J’ai vraiment mal à ma ville et à ma démocratie…

Montréal se réveille avec un gros mal de tête. Pour de nombreuses raisons, ces élections laissent tout le monde avec un étrange goût amer. Mais que se passe-t-il dans notre ville, qui je le rappelle est la métropole du Québec, la plus grande ville. C’est triste et grave.
Il est temps de changer le système électoral et le financement des élections. Aussi une enquête publique est de mise. On a besoin d’un grand ménage et vite.

Voici les différentes raisons qui font que j’ai mal à ma ville.

-Nous sommes lundi midi et beaucoup de résultats de bureaux de vote ne sont pas encore comptabilisés. Certains élus ne savent pas encore s’ils sont élus.

-Le maire de Montréal, Gérald Tremblay est élu avec 15 % du vote des citoyens inscrits sur la liste électorale. 15 %. Pincez-moi. Qu’il n’ose pas dire que c’est une victoire. C’est rien du tout.

-La fusion mal faite et les défusions ont affaibli Montréal. Le maire Tremblay est élu principalement par des anciennes villes de banlieue où on avait l’habitude de tourner les coins ronds. Rendez-moi ma ville.

-Des élus comme Michel Labrecque et André Lavallée, maitres d’oeuvre du plan de transport ont été battus. Un écolo a battu un autre écolo sur le Plateau. Dommage. J’ai l’impression que des candidats d’excellente valeur se sont fait concurrence et se sont éliminés alors que les moins bons sont récompensés. Dommage.

-Dans Rosemont, c’est l’organisation politique du parti québécois qui a fait la différence et pas le travail des élus en place. Anti-démocratique. (Je note ma non-objectivité ici car l’un de mes meilleurs amis, Carle Bernier-Genest se représentait dans le district de Marie-Victorin et a été battu. Je suis triste pour lui tout comme pour ma conseillère municipale, Carole Du Sault, une amie aussi).

-Quand je vois des maires être élus avec 82 % (Régis Labeaume à Québec) et 78 % ( Jean Tremblay à Saguenay) et que ce dernier affirme qu’une opposition est nocive à une ville. Que Gilles Vaillancourt, le monarque de Laval, affirme croire en la démocratie de proximité me rendent très cynique face aux élections. Ne sommes-nous face qu’à une simple mascarade de démocratie municipale. Une république de bananes.

Quelques points positifs, heureusement…

-L’élection de la première femme à la tête de Longueuil, Caroline St-Hilaire. Même si elle est minoritaire. On voit que lorsque l’opposition se divise comme à Montréal, le maire sortant en profite pour se faufiler entre les deux. Ne serait-il pas temps de changer de système pour avoir un scrutin proportionnel à deux tours comme en France ?

-L’élection de plusieurs élus de Projet Montréal, un parti différent, plus à gauche, plus environnementaliste, plus social. Et pas seulement sur le Plateau mais aussi dans Rosemont, Ahuntsic-Cartierville et, surprise, même l’ancienne ville de Lasalle.

-Le fait que les scandales aient fait tombés certains élus à Longueuil et Boisbriand est une bonne nouvelle. Parfois la démocratie parle. C’est sain.