Qui pâtira de l’augmentation des frais de scolarité ?

Les étudiants qui doivent avoir recours aux prêts étudiants comme j’ai du le faire. Ce sont eux qui seront les victimes de ce dégel. Ils devront s’endetter un peu plus. Rembourser encore plus longtemps. Se retrouver sur le marché du travail avec un boulet un peu plus gros. Peu importe, qu’il soit plus pesant. Who cares. Faut que quelqu’un paye.

Ce n’est pas ainsi que l’on prépare sa jeunesse à une vie active. Est-ce que la plupart complèteront leur dernier versement à l’âge de 38 ans comme moi et quelques autres amis que je connais ? Ou alors ils feront faillite 10 ans après avoir terminé leurs études ?

Pourquoi les médecins et autres sont tentés d’aller travailler pour de gros salaires aux États-Unis ? Pour l’argent ? Cet argent qui leur permettra de rembourser beaucoup plus rapidement leur prêt étudiant. Les ingénieurs ? Les pharmaciens, les infirmières ? Les professeurs ?

L’un dit que c’est seulement 2 $ par jour, l’autre dit que le Québec reste le plus bas au Canada. Mais qui parle des conséquences sur notre jeunesse ?

Le gouvernement indique qu’il versera quelques millions de plus pour l’éducation. Pourquoi ne pas donner cette somme aux Universités, une fois pour toutes. Leur demander de rationaliser, d’éviter les dépenses exorbitantes de leurs dirigeants ?

Un pays n’évoluera pas en endettant sa jeunesse. Début 93, dans le journal de l’association de Sci-po de l’Université d’Ottawa, j’écrivais et je me cite ( le style n’est pas aussi élaboré;)) : « Évidemment, le plus mauvais souvenir que j’aurai de l’Université est celui qui a atteint mon portefeuille. Je trouve honteux que la jeunesse d’un pays soit obligée de s’endetter pour obtenir une éducation ». Je suis encore de cet avis.

Ici, je prends toujours l’exemple de la France. Il y a beaucoup de choses que je critique en France, mais au moins tout le monde peut étudier, peu importe le statut social. Quoiqu’il y a les grandes écoles supérieures qui sont loin d’être gratuites. Mais le gouvernement français octroie des bourses aux jeunes les moins fortunés. Je le sais, j’en ai bénéficié l’année avant d’émigrer. J’avais fait une année préparatoire pour les fameuses écoles de commerce. Pas donné. Mais j’avais une bonne bourse. Ma soeur aussi en a bénéficié lorsqu’elle fréquentait l’université.
Alors, augmenter les frais de scolarité est une erreur. Ils sont déjà bien trop élevés. Ou alors on remplace les prêts par des bourses. De vraies bourses d’études basées sur le revenu familial pas les notes.

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9 Réponses

  1. Certes je suis pour l’accès libre et démocratique à l’éducation. Mais je pense honnêtement, pour être bardé de diplômes universitaires sans aucune valeur et avoir passé ma vie dans des sous-emplois de merde, que le problème n’est pas en tant que tel le cout des études, mais la valeur du "papier" sur le marché.Actuellement, les universités d’ici maintiennent une multitude de cours de chaises paquetés à outrance d’étudiants, car c’est la seule façon de financer les institutions, qui sont elles peuplées de beaux parleurs qui promettent des lendemains qui chantent aux étudiants, en ne sachant que trop bien que leur bibine c’est de la bouillie pour les chats et qu’ils ne font que perpétuer un cercle vicieux pour protéger leurs jobs de profs syndiqués. Quand je pense à leur grosse face de baveux et de menteurs, et quand je pense qu’ils continuent utiliser l’idéalisme de la jeunesse pour les embarquer et former des centaines de diplômés qui iront s’échouer, ça m’enrage.Les étudiants se ramassent sur le marché du travail endettés de 20-30 000 dollars, mais avec les mêmes emplois qu’ils auraient eus avec un simple secondaire, et des diplômes de pacotille. Le peu qui se placeront dans des emplois reliés et de qualité le seront par l’habituel procédé de corruption et de favoritisme systématique qui sévit au Québec, le royaume des petites cliques et des syndicats corporatifs, mais ça c’est un autre débat…Pour l’accès à des études de qualité, pour le support économique, mais des études qui débouchent sur quelques chose. Ce qui est grave, ce n’est pas de devoir 60 000 $ parce que tu a étudié dans une grande université américaine si ton diplôme vaut 80 000$ par année. C’est d’en devoir 22 000$ avec un diplôme d’une de nos universités de pauvres et de travailler dans une mcjob.Qu’ils chargent un coût correspondant au maintien de programmes de qualité, qu’ils cessent de paqueter le marché et de saturer les professions en sur-produisant des diplômés à rabais, et qu’il donnent tout simplement le financement en conséquence. Distribuer des diplômes qui ne valent rien et ne permettent aucune accession de classe, c’est une autre façon de ne pas démocratiser l’éducation.

  2. J’ai eu la chance d’avoir des parents qui ont épargné pour les études de leurs deux filles. Nous faisons la même chose présentement pour les nôtres.Je suis pour un accès à prix raisonnable aux études post-secondaires, mais je côtoie trop de personnes qui présentement font des choix personnels "x" et qui déplorent ensuite d’avoir à payer jusqu’en 2018 pour leur Bac.(pas que c’est le cas de la majorité, j’estime que c’est une minorité de personnes qui décident à leur entrée sur le marché du travail d’acheter meubles, voitures neufs et grosse maison qui vient avec).

  3. @YR Il ne faut pas exagérer. Oui le diplôme a moins de valeur, surtout en sciences sociales. Mais tous les diplômés ne sont pas dans des jobs de merde. J’en connais plein qui ont réussi. Quand aux diplômes scientifiques…Mais je ne pense pas qu’il faut absolument pousser tout le monde à l’université. De nombreux métiers professionnels offrent des débouchés et de très bons salaires : électricien, etc@Isabelle : Que veux-tu dire ? je ne comprends pas. Ils choisissent de s’endetter avec le char et la grosse maison au lieu de finir d’abord de payer leur prêt étudiant ?

  4. Bien, j’observe une tendance parmi les "jeunes" dans la vingtaine dans mon milieu de travail et c’est la culture du "tout et tout de suite".Oui ils pourraient rembourser plus vite leur dette d’étude, mais je trouve surtout navrant de voir autant de surconsommation. Heureusement, quand j’étais à l’Université, j’ai croisé peu d’élèves qui abusaient de ces montants d’argent et je crois que la plupart d’entre nous faisions attention pour ne pas trop dépenser.

  5. @Isa, c’est vrai il y a une tendance à la surconsommation. Avant on attendait avant de se payer la maison, le char, etc, etc…Vive le crédit. Maintenant on veut tout et finalement on est pris à la gorge à la moinde difficulté…faillite, stress, etcMais ça n’empêche que les prêts étudiants sont une honte selon moi bien sur :)

  6. Certes, ce ne sont pas tous les diplômés qui ont des emplois de merde. Mais un important nombre d’étudiants se ramassent en science sociale, journalisme, anthropo, et tuti quanti, sans le talent, ni la culture minimale, ils n’ont pas d’affaire là. Tu ne verrais jamais ça en science, en médecine, mais dans les secteurs sociaux, par grave. Je pense que ces secteurs méritent d’êtres pris au sérieux autant que les autres, plutôt que de servir de vache à lait. Diluer la qualité de la formation dans des secteurs névralgiques de la conscience sociale, c’est une façon de l’effacer. Ça permettrais aux étudiants sérieux de vraiment pouvoir approfondir leur connaissances dans un environnement de qualité. Je ne souviens que trop bien du néant culturel et intellectuel de mon environnement d’étude, tellement dilué, tellement médiocre, et j’ai étudié dans plusieurs universités. En concentrant les 20 ou 30% d’étudiants n’étant pas seulement là pour avoir un papier, en réunissant et concentrant les ressources de plusieurs départements de plusieurs universités en un seul département, nous obtiendrions des départements valables, compétitifs, avec des diplômes ayant une valeur: Les universités doivent se spécialiser. Pourquoi une connaissance diplômée en histoire de l’art d’une très grande université américaine travaille elle en expertise, avec un diplôme solide, alors que ceux diplômés ici sortent avec un diplôme représentant trois années d’occcupationel très théorique et sans applications concrètes ? Beaucoup de gens actuellement à l’université devraient en effet aller dans les métiers. De plus, il y a une duplication de programmes au Québec, et chaque université désire avoir son propre programme de socio, de psycho, etc…Alors, plutôt que d’avoir un ou deux programmes dans un domaine "x", produisant un nombre raisonnable de finissants bien formés dans de bonnes conditions, on se ramasse avec un flopée de diplômes de pacotille, en sur-saturation. Pourquoi les conditions des journalistes pigistes sont-elles si difficiles ? Combien de diplômés dans ce secteur, à l’échelle de la province, pour une poignée d’emplois ? Pas étonnant que ça se bouscule encore au portillon, prêt à écrire à 50 piastres le feuillet.Un exemple parmi tant d’autre. Mais les universités continuent d’en former des hordes.

  7. @ YR : Concernant les journalistes pigistes, la situation est différente et loin d’une discussion sur le dégel des frais. Je n’ai jamais travaillé à 50 $ du feuillet et j’ai refusé de le faire car j’ai assez de travail, amplement comme la majorité de mes amis journalistes. Mais ce serait un autre billet, une autre fois…car il y a beaucoup à dire pour améliorer le sort des pigistes.Mais peu importe le diplôme, je suis contre ce dégel :)

  8. L’autre soir, au théâtre (mais où d’autre me trouver), dans une formule cabaret, j’étais assis avec un groupe de jeunes plutôt sympathiques, des finissants en anthropologie, ou semblable. Je me met donc à parler avec celui ayant l’air le plus éveillé des travaux de Gregory Bateson et autres du domaine, juste pour voir: Je n’ai vu qu’un grand point d’interrogation dans leurs yeux, leur bouches battant le vide avec la même expression ahurie et la même profondeur dans le regard qu’une perchaude fraichement pêchée. Ne pas connaitre les noms cités pour un finissant en anthropologie, c’est comme ne pas connaitre Molière pour un finissant en théâtre ! Il y en a combien d’offres d’emplois dans ce domaine par année, ici ? Et combien les universités en produisent-elles ? Héhéhé !Des exemples comme ça, il y en a à la pelle. Nos université sont des coquilles vides sous-financées pour beaucoup de départements, elles n’ont pas suffisamment de prof, et ne peuvent se permettre d’engager les meilleur s sur le marché international des cerveaux. Ne parlons pas des bibliothèques vides, du manque de fonds de recherche et des ratio pro/élèves hallucinants, et ce même au deuxième cycle. Augmentez les frais autant qu’il le faut, à condition que le financement suive pour les étudiants. Faites le ménage dans ces programmes garderie et concentrez en les ressources avec un nombre décent de finissants, réaliste.

  9. Chère Cécile,

    17 ans après et toujours la même question : faut-il s’endetter pour pouvoir (se payer des études de qualité). Parce qu’il ne faut pas se leurrer c’est bien ce dont il s’agit. Pour certaines "catégories" la question est très vite expédiée : Je n’ai absolument pas de garant pour se porter quotient solidaire, mes proches sont au chômage ou endettés eux-mêmes ou encore, arrivent à peine à subvenir à leurs propres besoins ; je n’obtiendrai donc pas les crédits qui me seront nécessaires pour assumer les frais colossaux pour ma scolarité dans une école prestigieuse. J’irai donc dans une de ces écoles médiocres de la République, privées de budget suffisants en décalage avec les "résultats escomptés", où les jeunes sont déjà dégoutés avant même d’y entrer à cause de la mauvaise réputation quelles renvoient et le déficit de matériel. Les voies de la réussite sont décidément pas accessibles à toutes les bourses dans notre pays. Notre "Obama" sera sans doute plus certainement un de ces enfants rescapés d’Haïti adoptés par de bonnes familles françaises très confortablement insallés. Surement pas un de ces enfants de nos cités sinistrées au faible revenu.

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