Où trouve-t-on des perturbateurs endocriniens ?

Après le reportage de Découverte sur les perturbateurs endocriniens, plusieurs personnes se posent sûrement des questions.

Ces perturbateurs auraient un lien avec le cancer du sein. J’en parle dans un article écrit pour Clin d’Oeil que vous trouverez ici. Mais où trouve-t-on ces perturbateurs endocriniens ? Partout malheureusement. Dans les pesticides, les carburants, des matières plastiques, des détergents, des solvants industriels, la fumée de cigarette, des produits de soins personnels, et dans certains médicaments. Certains additifs alimentaires sont des perturbateurs endocriniens.

Quels sont les produits chimiques problématiques?
• Le DDT, qui demeure omniprésent, même s’il a été interdit;
• Les herbicides de la famille des triazines. Alors que l’atrazine est interdit dans toute l’Europe, il est épandu à grande échelle aux États-Unis, sur de nombreuses cultures de première importance.
• Le bisphenol A : plastiques
• Les hydrocarbures polyaromatiques : Produits de combustion ubiquitaires.
• La fumée secondaire de cigarette
• Les dioxines : présentes dans les cultures, les viandes et les produits laitiers.
• Les alkylphénols : détergents et d’autres produits nettoyants.
• Les métaux : Cuivre, cobalt, nickel, plomb, mercure, cadmium et chrome.
• Les phtalates : Produits chimiques servant àrendre les plastiques plus flexibles; aussi présents dans certains cosmétiques ( vernis à ongles, fixatifs, parfums)
• Les parabènes : Antimicrobiens utilisés dans certains cosmétiques et certains produits de soins personnels.
• Phytooetrogènes: Soja, céréales

Source: L’État des connaissances: la relation entre l’environnement et le cancer du sein

Lien entre pollution et cancer du sein ?

(Voici un article paru dans le numéro d’octobre 2009 de la revue Clin d’Oeil – Il traite des liens entre la pollution et le cancer du sein, dont les fameux perturbateurs endocriniens)

Pour trouver une ribambelle de liens sur la maison saine, le cancer du sein, la prévention et l’environnement, c’est dans cet article.

Cancer du sein : produits chimiques sous surveillance
Vous mangez bio, faites du sport, deux enfants, aucun antécédent familial ? Vous êtes à l’abri cancer du sein ? Malheureusement non. La pollution et les produits chimiques pourraient jouer un rôle. Voici pourquoi.

À 42 ans, Josée n’imaginait pas être sur la liste des victimes d’un cancer du sein. Naturopathe, non-fumeuse, elle n’avait aucun des facteurs habituels. Pourtant en 2006, le terrible diagnostic tombe. Et les exemples comme Josée pleuvent. Faut-il donc s’en remettre à la fatalité ou soupçonner des liens entre l’environnement le cancer du sein ?

De plus en plus de scientifiques sonnent l’alerte et pointent du doigt les facteurs environnementaux : pollution et produits chimiques et synthétiques. D’ailleurs, Action cancer du sein Montréal, un organisme à but non lucratif, a produit, en 2008, un rapport sérieux et très documenté : L’état des connaissances : les liens entre le cancer du sein et l’environnement. « De décennie en décennie, depuis la Seconde Guerre mondiale, les taux d’incidence de cancer du sein augmentent parallèlement à la prolifération des produits chimiques de synthèse », peut-on y lire.

De l’Institut national de santé publique du Québec au Réseau québécois des femmes en environnement, plusieurs groupes se réfèrent à ce rapport qui fait état des dernières recherches scientifiques sur les effets cancérigènes des contaminants dans les cosmétiques, la nourriture, les plastiques, l’air, l’eau, etc.
Deux mots qui paraissent barbares y sont aussi pointés du doigt : les perturbateurs endocriniens. Il s’agit de contaminants qui viennent modifier notre système endocrinien à long terme.

Louise Vandelac, professeure à l’Institut des sciences de l’environnement de l’UQAM et chercheure au CINBIOSE, qui a mené plusieurs recherches sur le sujet, observe qu’on néglige l’analyse des polluants persistants et de leurs effets de perturbation endocrinienne. « La santé des populations est étroitement liée à celle des milieux de vie et des écosystèmes.Il faut donc aller bien au-delà des habitudes de vie personnelles et des services de santé, pour inclure la réduction à la source des principaux contaminants.»

La Fondation canadienne du cancer du sein parle aussi des facteurs environnementaux, tout en précisant que les connaissances dans le domaine ne sont pas complètes. « Vous êtes en contact avec des produits chimiques en respirant, mangeant et buvant, ainsi qu’en touchant des produits naturels ou fabriqués », peut-on lire sur leur site Internet.

La docteure Diane Pelletier de la Fondation québécoise du cancer du sein ajoute que la question est très complexe, expliquant la lenteur du consensus scientifique sur ces facteurs environnementaux. « Les soupçons sont de plus en plus précis sur la responsabilité de plusieurs produits chimiques sur le cancer du sein, mais rien n’est prouvé ».

En effet, chaque femme va réagir de manière différente selon le lieu, la durée et la quantité d’expositions ainsi que la façon dont la substance agit sur la composition génétique de chacune.

Action cancer du sein Montréal n’est pas du même avis et pense que les preuves scientifiques sont suffisantes. « 50 % des cas de cancers du sein ne sont pas liés aux habitudes de vie. Ce type de cancer atteint des femmes de plus en plus jeunes et on continue à leur parler de leur style de vie. C’est très culpabilisant de savoir qu’on est responsable de son cancer », souligne Nancy Guberman, membre de l’organisme.

Que faire ?
Bien entendu, les actions personnelles arrivent en tête de liste : éliminer les produits chimiques de sa vie, manger bio, éviter les aliments transformés, utiliser des cosmétiques certifiés biologiques, des nettoyants, peintures, vernis écolos.
On peut aussi paniquer en pensant que chaque substance nous rapproche d’un cancer. « Il est vrai qu’on peut se sentir impuissante, mais au contraire, une fois informée, on doit faire pression sur les gouvernements pour favoriser l’adoption de réglementations sévères », explique Nancy Guberman.
Des pressions que l’on peut faire en écrivant à son député autant au fédéral qu’au provincial, en s’impliquant, en informant son entourage. « J’ai commencé à agir il y a 11 ans lorsque j’ai été atteinte d’un cancer du sein. N’attendez pas d’être une victime, soyez proactives », lance Mme Guberman.
Pour Louise Vandelac la mise en place du règlement sur les pesticides en 2006 au Québec constitue une importante avancée, mais il faut aussi viser l’agriculture, principal utilisateur de pesticides et d’OGM pesticides.
« Nous vivons dans une véritable « soupe de produits chimiques », dit-elle, d’où l’urgence d’améliorer nos mécanismes d’évaluation, comme l’ont fait les Européens en adoptant le 1er juin 2007 la règlementation REACH (enRegistrement, Evaluation et Autorisation des substances CHimiques) désormais en vigueur en Europe.

En attendant comment se termine l’histoire pour Josée ? Elle est en rémission, mais vit avec une épée de Damoclès. Elle a profité de cette épreuve pour changer de carrière, son couple est plus fort et elle vit maintenant le moment présent. Elle continue à éviter tout ce qui pourrait polluer sa vie dans la mesure de son possible.

Pour en savoir plus
L’État des connaissances: la relation entre l’environnement et le cancer du sein
Sous la direction de Janet Gray, Ph. D.

Fondation québécoise du cancer du sein

Fondation canadienne du cancer du sein

The silent spring Institute

Breast cancer fund

La Convention de Stockholm, entrée en vigueur au plan international le 17 mai 2004, qui vise l’élimination «écologiquement rationnelle» de douze polluants organiques persistants (POPs).

Le monde selon Monsanto de Marie-Monique Robin ( livre et DVD)

Au coeur de la maladie mentale à Louis-H

La bande annonce et explication sur ces capsules

Patrick Lagacé nous faisait découvrir dans sa chronique de samedi dans La Presse les capsules d’un jeune vidéaste sur la vie quotidienne à l’hôpital psychiatrique Louis-H Lafontaine, situé dans l’est de Montréal. Étonnant et fascinant. Incroyable aussi de voir un hôpital s’ouvrir ainsi.

La maladie mentale sous toutes ses formes est un énorme tabou. Notre société très normative rejette toute forme de différence et de décalage quelconque avec ce qui doit normalement être. Alexandre Hamel s’est vu confié le passe-partout de l’hôpital la clef 56, titre de ses capsules.

Le jeune vidéaste commence en nous montrant les deux mondes. Celui de la déficience intellectuelle et de la maladie mentale. Les premiers ont un handicap pour la vie qui nécessite une aide constante, tandis que les autres peuvent généralement vivre et fonctionner dans la société.

Certains sont en garde fermée temporaire pour leur sécurité et celle des autres. Alexandre Martel s’est intéressé à deux de ces personnes, Sébastien et Michèle, qui luttent pour ne pas se retrouver privées de leur liberté.

Un autre commentaire du vidéaste sur les infirmières qui travaillent dans cet hôpital et qu’il qualifie d’héroïques. « Dire qu’elles sont payées moins cher qu’une personne qui passe le balai dans le métro». En effet, inégalité injuste. Le niveau de stress et de responsabilité est diamétralement différent. Aucun rapport.

Des capsules à voir et à diffuser pour s’ouvrir l’esprit. Pour repousser du revers de la main, ce tabou de la maladie mentale. Ces gens ont besoin d’aide, de médicaments, mais doivent être intégrés à la société. Ils en font partie au même titre que vous et moi.

La première capsule