On tue encore des médecins aux États-Unis

L’actualité fournie des derniers jours a éclipsé une affreuse nouvelle, le meurtre du docteur Georges Tiller au Kansas. Ce dernier pratiquait des avortements. Horrible et totalement révoltant comme meurtre. Heureusement les réactions sont vives.

Une nouvelle qui nous prouve que les États-Unis ont encore beaucoup de chemin à parcourir pour arriver au pays libre qu’ils clament être. Est-ce qu’on tue les médecins à Cuba? Non même si la liberté de parole est totalement restreinte dans le pays de Castro. Je parlais hier soir avec une amie qui y a vécu durant un an. Son témoignage est éclairant.

Sauf que parfois la liberté de parole est aussi restreinte aux États-Unis. Essayez d’y critiquer l’armée, le patriotisme, le drapeau, etc. Lors de ma dernière soirée à Los Angeles, nous discutions de la situation économique avec des voisins autour du bain tourbillon. Les critiques pleuvaient. Une dame s’est approchée pour demander à Mariève que l’on parle moins fort et que l’on garde pour nous nos critiques car des enfants écoutaient. Vive la liberté d’expression!

Même chose lorsqu’un charmant et jeune serveur nous a dit qu’il s’engageait dans l’armée. Il ne comprenait pas ma surprise. Pour lui c’est normal de servir son pays. Bref, un point de vue différent qui se défend.

Mais que l’on tue des médecins, ça me rend folle. Si on est contre l’avortement car on affirme qu’il s’agit d’un meurtre, comment peut-on alors perpétrer un meurtre à notre tour.

Je ne vous apprendrais rien en disant que je suis pro-choix. Une cellule de quelques semaines n’est pas un bébé. De toute manière, une femme est maîtresse de son corps. Qu’elle décide, en couple ou non, de mettre fin à une grossesse est de ses affaires. L’important est d’avoir le choix. Ce que les femmes ont gagné depuis les années 60. Le choix. Celui d’enfanter ou non, celui de choisir le moment, celui de travailler ou non, celui de rester à la maison ou non, celui d’être en couple ou non. Bref, tuer un médecin est une limite au choix et à la liberté des êtres humains. Une insulte à la démocratie et à la liberté si chère au coeur des américains. Mais l’hypocrisie est reine au pays de Barack Obama.

Je vous recommande cette touchante lettre écrite par une femme qui s’est fait avorter par le Dr Tiller à 26 semaines de grossesse car le bébé était atteint de déficiences. On comprend par ses mots le choix déchirant et la grande humanité du docteur. Comme celle du Dr Morgentaler que j’avais interviewé en 1989 lorsque j’étais journaliste à La Rotonde et à CHUO. Une humanité et une grande tolérance se dégageaient de cet homme. Grandiose.

Louise Harel est-elle la meilleure candidate? Pas certaine…

Enfin. On aura une vraie et belle (je l’espère) campagne électorale à Montréal. La candidature de Louise Harel est une bonne nouvelle même si je reste persuadée que ce n’est pas la meilleure candidate. J’aurai aimé du sang neuf, quelqu’un qui ne vient pas finir sa carrière politique à Montréal mais qui la commence.

Ce début de campagne me permet de faire une petite mise au point. Puisque j’ai été identifiée à Vision Montréal et son fondateur Pierre Bourque durant 3 ans, je constate que certains n’ont pas réalisé que les années ont passés et que je suis maintenant journaliste.

Je ne le nie pas. J’ai été attachée de presse de Pierre Bourque de 2000 à 2003. J’étais donc partisane à ce moment là. Le jour où j’ai quitté mon emploi, j’ai aussi quitté la politique et la partisanerie. Depuis novembre 2003, j’ai coupé les liens avec Vision Montréal.

En plus, l’un de mes meilleurs amis, Carle Bernier-Genest est désormais conseiller municipal pour l’équipe de Gérald Tremblay. Je connais bien ma conseillère municipale, Carole DuSault. Je connais plusieurs personne de Projet Montréal dont Josée Duplessis. Bref, j’ai des liens partout mais aucun intérêt ni partisanerie.

Après presque 6 ans de sevrage, je crois maintenant être capable d’analyse objectivement la politique municipale. J’ai certaines convictions. Environnementales mais je reste totalement persuadé du bienfait des fusions pour un Montréal fort. Je pense que le gouvernement Charest a erré en permettant les défusions. Je pense que Louise Harel a un bon point en disant qu’il faut remettre de l’ordre dans la distribution des pouvoirs entre la ville centrale et les arrondissements. Maintenant reste à savoir comment cela se passera.

Le plus triste dans tout ça est la séparation toujours aussi linguistique qui sévit à Montréal. The Gazette oppose déjà une fin de non-recevoir à Louise Harel. J’avoue que la meilleure manière de réveiller les monstres fusion-défusion de la campagne de 2001 était d’avoir une candidate comme elle. C’est un peu comme si Pierre Bourque revenait à la tête de Vision Montréal. La réaction de la communauté anglophone serait semblable.

C’est pour ceci que je ne suis pas certaine du tout que Louise Harel est la meilleure candidate. J’aurai préféré une Isabelle Hudon par exemple. Quelqu’un qui n’a pas l’historique de Louise Harel. Et je pense que Gérald Tremblay doit passer le flambeau. Deux mandats sont suffisants.