L’aveugle partisanerie de la politique

Je peux en parler. Je suis une ancienne partisane et je ne l’ai jamais caché. J’ai aussi souffert de l’aveuglement qu’engendre automatiquement le fait d’appuyer et surtout de travailler activement pour un parti politique. Je suis tellement heureuse d’en être sortie pour observer la politique de l’extérieur. Activité que je préfère grandement. C’est bien la politique active et partisane pour savoir de quoi on parle, mais à très petite dose. J’en parlais ici.

Lorsqu’on travaille pour un parti politique ou qu’on l’appuie fortement, on perd toute perspective et analyse critique. Je le note d’autant plus que j’étais comme ça lorsque je travaillais avec Pierre Bourque. Je le note auprès des gens que je connais qui travaillent pour l’un des trois partis municipaux de Montréal. Surtout quand une campagne électorale éprouvante tire à sa fin.

Ce matin sur Branchez-vous, je me risque à faire un pronostic car il faut bien prendre des risques et voir si on aura peut-être raison. Je dis que je prends un risque, car je prédis la victoire de Louise Harel, à la tête de Vision Montréal. Vais-je me faire accuser de prendre parti ? Même si je précise bien que c’est tout sauf une prise de position.

La semaine dernière alors qu’un membre de l’équipe de Louise Harel twittait pour elle alors qu’elle était en direct en débat à Radio-Canada. Je l’ai rewittait en signifiant l’aspect bizarre de la voir son nom écrire alors qu’elle parlait…Et bien je me suis fait accuser de faire de la politique par son équipe. De prendre parti pour Gérald Tremblay.

C’est facile de dire ça. J’ai l’un de mes bons amis, Carle Bernier-Genest qui est candidat dans Marie-Victorin pour Tremblay. Il est certain que j’encourage mon ami avec des mots, pas des gestes.

Hier j’ai remis en contexte la vidéo de Richard Bergeron. Je vais sûrement me faire accuser de prendre parti pour lui.

Ce matin je prédis la victoire de Louise Harel. Je vais sûrement me faire accuser de prendre parti pour elle.

Finalement, c’est ainsi quand on est partisan. Le moindre geste, la moins parole nous font penser à une prise de position. Même les journalistes (surtout) sont montrés du doigt. Je m’en souviens. À la moindre manchette, lorsque je travaillais en politique, mes collègues classifiaient le journaliste. Il est avec nous ou contre nous. J’avais beau leur dire que les journalistes ne sont avec personne, ils étaient aveuglés.

Il est certain que personne ne peut être objectif à 100 %. Impossible. On a tous et toutes une opinion. Mais on peut prendre du recul pour analyser la situation. Ce que la majorité des personnes partisanes ne peuvent faire. C’est l’une des raisons qui font que je suis sortie de la politique. Je ne voulais plus vivre avec des œillères.