Cinq ans…déjà !

Quand j’étais petite, en bas à droite avec mon père…J’avais pas beaucoup plus qu’un an, un an et demi.

Depuis le 25 juin 2003, les 25 juin n’auront plus la même signification pour moi. Cette journée-là, alors que je dînais avec mon amie Sophie, comme je le raconte ici, ma sœur m’appelait pour m’alerter de la mort de mon père. Mort annoncée étant donné son accident de vélo, trois semaines plus tôt, qui l’avait rendu tétraplégique. Je raconte l’histoire ici.

Aujourd’hui, c’est donc le cinquième anniversaire de son départ vers un monde meilleur, lui qui était profondément catholique, contrairement à moi. Honnêtement, cette journée n’est pas différente pour moi. Je ne suis pas une amère qui vit dans le passé. Je ne suis pas revancharde envers la vie. Le deuil a fait son chemin. La vie est ainsi faite. On naît, on vit et on meurt. À n’importe quel âge, n’importe quel moment, dans n’importe quelle circonstance. La vie nous impose des épreuves, de grands chagrins. Mais c’est ainsi, c’est la vie.

Si mon père tient et tiendra toujours une importante place dans ma vie, si je me souviens toujours de lui, si je lui ai dédié mes livres, si j’ai parlé de lui avec grande émotion lors du lancement de mon premier livre en octobre dernier, s’il m’accompagne dans ma vie quotidienne, si je lui parle souvent, je ne suis pas triste et nostalgique.

Il est parti, il est mort en faisant ce qu’il aimait : du vélo. Bien entendu, il avait encore plein de choses à faire, il aurait adoré accompagner mon neveu de 7 ans à ses entraînements de foot, lui apprendre plein de choses, aider ma sœur et mon beau-frère à rénover leur maison, partir en vacances avec ma mère. Mais la vie a décidé que son chemin s’arrêtait le 25 juin 2003.

Il ne sert donc à rien de regretter, de se dire qu’il aurait pu faire tout ça, que c’est injuste (oui ça l’est comme bien des choses), qu’il aurait….Il n’a pas car c’est ainsi. Rien ne sert de ressasser toujours le passé car on perd notre temps, on perd notre énergie, on oublie de vivre le présent, le plus important, de préparer le futur.

Quand on vit dans le deuil de la mauvaise manière, qu’on ressasse quotidiennement le passé, on hypothèque son présent et son avenir. On passe son temps à se flageller pour mieux souffrir. On se rend simplement malheureux. Alors qu’on a le choix. Car on a toujours le choix (excepté les gens qui doivent s’aider de médicaments pour se tenir la tête hors de l’eau- Mais la plupart s’aident en consultant. Un travail de longue haleine). On peut être malheureux ou heureux. Pourquoi choisir d’être malheureux ?

Bien entendu, il y le deuil à faire, un processus long et difficile par lequel il faut obligatoirement passer, pour justement continuer à vivre, profiter du moment présent et de la vie qu’il nous reste. Car lorsqu’une personne meurt, l’entourage doit continuer à vivre, célébrer la vie, pas respect pour la personne qui n’a pas eu cette chance.

J’ai fait mon deuil, plus facile que les autres membres de ma famille qui côtoyaient quotidiennement mon père. La coupure physique et l’éloignement s’étaient fait lors de mon départ pour le Canada en août 1987. J’ai pleuré, me suis questionnée, ai été fâchée, tourmentée, triste, désillusionnée, puis la vie a repris, l’espoir et le moment présent.

Car quand on ne peut changer quelque chose, on arrête de perdre son énergie à le regretter. Et puis, chacun de mes gestes, chacune de mes actions et de mes réalisations porte mon père en elles. Je lui ressemble ! J’ai son caractère sociable, aventureux, persévérant, positif, fonceur. En avançant, en vivant ma vie, chaque jour est un hommage que je lui rends. Un peu de lui qui vit à travers moi.

C’est la seule raison pour laquelle je regrette de ne pas avoir d’enfants. Je ne vivrai jamais dans les gênes de quelqu’un, personne ne me ressemblera (à part mon neveu qui a des tendances tatie.). Mais qui est un beau mélange de ma sœur et de mon beau-frère. Qui ont mis au monde un être humain si adorable, intelligent et calin. Je dois dire qu’ils sont de formidables parents. Ils lui montrent le chemin de la vie en l’entourant, l’éduquant, lui montrant le chemin. Ma sœur est vraiment une maman hors du commun, ferme quand il le faut, taquineuse, aimante.

C’est pour ceci que mon travail comble la maman que je ne serai jamais (à moins que je ne rencontre l’amour d’ici peu et que mon corps de quadragénaire puisse encore enfanter). Je transmets mes gênes par mes écrits, par mes articles, mes livres. Chacun sa manière de survivre…

Un peu plus jeune, quelques mois, avec ma mère et mon père

Mon côté doux
Fonceur ( c’était une route devant moi)

et déterminé, pas très contente ( on voulait limiter ma liberté et mon côté curieux qui me faisait échapper régulièrement à la surveillance de ma mère)

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Une Réponse

  1. C'est très beau ce que tu viens d'écrire, ça me donne envie de l'envoyer à certaines personnes de mon entourage qui se complaisent dans le passé, un passé qui n'a, parfois, même pas existé.Comme si, la raison d'être de certaines personnes était d'être malheureuses et de, surtout, ne jamais être heureuses. Tu parles de la mort en parlant de la vie, et tu as bien raison,car elles font partie l'une de l'autre. Merci pour ce beau billet Cécile.

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