Les éditeurs verdissent…

À mon arrivée, avec Josée Breton

Jeudi dernier, l’organisme ÉcoInitiatives célébrait le 100e éditeur canadien à prendre le virage vert. C’est à dire à imprimer sur du papier écologique. Cet organisme qui existe depuis 7 ans au Canada. Au Québec, une personne a mis sur pied cet organisme et a poussé dans le dos des éditeurs pour qu’il effectue le virage écolo, Josée Breton.

Lors de cette soirée, on a remis les Ordres de la forêt dont l’un à ma maison d’édition, les Intouchables mais aussi aux Éditions Éco-société, la précurseure en matière d’environnement et d’implication sociale.

Anita Roddick

La fondatrice du Body Shop et pionnière en matière de responsabilité sociale est morte. Marie-Claude en parle largement ici. Je suis abasourdie par les commentaires négatifs de ses lecteurs. Body Shop n’était pas parfait mais il n’en reste pas moins que sa fondatrice a défoncé bien des portes et provoqué bien des changements. Et ça ce n’est pas rien.

D’abord nourrir notre monde : la souveraineté et l’achat local

Depuis vendredi dernier, je veux vous parler de cette passionnante conférence sur la souveraineté alimentaire qui réunissait la militante malienne, ex-ministre, Aminata Traoré, le journaliste du Monde et auteur, Hervé Kempf et John Saul, auteur et libre penseur. Mais je ne pouvais pas en parler en 5 minutes. Un tel sujet mérite la place qui lui revient. Particulièrement avec la qualité des intervenants ce soir-là. Organisé par Equiterre, la coalition GO5 et la Coop fédérée. En voici quelques points, trop court, car j’aurai pu vous parler de la gestion de l’offre, de la participation massive des agriculteurs québécois, de biens d’autres points abordés par les conférenciers. Mais voici quelques points principaux.

On parle souvent de favoriser l’achat local en matière d’alimentation. Cet aspect est au cœur de la souveraineté alimentaire. L’achat local permet de faire vivre des milliers d’agriculteurs québécois, il permet de protéger l’environnement en évitant des tonnes de gaz à effet de serre ( transport) et il permet une meilleure qualité des aliments consommés ( produits chimiques). Que préférez-vous ? Une pomme cueillie à Rougemont ou à l’autre bout du monde ?
Car c’est le temps des pommes et qu’Hervé Kempf a choisi cet exemple pour démontrer l’absurdité actuelle de notre système alimentaire. La France et le Québec sont des producteurs de pommes, mais on retrouve sur les tablettes des pommes provenant du monde entier. Comme l’a mentionné le journaliste, comment pensez-vous que les pommes qui viennent du bout du monde sont conservées ? Des produits chimiques les rendent luisantes et appétissantes pour que les consommateurs veuillent les acheter. Moi, je préfère les pommes de Rougemont ou Mont-Saint-Hilaire.
John Saul, qui est passionnant à écouter, a pris l’exemple de l’agneau. Pourquoi l’agneau de Nouvelle-Zélande est moins cher ? Pourquoi il n’a pu acheter un agneau d’une productrice albertaine qui exporte sa viande aux États-Unis, mais ne peut la vendre à un particulier. Etc.
Ce dernier a également souligné un point important. Il n’y a pas de débat dans la société, car les écoles et les universités n’enseignent pas les modèles atypiques à leurs étudiants. « Il existe des milliers de modèles de coopératives qui fonctionnent, mais on en fait très peu mention dans les manuels scolaires », a-t-il relevé.
Il souligne également que la tomate ne peut être considérée comme un produit au même titre qu’un T-shirt. « Le marché libre ne peut fonctionner pour la nourriture, car la chute du prix d’un t-shirt n’affame pas une population », a-t-il ajouté.

Émouvant
Le discours d’Aminata Traoré était le plus émouvant. Celui qui venait toucher directement notre responsabilité d’Occidentaux face à l’appauvrissement de l’Afrique. « Les Africains sont traités comme des sous-humains », a-t-elle lancé à l’auditoire. Aouch. Et elle a raison.
Je vais prendre l’exemple de l’attentat du 11 septembre 2001, puisque c’est LA journée. Est-ce que les 3 000 victimes ne comptaient pas plus que les milliers d’humains qui meurent en Afrique ? Darfour, génocide, sida, malnutrition, etc…La liste est longue.
Cette dernière a également souligné le fait que les Africains sont victimes de vol. Vol de leur nourriture, de leurs ressources naturelles, de leurs traditions, etc. Par exemple, au Sénégal, les produits de la pêche sont envoyés en Europe. Les Sénégalais se contentent de manger les restes du poisson. Ce que les européens ne voudront pas consommer.
« On nous dit qu’il faut travailler pour gagner plus. Mais l’Afrique travaille depuis 5 siècles. On nous traite comme une sous-humanité », souligne Madame Traoré. « L’Afrique est le réservoir, mais aussi le dépotoir. Nous sommes les dindons de la farce », a-t-elle ajouté.
Pour elle, l’argent n’est pas la solution. Il sert à la corruption. Par ailleurs, les pays qui donnent de l’argent veulent automatiquement que leurs entreprises soient favorisées.
Que faire ? Être des consommateurs avertis et responsables. Arrêter de vouloir acheter le moins cher possible. La production de la nourriture a un prix. Les producteurs, c’est-à-dire les agriculteurs doivent être payés le juste prix. Arrêtons d’engraisser les intermédiaires. Et finalement, on doit se radicaliser dans notre discours. Les agriculteurs, écologistes et consommateurs doivent travailler ensemble. On appelle cela la convergence des luttes !