Du découragement à l’espoir, mon deuxième article dans La Presse

Coucher de soleil enfumé sur la Tujunda
Les soldats du feu
Devant chez Bill Ryder que je cite dans mon article
Les hélicoptères en action

Rebelote et autre commande de La Presse pour un autre texte sur les feux de forêts de Californie. Il est ici. Toujours un article sur les gens, les citoyens et leurs émotions. Les faits sont partout, l’AFP et autres agences de presse s’en occupent. Cette fois ci, Mariève et moi sommes allées plus à l’ouest que lors de notre premier déplacement. Après la Crescenda et Glendale, le quartier de Tujunga était sous haute surveillance.

Cette fois-ci, nous avons dû utiliser nos cartes de presse pour se rendre dans le secteur. Oui nos cartes de presse québécoises fonctionnent. D’ailleurs, à la minute où les gens (citoyens, policiers, pompiers et autres médias) savent qu’on est canadiennes, la sympathie est immédiate.

Nous avons rencontré des citoyens si sympathiques, si chaleureux malgré leur peur. J’imagine qu’en parler leur permet de partager et d’extérioriser. Je pense en particulier à cette infirmière, Carissa Totalca, dont le mari parle français et à qui je dois emailer le lien. Elle nous a parlé de sa forêt, nous a entraîné au bord du réservoir pour prendre les photos des hélicoptères qui se ravitaillaient, en nous montrant la petite faille dans la clôture…Si souriante, si enjouée malgré son regard triste et embué à la vision d’apocalypse qui s’offrait à nous.

Si mes vacances sont écourtées par cette couverture et que je ne visiterais pas tous les endroits que j’avais prévus, ce n’est pas grave. Je vis une expérience hors du commun qui vaut toutes les visites touristiques du monde…

Allumer des feux pour protéger les résidences





Ces travailleurs du feu se préparaient justement à aller allumer des backfires dans un autre quartier, Tujunga, hier après midi en remplissant leur petite bonbonne de carburant.

Hier soir, j’étais dans un quartier huppé de Glendale au Nord de L.A. Évacué, seuls les pompiers et journalistes avaient le droit de pénétrer dans le secteur. «À vos propres risques», nous répétaient les policiers chaque fois qu’on passait un barrage.

Évidemment, on ne prenait aucun risque et on ne se plaçait pas en position de gêner le travail des pompiers. Dans ce quartier, on a assisté à ce qu’on appelle ici un backfire.

Il s’agit de combattre le feu par le feu. Les pompiers allument des feux qu’ils contrôlent entre les maisons et la forêt afin de créer une barrière de protection. Car une fois que les broussailles et les arbres ont brûlé, le feu n’aura plus de carburant….On est arrivé hier soir dans un quartier huppé alors que les pompiers allumaient justement un bosquet….Très impressionnant. Les photos sont loin de refléter l’ampleur du spectacle.

J’avoue qu’après avoir pris les photos, j’ai battu en retraite et me suis éloignée. Nous avions laissé nos masques dans la voiture, la fumée et la chaleur était intense. Je m’en suis protégée derrière des camions de travailleurs du feu, pendant que Charles et Mariève prenaient des photos. D’ailleurs certaines photos de Charles sont sur le blogue de ma collègue journalistes, ici.