Que doivent faire les pigistes….

Épouvantable la situation du Journal de Montréal pour les pigistes.

Je parle des journalistes et chroniqueurs, pas des professionnels qui écrivent comme Martin Brodeur, Jacques Demers, Julius Grey, etc. Ces derniers ne sont pas des professionnels de l’écriture.

Comme le soulignait le commentaire de Pascale dans mon autre billet, c’est pas évident pour des permanents de voir des gens dont ce n’est pas le métier venir écrire à leur place. Est-ce que les journalistes s’improvisent avocat ? joueur ou entraîneur de hockey ? Non.

Ceci dit, je parle des chroniqueurs comme Richard Martineau. Ce dernier écrit ce matin qu’il continuera à écrire pour le Journal pendant le lock-out. Il souligne, à juste titre, que le syndicat n’a jamais rien fait pour lui, pourquoi se mêlerait-il de ce conflit ? Il n’a pas tort. Si le Journal décidait de supprimer sa chronique, le syndicat ne lèverai pas le petit doigt pour lui. Il n’aurait pas droit à une cenne. Rien.

Comme je le mentionnais dans un autre billet, la non-solidarité et le mépris qu’affichent certains (je dis bien certains, pas tous) journalistes permanents et syndiqués envers les pigistes est triste.

La situation des pigistes est donc problématique car ils sont pris entre l’arbre et l’écorce. La majorité n’est pas riche, n’a pas de fabuleux cachets et travaille souvent à des tarifs dérisoires. Certains font donc comme Martineau et ne change rien.

D’autres font comme Geneviève Lefevbre et arrête de faire quelque chose qui leur plaisait, une passion, un contrat qui leur rapportait quand même un peu d’argent. Rappelons que les pigistes comme Geneviève qui ont volontairement démissionné n’ont droit à rien. Nada, pas un sou de la part du syndicat. Le fond de grève des pigistes n’est pas de deux ans mais souvent de quelques semaines. Geneviève, et d’autres, ont des principes et perdent de l’argent pour s’y tenir. Bravo. Le syndicat devrait les remercier. L’ont-ils fait?

Pour ces raisons, je ne me permettrai pas de juger les pigistes comme Martineau qui décide de continuer à écrire. Pour certains il s’agit d’un revenu essentiel. C’est tout. Il est vrai que Martineau ne semble pas en manque d’argent mais bon je n’irai pas, comme Richard Therrien, jusqu’à le condamner ni à l’admirer.

En passant, allez lire le commentaire à la fin du communiqué de l’AJIQ. Que faire quand ton revenu tout entier dépend d’une seule compagnie ? C’est pour ceci que je diversifie mes sources de revenus et que je développe ma polyvalence. Pour protéger ma liberté et mon indépendance.

Finalement, je ne suis pas d’accord avec les pigistes qui se transformeraient en scabs et commenceraient maintenant à écrire pour le Journal. Il y a des principes auxquels je tiens fermement. J’ai écrit ici ce dont je rêverai pour un monde plus juste et surtout plus solidaire…Car j’y crois en la solidarité.

Publicités

2 Réponses

  1. Tiens, justement, j’ai reçu ce matin même par la poste (six semaines plus tard dans les Maritimes) un appel à la solidarité tout en nous disant du même souffle que nos embauches sont « contestées devant les instances légales » par le syndicat et que « d’autres que moi » ont démontré leur appui. Évidemment, ils ont oublié qu’il y a déjà plusieurs semaines que j’ai « démontré mon appui ». Pourtant, mon nom ne figure pas dans la liste des « valeureux solidaires ». Pourquoi? Je ne sais pas… Ce que je sais par contre, c’est que dans le journal interne du syndicat, on nous traite encore de noms sympathiques… « minable » et « chroniqueur kleenex » par exemple. On dit, et on écrit, que notre présence « diminue la qualité rédactionnelle » du Journal. Julius Grey « diminue la qualité rédactionnelle » du Journal?! Dan Bigras?! Daniel Green? Ah ben coudonc! C’est super chouette de se dire qu’on a démissionné pour se faire insulter. Ça donne un goût d’enfer à la proverbiale solidarité. Fait que. Pour les remerciements, j’y compte pas trop (rires)! Chroniques B.

  2. Ta phrase résume bien le problème : « C’est super chouette de se dire qu’on a démissionné pour se faire insulter. Ça donne un goût d’enfer à la proverbiale solidarité.»Quel dommage !!! On aurait tellement besoin d’une solidarité de toute part…Autant Martineau que le syndicat devrait mettre de l’eau dans leur vin…Si seulement les pigistes qui démissionnent comme toi pouvait avoir une aide financière du syndicat…Dommage très dommage…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :