Doit-on habiter la ville pour comprendre la vie urbaine?

Est-ce que tous les employés municipaux habitent la ville pour laquelle ils travaillent ? Bonne question. À Montréal, 41,2 % résident à l’extérieur de la métropole selon le parti Projet Montréal.
Une situation que le deuxième parti d’opposition décrie. Ce qui veut quand même dire que la majorité de ses employés l’habitent si on prend les chiffres dans l’autre sens.

Pour des raisons de respect de la charte des droits de la personne et d’un jugement de la Cour suprême en 1997, il est impossible d’imposer un lieu de résidence à des employés municipaux. «C’est un constat d’échec, quand les employés de la Ville, ceux qui devraient à juste titre promouvoir la vie en ville, habitent eux-mêmes en banlieue», déclarait Richard Bergeron, le chef de Projet Montréal dans le communiqué de son parti.

Préoccupant en effet qu’une ville ne puisse pas attirer ses propres employés. Sauf que la ville n’a pas vraiment les moyens de contrôler le prix des propriétés et des loyers sur son territoire. Mais elle peut mettre en place des actions pour ne pas encourager l’éloignement de ses employés. Il est vrai qu’on ne doit pas leur rembourser les frais d’utilisation de leur automobile et leur offrir le stationnement gratuitement.

Des employés qui ne comprennent pas la vie urbaine
Est-ce que des employés qui habitent à l’extérieur de la ville à une incidence sur leur travail. Parfois non, parfois oui. J’ai vécu une situation qui le démontrait. Mes voisins et moi travaillons à verdir notre ruelle depuis deux ans. Un employé de l’arrondissement est venu nous rencontrer pour parler du projet. Il est arrivé avec son pick-up personnel dans notre ruelle. Après quelques minutes de discussion, il semblait très fermé au projet et ne le comprenait pas du tout. « Déménagez donc en banlieue si vous voulez des espaces verts et des endroits pour que les enfants jouent», nous a-t-il lancé à un moment donné. Les gens qui assistaient à la rencontre étaient époustouflés et en colère. En n’habitant pas la ville pour laquelle il travaillait, cet employé démontré sa méconnaissance totale et complète de la vie urbaine.

Tous les employés n’auront pas la même réaction, mais c’est un exemple très probant des répercussions de l’exode des fonctionnaires municipaux sur les services aux citoyens.

Je me demande d’ailleurs si les employés des villes de Paris, Londres, New-York et Los Angeles habitent la ville pour laquelle ils travaillent. Avec des résidences hors de prix par rapport à Montréal. En ont-ils les moyens ?

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6 Réponses

  1. Le problème est que les gens qui choisissent la banlieue adoptent souvent l’attitude des banlieusards confiants dans la supériorité de leurs choix. J’aime citer le maire Hubert Meilleur de Mirabel, champion toutes catégorie du mode de vie banlieusard, qui qualifie l’habitat des montréalais de cages à poules pendant qu’il combat la CPTAQ qui l’empêche de construire son centre d’achats.

    Selon cette vision des choses, si on veut vivre au centre-ville, on n’a qu’à assumer les conséquences. Dans NDG il a fallu se mobiliser pour empêcher les pompiers de squatter l’espace vert adjacent au poste avec leurs grosses bagnoles et la complaisance des collègues de la police.

    On ne peut pas empêcher les employés de vivre en banlieue mais, on doit leur signifier clairement qu’ils sont payés pour valoriser nos choix plutôt que les leurs.

  2. Moi je crois qu’on devrait éventrer les gens qui s’opposent aux ruelles vertes et les pendre avec leurs boyaux.

    Non mais sans blague c’est gratuit comme raisonnement mais pas vraiment plus que l’argumentation de celui qui s’est opposé à l’initiative locale. Il y a quelques ruelles vertes sur le plateau qui sont des oasis de verdure dans toute la saleté urbaine du coin.

  3. A Paris les employés municipaux n’ont pas les moyens de se loger sur Paris même. Il y en a qui vivent en HLM mais il n’y a pas de place pour tout le monde. Il y a quelques années on avait même appris que certains employés de la mairie étaient sans domicile fixe.

  4. @Hubert Simard

    Vous occultez un élément essentiel dans votre réponse : la bataille que livre le maire Hubert Meilleur à la CPTAQ tourne non pas autour d’un centre commercial, mais d’une gare du train de banlieue. Le maire de Mirabel voudrait permettre à ses concitoyens d’accéder au train de banlieue, et ainsi, réduire le nombre d’automobiles entrant à Montréal.

    http://www.journallecourrier.com/article-437535-Requete-pour-une-gare-a-SaintJanvier.html

    Ca serait bien que ceux qui prennent plaisir à taper sur la banlieue savent aux moins de quoi ils parlent avant de s’ouvrir la trappe.

  5. Question stupide…
    (note: je travaille pour la Ville de Montréal mais mon commentaire est personnel)

    Mais bon, c’est peut-être moi parce que plusieurs médias ont repris « la nouvelle », y compris The Gazette, un journal pourtant sérieux, qui terminait son édito du 20 mars en écrivant: « Montrealers would be better served if those who work for us lived with us. » Franchement n’importe quoi…

    Évidemment, tous les goûts sont dans la nature et les opinions divergent, notamment en ce qui concerne l’aménagement urbain et la place de la voiture dans notre société. L’homme au pick-up n’avait pas la même opinion que vous (ni que moi d’ailleurs). Peu importe, son opinion ne vient pas du fait qu’il habite en banlieue ou non (on ne le sait pas). Je connais des gens partisans du tout-à-l’auto qui habitent au beau milieu du Platô. Mais il n’était pas là au nom de la Ville à ce que je comprend. Faudrait peut-être pas se servir d’un événement « privé » pour tirer des conclusions douteuses.

    Je suis très conscient (et les collègues que je côtoie le sont aussi) du fait que ce sont les Montréalais qui paient mon salaire. Je répond toujours avec respect et courtoisie aux citoyens (qui s’adressent rarement à moi directement, mais bon…) et je fais mon travail en m’assurant que leur argent est bien dépensé.

    Comment, Diable, le lieu de résidence de ma famille peut-il affecter la qualité de mon travail? C’est insultant.

  6. @Thierry

    C’est une des raisons qui m’a fait quitter Montréal pour la banlieue: Beaucoup de Montréalais sont très forts pour faire la morale sans avoir toutes les pièces du puzzle. C’est une chose d’avoir des opinions divergentes (essentiel dans une société démocratique) c’en est une autre de porter des jugements gratuits en refusant de voir qu’il y a une vie à l’exétrieur du pléto…

    Bien qu’il aurait gagné à préciser son propos, l’employé dans son pick-up n’avait pas tout à fait tors de dire que c’est plus facile d’avoir des espaces verts en banlieue. Juste la densité de population plus faible est un atout énorme sur cette question.

    De facon plus spécfique et sur le sujet de départ de cette discussion je ne crois pas que l’exode vers les banlieue est exclusif aux fonctionnaires municipaux. Montréal est entrain de perdre ses forces vives au profit de la banlieue. Au lieu de frapper dessus, je crois que certains politiciens montréalais être plus conciliants envers ceux qu’on appelle avec un brin de condescendance « 450 »….

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