Les cancres du compostage

Alors, les Québécois ne compostent pas? Moins de 13 % de la population québécoise composte. Autres chiffres ici. Nous sommes les cancres canadiens. Êtes-vous surpris?
La suite du billet sur Branchez-vous ici.

Le droit d’auteur et les journalistes pigistes

Peu de personnes sont au courant des différentes lois qui régissent le droit d’auteur. Ce droit malmené par excellence, surtout depuis la montée fulgurante d’internet. (La grève des scénaristes américains en est un bon exemple.) On s’approprie à profusion les écrits des autres. On copie des articles complets sans citer la source ou alors on la cite en se pensant être dans son bon droit. On fait des photocopies, on reproduit.
Sachez qu’à moins d’entente préalable et-ou- de paiement en conséquence, les droits d’un texte appartiennent à son auteur. Un exemple : les textes des journalistes permanents de la Presse appartiennent au journal. Les textes que j’écris dans la Presse, comme pigiste ( collaboration spéciale) m’appartiennent. Je ne vends que les droits de première publication à la Presse. Lorsque la Presse reçoit une demande de reproduction, la demande m’est transférée. Que j’envoie à Copibec qui gère mes droits de reproduction des articles, livres, textes.

On fait beaucoup de cas du piratage et du copiage de la musique, c’est la même chose pour les écrits.
Voici pourquoi. Je gagne ma vie avec mes écrits. Je déteste trouver mes textes complets sur internet sans permission, et ce, même si mon nom est inclus. Je saute au plafond lorsqu’on ne m’offre rien pour des textes. Vivrai-je d’amour et d’eau fraîche ? Qui payera mon loyer ?
En général, on croit que les journalistes gagnent très bien leur vie. Il est vrai que les journalistes permanents possèdent généralement des conditions salariales acceptables. Pas tous. On ne voit souvent que les vedettes de l’information. Tout le monde ne gagne pas le salaire de Bernard Derome ! Une édition du Trente ( le magazine des journalistes lié à la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ)) aborde le sujet ici.
Par contre, on connaît peu la situation des journalistes pigistes. C’est pour ceci que je suis membre du Conseil d’administration de l’Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ), depuis deux ans. Les journalistes pigistes n’ont aucun encadrement légal comme les artistes de l’UDA. Aucun tarif minimum au feuillet ( car nous sommes généralement payés au feuillet. Une page à double interligne, entre 1 500 et 1 600 caractères, 250 mots). D’ailleurs, les tarifs au feuillet sont souvent très bas ( entre 28 à 70 $ le feuillet – Une liste des tarifs se trouve ici). Indigne de notre travail, de nos compétences, de notre expérience et de notre professionnalisme. L’Union des écrivaines et écrivains québécois diffuse également une liste de tarifs suggérés.
Trop souvent, on n’hésite pas à payer l’imprimeur. Ensuite le graphiste ( même si certains doivent être mal payés aussi), le staff technique, le photographe puis le journaliste qui arrive en fin de priorités. Trop souvent, on répond qu’on n’a pas de budget pour le contenu, ou peu de budgets. On demande alors des miracles, des textes écrits bénévolement. « Facile pour toi, tu sais écrire. C’est un plaisir », m’a-t-on déjà répondu ! Et je gagne ma vie comment ? Je dis non au bénévolat, à part quelques rares exceptions ( le Trente, Urbania une fois).
Par ailleurs, depuis que j’ai écrit un livre, j’y suis encore plus sensibilisée. Même si je ne me compare aucunement à l’écrivain de grand talent Stéphane Dompierre, je suis tellement d’accord avec cette réflexion, trouvée sur son blogue ici.
Depuis la sortie de mon livre, quelques personnes m’ont dit la même chose. Les gens veulent l’emprunter, se le prêtent, etc. Je sais que c’est facile de prêter des livres, que les bibliothèques le font. Mais elles payent des droits pour ceci. C’est aussi une manière d’être écolo. Sauf que si tout le monde se prête les livres, les auteurs et écrivains ne pourront plus vivre de leur travail ( déjà que c’est très difficile au Québec, à part les rares stars de l’édition). Au Québec, un best-seller se vend seulement à 2 ou 3000 exemplaires. Si vous comptez qu’en général, les auteurs récoltent 10 % du prix de vente. Cela ne fait pas un gros salaire sur une année. Savez-vous combien de temps ça prend écrire un livre ?
Pour finir, mon objectif n’est pas de me plaindre de mon sort. Je suis très heureuse dans un emploi de journaliste-recherchiste pigiste qui me comble. Je l’ai choisi et n’en changerai pas. J’ai aussi des contrats intéressants et je gagne ma vie correctement. Sauf qu’il faut instaurer un tarif minimum au feuillet décent. Qu’il faut respecter les droits d’auteur. Qu’il faut réglementer internet. Qu’il faut absolument améliorer le sort des journalistes pigistes, des auteurs, des écrivains, des pigistes en général. Pour le bien-être de la société et de l’information.