Dernière ligne droite pour voter pour mon blogue !!!

Mon blogue est finaliste pour la Coupe de l’info dans la catégorie Développement durable, qui récompense les meilleurs blogues de journalistes en France. Je suis la seule Québécoise en lice !!! C’est la dernière chance, car le vote se termine demain le lundi 18 janvier. Si vous aimez mon blogue, un dernier effort pour le faire savoir en votant. Un gros merci !

Les gagnants seront annoncés le samedi 23 janvier à Courchevel. Évidemment, je ne serai pas sur place, je serai ici, à Montréal. Mais l’important est vraiment de participer et je suis déjà très heureuse d’être finaliste.

Financeriez-vous un pigiste pour un reportage ? (MAJ The Tyee)

L’initiative du photographe de RueFrontenac Martin Bouffard m’a inspirée et donnée des idées. Ce dernier a ramassé 2 600 $ pour financer son voyage en Haïti en Twittant. Il est parti avec un journaliste de Rue Frontenac, Vincent Larouche. leurs reportages sont sur Rue Frontenac. Quelques heures et la solidarité faisaient effet. J’y ai participé. À la mesure de mes maigres moyens de journaliste indépendante.

Cette initiative fait parler. Certains comme mon collègue Steve Proulx n’approuve pas. Il souligne que tout l’argent doit servir pour Haïti en ce moment. Je pense que l’un n’empêche pas l’autre. Cela ne m’a pas empêchée de donner à Médecins sans Frontières. Cela ne m’empêchera pas de donner à d’autres organismes pour Haïti.

D’autres pensent qu’envoyer un journaliste et un photographe en plus en demandant de l’argent n’était pas nécessaire. Plusieurs s’expriment tant chez Steve que chez Dominic Arpin. C’est leur opinion. Je ne la partage pas. Je crois qu’il est intéressant qu’un organe de presse indépendant comme Rue Frontenac puisse couvrir cette tragédie. Chaque journaliste présent ramène quelque chose de différent. C’est ce que je constate en étant branchée sur Radio-Canada, radio et télé, CNN, France 2, La Presse, Rue Frontenac.

Autre point de vue, celui d’une journaliste indépendante qui a l’habitude de financer de sa poche ses voyages à l’étranger. Ma collègue Mariève Paradis a écrit un message sur le billet de Rue Frontenac. Elle souligne que les journalistes de Rue Frontenac vivent la réalité habituelle des journalistes indépendants: insécurité financière, travailler sans filet, etc.

Il est vrai que parfois, il y a une certaine incompréhension entre les journalistes permanents et indépendants. Pourtant, on fait le même travail, nous faisons du journalisme. Certains pour un seul média, d’autres pour plusieurs. L’un n’est pas mieux que l’autre. Seulement différent.

Il est donc évident que plusieurs journalistes pigistes ont réagi comme Mariève lors de la demande de financement de Rue Frontenac. Les journalistes indépendants ont l’habitude de s’autofinancer lorsqu’ils partent à l’étranger ou même en reportage à l’extérieur de chez eux. Aucune revue ou média (sauf exception) ne rembourse les frais de voyage des journalistes indépendants.

C’est pour ceci que l’initiative de se faire financer des journalistes de Rue Frontenac m’a inspirée. Serait-ce une nouvelle manière de faire du journalisme ? Se faire financer des reportages ? Serait-ce une solution pour les journalistes indépendants pour arriver à faire des voyages à l’étranger ?

Dominic Arpin parle justement de l’initiative américaine Spot.us qui permet de financer des reportages. Intéressant. À explorer. Du reportage coopératif financé par les lecteurs. Les journalistes indépendants ont l’habitude de vendre leurs histoires. On le fait avec les rédacteurs en chef. Pourquoi pas sur Internet.

Ou alors devrait-on se trouver des commanditaires pour les billets d’avion, le logement ? Trouver des ententes avec les compagnies aériennes ? Les ONG ? Va-t-on nous accuser de ne pas être impartiaux ?

N’est-ce pas la même chose lorsqu’on fait des voyages de presse ? Nous sommes invités, tout est payé. D’ailleurs, c’est souvent la seule manière pour les journalistes indépendants de voyager. L’important étant d’indiquer que le voyage a été payé et de rester critique et rapporter la réalité. Ensuite, c’est chacun son éthique. Que l’on soit journaliste pigiste ou permanent d’ailleurs. Car tout le monde participe aux voyages de presse.

Car plusieurs de mes collègues pigistes voyagent. Trop souvent à leur frais. Ils se payent eux-mêmes le billet d’avion, se débrouillent avec les moyens du bord. Je pourrais faire une longue liste de collègues qui s’autofinancent. D’autres arrivent à glaner quelques bourses.

Les bourses Nord-Sud sont financées par l’ACDI, organisée par le FPJQ, la bourse Québec-Japon. Il y a avait les bourses Air France qui offrait des billets d’avion à des journalistes. Malheureusement, après une polémique dans le Trente, ceci n’existe plus. Dommage pour les pigistes.

Qui serait donc prêt à financer un journaliste indépendant pour un reportage à l’étranger ? Pour un reportage ici au Québec spécifique ? Est-ce préférable le style commanditaires ?

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur les journalistes indépendants, le site internet de l’Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ) en parle en long et en large. Le Répertoire présente les journalistes membres.

L’une de mes amies Facebook, Brigitte Gemme, m’a souligné une initiative très intéressante en Colombie-Britannique, The Tyee. Un quotidien en ligne qui existe depuis 2003, totalement indépendant et financé par le public. L’histoire est ici. Est-ce un nouveau modèle de média ? Un modèle que développe aussi Rue Frontenac. Un modèle qui ne se base pas seulement sur la publicité, mais sur l’abonnement, sur le financement des citoyens ?