La France et son identité

Avec l’arrivée de Nicolas Sarkozy à la présidence, la nationalité française est devenue un super privilège que même les Français doivent prouver deux fois plutôt qu’une. Les histoires comme celles d’Anne Sinclair, Française de naissance, de ses parents, se multiplient depuis l’adoption du nouveau règlement. Gracieuseté de Sarkozy !

Anne Sinclair, comme l’une de mes amies, n’est pas née en France. Misère. Elle doit doublement prouver sa nationalité française. Mon amie avait un problème supplémentaire, ses deux parents n’étaient pas nés en France, l’un en Espagne, l’autre en Yougoslavie ! Mais elle a toujours, à quelques exceptions, vécu en France.

Inadmissible cette suspicion qui engendre des classes différentes de citoyens. Il va y avoir les « bons » français et les « mauvais » ? Les « vrais » et les « faux »? Belle manière de diviser un pays.

Évidemment, je suis toujours Française, même si je n’habite plus en France depuis plus de 22 ans. Je me sens toujours Française. Comme je me sens aussi Canadienne et Québécoise. J’ai déjà expliqué dans ce billet, l’impossibilité de choix, que certains ne veulent pas comprendre, disant qu’il faut choisir. Non, je n’ai pas à choisir, car j’ai vraiment et totalement deux nationalités. Un point c’est tout.

J’ai mes deux passeports. Je fonctionne principalement avec le Canadien sauf quand je vais en France. Mon passeport français est valide jusqu’en 2012. Vais-je me buter à cette super vérification de ma nationalité française? Il semble que non. D’après le site internet du service public français, j’aurai plus de facilité à justifier ma nationalité française qu’Anne Sinclair ou mon amie. Un peu ridicule non ?

Les personnes qui vivent en France, mais qui n’y sont pas nées, doivent plus prouver leur nationalité que moi. Je suis née en France, j’y ai vécu longtemps, mais réside au Canada depuis plus de 22 ans. Un peu bizarre non ? Qui est la plus française ? Si le gouvernement veut jouer à ce jeu, il peut se faire prendre avec de sacrés imbroglios. Voici les risques de tenter d’imposer des règles et des niveaux de nationalités. Ne sommes-nous pas tous des êtres humains…