C’est trop facile d’être paresseux

Décidèment, Pat me fait écrire en ce retour de longue fin de semaine de congé de 4 jours !!!
Ses deux billets sur le fait qu’il ne recycle pas et qu’il trouve compliqué d’être écolo ne me surprennent pas du tout. J’ai eu plusieurs échanges avec lui sur ce dossier. Mais je ne peux pas les laisser passer. Je n’ai pas lu tout les commentaires, trop long mais je sais que c’est un discours repris par plusieurs. À quoi servent nos gestes ? Je me suis posée la question lorsque j’ai commencé mon livre car mon objectif n’était pas d’avoir la réponse suprême et de culpabiliser les gens.
J’ai trouvé la réponse dans le documentaire de ma collègue du Rebut global, Hélène Choquette, Les réfugiés de la Planète bleue. Au début de cet excellent documentaire, Georges Marshall, environnementaliste et co-directeur de Climate outreach and information parlait d’une entreprise brésilienne, Aracruz, qui exploite honteusement les forêts en y cultivant l’eucalyptus et en forçant les paysans à s’expatrier. Voici ce qu’il disait.

Si j’achète du papier qui contient de la pulpe de la compagnie Aracruz, même si je connais le problème au Brésil, je ne me sens pas personnellement responsable, car je ne suis qu’une personne parmi des millions qui achètent ce papier. Une personne parmi des millions qui achètent de l’essence à une station-service. Personne ne prend ses responsabilités face aux changements climatiques parce que tout le monde se dit que la responsabilité revient à quelqu’un d’autre.

C’est tout Patrick. Recycler c’est un tout petit pas. Il en existe plein d’autres. Pourquoi le faire ? Pour ton fils, pour mon neveu, pour les enfants chinois, pour toi, pour la Planète, par respect pour elle. Tout simplement car c’est notre responsabilité en tant qu’être humain. Pas d’être parfait mais de faire notre petite part !

Nos amis les automobilistes

Je suis en retard pour répondre à mon ami automobiliste, Pat Lagacé qui me demande ( comme à tous les cyclistes) de passer un message à mes amis cyclistes qui enfreignent la loi et ne s’en excusent même pas. Désolée, j’étais partie sans internet dans un chalet. Mieux vaut tard que jamais !
Je suis une cycliste responsable. Lorsque je roule en bicyclette, j’imagine toujours que l’automobiliste ne m’a jamais vue. Je m’arrête aux stops, je respecte le code de la route, en général.
Sauf qu’il n’y a pas une sortie en ville lors de laquelle un automobiliste ne manque de me frapper. Pas à cause de mon intrépidité. Car je ne le suis pas tant que ça. Non à cause des nombreux automobilistes qui font semblant de ne pas me voir et qui me coupe allégrement la route. Les pires ? Ceux qui me double pour me couper la route quelques secondes plus tard en tournant devant mon nez. Ceux qui débouchent devant moi dans la rue. Ceux qui me frôlent tant que je sens leur rétroviseur me toucher. Mais les pires sont ceux qui ouvrent leur porte même si j’arrive. Dans ce cas, on a le choix. On se ramasse la porte ou la voiture qui nous suit si on fait un écart pour éviter la porte.
Oui, il y a des automobilistes comme Patrick qui font attention aux cyclistes. Comme Pat, il y a des cyclistes qui respectent le code de la route. Sauf qu’en cas de collision entre les deux, le cycliste est toujours celui qui en subira les conséquences les plus graves. Car l’automobiliste est protégé par la carcasse de sa voiture. Pas le cycliste.
Finalement, entre rouler sur le trottoir et sur une route dangereuse comme il en existe certains tronçons à Montréal, mon choix est le trottoir, lentement en respectant les piétons. Mais s’ils veulent qu’on leur laisse les trottoirs, il va falloir qu’ils arrêtent d’utiliser nos pistes cyclables !!!
Alors Pat, je veux bien passer le message aux cyclistes récalcitrants mais peux-tu faire la même chose avec tes amis automobilistes ? Car entre toi et moi, je suis celle qui court le plus de risques mais je les assume.