Discussion sur la haine sur les blogues (ajout)

Très intéressante discussion chez Christiane Charette en compagnie de Patrick Lagacé (qui a souligné que j’étais sa première patronne- au journal étudiant de l’Université d’Ottawa, La Rotonde-…ça ne rajeunit pas), Jean-François Lisée, Pierre Trudel et Jérôme Lussier sur la haine que l’on trouve sur les blogues. Anonymat ou non, grosse question. J’étais la seule femme qui participait. La discussion peut être écoutée ici sur le site de Christiane Charette. Ne regardez pas la photo, je me suis couchée tard et j’étais fatiguée. J’aurai dû mettre plus d’anticernes !!!

L’anonymat engendre bien des dérapages, mais j’abonde aussi dans le sens de Jérôme qui souligne que l’anonymat permet à certaines personnes de dire bien des choses, car la liberté d’expression est un leurre dans notre société. Sauf que je refuse l’anonymat qui permet d’insulter, de vomir sur les immigrants et les femmes et bien d’autres déchets que l’on trouve sur les blogues. L’anonymat pour déverser sa haine, ses frustrations est très inquiétant. J’en avais d’ailleurs amplement parlé ici dans un précédent billet après un dossier de Louise Leduc sur le sujet dans La Presse.

Le point que j’ai amené et qui a surpris mes collègues, qui n’ont pas vraiment sympathisé, est la haine sexiste envers les blogueuses. Normal, ils ne le vivent pas, mais j’aurai aimé un peu plus de compréhension de leur part. Je le vis, Marie-Claude Lortie le vit, Emma Waverman lorsqu’elle a parlé des femmes mariées qui prenaient le nom de leur mari et plein d’autres blogueuses ici au Québec, en France, et aux États-Unis. Le sexisme est bel et bien présent encore dans notre société et se reflète dans les commentaires hyper paternalistes, insultants et méprisant que nous recevons, nous les femmes blogueuses.

Une femme qui donne son opinion sera frustrée, mal baisée, sous l’influence de ses hormones et j’en passe. Tandis que le commentateur va seulement discuter avec le blogueur qui exprime son opinion. Un gars c’est normal, pas une fille. Évidemment, je généralise. Mais je le ressens souvent sur le web. L’anonymat permet à tous les masculinistes frustrés de s’exprimer. Leur violence latente m’inquiète beaucoup.

AJOUT: je réécoute la discussion et je me demande si Jérôme Lussier n’a pas raison: en laissant les commentaires racistes et sexistes à l’état brut, on montre la réalité de la société. Je vois par les commentaires que plusieurs ne réalisent pas le sexisme latent et violent envers les femmes dans les blogues. Mon bémol: tant que ces commentaires expriment une opinion sans manquer de respect et insulter, laissons les passer…Pourquoi pas.

AJOUT2: On ne l’a pas mentionné durant la discussion, mais Radio-Canada est un bon exemple de modération très active. Car tout ce qui est publié est lu avant publication et modéré. Il y a aussi une nétiquette à respecter qui est très claire. On doit aussi s’identifier et donner un courriel, même si les gens peuvent bien donner le nom qu’ils veulent.

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12 Réponses

  1. Ouch, je ne savais pas que c’était encore une réalité. Bravo d’en parler, c’est important que ça se sache pour que ce soit dénoncé.

  2. Le vote secret est une chose. Mais l’expression , ne peut qu’ëtre lié qu’a celui qui l’émet.
    Que ceux qui ne peuvent se regarder en face demeurere dans la masse silencieuse.

  3. Je suis étonné, pour ne pas dire sur le cul. Oups, je l’ai dit.

    Plus que Simon, je ne savais même pas que ça avait déjà existé.

    Je lis sur les sujets qui m’intéressent peu importe la nature de la source, en autant qu’elle soit crédible.

    J’imagine que si je suis d’accord avec une femme qui donne son opinion, je suis rose et dépressif 🙂

  4. Une seule femme, mais une femme quand même et pas n’importe laquelle…

    Merci d’avoir pris la parole, sans anonymat, pour exprimer ce que plusieurs pensent, sans avoir une si grande tribune!

    Je vous ai écouté avec passion, 100% d’accord avec vous. Les échanges aussi étaient très intéressants, mais au fait, pourquoi UNE SEULE FEMME?!

  5. «L’anonymat permet à tous les masculinistes frustrés de s’exprimer. Leur violence latente m’inquiète beaucoup.»

    Je me demande si on peut réellement parler de sexisme finalement.
    Il s’agit dans ce cas de dire qu’un sexe est plus important qu’un autre, en l’occurrence un homme serait supérieur à une femme.
    Inversement dans d’autres cas.

    Simplement, ces gens, qui démontrent une certaine haine dans des espaces où l’anonymat est possible, ont-ils vraiment conscience d’être sexistes, racistes ou xénophobes?
    Si une personne pense fermement à des différences graduées chez l’Homme, alors je veux bien emprunter ces attributs (ou épithètes).

    Mais de ce que j’ai pu voir, notamment en ce qui concerne des commentaires d’articles 2.0, je n’utiliserais pas ces termes.
    Il me semble, et votre expression «violence latente» le montre très bien, qu’il s’agit plus de certains besoins.
    Cette violence s’adresse finalement le plus souvent à toute pensée qui ne rejoint pas leurs intérêts. Ce genre de propos ne souffre pas la critique objective, il ne supporte pas le débat pourtant moteur principal de la démocratie.

    Alors peut-on réellement parler de sexisme (démarche consciente), ou tout simplement d’une attitude conformiste qui sécurise ces gens à l’intérieur d’un groupe qui leur offre un (ou plusieurs) repères?

  6. J’ai précisé quelques détails:
    – l’anonymat est essentiel à la démarche (relation avec ajout2 in fine)
    – l’anonymat ne fait pas partie de la démarche.

    voir http://panoramix007.blogspot.com/2010/02/reponse-cecile-gladel.html

  7. J’ai trouvé intéressant ce reportage sur les commentaires des blogues. Je reste ambivalente sur les moyens a utiliser pour  »controler » les commentaires. Je comprends que les utilisateurs peuvent être blesser ou blaser par les commentaires virulents de certains anonymes, mais en même temps, je trouve que ca exprime encore aujourd’hui des problèmes et des difficultés a la libre expression. Peut-être que nous irons pas en prison, mais beaucoup de personnes que je croise ne diront pas certains choses sous leur nom parce qu’ils savent que leur propos n’est pas accepté socialement. Le racisme, ca existe, le sexisme aussi, et tous les autres choses dont on ne doit pas parler en publique. Censuré tout ca, c’est se cacher la vérité, et quand on nie une situation, elle ne peut alors pas changer. J’avoue que dans un contexte de blogue, ca peut être difficile a appliquer pour les personnes qui parlent de bien autre chose que de problème de société.

    En ce qui concerne les femmes et la haine qu’elle peuvent avoir sur les blogues, oui, ça se peut, mais je trouve qu’on agit pas comme les hommes. On dirait qu’on recherche toujours l’approbation, qu’on prend ca personnelle. Parce que je trouve que les gars aussi, ils se sont vertement critiqués, mais ils ne restent pas accrochés sur ca, ils continuent a défendre leur idée. Est-ce que parce que les femmes, nous avons encore l’impression de devoir prouver quelque chose???

    Enfin, pour les femmes en général et le féminisme, je trouve qu’on focuse souvent sur le manque. Ici, ah non, il n’y avait qu’une femme…. est-ce que dans une discussion ou il y aurait une homme, on dira, ah non, il n’y avait qu’un homme et 3 femmes? J’applaudis que Cécile soit a cette émission non pas parce qu’elle est une femme, mais bien parce que je suis contente que 4 personnes aient été choisies pour leur expérience et leur compétence et que le sujet a été bien discuté. Lache pas Cécile, tu fais du bon travail 🙂

  8. Discussion très intéressante. D’accord avec toi: Jérôme amène des points intéressants. Mais quand on est personnellement impliqué, on a pas forcément envie d’être le déclencheur de ce «reflet de la réalité»… Qui a envie de se faire insulter?

  9. Intéressant sujet de base et sous sujets…

    Mon opinion de blogueuse sur le point que vous amenez concernant le sexisme:
    Il est certain que les journalistes-chroniqueuses-blogueuses qui font du féminisme un leitmotiv attirent inévitablement les masculinistes enragés et assoiffés du supposé venin du parfum des femmes.
    Le contraire doit probablement être vrai aussi sur les plateformes à tendances machistes.

    Je ne me reconnais pas beaucoup dans les sujets abordés par Mme Lortie, je ne suis pas sans critique et je peux me permettre de l’être par moment, mais quand même je me demande à quel point elle serait moins critiquée par ses détracteurs les plus actifs sur le web en étant un homme, avec les mêmes textes. Je pense que les critiques seraient toutes autres…Il faudrait demander aux Ricardo de ce monde.

    Rien de si pire à signaler dans notre petit coin reclus et poussiéreux de la blogosphère. Quelques frus de temps à autres, mais on adore se faire surprendre par l’inattendu. Les gens qui n’aiment pas sont plus outrés par l’idée même du blogue que du sexe de son auteur, et ça aussi, j’adore.

    Au plaisir de vous lire Madame Gladel!
    Annie Dubé, sous la perruque.

  10. Malheureusement, les gros, les noirs, les blancs, les jaunes, les handicapés, les ouvriers, les patrons, les indiens, les arabes, les archéologues, les croyants, les non-croyants, j’en passe, sont également les proies de la haine quotidienne des commentaires. Les femmes sont visées pour ce qu’elles représentent aux yeux de certains, le sexisme n’est qu’un sectarisme parmi tant d’autres, et n’est, à mon goût, qu’un reflet symptomatique de la déshumanisation des personnes qui passent leur agressivité sur ce qu’ils peuvent, gonflés de frustrations, de méconnaissances, de peur de l’autre, tant l’individualisme est présent dans notre société. Nous nous retrouvons, alors que tout est communication, plusieurs siècles en arrière, lorsque l’autre, arrivé seulement du village voisin souvent, venait perturber par son unique présence les repères fébriles d’une société précaire ne faisant que survivre. Cet ostracisme, principalement retrouvé dans les sociétés urbaines d’aujourd’hui, est la démonstration criante que nous sommes les composants d’une culture sur le déclin, qui se renferme et dont la vision est malheureusement obscurcie par son introspection permanente.
    Les sociétés du Pacifique, entre autres, fondées sur l’oralité et l’échange, ont fait un art de l’ouverture d’esprit. L’accueil est primordial car de l’autre dépend la survie du groupe. Sang nouveau et idées nouvelles sont, pour ces peuples océaniens, les seules perspectives d’évolution et ce, depuis toujours.
    Peut être devrions nous en prendre de la graine et nous rappeler aujourd’hui que seul on est bien démuni…

  11. L’émission a eu du bon: merci de me faire découvrir ce blogue!

  12. Bonjour, j’imagine qu’à cette date, plus personne ne lira mon commentaire mais comme la discussion m’intéresse au plus haut point, je vais laisser mon grain de sel. Premièrement je remarque depuis quelques temps que certains professionnels de l’information ou de la parole médiatisée, essaient de tirer la couverture et aimeraient bien être les seuls (encore) à avoir le droit de s’exprimer. On pourrait continuer à vivre dans notre jolie petite société à la pensée unique. Certains prétextent l’analphabétisme des gens (ordinaires) d’autres dénoncent l’anonymat. Alors voilà, prenons une personne qui gagne honnêtement sa vie en faisant du bien aux autres. Elle aime son métier et l’éxécute avec bonté, ce qui ne l’empêche pas d’avoir ses opinions sur des sujets chatouilleux. Cette personne n’est pas nécessairement une hypocrite ou une lâche mais elle ne veux pas être associée dans sa vie professionnelle à sa vie privée. Cependant je suis d’accord pour que ceux qui profèrent des menaces où qui atteignent la dignité d’autrui soient traduits en justice au même titre que pour toute autre publication. Voyons donc, je suis bien certain que les autorités peuvent retracer qui ils veulent(sauf Ben Laden). En passant, les autorités, en voilà des gens que l’on ne peut critiquer si on a pas de tribune officielle. OUI, les gens connus se targuent de signer leurs textes; Bravo! Un bon salaire, les avocats de la boîte, je vous signe tout ce que vous voulez. Bon ç’est pas gentil, je sais, mais avouez que ç’est quand même un peu vrai.
    Monami le chat dit ranranran…

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