Twitter les conseils municipaux = divertissement ?

Réponse ironique ou réductrice (j’hésite encore) de l’équipe du chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe, à une remarque de ma collègue Marie-Claude Lortie. Cette dernière souligne que Gilles Duceppe et Françoise David devraient suivre l’exemple des conseillers municipaux qui twittent durant les conseils municipaux.

Bizarrement, voici ce qu’a répondu l’équipe de Gilles Duceppe: «Il ne faut pas confondre politique et divertissement». Comme si la politique municipale était du divertissement. Que les conseillers municipaux s’amusaient à nous envoyer de l’information pour le plaisir. N’est-ce pas une vision réductrice de la politique municipale de la part d’un politicien fédéral ou simplement l’ignorance de l’utilisation de Twitter par les conseillers municipaux ?

Je suis surprise. Très surprise de cette réponse. J’ose espérer qu’il ne s’agit que de la deuxième réponse.

Les conseillers municipaux qui twittent durant les conseils municipaux sont de plus en plus nombreux, j’en parlais lors de la première expérience pour l’adoption du budget. Aussi sur RueMasson puisque les élus rosemontois sont parmi les twitteux les plus actifs. S’ils sont parfois cacophoniques et partisans, ils tentent de s’améliorer et d’huiler la machine pour faire mieux. On ne peut que les encourager quand on connait le peu d’intérêt des citoyens envers ce niveau de gouvernement.

Le Bloc québécois et les autres partis devraient justement s’en inspirer au lieu de juger ceci comme du divertissement.

D’ailleurs, si vous voulez suivre les débats du conseil municipal de Montréal, c’est ici, en cherchant cmmtl dans Twitter.

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20 Réponses

  1. Très intéressant ! Mais n’est-ce pas surtout les membres de l’opposition qui sont portés à utiliser Twitter. Les gens au pouvoir semblent être plus craintif à diffuser trop d’information.

  2. C’est vrai. Il s’agit de conseillers de Vision Montréal et Projet Montréal. Il me semble qu’un élu d’Union a commencé à Twitter. Mais il serait intéressant de les voir embarquer…

    J’ai hâte de voir si certains vont aussi twitter durant les conseils d’arrondissement. Ça serait un plus. J’ai bien l’intention de twitter à un prochain conseil d’arrondissement de Rosemont-Petite-Patrie comme journaliste avec RueMasson.com
    À suivre et en développement.

  3. Ce serait vraiment très étonnant que M. Duceppe ait voulu dire que la politique municipale était du « divertissement »…

    Ceci dit, je n’ai pas été témoin directement de cette utilisation de Twitter, mais si vraiment les conseillers font ça, je ne trouve pas ça génial du tout, loin de là. Tout comme les gens qui twittent constamment lorsqu’ils sont à une conférence ou à une rencontre avec des gens. Pas capables de rester concentrés sur ce qui se passe au lieu de toujours vouloir tout annoncer à la planète à la seconde où les choses se passent? Moi personnellement, je trouve ça irrespectueux. À la rigueur, qu’on mette des caméras ou des micros si on veut absolument tout transmettre de façon transparente, ou qu’il y ait des gens spécifiquement dédiés à la transmission de l’info, pas les acteurs même de la situation, qui devraient rester centrés sur ce qui est en train de se dérouler.

    En quelque sorte je suis en train de me dire que oui, c’est un peu « show-off » (et je ne sais pas si c’est dans ce sens que M. Duceppe parle de « divertissement ») quand les gens au centre d’une situation consacrent un peu trop d’énergie à crier au monde ce qui se passe à chaque seconde plutôt que de se consacrer pleinement à vivre et à régler les situations.

  4. @Dominique: je ne sais pas, mais la réponse n’était pas adéquate.
    Si tu veux voir ce que font les conseillers municipaux tu peux taper cmmtl dans Twitter.

    Je ne suis pas d’accord avec toi. Il est évident que les conseillers municipaux doivent être attentifs à ce qui se passe durant le conseil…J’aimerais bien que certains répondent sur ce point.
    Mais pour avoir assisté à des centaines de réunions de conseils municipaux de plusieurs villes dont beaucoup à celui de Montréal, je peux te dire que les conseillers ont du temps pour twitter.
    Il est évident que le président du conseil ne peut twitter, le maire non plus….Ni les chefs de parti qui doivent être attentifs à tout ce qui se passe.

    Il y a une limite à twitter quand on est au coeur de l’action sauf que j’apprécie toujours avoir un input direct de l’acteur au lieu d’un observateur. Ça rend les choses intéressantes.
    Et la politique municipale est si méconnue, si peu suivie, que Twitter ne peut que faire du bien…et l’utilisation va se roder au fur et à mesure.

  5. Il faut savoir à quoi sert Twitter. Transmettre et recevoir de l’information habituellement peu accessible dans les médias traditionnels, entre autres choses. Une bonne stratégie est d’identifier l’information recherchée et celle que l’on veut transmettre. C’est ainsi que l’on décide de suivre certaines personnes pour ces deux raisons. L’objectif de gazouiller le conseil est de rendre cette instance accessible aux citoyens. Le conseil de ville est très peu accessible, et je crois pertinent de transmettre l’information aux citoyens. À cet égard, je crois qu’il y a une divergence importante entre les générations de politiciens. Il s’agit d’une nouvelle expérience qui mérite d’être améliorée et peaufinée, certes. Il est évident que pour les habitués de Twitter, la partisanerie traditionnelle de la politique est mal reçue. Et cela est tout à fait compréhensible. C’est pourquoi une certaine génération de politicien a de la difficulté à comprendre l’utilité de gazouiller. Ils se rabattent encore uniquement ou principalement sur les médias traditionnels pour informer la population. Vivement le web 2.0 pour démocratiser la politique sclérosée. Je peux vous assurer que l’expérience va se poursuivre et il y a un intérêt fort pour les deux partis d’oppositions montréalais, d’intensifier leur stratégie web 2.0, entre autres par l’intermédiaire de Twitter. À quand les « scrums » en direct sur Twitter? Peut-être bientôt!!!! Et fait important, les débats au conseil de ville ne sont pas du même ordre qu’à l’Assemblée nationale ou à la chambre des communes. Gazouiller n’a pas d’impact sur la concentration de l’élu. Au contraire. Voici une occasion unique de rapprocher le citoyen des élus municipaux! François Croteau, maire de Rosemont-Petite-Patrie

  6. Présentement, on voit beaucoup le potentiel d’output de Twitter en politique. Les élus peuvent « passer leur message » en direct.

    Mais le potentiel d’input me paraît encore plus intéressant. J’imagine, à l’image de l’intelligence collective qui alimente Wikipedia, que les élus pourraient être nourris par les interventions des citoyens qui répondent en direct aux débats du conseil.

    Gérald Tremblay dit une connerie ou se trompe de chiffre en plein conseil? Un citoyen qui le remarque peut immédiatement alerter les conseillers, qui pourront citer le bon chiffre. On peut même être inspiré par les « lignes » de nos followers!

    L’autre nouveauté sera de rendre public les discussions entre élus, et d’obtenir le feedback des citoyens immédiatement. Ça c’est nouveau, et ça, ça pourrait changer la façon de faire de la politique. Moins de backroom, moins de discussions de corridor…

    En tout cas, le débat est très intéressant, et très divertissant!

  7. En fait, je vois ça de la façon suivante: si on télédiffuse les débats, ça m’oblige à m’installer devant ma télé ou mon ordi pour toute la durée du conseil, ce que je n’ai pas le temps de faire en tant qu’étudiant, mais au moins j’aurai 100% de l’info, au format brut. Si au contraire je ne consulte que les journaux, ça va me prendre 5 minutes, j’aurai peut-être 5% de l’info, fortement synthétisée par des journalistes.

    Twitter me semble un moyen de faire un entre-deux, avec en prime une certaine « couleur » des commentaires selon leur auteur. Par exemple, lundi, je suivais les tweets du CM confortablement assis dans mon cours à l’UQAM (je sais, je sais… je devrais me concentrer…)

    Bref, le concept demeure à peaufiner… par exemple j’avais déjà suggéré qu’un blogue serait une bonne idée afin de se libérer de la contrainte de 140 caractères et pouvoir expliquer davantage les enjeux… évidemment il ne serait pas alimenté par des élus mais par des militants des partis ou autres… enfin, c’est à réfléchir!

    Pascal Marchi

  8. Je crois qu’il y a eu malentendu aujourd’hui dans Twitter. Au départ, Mme Lortie a publié ceci : « @francoisedavid et @gillesduceppe pourraient tellement être moins plattes sur Twitter #ccmtl ». Intrigués, nous avons cliqué sur le mot clé #ccmtl et n’avons pu en tirer quoi que ce soit. Plus tard, nous avons compris qu’il y avait une erreur dans ce mot clé et que le bon mot clé, #cmmtl, nous aurait aidés à comprendre.

    Cela dit, le gazouillis cité ci-dessus, même s’il avait comporté le bon mot clé, nous serait apparu comme une répétition d’une critique déjà formulée par Mme Lortie il y a quelques mois à l’émission radio de Christiane Charette. À l’époque, Mme Lortie semblait considérer que l’information publiée dans Twitter au nom de M. Duceppe n’était pas suffisamment… divertissante. C’est pourquoi a été publiée cette réponse : « @mclortie Il ne faut pas confondre politique et divertissement ». À nos yeux, c’était une façon de dire en moins de 140 caractères que Gilles Duceppe fait de la politique, et que le but n’est pas de publier à tout prix des gazouillis divertissants ou pas « plattes ».

    Ce n’est que par la suite que Mme Lortie a mis ses prores mots en contexte. Lorsqu’elle a écrit « Je suggère à F.David et à G.Duceppe de s’inspirer du Conseil municipal de MTL pour Twitter. Réponse:la politique n’est pas du divertissement » et ensuite « @FrancoiseDavid Je trouve les municipaux intéressants quand ils tweetent du conseil, c’est pour ça que j’avais mis la référence #cmmtl » , les choses ont été mises en perspective pour la première fois. Cette fois, sa pensée était claire.

    D’ailleurs, nous allons suivre son conseil et porter notre regard vers les élus du conseil municipal de Montréal et leur utilisation de Twitter… avec le bon mot clé.

    Comme nous pouvons le constater, Twitter est encore jeune, ainsi que notre expérience avec cet outil fascinant. Chacun perçoit l’usage de Twitter à sa façon, et les points de vue varient d’une personne à l’autre. Nous croyions défendre notre utilisation de l’outil, et nos mots ont été perçus comme une critique des élus municipaux et de leur utilisation de Twitter. Ce n’était nullement notre intention. Une autre leçon à tirer de tout cela : les gazouillis vont vite, les erreurs aussi. Vaut mieux s’assurer d’avoir toute l’information en main avant de publier un gazouillis ou un billet de blogue.

    Et oui, vous pouvez tenir pour acquis que Gilles Duceppe prend la politique municipale au sérieux. 😉

    France Amyot, directrice des communications au Bloc Québécois

  9. @France Amyot: remarquez que je posais des questions aussi. J’osais espérer qu’il s’agissait d’ignorance, ce que vous confirmez. Tant mieux. Si je n’avais pas fait de billet sur le sujet, auriez-vous réagi ? J’en doute. Vous n’aviez pas rectifié sur Twitter alors que ça faisait plus de 4h que le gazouillis était publié.

    J’ose maintenant croire que les politiciens municipaux, même si ce n’est pas encore parfait, inspireront les politiciens provinciaux et fédéraux…

  10. Il faut rappeler que Gilles Duceppe et Françoise David se servent depuis longtemps de Twitter, et ce, de manière très efficace. Pour plusieurs, Twitter est une « bibitte » étrange et incompréhensible. À la lecture de certains gazouillis, cela se confirme. Tout est perfectible, et c’est à l’usage que l’on trouve « sa » manière de se servir de ce réseau social. Twitter n’est pas une finalité, c’est un outil, un moyen de communication. Il faut l’utiliser pour ce qu’il est. Je ne crois pas que ce soit une révolution, plutôt une nouvelle manière de communiquer de l’information que l’on juge pertinente pour un public cible. Autre élément important pour les politiques, il permet de soustraire un certain filtre journalistique, si je puis dire 😉 Et ceci ne remet pas du tout en cause le travail exceptionnel et indispensable que les journalistes font pour la démocratie. Il s’agit d’un complément qui peut également leur servir à la cueillette d’informations. Twitter, en ce sens, est également un défi pour le journalisme. Il remet en cause des manières de faire autant pour les politiciens que pour les journalistes. À la fin, je crois que c’est la démocratie qui en sort gagnante, et de surcroit, les citoyens.

  11. J’ai découvert Twitter lors du débat du Conseil municipal sur le budget. J’ai trouvé intéressant de pouvoir commenter en direct ce qui se passait dans la salle du Conseil. Au dernier Conseil je n’avais plus accès à une connexion Internet sans fil et j’aurais aimé pouvoir lire & commenter le fil de discussion.

    Je me suis très brièvement demandé si je pouvais en direct être présente et attentive aux débats dans la salle et communiquer au public, via Twitter, mes impressions. J’en suis rapidement venue à la conclusion que oui.

    Dans la salle du conseil les élus siègent derrière des pupitres, ils lisent leur dossiers, préparent leur interventions à venir, font de la recherche Internet en direct afin d’étoffer leur argumentaire. Un seul conseiller s’exprime à la fois, nous sommes 65 dans la salle! Les citoyens, le peu de citoyens devrais-je dire qui assistent aux débats sont dans le hall d’entrée face à un écran géant: on ne sait même pas qu’ils sont là. Nous sommes dedans, ils sont dehors.

    Dans ce contexte et étant donné la nature des communications sur Twitter, très courtes qui ne demandent pas beaucoup d’attention, il est approprié de vivre le débat et de commenter en même temps; en tout respect.

    C’est une forme avancée de démocratie participative qui trouve tout son sens étant donné la multiplication des lieux de pouvoirs que nous avons.

    Par contre, de prime abord, je me vois mal faire cet exercice lors du Conseil d’arrondissement. Les citoyens sont assis devant nous dans la même salle. Les conseillers expliquent les dossiers de l’ordre du jour directement aux citoyens. Cette forme d’assemblée est plus intime. J’y réfléchirai lors de la séance du prochain Conseil d’arrondissement lundi, comment cela pourrait se faire.

    Josée Duplessis
    Conseillère municipale
    Plateau Mont-Royal

  12. je n’ai pas tout lu les commentaires encore. que les 3 premiers, mais je tenais a préciser que je ne crois pas que twitter soit une question de génération comme le dit François Croteau.. Je suis plus jeune que bien des gazouilleurs et ne comprend pas l’engouement pour twitter. Personnellement je trouve que ça favorise le clip au dépend du contenu d’une part et d’autre part que trop d’interventions et de communication c’est comme pas assez, ça dilue, ça perd du sens.

    De plus, e dois dire que je suis d’accord avec le commentaire sur la concentration. J’ai un blackberry et si j’ai le malheur de le laisser devant moi en réunion, je ne peux résister à aller voir les titres des derniers courriels entrés et les récents statuts Facebook et Oui, ça me déconcentre. C’est impossible que ça ne déconcentre pas. Moi non plus je suis pas super à l’aise avec le twit en direct. On critique les téléréalités mais on applaudit l’expression brut de pensées en direct par des politiciens qui assistent à des instances politiques. Pour moi c’est un téléréalité aussi. Ce n’est pas, selon moi, de la simple information, c’est le point de vue de certaines personnes, point. Et dès qu’il y a un point de vue, il y a une perspective, donc absence de neutralité. Savoir ce que quelqu’un pense au moment ou il le pense, ca peut être intéressant, mais pour moi oui effectivement, c’est davantage de l’ordre du divertissement que de l’information.

    Les médias sociaux c’est bien, mais cela restera des médias sociaux, fait pour socialiser.

    Finalement, concernant l’aspect aider la démocratie et rejoindre les citoyenNEs qui s’intéressent trop peu à ce pallier politique je ne crois pas du tout que cela soit le bon outil! Les gens qui vont lire les twit des politiciens sont fort probablement déjà sensibilisé à la politique et son importance. Les gens qu’il faut rejoindre, les citoyenNEs qu’il faut convaincre d’aller voter sont ceux qui s’abonnent au twit de Beyoncé et ne seront pas du tout tenté de s’abonner à celui d’un conseiller municipal. Ce sont encore plus, des gens qui ne twittent pas, parce que twitter reste encore un domaine de gens éduqués et informatiquement équipés. Les citoyens d’Hochelaga Maisonneuve qui n’ont pas les moyens d’avoir un ordinateur ne sont pas sur twitter. Pour aider la démocratie et pour encourager les gens à s’intéresser à la politique municipale il faut de l’éducation citoyenne à l’école, dans le cursus scolaire. Il faut des conseils d’arrondissements en public dans des parcs, dans des centres communautaires, des vraies périodes de questions, aussi longues qu’il y a de questions, des documents de vulgarisation sur le charabia qu,on entend défiler lors du conseil qui est du chinois pour le non-initié. Aborder le problème de la non participation par Twitter c’est un peu comme donner une tartine de foie gras à un bébé qui mange pour la première fois, ça risque de pas passer!

  13. Les médias sociaux sont un outil parmi tant d’autres. Il ne s’agit pas de les favoriser au profit d’autres outils.

    Mais Ge ce n’est pas seulement pour socialiser du tout. Il y a beaucoup plus. Genre l’utilisation qui a été faite de Twitter lors de la catastrophe haïtienne.

    Aussi. Il est évident que les conseillers municipaux ont des biais. Il faut en tenir compte. Mais certains ne twittent pas seulement leurs opinions, mais aussi les points abordés et une explication avec un lien comme l’a fait François Croteau avec My space par exemple.

    Il n’y a pas que Twitter et il ne faut pas évidemment pas délaisser des moyens non technologiques pour intéresser la population.

    Sauf que l’outil est présent, il existe et il donne un plus à la politique municipale. On serait fou de s’en passer.

    Par ailleurs, Twitter est un outil que l’on utilise selon ses besoins et ses intérêts comme Facebook. C’est loin d’être seulement un outil de socialisation. Ceux qui pensent ça ne connaissent pas la bête…

  14. Même en twittant quelque chose qui n’est pas une opinion, le choix de ce qu’on dit plutôt qu’autre chose est en soit empreint d’une grande opinion et sera très différent selon chaque personne. Ce qu’un conseiller de Vision trouve important à twitter n’est pas nécessairement ce qu’un conseiller d’Union trouve important à twitter, donc cela reste empreint d’opinion.

    Dans le cas d’Haïti, les médias sociaux ont joué exactement leur rôle de médias sociaux. Ils ont fait le lien entre les gens la bas et ici, ont créé des communautés de support, ont permis à des gens de partout dans le monde de se parler de la tragédie et de s’encourager à donner. Je ne suis pas du tout contre les médias sociaux! J’étais une ircéene alors que les écrans étaient en vert sur noir et que les modems avait 1600k. J’ai étudié en communication et en sciences politiques. Ce que je dis sur twitter c’est une opinion, un point de vue qui est le miens, mais qui ne cherche aucunement à le disqualifier comme outil de communication mais plutôt à le replacer dans son rôle, parce que je trouve que depuis quelque temps il y a une glorification des médias sociaux qui va au delà de ce à quoi il peuvent réellement servir. Et notons que j’ai dit ici outil de communication et non d’information. Communication d’une personne à un groupe cible,dans un cadre inévitablement teinté par la partisanerie et non analyse politique ou éducation politique.

    Je suis d’accord que les politiciens doivent investir les médias sociaux de la même façon qu’ils sont passé de la pub imprimées à la pub télé. Mais ça reste un outil de promotion, de communication de leurs points vue, de leurs opnions. C’est un outil incontournable pour cela. Mais pas dans un conseil municipal, ni dans une assemblée nationale. Ca n’a pas sa place. c’est un manque de respect pour sa responsabilité de conseillerE et de députéE selon moi que de prendre du temps pour twitter ses opnions à de potentiels électeurs. Si on veut faire de l’éducation populaire via twitter que ce soit d’autres gens que les politiciens eux-même qui twittent en direct.

    Pour moi, que le conseiller twitte parce que c’est pas son tour de parler, ce n’est pas un argument convaincant parce que moi, je m’attends à ce qu’il écoute les autres parce qu’il est mon représentant mais aussi un conseiller de Ville, qui doit gérer la ville sous tous ses aspects et dossiers y compris ceux qui ne sont pas les siens.

    Je répète, je ne suis pas contre twitter (bien que perso je n’en partage pas l’engouement) je suis critique par rapport à la place surestimée qu’on lui accorde comme outil d’information. Le blogue, le twit, la page facebook transmettent des infomations subjectives, ont été créées dans un esprit de susciter le débat d’opinion et d’interaction. C’est donc une innovation importante et précieuse. Mais il ne faut pas en faire ce que ce n’est pas. et surtout ne pas oublier que pour beaucoup de gens c’est très loin de leurs compétences / intérêts / ressources. Je trouve simplement qu’en ce moment on oublie un peu tout ça et prête aux réseaux sociaux pas mal plus de mérite et de possibilités qu’ils n’en ont actuellement.

    Et Chère Cécile, on peut connaître la bête mais toujours avoir l’opinion que c’Est un outil de socialisation et de transmission d’opinion 😉 Même si tu mets un lien sur un article de média, en le mettant sans contexte (en 140 caractères seulement) tu traduis que pour toi ce texte est important, que le sujet te tiens à coeur, donc tu me donnes une opinion!

    (Pis tu vois bien que je pourrais jamais écrire 140 caractères seulement! héhé)

  15. Contrairement à Ge, je suis une fervente de Twitter. Et je lui ai découvert diverses utilités, entre autres sur le plan professionnel. Cependant, je suis tout de même totalement d’accord avec elle lorsqu’elle dit que certaines personnes ont tendance à surestimer l’impact qu’a Twitter présentement, sûrement par manque de recul et parce que leur environnement immédiat est très branché sur Twitter. Ce qui ne enlève pas à ce réseau ni sa pertinence, ni son impact considérables dans plusieurs contextes.

    Également, pour reprendre le sujet des messages Twitter en direct par exemple d’un conseil de ville, je suis d’accord avec Ge, comme mon intervention précédente l’illustre. Bien sûr qu’une personne peut arriver à twitter en suivant une conférence ou une rencontre, c’est techniquement faisable, mais son attention sera immanquablement divisée, même si c’est faiblement et brièvement.

    C’est surtout ce que tout ça dénote qui fait problème à mes yeux. Cette incapacité ou encore cette absence de volonté de se consacrer à une seule chose à la fois, cette envie irrésistible et irrépressible d’aller s’illustrer sur un réseau social au lieu de donner à l’événement présent tout l’intérêt qu’il mérite. Et ça ne s’applique pas qu’à la politique.

    Moi en tout cas je ne comprends pas. Je suis une fan finie de Twitter, mais jamais il ne me viendrait à l’idée de twitter quand je fais autre chose avec des gens. Quand je suis ailleurs, quand je fais autre chose, je suis ailleurs et je fais autre chose, point. On dirait que c’est une maladie qui contamine trop de gens que de toujours vouloir aller voir ce qui se passe et ce qui se dit sur tous les Twitter et Facebook du monde, courriels ou autres, que de vouloir aller voir à tout prix s’ils n’ont pas « manqué » quelque chose quelque part. Oui ça se fait, oui ça peut être bref. Mais ça envoie quoi comme message lorsque quelqu’un agit constamment de cette façon en présence d’autres personnes? C’est comme si le moment présent avec les autres n’était jamais suffisant. Comme si les silences et les vides étaient automatiquement exclus du processus de communication. Comme s’il fallait toujours aller se faire rassurer qu’on est voulu et aimé à tous les endroits du monde en même temps.

    Je râtisse plus large qu’avec l’exemple politique initial, mais pour moi, tout est pareil, et le syndrome est exactement le même. Je ne nie pas qu’il peut être très intéressant de savoir à vif ce qui se passe au cours des séances. Mais pas de n’importe quelle façon. Pour moi un(e) politicien(e) qui twitte montre, comme le dit Ge, « un manque de respect pour sa responsabilité de conseillerE et de députéE ». Son opinion, il(elle) pourra me la donner après la séance, ce sera bien suffisant. Sinon, il y a comme possibilité les micros, les caméras, ou une personne distincte dédiée à la tâche.

  16. Moi je suis d’accord avec Dominique, que les élus se concentrent sur le conseil et laissent le Twittage à des gens attitrés du parti pour cela durant les conseils. Sinon c’est comme le Sénat, on ne porte pas attention et il faut quelqu’un pour nous avertir que l’on vient d’en échapper une (à Twitter au lieu de dormir cependant 🙂

  17. Je cite Dominique « n dirait que c’est une maladie qui contamine trop de gens que de toujours vouloir aller voir ce qui se passe et ce qui se dit sur tous les Twitter et Facebook du monde, courriels ou autres, que de vouloir aller voir à tout prix s’ils n’ont pas « manqué » quelque chose quelque part. Oui ça se fait, oui ça peut être bref. Mais ça envoie quoi comme message lorsque quelqu’un agit constamment de cette façon en présence d’autres personnes? C’est comme si le moment présent avec les autres n’était jamais suffisant. Comme si les silences et les vides étaient automatiquement exclus du processus de communication. Comme s’il fallait toujours aller se faire rassurer qu’on est voulu et aimé à tous les endroits du monde en même temps. »

    Tellement bien écrit!! Je suis d’accord avec ça à 100%, et j’ajoute que d’être capable de vivre à 100% le moment présent est une problématique de plus en plus étudiée en psychologie et psychiatrie. On a réalisé que par des techiques visant à porter attention au moment présent, aux gestes, odeurs, sons qui les entourent on peut aider des personnes souffrant de troubles anxieux, d’agoisse, de stress etc, à mieux vivre et à se libérer d’une partie de ces troubles, parce que leur cause est justement d’être trop dans ce qu’on pense des situations, des gens, de soi dans cette situation, de trop se regarder vivre plutôt que vivre…

    On s’éloigne du sujet de base un peu, mais pas tant que ça! Il faudrait moins savoir ce que les élus pensent de ce qui se dit au moment où c’est dit et avoir davantage de lieux de participations ou on peut vivre la démocratie et pas seulement la regarder.

  18. J’ai suivi les twits des derniers conseils municipaux, et j’ai perdu mon temps. Trop décousu. Qu’est-ce que ce sera s’ils doivent un jour tous twitter en même temps! Si quelqu’un voulait vraiment suivre le conseil municipal en direct, il réclamerait la webdiffusion.

    Notez que je ne rejette pas pas twitter. C’est un outil qui développera ses utilités, comme d’autres. Mais n’allez pas imaginer que c’est ça qui développera l’intérêt des citoyens pour la politique municipale, le jour où des millions d’autres Québécois twitteront… 🙂

  19. Un de mes étudiants me dit un jour, alors que j’expliquais comment rédiger un compte-rendu de façon objective, que tout était subjectif, parce que tout était fait par des humains qui avait un biais, des motivations, même lorsque celles-ci étaient tout à fait honorables.

    Sur le coup, j’ai rigolé, puis je me suis ravisée, cette distinction qu’on fait toujours dans le milieu entre information et communication était-elle encore si bien délimitée? N’est-elle pas en train de muter aussi vers de nouvelles règles? Et si tout est subjectif où est cette utopique information objective à laquelle nous aspirons tous? Disons qu’avec la transformation de nos médias en producteurs de contenu, nous la cherchons…

    Si les gens twittent au Conseil municipal, je n’apprendrai peut-être rien de nouveau ou d’important en bribes de 140 caractères, mais au moins cela lèvera le voile et cassera l’assurance des élus qui veulent garder le secret sur ces séances… Et en ce sens, c’est une bénédiction.

    Les médias sociaux nous font prendre conscience des manipulations que subit souvent l’information et de l’accès restreint que nous y avons. En twittant, en filmant, en communiquant, on redonne aux citoyens le droit d’aller s’informer… Par exemple, j’ai hâte que ça twitte au conseil de ville de Laval, ça donnera un coup de pied là où il le faut au maire omnipotent…

    Quant à l’information bien digérée et produite dans un cadre objectif aux limites du possible, souhaitons que les médias continuent d’accorder des fonds aux journalistes d’enquête…

  20. J’ai siégé au conseil municipal de la Ville de Montréal de 1982 à 1994, avant que l’Internet apparaisse sur le radar politique. On entendait régulièrement, en début d’assemblée, le bruit du déchirement des grosses enveloppes de papier brun contenant les dossiers à l’étude…

    Il y a des élus qui privilégient l’étude des dossiers et d’autres qui misent sur les relations avec les citoyens, le texte versus la parole. Des analphabètes peuvent faire un très bon travail de représentation des citoyens tout comme des rats de bibliothèque ou, de nos jours, des électrons libres de l’Internet. Idéalement, on équilibre l’usage des moyens de communication, ce qui ne garantit rien du point de vue de la qualité du contenu.

    Il y a la forme et il y a le fond. Josée Duplessis a raison de mentionner la différence entre le conseil municipal et le conseil d’arrondissement. Il s’agit plus d’une question de démocratie directe que d’intimité. Le conseil d’arrondissement étudie les dossiers d’intérêt pour les communautés locales. Les personnes présentes sont très attentives au langage corporel de leurs représentants. Ce n’est pas l’endroit pour faire un somme, raconter des blagues à son voisin ou pour twitter. Les citoyens se sont déplacés pour faire valoir leur opinion et pour entendre les réponses des élus. Ils veulent l’attention de leurs élus et ils ne se gêneront pas pour les rappeler à l’ordre.

    Au conseil municipal, en dehors de la période de question, on se retrouve dans un contexte de formalités administratives, à l’exception de quelques dossiers qui prennent une valeur politique. Twitter peut-être un outil très utile pour les journalistes et pour les citoyens qui veulent attirer l’attention des élus sur certains aspects des dossiers qui sont à l’étude et susciter des questions et des interventions de la part des élus. J’ai l’image du conseiller politique qui glisse des informations à l’oreille d’un élu au cours d’une assemblée formelle.

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