Se questionner sur les causes environnementales des maladies?

Aujourd’hui, une étude menée pour la société d’Alzheimer fait sursauter tout le monde, ou presque. En effet, les cas et les coûts de cette maladie dégénérative vont se multiplier au cours des prochaines années. Évidemment, une telle nouvelle demande des explications. Quelles sont les causes de l’Alzheimer, les conséquences, comment la prévenir et comment la guérir?

Bien entendu, on parle d’augmenter les fonds pour la recherche et trouver des moyens pour guérir cette terrible maladie. On parle aussi de prévention. Les moyens habituels, faire plus d’exercice et manger mieux. Aussi, entraîner son cerveau, sa mémoire.

Très bien. Mais posons la question: y-a-t-il des facteurs environnementaux à cette maladie? Certains le pensent. D’autres étudient la question. Tout comme les cancers. Il serait intéressant qu’on s’inquiète un peu plus de l’impact des nombreux produits chimiques en tout genre présent dans notre environnement: nettoyants, meubles, matériaux de construction, cosmétiques, pesticides, nourriture, etc. etc.

Puisqu’aujourd’hui, on parle aussi du décès du cancer du sein de l’artiste Lhasa de Sela a un très jeune âge, 37 ans., interrogeons-nous. Allons un peu plus loin. Pourquoi ne pas en parler plus et élaborer des règles beaucoup plus sévères concernant la pollution, l’utilisation de pesticides, de composantes chimiques dans nos produits de tous les jours. Sans paniquer bien entendu.

J’ai d’ailleurs fait un article pour le numéro d’octobre 2009 de Clin d’Oeil sur les causes environnementales du cancer du sein. Plusieurs médecins m’ont souligné la hausse du nombre de cas de jeunes femmes de l’âge de Lhasa. Sans avoir aucune explication autre que les causes environnementales. Malheureusement il est très difficile et ardu de faire le lien entre la pollution et les maladies. Alors on oublie et les compagnies continuent allégrement de polluer. On s’empoisonne quoi.

Voici ce texte. À la fin, vous trouverez une liste des produits les plus polluants et des liens vers des organismes et documents.
Lien entre pollution et cancer du sein ?

Par Cécile Gladel

Vous mangez bio, faites du sport, deux enfants, aucun antécédent familial ? Vous êtes à l’abri cancer du sein ? Malheureusement non. La pollution et les produits chimiques pourraient jouer un rôle. Voici pourquoi.

À 42 ans, Josée n’imaginait pas être sur la liste des victimes d’un cancer du sein. Naturopathe, non-fumeuse, elle n’avait aucun des facteurs habituels. Pourtant en 2006, le terrible diagnostic tombe. Et les exemples comme Josée pleuvent. Faut-il donc s’en remettre à la fatalité ou soupçonner des liens entre l’environnement le cancer du sein ?

De plus en plus de scientifiques sonnent l’alerte et pointent du doigt les facteurs environnementaux : pollution et produits chimiques et synthétiques. D’ailleurs, Action cancer du sein Montréal, un organisme à but non lucratif, a produit, en 2008, un rapport sérieux et très documenté : L’état des connaissances : les liens entre le cancer du sein et l’environnement. « De décennie en décennie, depuis la Seconde Guerre mondiale, les taux d’incidence de cancer du sein augmentent parallèlement à la prolifération des produits chimiques de synthèse », peut-on y lire.

De l’Institut national de santé publique du Québec au Réseau québécois des femmes en environnement, plusieurs groupes se réfèrent à ce rapport qui fait état des dernières recherches scientifiques sur les effets cancérigènes des contaminants dans les cosmétiques, la nourriture, les plastiques, l’air, l’eau, etc.
Deux mots qui paraissent barbares y sont aussi pointés du doigt : les perturbateurs endocriniens. Il s’agit de contaminants qui viennent modifier notre système endocrinien à long terme. Louise Vandelac, professeure à l’Institut des sciences de l’environnement de l’UQAM et chercheure au CINBIOSE, qui a mené plusieurs recherches sur le sujet, observe qu’on néglige l’analyse des polluants persistants et de leurs effets de perturbation endocrinienne. « La santé des populations est étroitement liée à celle des milieux de vie et des écosystèmes.Il faut donc aller bien au-delà des habitudes de vie personnelles et des services de santé, pour inclure la réduction à la source des principaux contaminants.»

La Fondation canadienne du cancer du sein parle aussi des facteurs environnementaux, tout en précisant que les connaissances dans le domaine ne sont pas complètes. « Vous êtes en contact avec des produits chimiques en respirant, mangeant et buvant, ainsi qu’en touchant des produits naturels ou fabriqués », peut-on lire sur leur site Internet.

La docteure Diane Pelletier de la Fondation québécoise du cancer du sein ajoute que la question est très complexe, expliquant la lenteur du consensus scientifique sur ces facteurs environnementaux. « Les soupçons sont de plus en plus précis sur la responsabilité de plusieurs produits chimiques sur le cancer du sein, mais rien n’est prouvé ».

En effet, chaque femme va réagir de manière différente selon le lieu, la durée et la quantité d’expositions ainsi que la façon dont la substance agit sur la composition génétique de chacune.

Action cancer du sein Montréal n’est pas du même avis et pense que les preuves scientifiques sont suffisantes. « 50 % des cas de cancers du sein ne sont pas liés aux habitudes de vie. Ce type de cancer atteint des femmes de plus en plus jeunes et on continue à leur parler de leur style de vie. C’est très culpabilisant de savoir qu’on est responsable de son cancer », souligne Nancy Guberman, membre de l’organisme.

Que faire ?
Bien entendu, les actions personnelles arrivent en tête de liste : éliminer les produits chimiques de sa vie, manger bio, éviter les aliments transformés, utiliser des cosmétiques certifiés biologiques, des nettoyants, peintures, vernis écolos.
On peut aussi paniquer en pensant que chaque substance nous rapproche d’un cancer. « Il est vrai qu’on peut se sentir impuissante, mais au contraire, une fois informée, on doit faire pression sur les gouvernements pour favoriser l’adoption de réglementations sévères », explique Nancy Guberman.
Des pressions que l’on peut faire en écrivant à son député autant au fédéral qu’au provincial, en s’impliquant, en informant son entourage. « J’ai commencé à agir il y a 11 ans lorsque j’ai été atteinte d’un cancer du sein. N’attendez pas d’être une victime, soyez proactives », lance Mme Guberman.
Pour Louise Vandelac la mise en place du règlement sur les pesticides en 2006 au Québec constitue une importante avancée, mais il faut aussi viser l’agriculture, principal utilisateur de pesticides et d’OGM pesticides.
« Nous vivons dans une véritable « soupe de produits chimiques », dit-elle, d’où l’urgence d’améliorer nos mécanismes d’évaluation, comme l’ont fait les Européens en adoptant le 1er juin 2007 la règlementation REACH (enRegistrement, Evaluation et Autorisation des substances CHimiques) désormais en vigueur en Europe.

En attendant comment se termine l’histoire pour Josée ? Elle est en rémission, mais vit avec une épée de Damoclès. Elle a profité de cette épreuve pour changer de carrière, son couple est plus fort et elle vit maintenant le moment présent. Elle continue à éviter tout ce qui pourrait polluer sa vie dans la mesure de son possible.

Pour en savoir plus
L’État des connaissances: la relation entre l’environnement et le cancer du sein
Sous la direction de Janet Gray, Ph. D.

Action cancer du sein de Montréal

Réseau québécois des femmes en environnement

Fondation québécoise du cancer du sein

Fondation canadienne du cancer du sein

The silent spring Institute

Breast cancer fund

La Convention de Stockholm, entrée en vigueur au plan international le 17 mai 2004, qui vise l’élimination «écologiquement rationnelle» de douze polluants organiques persistants (POPs).

Le monde selon Monsanto de Marie-Monique Robin ( livre et DVD)

Encadré
Où trouve-t-on des perturbateurs endocriniens ?

Dans les pesticides, les carburants, des matières plastiques, des détergents, des solvants industriels, la fumée de
cigarette, des produits de soins personnels, et dans certains médicaments. Certains additifs alimentaires sont des perturbateurs endocriniens.

Quels sont les principaux produits chimiques problématiques?
-Le DDT, qui demeure omniprésent, même s’il a
été interdit;
-Les herbicides de la famille des triazines. Alors que l’atrazine est interdit dans toute l’Europe, il est épandu à grande échelle aux États-Unis, sur de nombreuses cultures de première importance.
-Le bisphenol A : plastiques
-Les hydrocarbures polyaromatiques : Produits de combustion ubiquitaires.
-La fumée secondaire de cigarette
-Les dioxines : présentes dans les cultures, les viandes et les produits laitiers.
-Les alkylphénols : détergents et d’autres produits nettoyants.
-Les métaux : Cuivre, cobalt, nickel, plomb, mercure, cadmium et chrome.
-Les phtalates : Produits chimiques servant à rendre les plastiques plus flexibles; aussi présents dans certains cosmétiques ( vernis à ongles, fixatifs, parfums)
-Les parabènes : Antimicrobiens utilisés dans certains cosmétiques et certains produits de soins personnels.
-Phytooetrogènes: Soja, cereals

Source: L’État des connaissances: la relation entre l’environnement et le cancer du sein

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2 Réponses

  1. Merci Cécile, de t’y intéresser. Tous les écolos du monde semblent embarqués dans une croisade que j’appellerais diversionnaire contre les changements climatiques, laissant pratiquement toute la question de la relation entre produits chimiques, cancers et autres maladies.

    Alors que j’étais attaché politique, un mec m’a un jour montré des documents de Santé Canada pour lesquels les chercheurs avaient dû démissionner parce qu’on leur demandait de falsifier des données.

    Et, attachez-vous. Ces données reliaient directement et majoritairement les cancers du sein et du poumon aux résidus de parfums (bourrés de métaux lourds et de solvants) et la plupart des autres cancers aux produits chimiques dont nous sommes bourrés.

    Autres documents qu’il m’a montré : l’industrie pétrochimique est à la source de tout le lobby anti-tabac. Comme c’est la façon de faire de nos élites, il suffit de mettre beaucoup, beaucoup d’argent dans une lutte pour qu’elle prenne tout l’espace, et ainsi balayer sous le tapis des enjeux tout aussi importants.

    En trente ans, le nombre de fumeurs a diminué radicalement. Pas le nombre de cancers. Étrangement, devant ce constat, on a voulu imputer la faute à la fumée secondaire, puis, dernièrement, à la fumée tertiaire. Dis-je que la cigarette est bonne pour la santé? Non. Cependant, à la lumière de ce que j’ai pu voir, la cigarette constituait le meilleur bouc émissaire pour préserver le reste de l’industrie cancérigène pendant encore plusieurs années, le temps que le commun des mortels réalise que la cible n’était pas la bonne.

    Ça vaudrait peut-être la peine de commencer à faire des demandes d’accès à l’info pour faire sortir les données de chez Santé Canada. Or, comme on renvoie les chercheurs qui refusent de signer les études falsifiées, eh bien bonne chance!

  2. Merci de remettre tout cela en perspective, si ce n’est pas très encourageant, disons au moins que c’est éclairant. Avec les nombreux cas dans ma famille, je me suis dit que ce qui avait changé au cours des 30 dernières années c’était la pollution et la bouffe remplie de trucs chimiques. C’est la logique qui me dictait ça, mais on en parle si peu.

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