Journalistes versus blogueurs

Je remarque qu’à la suite de cette proposition du respect du Guide de déontologie, la blogosphère s’est enflammée. En voici quelques exemples, autre que ceux que j’ai déjà mentionnés dans mon billet précédent :
Philippe Martin, le blogue de Florian Sauvageau, professeur respecté qui se demande qui sont les cyber-journalistes, cet article de Paul Cauchon dans le Devoir, le billet de Laurent Gloaguen, celui de Mario Asselin.
Il y en sûrement d’autres que j’oublie et qui aborde le sujet. Vraiment la FPJQ parait de plus en plus comme un dinosaure…

Une fédération qui ne défend pas ses membres ?

Retour sur le congrès de la FPJQ auquel j’ai participé cette fin de semaine. Plusieurs en parlent déjà comme Michelle Blanc ici et ce blogueur français qui ridiculise l’ajout sur la déontologie journalistique. C’était le sujet de notre plénière de samedi midi, plus l’ajout dans les statuts et règlements accepté lors de l’Assemblée générale du dimanche. Vaste sujet.

Durant plus d’une heure trente, on a parlé de déontologie journalistique. Inutile. Dans ma tête, en devenant membre de la FPJQ, je m’engageais déjà à respecter le Guide de déontologie. Cela allait de soi.

Les journalistes et surtout la FPJQ devraient plutôt travailler à améliorer le respect du travail des journalistes par leurs employeurs (pour les permanents) et leurs clients (pour les indépendants). Est-ce que les rédacteurs en chef, les éditeurs, mais surtout les propriétaires des entreprises de presse respectent le Guide de déontologie en offrant des tarifs au feuillet à moins de 100 $, quand ce n’est pas 50 $, bien en dessous du salaire minimum, en nous forçant à céder nos droits d’auteur, en contraignant les journalistes à travailler toujours plus vite et en plus petit nombre ? Même les journalistes qui ont du succès, comme Marie-Eve Cousineau juge que les tarifs ne sont pas à la hauteur.

Mon ami et collègue, Nicolas Langelier, président de l’AJIQ a fait trois interventions marquantes lors de cette plénière. Les seules interventions applaudies. Par une minorité. Dommage. La communauté journalistique manque cruellement de solidarité.

Nicolas s’est inquiété (et je le cite) :

1) Qu’on se serve du Guide de déontologie pour limiter l’accès à la FPJQ et donc au statut de journaliste professionnel aux seuls salariés des entreprises de presse, limitant ainsi les opportunités de reconnaissance pour des gens comme des blogueurs indépendants.

2) Qu’on fasse reposer la responsabilité de la déontologie entièrement sur les épaules des journalistes, alors que les plus grandes menaces à ce niveau viennent des entreprises de presse elles-mêmes.

3) Que le respect de la déontologie est plus grandement menacé par les piètres conditions financières offertes aux journalistes indépendants que par les blogueurs. De nombreux journalistes indépendants doivent boucler leurs fins de mois en acceptant des contrats non-journalistiques.

Finalement, Nicolas s’est fait applaudir par les permanents du Journal de Montréal. Car le conflit qui couve au Journal menace aussi la déontologie. Pourquoi la FPJQ ne défend pas ces journalistes ?

D’ailleurs, j’étais taraudée par cette question toute la fin de semaine. Pourquoi la FPJQ ne défend pas ses membres ? Permanents et indépendants ?

Par ailleurs, les journalistes permanents dénigrent souvent les journalistes indépendants qu’ils considèrent trop souvent comme de « faux » journalistes. Un peu comme les blogueurs. Une catégorie de travailleurs que les journalistes traitent trop souvent avec mépris. Pourtant, de nombreux journalistes bloguent et avec succès : Hétu, Lagacé, Proulx, Vézina, Hébert, et bien d’autres.

J’ai encore en travers de la gorge la phrase lancée par une collègue permanente lors de la plénière sur ces personnes en pyjama derrière leur écran, comme si l’habit faisait le moine… Elle parlait des blogueurs, mais je me suis sentie visée à titre de journaliste indépendante qui a le grand plaisir (et choix) de travailler à la maison. Parfois en pyjama, mais est-ce que cela remet en cause mes compétences ?

Je rêve du jour où il existera une belle solidarité entre les journalistes, permanents et indépendants. Peut-être que cela arrivera plus vite que l’on pense. Car avec le conflit qui couve au Journal de Montréal, on pourrait rapidement réaliser que l’historique non-solidarité des permanents engendrera la même chose de la part des indépendants-pigistes. Parfois même contre leur volonté.

Lors du conflit au Journal de Québec, les lock-outés avaient demandé aux pigistes de cesser d’écrire. Seule Lise Payette avait démissionné. Les autres avaient un contrat. Les lock-outés avaient aussi pointé du doigt des pigistes de Canoë. Ces derniers avaient-ils le choix ? Facile de critiquer lorsqu’on est appuyé par un solide syndicat et du cash. Les pigistes ne peuvent compter que sur eux-mêmes, leurs amis-collègues et l’AJIQ, qui n’a pas de cash, pas d’employés, mais un CA bénévole gonflé à bloc de bonne volonté, de bras et d’idées qui aboutiront en 2009…

Dans le conflit montréalais qui pointe à l’horizon, les mêmes problèmes ressurgiront. En pire. Les journalistes syndiqués nous ont alertés en fin de semaine. Des dépliants distribués même par certains journalistes de la Presse, solidaires. L’AJIQ aussi s’est montré solidaire en dénonçant le journal ICI dans un communiqué diffusé jeudi dernier. Cet hebdomadaire met à la porte ses pigistes qui refusent de signer un contrat abusif qui les dépouillerait de l’ensemble de leurs droits d’auteur. Pour inclure ces textes dans un Journal de Montréal en grève ou lock-out ? Transformant ainsi des journalistes pigistes en briseurs de grève contre leur volonté. Indécent, ignominie, horreur suprême. On avait déjà dénoncé ce contrat au printemps dernier.

PS : je suis membre du CA de l’AJIQ depuis 3 ans et des deux organisations depuis 4 ans.

Lâchez-nous avec le recyclage !

Statistiques Canada nous arrive avec une étude sur les habitudes écologiques canadiennes. Surprise, le recyclage serait pratiqué par 97 % des ménages qui disposent de ce service. Sauf qu’on oublie ceux qui n’ont pas encore le service. Oui, oui, ça existe. Même à Montréal. Mon ancien voisin et mon ami François qui habite au centre-ville ne recyclent pas…
Je ne parle pas des commerces qui se moquent du recyclage comme le salon de coiffure où je vais et que je chicane lors de chaque visite, les centres commerciaux, les hôpitaux, etc.
Finalement, le recyclage permet de se donner bonne conscience et devrait être la norme. Maintenant les Canadiens devraient se demander pourquoi leurs bacs de recyclage sont aussi pleins ? Ça serait vraiment écologique.

Statistiques Canada a choisi six habitudes écologiques que vous retrouvez dans le tableau ci-dessous. 45 % ont adopté au moins quatre habitudes. C’est la moindre des choses non? Et vous combien d’habitudes écologiques avez-vous adoptées ? Plus que six ?

Taux national d’adoption de six habitudes écologiques par les ménages, 2006

Taux d’adoption1
%
Recyclage 97
Ampoules fluorescentes compactes 59
Pommes de douche à faible débit 56
Réduction de la température 54
Toilettes à faible débit 37
Compostage 30

Une première femme à la tête de l’opposition…

Notre société avance pas à pas, très lentement, très tranquillement, trop selon moi, dans l’inclusion des femmes en politique et dans les plus hautes sphères. Françoise David a été la première femme cheffe d’un parti, puis est arrivée Pauline Marois, maintenant la première femme cheffe de l’opposition officielle au Québec. En compagnie des Louise Harel, Lise Payette, Pauline Marois a gravit les marches, repoussé le machisme ambiant, abattu des murs. Pas toujours facile de se faire juger sur sa coiffure, ses vêtements, sa réussite, sa fatigue alors qu’aucun homme ne subirait un tel traitement. Elle me l’avait raconté lors de cet article sur les femmes députées qui deviennent mères, très rares. Depuis la ministre espagnol de la Défense a accouché et Rachida Dati, la ministre de la justice française s’apprête à le faire. Elle accouchera en janvier 2009 comme Ségolène Royal l’a fait avant elle alors qu’elle était ministre de l’environnement. Lisez le texte de Rue 89 ici sur Carme Chacon pour constater qu’il reste encore beaucoup à faire, un chemin pavé de remarques sexistes qui aimeraient voir une femme enceinte et/ou une maman à la maison…
Il reste beaucoup de chemin à parcourir pour atteindre une société plus égalitaire et plus ouverte aux femmes. Je suis impatiente et pessimiste, moi l’éternelle optimiste, quand j’entends les Yvon Dallaire, les masculinistes, le feministe bashing, les hommes qui crient au sexisme alors que l’on ne veut que notre place, la simple place qui nous revient, rien de plus. Je veux une société égalitaire et plus humaine pour les femmes et les hommes, ensemble!