Que feront les chroniqueurs du Journal de Montréal?

On en parle de plus en plus, le conflit couve au Journal de Montréal. Tout le monde s’entend. Un lock-out devrait être déclenché dès la reprise en janvier puisque la convention collective sera échue après le 31 décembre.

Évidemment, un lock-out comme une grève empêche l’utilisation de briseurs de grève. Sauf que tout le monde se demande ce que feront les chroniqueurs habituels et nombreux du journal. Les Julius Grey, Joseph Facal, Raymond Gravel, Yvon Dallaire, Ronald Denis, Christopher Hall, Daniel Green, Hubert Reeves, Nathalie Elgrably ?

Une première vient de quitter le navire : Marie-France Bazzo. Elle évoque une surcharge de travail et non le conflit…

On se souvient que Lise Payette était la seule à avoir démissionné lors du conflit au Journal de Québec. Car plusieurs chroniques y étaient publiées. Richard Martineau, qui est un chroniqueur et pigiste, ne s’était pas impliqué dans le conflit et avait refusé de se prononcer.

Il n’avait pas tort. Car les journalistes permanents ne sont jamais préoccupés du sort des pigistes et des journalistes indépendants. Certains sont compatissants, nous soutiennent, mais rien dans les conventions collectives ou de tangible. Pourquoi devrait-on leur rendre quelque chose qui n’existe pas. Il est quand même ironique de voir les permanents et leurs conditions salariales venir demander une solidarité qu’ils ont toujours refusée à des pigistes aux conditions précaires. Voir ici les revendications de l’AJIQ.

J’avoue que j’aimerais bien voir l’ensemble des pigistes-chroniqueurs du Journal quitter le bateau. Sauf que je ne serai pas la première, ni la dernière à leur jeter la pierre s’ils décident de rester. À part peut-être ceux qui ont des emplois à temps plein dans d’autres domaines et dont la pige n’est qu’un « à côté ».

Ce qui m’inquiète le plus est la manière dont Quebecor traite les journalistes indépendants et les dépouille à rabais de leur droit d’auteur. L’AJIQ (dont je suis membre du CA) a publié un communiqué pour dénoncer le contrat que les pigistes du ICI sont obligés de signer. La peur est que les pigistes deviennent des briseurs de grève contre leur volonté. Comment ? Si le Journal utilise les textes du ICI pour remplir ses pages culturelles. Voir le communiqué de l’AJIQ ici.

De mon côté, je n’ai jamais écrit pour le Journal, étant une collaboratrice du concurrent direct, La Presse. Mais je suis abonnée au Journal de Montréal depuis longtemps. Dès que le lock-out sera déclenché, j’annulerai mon abonnement et je mettrai un X sur la lecture de ce média. De toute manière sans journaliste, il n’y aura pas grande nouvelle. Il perdra tout intérêt pour moi. Je démontrerai ainsi ma solidarité pour mes collègues permanents. Quand même. Malgré tout.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :