L’amour total et intense des fans…

Après mon billet sur la décevante cérémonie d’ouverture et la critique que j’ai faite de la performance vocale de Garou, j’ai subi les foudres des fans du chanteur. Je n’étais pas surprise. Ce qui m’a étonnée c’est l’amour intense, total et quelque peu limite qu’éprouvent ces fans envers un artiste.

Je suis plus qu’étonnée. Je ne comprends pas et cela me fait même peur. Comment peut-on aimer une personne qu’on ne connait pas ? Qu’on ne connait pas ? Qu’on n’a jamais rencontré ? J’ai eu un peu le même malaise intense lorsque je regardais le DVD de Céline Dion de son spectacle à Vegas. Les fans qui la rencontraient pleuraient, dépensaient des centaines voir des milliers de dollars pour venir la voir, parfois plus d’une fois et même 70-80 fois. Un peu intense non ?

Pourquoi certaines personnes vouent une admiration maladive à des vedettes qu’elles n’ont jamais vues ? Est-ce un manque ? De la solitude ? Je n’arrive pas à comprendre cette passion qui me fait peur. Évidemment, j’apprécie certains artistes. J’étais très heureuse de voir mon groupe favori que j’adorais quand j’étais adolescente, The Police, en spectacle lors de leur réunification. Mais je n’ai pas capoté. J’apprécie Pierre Lapointe, Dumas, Malajube, Manu Chao, surtout en spectacle, mais je ne les aime pas d’amour. Je ne les connais pas.

D’ailleurs, un texte trouvé sur le site de la Libre Belgique, parle du phénomène. Intéressant. Le mot fan vient de fanatique.

«Où s’arrête la normalité? Peut-on parler de pathologie mentale? Dans la plupart des cas, la réponse à la seconde question est «non». En effet, la fan attitude s’avère très fréquente, à des degrés divers toutefois. Elle naît classiquement à l’aube de l’adolescence, période au cours de laquelle le jeune se détourne du milieu familial au profit d’autres figures à aduler. »

Ouf. Mais la majorité quitte l’adolescence en arrêtant cette adulation. D’autres semblent ne jamais en sortir. Parfois ça tourne mal. John Lennon a été tué par un fan. Le président Ronald Reagan a été victime d’un attentat commis par un homme qui voulait attirer l’attention de la comédienne Jodie Foster. Les exemples sont nombreux.

Mais entre les gens qui ne sont pas des fans fanatiques et les fanatiques inquiétants, il y a les fans non dangereux qui consacrent leur vie à leur idole et viennent le défendre bec et ongles sur un blogue, qui lui écrivent des mots doux, lui disent qu’elles l’aiment, lui envoient des bisous, des cadeaux comme ici à la fin du site consacré à Garou. Et ce n’est qu’un exemple, c’est la même chose pour les autres artistes. Ça aussi c’est un peu fort non ? Mais bon, ça ne fait de mal à personne…et si ça peut rendre les gens heureux. Tant mieux.

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4 Réponses

  1. C’est dur à expliquer, mais dans mon cas, pour ce qui me fait tant tripper sur la guerre des étoiles, c’est toutes l’éthique de vie que j’y retrouve et que je tente d’appliquer.

    Je défendrais la réputation de George Lucas et des gens que je connais chez LucasFilm si ils sont insulté(e)s, mais seulement jusqu’as un certain point et jusqu’as une certaine limite.

    Pour répondre à ta question, comment peut-on aimer une personne qu’on ne connait pas, Hé bien parfois, dans le cas de certaines personnes, le simple fait de voir sa vie changer par les paroles ou les écrits d’une personne, peut suffir à faire éprouver à un(e) fan des sentiments qu’il (elle) va facilement associé à de l’amour. De là viens par la suite le sentiments de devoir protéger la personne admirer.

    Mais je n’aime pas George Lucas, Je le respecte en tant que réalisateur et dévellopeur d’un univers qui le dépasse.

    Tu vois, je suis beaucoup plus facilement agacé par les propos d’un animateur de télé Américain sur mon « Fandom » que par les multiples écrits de non-fan sur un sujet en particulier… je blâme les années de modération de forums pour ça ^_^

    J’espère que ça t’aura donné une meilleure idée sur notre point de vue de fan…

  2. Je crois qu’il ne faut pas confondre fan et fanatique.
    Le fan, tel Sébastien, aime un concept, reconnait le travail, le rendu, la production d’une personne ou d’un groupe. Il se reconnait dans l’univers qui lui est proposé et apprécie s’y échapper, tout comme le randonneur aime se promener dans la nature, le bouliste jouer à la pétanque ou le photographe faire des clichés.
    Le fanatisme musical, cinématographique, politique ou encore religieux n’est que le reflet d’un désir d’exister au travers d’une célébrité ou d’une cause entendue. C’est le désir d’appartenance au groupe qui gouverne les pulsions émotionnelles que subissent certaines personnes. La déliquescence de notre société pousse des individus à s’identifier à un mouvement ou une personne sans que ce choix soit réellement raisonné. Il me semble qu’au même titre que le sexisme, la xénophobie ou encore l’homophobie, le fanatisme est un palliatif, combien dangereux, à la peur (d’être seul, des autres, de la différence…).

  3. Je prends la peine de commenter sur le blogue, cette fois! J’ai toujours moi aussi été profondément troublée par cette attitude, y compris celle des « trippeux » qui communiquent à travers les dialogues des films aimés, répétant comme des perroquets des phrases venant d’une autre tête que la leur. Le mot « idole » n’est pas innocent… « Chanson-culte », « film-culte » non plus… Ce phénomène relève selon moi du même manque que celui qui permet aux sectes de faire autant de victimes. Un vide intérieur, un sentiment profond d’être soi-même incomplet, de ne pas avoir tous ses morceaux. L’idole (Garou, en l’occurence, ou Céline) vient combler ce vide en permettant à l’individu de se rêver parfait. Un peu comme un personnage divin. Les posters ont remplacé les images saintes… D’ailleurs Céline et Sainte-Thérèse de Lisieux présentent bien des points communs, il y aurait une étude sociologique à faire là-dessus… Ces personnages sont des saints qui s’offrent en holocauste à la faim de sacré des masses, ces films-cultes (certains livres aussi, voir : « Le secret ») sont les Livres nouveaux, tel le mentionne ce fan de Star Wars qui tente d’appliquer le code des Jedi dans sa vraie vie.

    Si ta vraie vie est bien remplie, si tu as des codes moraux personnels que tu appliques toi-même avec constance, si ta vie spirituelle est riche (quelles qu’en soient les sources), si tu vis tes rêves et entreprends de les réaliser par toi-même, bref si tu te sens un être complet, tu n’auras pas besoin d’aimer ces inconnus en papier glacé, icônes en deux dimensions qui n’existent que dans le monde imaginé du Technicolor.

  4. Comme Marie-Christine, je prends la peine de commenter. Je n’ai jamais été fan de la fan-attitude non plus (cqfd), mais la fan attitude comme cité dans l’article est surtout un fait établit pour les adolescents non ? A partir de la, on ne peut pas avoir affaire à des « êtres complets ». Ils sont encore en recherche identitaire, ce qui fait qu’ils s’attachent aux artistes qui pour eux véhiculent leurs valeurs du moment, et ces valeurs sont changeantes, d’où le côté versatile des fanaddicts, comme je les appelle.

    Que ta vie soit bien remplie n’empêche pas forcement une fan attitude, tu peux idolâtrer un chanteur, un artiste. Mais avec le recul de l’âge, l’expérience en général, tu apprends a passer outre le coté « idole », et si ton addiction perdure après l’adolescence, tu entres plus dans un schéma de reconnaissance du travail et du talent, et tu passes dans l’admiration du travail artistique, si je peux le dire ainsi.

    Ce que dis Sébastien me parait d’ailleurs dans la généralité de cette règle.
    Comme moi, plus jeune à la sortie du premier starwars, il voulait surement s’habiller comme un jedi et se rêvait d’avoir un sabre laser à la ceinture. Quelques années plus tard, c’est le respect du réalisateur et de l’univers qui prime. La passion est toujours la, mais notre logique et notre vision adulte des choses, notre évolution, nous conduit à nous intéresser à tout le background qui concerne notre passion ,amenant à la reconnaissance du travail accompli. Chose dont la plupart des adolescents se fichent, leur centre d’intérêt sont ailleurs.

    A partir du moment ou on ne permet à personne d’avoir un avis différent du sien et qu’on est complétement dans l’addiction, la oui je consent qu’il y a un souci, d’ordre affectif surement.
    A partir du moment ou on s’approprie un artiste et ses dires, c’est que l’on veut combler un vide.

    Et tout part de la. Si jamais quelqu’un ose critiquer, c’est la douche froide et la croisade qui suit, car tu t’attaques à la seul chose qui leur donne un sentiment de plénitude, et d’appartenance à un groupe social.

    Alors dans la plupart des cas en effet ca ne fait de mal a personne, mais ce qui t’est arrivé n’est pas un cas isolé je pense, et le facteur « internet » à tendance à aggraver cette situation.
    Caché sous le couvert d’anonymat, on peut laisser libre court à toute sorte d’agressivité verbales, et être fier en plus en se disant qu’on a accomplit sa tâche, défendre l’icône.

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