Une chanson pour Haïti

Une ribambelle d’artistes français a enregistré une chanson pour Haïti: Haïti chérie. Elle sera bientôt offerte en téléchargement. L’argent sera distribué à Médecins sans frontières et la Croix-Rouge. Voici un extrait.

Celui qui est le grand poète moderne, qui écrit de merveilleux textes, Grand corps malade a écrit un couplet qui m’a touché. Encore plus.

Pour reconstruire il faut du monde, de l’espoir et beaucoup de temps
Du courage, du mental, de l’enthousiasme et de l’argent
Pour Haïti et son peuple, le compte à rebours a débuté
Tous ensemble soyons à la hauteur du mot solidarité

Continuons à donner pour Haïti. Longtemps. Continuons à en parler. Longtemps.

Ma rage devant l’égoïsme de certains humains…

Si la catastrophe horrible d’Haïti montre que la majorité des humains sont sensibles, généreux et veulent aider, elle met en lumière l’affreux manque d’humanité de certains. Le racisme latent qui leur permet de juger un autre peuple sans le connaître, sans rien savoir. L’égoïsme et le manque de compassion a animé plusieurs commentateurs à mes billets sur Branchez-vous.

C’est la première fois que les commentaires me donnent envie de pleurer. De rage. De tristesse devant tant d’ignorance et de manque d’humanité. Quand des gens meurent, notre petit confort d’occidentaux gâtés ne pèse pas fort dans la balance.

Quand on m’insulte, je m’en moque. Je me suis forgé une carapace. Mais contre la bêtise humaine, je ne suis pas capable. Trop sensible. Sûrement, car je suis une femme comme a osé dire un autre commentateur. N’importe quoi.

Comment peut-on comparer la dette de notre pays à la misère dans laquelle est plongé le peuple d’Haïti ? Comment peut-on oser dire (anonymement bien entendu) que le gouvernement du Québec devrait investir l’argent ici au lieu de le donner en Haïti. Comment ose-t-on dire qu’on en a trop parlé ? Effroyable.

Je dois dire que lire le billet d’Alain Gravel puis celui de Marie-Julie Gagnon m’a fait du bien. Je ne suis pas la seule à ne pas pouvoir passer à autre chose. Je ne suis pas la seule à tout trouver futile. Cela fait quatre billets de suite que j’écris sur Haïti sur Branchez-vous. Hier soir, j’ai essayé de trouver un autre sujet. J’ai vainement fureté parmi le web, parmi mon agrégateur, et je n’ai rien trouvé. Rien qui pouvait surpasser la gravité du tremblement de terre. Tout le monde sur le web ne parle que de ça. Je ne sais pas ce que je vais trouver comme sujet demain. Mais je peux dire que je parlerai encore d’Haïti. Dans une semaine, dans un mois, dans 1 an.

Patrick Lagacé
a pondu une chronique ce matin sur l’histoire d’Haïti. Nécessaire. Car comme l’écrivait Patrick: «J’ai cru bon résumer ici les explications (complexes) de Jared Diamond dans son magistral Collapse parce que, déjà, l’explication simpliste du racisme et de l’eugénisme (ces-Nègres-sont-des-bons-à-rien) a commencé à polluer ma boîte de courriels.»

Je vous encourage aussi à aller lire le billet d’Emmanuelle Latraverse sur Magalie Marcelin, une femme engagée qui est malheureusement décédée dans la catastrophe. Une amie d’Étienne Côté-Paluck, l’un de mes collègues journalistes et ami qui est sur place avec l’équipe de Radio-Canada. Il donnait des nouvelles ce matin à l’émission de Christiane Charette.