Qui en aurait parlé si les journalistes n’étaient pas là ?

Qui aurait parlé de Petit-Goâve, de Jacmel et de Léogâne si les journalistes de Radio-Canada et de La Presse n’étaient pas en Haïti ? Qui ? Ces villes sont en banlieue de Port-au-Prince et ont été délaissées. Heureusement, la journaliste de Radio-Canada Emmanuelle Latraverse a été à Léogâne, ceux de la Presse sont allés à Jacmel, puis Radio-Canada, et maintenant Michèle Ouimet nous parle de sa visite à Petit-Goâve, la ville de Dany Laferrière. Une ville qui a été oubliée par les secours.

On critique beaucoup les journalistes dans la couverture des drames de Haïti comme je le disais dans un autre billet. On les accuse de tous les maux. De se nourrir et de boire ce qui pourrait servir aux sinistrés. Sans savoir que les journalistes doivent être autonomes et amener de quoi survivre (je prépare d’ailleurs un billet là-dessus dans les prochains jours). De faire du spectaculaire et plus. On critique l’un et l’autre. On critique Anderson Cooper qui fait du spectacle bien entendu, qui se met en scène, mais n’est-ce pas une autre manière de sensibiliser les citoyens ?

Une chanson pour Haïti

Une ribambelle d’artistes français a enregistré une chanson pour Haïti: Haïti chérie. Elle sera bientôt offerte en téléchargement. L’argent sera distribué à Médecins sans frontières et la Croix-Rouge. Voici un extrait.

Celui qui est le grand poète moderne, qui écrit de merveilleux textes, Grand corps malade a écrit un couplet qui m’a touché. Encore plus.

Pour reconstruire il faut du monde, de l’espoir et beaucoup de temps
Du courage, du mental, de l’enthousiasme et de l’argent
Pour Haïti et son peuple, le compte à rebours a débuté
Tous ensemble soyons à la hauteur du mot solidarité

Continuons à donner pour Haïti. Longtemps. Continuons à en parler. Longtemps.

Ma rage devant l’égoïsme de certains humains…

Si la catastrophe horrible d’Haïti montre que la majorité des humains sont sensibles, généreux et veulent aider, elle met en lumière l’affreux manque d’humanité de certains. Le racisme latent qui leur permet de juger un autre peuple sans le connaître, sans rien savoir. L’égoïsme et le manque de compassion a animé plusieurs commentateurs à mes billets sur Branchez-vous.

C’est la première fois que les commentaires me donnent envie de pleurer. De rage. De tristesse devant tant d’ignorance et de manque d’humanité. Quand des gens meurent, notre petit confort d’occidentaux gâtés ne pèse pas fort dans la balance.

Quand on m’insulte, je m’en moque. Je me suis forgé une carapace. Mais contre la bêtise humaine, je ne suis pas capable. Trop sensible. Sûrement, car je suis une femme comme a osé dire un autre commentateur. N’importe quoi.

Comment peut-on comparer la dette de notre pays à la misère dans laquelle est plongé le peuple d’Haïti ? Comment peut-on oser dire (anonymement bien entendu) que le gouvernement du Québec devrait investir l’argent ici au lieu de le donner en Haïti. Comment ose-t-on dire qu’on en a trop parlé ? Effroyable.

Je dois dire que lire le billet d’Alain Gravel puis celui de Marie-Julie Gagnon m’a fait du bien. Je ne suis pas la seule à ne pas pouvoir passer à autre chose. Je ne suis pas la seule à tout trouver futile. Cela fait quatre billets de suite que j’écris sur Haïti sur Branchez-vous. Hier soir, j’ai essayé de trouver un autre sujet. J’ai vainement fureté parmi le web, parmi mon agrégateur, et je n’ai rien trouvé. Rien qui pouvait surpasser la gravité du tremblement de terre. Tout le monde sur le web ne parle que de ça. Je ne sais pas ce que je vais trouver comme sujet demain. Mais je peux dire que je parlerai encore d’Haïti. Dans une semaine, dans un mois, dans 1 an.

Patrick Lagacé
a pondu une chronique ce matin sur l’histoire d’Haïti. Nécessaire. Car comme l’écrivait Patrick: «J’ai cru bon résumer ici les explications (complexes) de Jared Diamond dans son magistral Collapse parce que, déjà, l’explication simpliste du racisme et de l’eugénisme (ces-Nègres-sont-des-bons-à-rien) a commencé à polluer ma boîte de courriels.»

Je vous encourage aussi à aller lire le billet d’Emmanuelle Latraverse sur Magalie Marcelin, une femme engagée qui est malheureusement décédée dans la catastrophe. Une amie d’Étienne Côté-Paluck, l’un de mes collègues journalistes et ami qui est sur place avec l’équipe de Radio-Canada. Il donnait des nouvelles ce matin à l’émission de Christiane Charette.

Des logos écolos trop nombreux

Article super intéressant dans le Soleil sur la maladie galopante des logos en tout genre qui se réclament tous plus écolos les uns que les autres.

L’article de Jean-François Cliche parle de l’étude de deux professeurs de l’Université de Sherbrooke Fabien Durif et Caroline Boivin qui ont recensé tous les produits nettoyants offerts au Québec. Résultat: 58 labels…58. Comment faire le tri dans cet incroyable bordel !!!!! Et ils disent ne pas compter les mots naturel, bon pour l’environnement, des trucs qui ne veulent absolument rien dire. Effroyable.

Il y a du ménage à faire, sérieusement. Le nombre de logos qui ne veulent rien dire se multiplie. Il est temps que le gouvernement légifère, car les entreprises sérieuses qui proposent des produits réellement écologiques ne peuvent se distinguer dans cette mer de faux. Dommage. Soyons encore plus sévères et posons des questions.

La guerre des retraites dans Jobboom

Même si Christiane Lanthier fait un portrait de moi dans Jobboom en soulignant ma spécialité, l’environnement, elle parle aussi des autres sujets que j’aborde en écrivant mon billet quotidien dans Branchez-vous. Mais surtout de l’article que j’ai écrit dans la dernière édition de Jobboom sur la guerre des retraites. Comment sauver le régime public des rentes de retraite ? Les babyboomers ? Les générations qui les suivent, moins nombreuses ?

L’article fait le tour des propositions que ce soit avec la Régie des rentes du Québec et autres spécialistes en matière de retraite.

Vie de pigiste

L’Office national du film chapeaute un projet super intéressant: PIB. Un documentaire qui suit des Canadiens en ces temps de crise. L’une des vidéos présente une journaliste qui avait un emploi permanent à la revue Châtelaine, côté anglophone. Elle l’a perdu et est devenue journaliste indépendante, pigiste.

Annie Richer, une collègue journaliste, a recueilli mes commentaires sur le témoignage de Charmaine. Elle en a fait un billet sur le blogue de PIB, qui est ici. La première chose que je lui ai dit, c’est que moi aussi j’avais sauté dans le vide, sans parachute, quand en 2003, j’ai quitté un emploi stable en politique pour redevenir journaliste. Mais c’était mon choix, murement réfléchi. Après avoir travaillé plusieurs années comme employée, après avoir testé la vie de travailleur autonome au milieu des années 90, mon choix était fait. Je serai ma propre patronne. Je fonctionne très mal avec un-e patron-ne. Je suis trop indépendante. Je veux décider pour moi. Je suis allergique au 9 à 5, à la routine, aux horaires, à la répétition. Je ne suis bien que lorsque c’est moi qui décide. Même quand je travaille jusqu’à 4 h du matin pour finir des articles. C’est mon choix.

Voici donc ce que j’ai expliqué à Annie. Allez visiter le site de PIB, on y trouve des vidéos témoignages, le blogue. En anglais et en français. Intéressant de constater l’impact de la crise économique, non pas en terme de chiffres, mais en mettant des visages sur ceux-ci.

Dernière ligne droite pour voter pour mon blogue !!!

Mon blogue est finaliste pour la Coupe de l’info dans la catégorie Développement durable, qui récompense les meilleurs blogues de journalistes en France. Je suis la seule Québécoise en lice !!! C’est la dernière chance, car le vote se termine demain le lundi 18 janvier. Si vous aimez mon blogue, un dernier effort pour le faire savoir en votant. Un gros merci !

Les gagnants seront annoncés le samedi 23 janvier à Courchevel. Évidemment, je ne serai pas sur place, je serai ici, à Montréal. Mais l’important est vraiment de participer et je suis déjà très heureuse d’être finaliste.