspondances à des stéréotypes dictés par la société et issus de l’histoire, de la religion et autre. »

Travail, argent

1. Une femme travaille, à l’extérieur de chez elle, ou reste à la maison. Quand elle choisit de rester à la maison, c’est sa réelle volonté, pas celle de son chum. Si son chum désire rester à la maison, c’est aussi un choix qu’elle respecte et qu’elle fait respecter auprès des autres. Elle choisit la carrière qu’elle désire sans se laisser influencer et sans penser qu’elle n’en a pas les compétences. Elle peut devenir coiffeuse ou ingénieure, infirmière ou astronaute.

2. Pour des raisons tant écologiques qu’éthiques, une vraie femme limite sa consommation et évite de s’endetter sans réfléchir. La femme moderne n’est pas une tête sans cervelle qui ne trouve son plaisir que dans le lèche-vitrines et le magasinage. Il y a autre chose dans la vie que d’acheter une énième paire de chaussures ou un dixième fond de teint.

3. Une femme, une vraie ne se laisse pas impressionner par les hommes riches qui la couvrent de cadeaux et lui fait miroiter une vie de princesse. Elle ne se laisse pas acheter comme une vulgaire propriété. Elle sait être indépendante et autonome financièrement et savoir gérer ses propres affaires.

Éducation, culture, loisirs

4. Une femme, une vraie, étudie dans les domaines qui l’intéressent vraiment. Elle n’écoute pas les gens qui lui disent que tel domaine ne convient pas aux femmes. Tout comme les vrais hommes, elle favorise une bonne culture générale. Elle ne limite pas ses lectures à la littérature chick lit, aux magazines dits féminins, aux émissions de téléréalité. Une vraie femme lit aussi L’actualité (même si le niveau de ces tests est pire que ceux des magazines féminins), l’Express, le Monde, The Economist. Elle développe d’autres intérêts que le maquillage, le magasinage, la cuisine, la mode et les enfants. L’économie et la politique sont aussi des sujets importants qui méritent qu’on s’en occupe.

5. Une femme, une vraie, est toujours soucieuse de développer son autonomie intellectuelle et son esprit critique (exactement ce qu’à écrit Jean-Sébastien. Aucun besoin de changer ceci).

6. Une femme, une vraie, consacre son temps libre à des activités qui l’enrichissent intellectuellement ou socialement. Elle pense à elle et ne consacre pas tout son temps à ses enfants et son chum. Ces derniers sont capables de s’organiser sans elle, quoi qu’elle en pense.

7. Une femme, une vraie, reconnaît le féminisme et surtout se rappelle les luttes menées par les femmes qui l’ont précédé. Elle arrête de se comparer aux autres femmes, de vouloir la perfection irréaliste projetée par les magazines, d’avoir peur de vieillir et des rides.

Identité féminine

8. Une femme, une vraie, doit assumer tant sa féminité que son côté masculin. Elle doit pouvoir se comporter comme elle le veut sans se sentir juger. Elle peut préférer changer des pneus ou coudre, poser des tablettes et/ou cuisiner un gigot, détester le ménage et aimer tondre le gazon, haïr le tricot et adorer refaire la salle de bain. Comme l’a si bien écrit Geneviève Lefebvre : « Elle doit posséder un coffre à outils, au propre comme au figuré et savoir se servir du marteau contre les voleurs. »

9. Une femme, une vraie, ne se définit pas selon son chum, selon les hommes. Elle se définit comme une personne à part entière et s’assume.

10. Une femme, une vraie, n’a pas peur d’être superficielle et capricieuse à l’occasion. Elle doit assumer tous les côtés de sa personnalité sans s’excuser d’être elle-même. L’authenticité doit gagner.

Relations sociales, amoureuses, familiales

11. Une femme, une vraie, n’essaye pas de faire plaisir tout le temps à tout le monde. Elle est capable de dire non. Elle fuit les hommes qui ne la traitent pas avec respect, les remet à leur place. Elle fuit les hommes qui sont menaçants, manipulateurs. Elle aime un homme pour ce qu’il est vraiment, peu importe le métier qu’il exerce ou son statut social.

12. Une femme, une vraie, n’attend pas d’avoir trouvé l’amour et le partenaire idéal pour réaliser ses projets de vie. Elle est capable de s’acheter une maison seule si elle le désire. Elle est capable de voyager avec ses amies sans attendre après un homme pour le faire.

13. Une femme, une vraie, prend parfois les devants dans la drague et n’attend pas toujours que l’homme fasse les premiers pas. Quand l’homme les fait, elle le reçoit avec respect même si l’homme ne l’intéresse pas. Les hommes qui draguent sont peu nombreux, il ne faut surtout pas les décourager par solidarité avec les autres femmes.

14. Parlant solidarité, une femme, une vraie, ne bitche pas les autres femmes en les critiquant sur leur physique, leur coiffure, leur maquillage ou tout autre artifice. Elle travaille sur sa confiance en elle, boude la jalousie et se réjouit du succès des autres. Les femmes ne sont pas des menaces. Chacune à sa place sur la terre.

15. Une femme, une vraie, cultive ses amitiés, élargit son réseau social, à l’extérieur de son couple si c’est le cas. Si elle est célibataire, elle ne se morfond pas chez elle, elle rayonne à l’extérieur.

16. Une femme, une vraie, apprend à rompre de manière civilisée, surtout quand des enfants sont concernés. On ne critique pas le père de ses enfants, on ne prend pas les enfants en otage, on laisse la place au père qui veut la prendre (cela ne nous enlève rien en tant que mère). Si ce dernier n’est pas présent, on ne le laisse pas s’échapper ainsi. On le place face à ses responsabilités.

17. Une femme, une vraie, arrête de nourrir des fantasmes irrationnels de contes de fées, typiquement féminins : la rencontre de rêve avec le Prince charmant sur son cheval blanc, le coup de foudre qui débouchera immédiatement sur le grand amour. On arrête de croire au Père-Noël. Les contes de fées n’existent pas, sauf dans les livres et dans les films.

18. Une femme, une vraie, arrête de jouer une game avec les hommes et de suivre de soi-disant règles pour les attirer dans son filet. Elle reste authentique et honnête en tout temps. Elle se présente sous son vrai jour.

19. Une femme, une vraie, élève ses enfants sans faire de différence selon leur sexe. Elle respecte leurs jeux même si son garçon joue à la poupée et sa fille au hockey. Elle évite de transformer sa fille en poupée et résiste à l’hypersexualisation des filles.

20. Une femme, une vraie, peut être célibataire, vivre sans homme sans être jugée et se sentir extraterrestre.

21. Une femme, une vraie, ne juge pas les autres femmes qui décident de ne pas devenir mères, qui décident de ne pas allaiter, qui décident de boire un verre de vin quand elles sont enceintes.

22. Une femme, une vraie, n’est pas nécessairement une mère. Lorsqu’elle décide d’avoir des enfants, c’est un geste assumé et décidé par elle et son conjoint. Elle ne devient pas mère par habitude, car c’est ainsi que la société voit les femmes.

23. Une femme, une vraie, laisse le père s’investir dans l’éducation des enfants et les tâches ménagères. Elle évite de toujours dire à son chum comment agir avec les enfants ou comment faire le ménage. Elle évite de toujours lui faire des reproches quand il prend des initiatives. Elle évite de considérer son chum comme un enfant et de lui donner des ordres de manière constante. Un père ne garde pas ses enfants, il s’en occupe. Elle exige le partage des tâches en évitant de faire trop de compromis.

24. Une femme, une vraie, arrête de s’exprimer en métaphores et dit clairement ce qu’elle veut.

25. Une femme, une vraie, se pardonne de ne pas être parfaite et pardonne aux autres de ne pas l’être. Elle pratique l’équilibre et le lâcher-prise en tout temps.

AJOUTS (important car on remet chaque jour ces droits en question):
26. Une femme, une vraie a le droit d’avorter ou non. S’il est préférable qu’elle fasse ce choix en consultation avec son partenaire, c’est elle qui a le choix final. Car c’est corps. Point à la ligne.

27. Une femme, une vraie a le droit d’avoir le type de corps qu’elle a. Elle a le droit d’avoir des formes sans qu’on la traite de ronde ou de grosse. Elle a le droit d’avoir de la cellulite sans qu’on lui balance des reproches, des suggestions d’exercices ou de crèmes en tout genre. Elle a le droit d’avoir des rides et des cheveux blancs. Elle a le droit d’avoir un petit ventre sans qu’on lui demande si elle est enceinte. Elle a le droit d’avoir la peau qui flétrit sans qu’on lui conseille un bon chirurgien esthétique. Elle a le droit de vivre sans qu’on lui fasse remarquer qu’elle vieillit et qu’elle pourrait « faire quelque chose ». Car vieillir n’est pas une maladie. Car vieillir n’enlaidit pas les femmes. Car vieillir est normal.

Cette liste est totalement inspirée par celle de Jean-Sébastien dans les catégories et le style. Elle est cependant inspirée de ma situation et mon expérience. J’ai sûrement oublié certains points. N’hésitez pas à l’améliorer et à ajouter des habiletés comme l’ont fait certains commentateurs quand j’ai lancé cette idée au début du mois d’avril.

Un petit Coup de Pouce !

Bonheur et joie lorsque j’ai lu cet article de ma collègue Annie Richer dans Coup de Pouce hier matin. Il est toujours agréable d’être remarquée et reconnue. Surtout quand on lit quelque chose d’aussi gentil et agréable:

«Cécile Gladel est auteure, journaliste indépendante (pour Coup de pouce, notamment) et, surtout, passionnée d’écologie, d’engagement social et de consommation responsable. Quand les discours environnementaux s’embrouillent et qu’on peine à s’y retrouver, elle s’empresse de prendre le clavier et d’éclairer nos lanternes. Cette Auvergnate d’origine, Québécoise d’adoption, a le don de lancer des discussions enlevantes sur les questions d’actualité et de dénoncer la bêtise. »

J’essaye d’éclairer les lanternes, même s‘il semble que le journalisme environnemental est en voie de disparition. Une chance que je me diversifie et que je travaille sur divers autres sujets.

On découvre aussi d’autres blogues que l’on ne connaissait pas. Allez voir.

Randonnée de masse critique de San Francisco à Montréal

Masse critique à San Francisco en septembre 2009


Randonnée de masse critique. Que vous dites ces trois mots ? Manifestation, oui. À pied, non. En vélo, oui. Il s’agit d’une manifestation en vélo ou tout autre moyen de locomotion écologique et non polluant qui s’organise dans le monde chaque dernier vendredi du mois.

Il y en aura une à Montréal ce vendredi 30 avril qui partira du Carré Philipps.

Masse critique à San Francisco
Ces manifestations ont vu le jour à San Francisco en 1992. Lors de mon voyage en Californie en aout-septembre dernier, j’ai eu la chance d’assister à l’une de ces masses critiques dans la ville même qui les a mis au monde, San Francisco. J’y ai rencontré Joël Pomerantz, l’un des créateurs de la première Masse critique en 1992. Ce dernier me disait qu’aucune ville en Amérique du Nord n’était plus verte que Montréal. Ni San Francisco, ni Portland.

Joël Pomerantz et France Lebeau, une amie de Montréal

La pollution des champs électromagnétiques étudiée à Ottawa

On a entendu parler des problèmes de santé que pourrait causer l’utilisation du téléphone cellulaire, mais aussi des tours de transmission. Justement, j’abordais le sujet de la pollution par les champs électromagnétiques (CÉM) dans le premier chapitre de mon quatrième livre, Les Pollutions invisibles. D’ailleurs, le comité permanent de la santé au parlement d’Ottawa entendra des témoins à ce sujet ce mardi 27 avril de 9 h à 11 h.

Ce type de pollution est très vaste: les cellulaires, tout ce qui sans-fil, le wi-fi, les appareils électriques, les micro-ondes, etc. Certains pensent que c’est un problème grave comme André Fauteux, l’éditeur de la Maison du 21e siècle. D’autres comme l’Institut de la santé publique du Québec ou l’Organisation mondiale de la santé jugent la situation beaucoup moins alarmante. Difficile donc de s’y retrouver pour la population comme je le mentionnais dans mon livre.

Que faire: adopter le principe de précaution sans paniquer et choisir l’option qui nous convient le mieux comme je le suggérai dans les divers conseils qui suivaient les explications générales dans Les Pollutions invisibles. (Commandez-le chez Renaud-Bray, car il ne semble y en avoir que deux copies au magasin sur St-Denis. Comme toujours, les livres québécois ne sont pas en super vedette…)

Les CÉM étudiés au Parlement d’Ottawa
Plusieurs témoins seront donc entendus mardi 27 avril par le Comité permanent de la santé du Parlement. L’objectif est d’étudier l’impact des micro-ondes sur la santé humaine.

L’Association canadienne des télécommunications sans fil sera représentée par l’ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick, Bernard Lord. Plusieurs autres seront présents, dont Magda Havas, par téléconférence. Il s’agit d’une professeure en écotoxicologie de l’Université Trent en Ontario que je citais dans mon livre. Cette dernière soutient que l’électromagnétisme affecterait sévèrement 2 à 3 % de la population et qu’une personne sur deux serait plus ou moins affectée. Énorme.

Un porte-parole du Collectif S.E.M.O. (Sauvons nos Enfants des Micro-Ondes), François Therrien sera aussi entendu par le Comité.

Que l’on croit ou non les différentes études, les CÉM ne doivent pas être ignorés. S’il ne faut pas paniquer et faire venir une compagnie pour s’en protéger, il faut s’informer et se poser des questions.

Salon du livre d’Edmundston

Premier salon du livre de la saison pour moi, celui d’Edmundston au Nouveau-Brunswick. Invitée, je serai dans plusieurs écoles demain jeudi et vendredi, puis je donnerais une conférence l’écolo écono samedi après-midi à 15h.

Mon horaire de signature est sur le site du salon du livre. Venez me rencontrer.

Projets écolos dans des écoles du Québec recherchés

Petit appel aux écoles vertes du Québec (partout au Québec). Des écoles, pas des cégeps. Je cherche des exemples de projets écolos originaux, intéressants et inspirants dans le cadre d’un article. J’aimerais que les gens m’écrivent par courriel à l’adresse suivante : cecile.gladel at gmail.com, en indiquant clairement dans l’objet: projet école écolo.

Par ailleurs, dans le courriel, indiquez-moi en quelques phrases l’essentiel du projet en question. Ensuite, n’oubliez pas le nom de l’école et, surtout, la ville et région où elle se situe. (information très importante car les gens connaissent leur coin, mais le nom d’une école ne me dit pas du tout à quel endroit elle est située). Indiquez-moi le nombre d’années ou de mois depuis que le projet est en fonction. Indiquez-moi le nom de la personne ressource avec courriel et numéro de tél. (Le courriel est essentiel car il est parfois difficile de rejoindre les personnes ressources par téléphone dans les écoles)

Je ne pourrais choisir tous les projets, mais je m’en inspirerai peut-être pour d’autres articles. Un gros merci à toutes les personnes qui prendront la peine de me contacter. N’hésitez pas à faire suivre le lien vers ce billet. Je ne pourrais appeler et parler qu’avec les personnes dont je choisirai le projet.

Le Pirate des caramels, Cristo, en chair et en os !

La troisième aventure du Pirate des caramels, le livre jeunesse que je fais avec l’illustratrice Éva Rollin, vient de sortir en librairie avec une nouveauté. En effet, Cristo, le pirate écolo en question est maintenant réellement vivant.

Lors du Salon du livre de Québec, Cristo, personnifié par le comédien Yoda Lefèbvre, a animé une conférence en chair et en os. Cristo existe donc avec Vermi dans son chapeau et Caramel dans le coin. Ne reste que Fée colo qui, pour le moment, laisse toute la place à Cristo. Chaque chose en son temps.

En attendant, la troisième aventure de Cristo se passe dans l’espace qu’il va explorer et dépolluer. À la veille du 40e anniversaire du Jour de la Terre, c’est une belle occasion de sensibiliser les jeunes à l’environnement tout en leur permettant de s’amuser avec une histoire pas culpabilisante. Et surtout une aventure écolo, drôle, pour les jeunes de moins de 8 ans et fabriquée au Québec. Car les livres dans ce domaine sont rares.

Les photos sont de ma merveilleuse éditrice, Ingrid Remazeilles

Bac ou sac de recyclage ?

La question bat son plein à Montréal. Doit-on utiliser des sacs pour le recyclage puisque les bacs ne sont pas une solution idéale et engendre une grande malpropreté, surtout les jours de grands vents. Plusieurs arrondissements de Montréal se mettent au sac.

Dans les villes de banlieue où les citoyens ont des cours et plus d’espace qu’en ville, on utilise des gros bacs roulants. En France, dans mon petit village d’origine d’Auvergne, on utilise aussi de gros bacs roulants. Que faites-vous pour recycler ?

En ville les bacs roulants ne sont pas pratiques. Est-ce que les sacs sont la meilleure solution ? C’est la solution la plus propre, sauf quand les gens qui fouillent déjà dans les bacs décideront d’éventrer les sacs de plastique. Question éternelle.

Venez lire l’article sur cette question sur RueMasson.com

Pourquoi signer ces contrats indignes ?

Je reviens sur mon billet d’hier dans lequel je racontais mon refus de signer un contrat qui me demandait de renoncer à mon droit moral (j’explique plus bas ce qu’est le droit moral et le droit d’auteur).

Plusieurs journalistes ne signent pas. D’autres signent. Je le sais, certains me l’ont confié tout en sachant que je ne les approuvais pas. Ils signent, car ils veulent continuer de gagner leur vie en étant journaliste, en exerçant leur métier. Mais est-ce bien du journalisme ? Ou de la rédaction publicitaire ?

Les journalistes ne sont pas plus résistants que ça ? Ne pose pas plus de questions sur un contrat ? Ne sommes-nous pas censés représenter l’éthique et la résistance ? Je ne sais pas, je pose des questions, car je veux surtout que le sujet soit abordé et discuté. Ça fait trop longtemps que l’Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ) se bat seule dans son coin comme un diable dans l’eau bénite pour dénoncer ces contrats et conditions indignes.

L’AJIQ dénonce, pointe du doigt, tente de négocier, mais ne peut rien changer tant que les journalistes acceptent sans broncher de signer ces foutus contrats. L’AJIQ ne pourra rien changer tant que les journalistes indépendants ne se regrouperont pas en son sein. L’AJIQ a besoin de tous les journalistes indépendants (comprenant les contractuels, surnuméraires, recherchistes, photographes et tout autre travailleur indépendant de l’information) pour faire bouger les choses.

Quand un journaliste me demande ce qu’il obtient en échange de ses 130 $ de membership pour l’AJIQ, je ne sais que répondre. Il attend quoi ? Seulement des services ? L’AJIQ en offre. Est-ce que ça vaut 130 $ ? Je ne le sais pas. Je n’évalue jamais mon implication de façon monétaire.

Ce que je sais par contre, c’est que la solidarité, l’union des forces pour obtenir une reconnaissance et la droit à la négociation collective, ça n’a pas de prix. Et ça vaut beaucoup plus que le 130 $ par année.

Au bout du compte, la force que l’on donne à l’AJIQ en devenant membre, c’est une force que l’on se donne à soi. On se donne la force du nombre, la force de dire non, la force de refuser et la fierté d’être un journaliste vraiment indépendant, la fierté de notre métier.

Évidemment, tout ne se fera pas du jour au lendemain. Le métier ne deviendra pas un jardin de fleurs sans contrats de merde et tarifs ridicules en criant ciseaux. Ça prend du temps, de la salive, des bénévoles comme les membres du CA de l’AJIQ (dont je ne fais plus partie), des rencontres, de la persuasion, et du temps. Encore.

Mais à long terme, c’est une bataille qui donnera du lustre à notre métier. Une bataille collective qui nous donnera des outils pour mieux travailler, pour se faire respecter et se faire mieux payer.

L’entente signée avec Gesca et CEDROM-SNi est un début. Évidemment, on perd des plumes dans la bataille (lire des contrats, donc de l’argent). C’est ainsi. Mais je préfère perdre des plumes que de perdre mon âme.

Explication
Le droit moral et le droit d’auteur(que tout avocat ou spécialiste se permette de rectifier toute erreur)

Le droit d’auteur est le droit légal que possède tout auteur sur un texte, une oeuvre, etc. Généralement le journaliste indépendant vend le droit de première publication à une revue. Pour rediffuser, reproduire et reprendre, il faut payer plus ou s’entendre. Pour renoncer à ces droits d’auteur, un journaliste s’attend à une rémunération en conséquence. C’est à dire supérieure. Ce que peu de médias consentent. La situation est différente pour les journalistes salariés qui délaissent leurs droits d’auteur en signant leur contrat d’embauche. Le site de l’AJIQ offre de l’information sur le droit d’auteur, les contrats, les tarifs, et plus.

Le droit moral est différent. Plusieurs journalistes considèrent qu’en leur demandant de renoncer à leur droit moral sur un texte, c’est un peu comme si on leur demandait de signer le contrat avec leur sang. En fait, en renonçant à ce droit, on renonce à ce que notre nom soit associé au texte, on n’a plus son mot à dire sur tout changement que subirait le texte.
En fait, en renonçant à son droit moral, on renonce un peu à sa profession. Car le texte peut se retrouver n’importe où. Il peut être utiliser comme publicité, comme publireportage…etc.
Imaginez. C’est ça qu’on ne peut accepter.

Comme journaliste, vous devez parler à des spécialistes, des contacts. Vous les citez dans vos articles. En renonçant à votre droit moral, leurs mots et citations peuvent se retrouver n’importe où, n’importe comment. Votre crédibilité en prend un coup. Pensez-vous que le spécialiste voudra vous reparler ?

Renonceriez-vous à vos droits moraux pour un bon tarif ?

La vie de journaliste indépendante est difficile. On nous soumet des contrats et des tarifs ridicules. J’en ai déjà parlé. Quand on vous offre un beau contrat, un tarif supérieur à la moyenne et une certaine régularité, c’est formidable. Quand vous prenez la décision de ne pas accepter ce contrat, car il y a un petit hic, vous en avez le coeur brisé. Mais je persiste et continue à dire que tous les journalistes pigistes devraient être membres de l’AJIQ. Pour garantir l’avenir du journalisme indépendant. (Voir la vidéo à la fin de ce texte).

C’est ce que je viens de faire, la mort dans l’âme (Pas devenir membre de l’AJIQ, mais refuser un contrat). J’en ai honnêtement les larmes aux yeux. De tristesse et de rage de devoir toujours choisir. Je ne vous donnerai pas les détails sur le nom du client. Mais je peux vous dire que c’était quelque chose d’intéressant, de passionnant que j’aurai adoré faire. Et très bien payé. Sauf que je devais renoncer à mes droits moraux. Aucune négociation possible.

Je ne pouvais pas, même en secret, signer un tel contrat. J’aurai eu l’impression de trahir mes collègues, mon association (l’AJIQ), mon métier. À titre de membre du CA de l’AJIQ, je me suis battue pendant plus de quatre ans contre la cessionle renoncement à ses droits moraux. Je suis montée aux barricades pour dénoncer de tels contrats. J’ai conseillé mes collègues de ne pas signer. Comment aurais-je pu signer ? J’ai réfléchi. Je ne pouvais pas. Je ne pouvais aller à l’encontre de mes principes.

Ça me brise le coeur, car je me prive ainsi d’un revenu intéressant et de l’écriture de textes différents de ce que je fais habituellement. Mais c’est ainsi. J’ai choisi puisqu’aucune négociation n’était possible. J’ai choisi de ne pas signer pour garder ma crédibilité et mon éthique personnelle.

J’en parle car je veux que tout le monde sache que notre métier n’est pas toujours facile. Je veux que l’on sache que tout n’est pas rose et que de nombreux autres journalistes choisissent aussi de renoncer à de bons contrats qui payent bien pour une question de droits et de principes. Et puis j’ajouterai que j’aimerais que les éditeurs qui nous font signer ces contrats sachent qu’il y a des implications humaines derrières ces simples mots et ces contrats qui ne semblent être que des bouts de papier. Qu’il y a des décisions déchirantes que l’on doit prendre. Que tout n’est pas que business et cash…Il y a des humains, des professionnels qui tiennent et aiment leur métier.

Je veux aussi pouvoir toujours dire à d’autres journalistes de ne pas signer et leur donner mon exemple. Car sans union et solidarité, on ne fera jamais avancer les choses. Je veux aussi que ça change et que l’on n’impose plus des contrats inacceptables. Car c’est injuste, vraiment trop injuste. Mais j’ai fait le meilleur choix. Car il faut s’unir pour agir.
J’en profite pour vous présenter la vidéo préparée pour l’AJIQ pour sa nouvelle campagne de recrutement dont parle Nicolas Langelier. Bref, devenez donc membre de l’AJIQ. C’est important.

Autres textes sur le journalisme et les contrats:
Mandat terminé au CA de l’AJIQ.
Quebecor: l’arroseur arrosé
Signeriez-vous ça ?
Le journalisme indépendant, une marque, un nom ?
Des nouvelles du contrat de TVA Publications
Christian Vanasse parodie Pierre-Karl Péladeau: délirant
La vie de pigiste à Vous êtes ici.

Sondage: la créativité québécoise c’est quoi?

Petit sondage express pour un article…Je recherche plusieurs exemples de la créativité québécoise. Autant passés, présents que futurs…Certains sont connus mondialement, d’autres beaucoup moins et c’est ceci que je veux aller chercher.

Que ce soit dans le domaine culturel (Cirque du soleil, Céline Dion, Robert Lepage), sportif (Louis Garneau, Arkel), écologique ( Harricana), technologique (Bixi, Beenox et Guitare Hero)….et plein d’autres que j’oublie…

Il y a aussi la créativité passée…N’étant pas québécoise de naissance, j’oublie sûrement quelques inventions québécoises qui sont maintenant entrées dans la vie des citoyens…

J’attends vos suggestions…Merci.

Le pirate écolo qui explore l’espace est en librairie


À la veille du 40e anniversaire du Jour de la Terre, le troisième tome du Pirate des caramels, le pirate écolo dont je raconte les aventures depuis septembre dernier, vient de sortir aux Éditions Goélette. Éva Rollin dessine les fabuleuses illustrations. Ces histoires s’adressent aux jeunes de moins de 8 ans et permettent de les sensibiliser à l’environnement tout en les amusant.

Car ce sont des histoires, dont Cristo, le pirate écolo est le héros. Il est accompagné par Fée colo, la fée-sirène artiste, Vermi, le ver composteur scientifique et Caramel, le chat gaffeur, pas très écolo, qui adore les caramels.

Dans ses deux premières aventures, Cristo nettoyait l’eau puis sauvait les bélugas. Dans sa troisième aventure, il explore l’espace pour le dépolluer.

Si votre enfant est attiré par les planètes et l’espace, on l’explore de long en large.

En plus, en fin de livre, une série de 10 questions sur le thème de la pollution de l’espace plus une recette de caramel.

Autres articles sur le sujet:
Le gentil pirate arrive en ville.
Lancement du Pirate des caramels.
Je suis pirate.
Le pirate à Winnipeg.
Mes livres.
Choisissez les auteur-e-s québécois-e-s.

Le communiqué de presse